Plebs (saison 1)

Par , le 20 juillet 2013

Forcément, bien que je ne sois pas du tout friande de sitcoms, j’étais obligée de me pencher sur Plebs compte tenu de ma grande appréciation de la Rome antique. Derrière cette comédie se cache une très récente fiction britannique. Composée pour l’instant d’une unique saison de six petits épisodes de vingt minutes, celle-ci est passée sur ITV2 en mars et avril 2013. La chaîne a déjà confirmé qu’elle offrirait à ses téléspectateurs une suite aux aventures rocambolesques de ces personnages évoluant dans un environnement quelque peu atypique. Aucun spoiler.

Marcus, Stylax et l’esclave Grumio ont dernièrement quitté leur campagne assez morose pour venir profiter des bienfaits de la vaste cité qu’est Rome. Cherchant avant tout les plaisirs de la chair, ils espèrent malgré tout réussir à monter les échelons et se faire un nom ; bien qu’en réalité, tout le monde n’a cure d’eux.

Il faut avouer qu’utiliser l’Antiquité romaine dans une production de ce genre est plutôt original, voire osé. Rien que pour cette raison, Plebs pique la curiosité et donne envie d’y jeter un œil. Naturellement, ces épisodes n’ont aucunement l’ambition de dépeindre la situation sociopolitique de l’époque ou d’illustrer avec précision et véracité historique les questionnements de la plèbe. Non, leur but étant de divertir et de faire rire, le contexte n’est alors qu’un élément parmi d’autres pour alimenter les passages humoristiques. Que les personnages évoluent à une autre période, dans un pays radicalement différent, n’aurait probablement pas changé quoi que ce soit à l’ensemble – ce qui est dommage, d’ailleurs. Néanmoins, pour une production sans prétention de cet acabit, la forme est relativement soignée et dispose de décors réels appréciables apportant une plus-value au tout. Bien sûr, les détails, costumes et coiffures n’ont franchement rien à voir avec ce qui est attendu, si ce n’est que tout y paraît volontaire tant la série s’amuse avec les contrastes et les anachronismes. En fait, Plebs souhaite surtout prendre le téléspectateur à contrepied en jouant sur l’opposition entre son cadre somme tout figé, ancien et presque classieux, et ses thématiques et dialogues irrévérencieux et définitivement modernes.

En six petites aventures, Plebs n’a guère le temps de raconter grand-chose, d’autant plus qu’il ne se passe pas d’évènements particuliers au fil des épisodes. Chacune d’entre elles s’attarde sur une nouveauté, une fête ou un problème d’un personnage. Il est par exemple question des orgies, des gladiateurs, de l’importation de fruits exotiques comme la banane ou encore des Saturnales. Preuve que la fiction désire, mine de rien, sensiblement tirer parti de l’héritage romain en dépit d’une prédisposition à accumuler tous les stéréotypes. Cela dit, les scénarios n’essayent vraiment pas de suivre une quelconque logique ou une certaine fidélité vis-à-vis des connaissances actuelles sur cette époque. La série ne prend de ce fait que ce qui l’arrange pour le modeler selon ses goûts. Le constat est dès lors assez malheureux dans le sens où ce milieu historique est une source inénarrable de sujets. Quoi qu’il en soit, la caméra se focalise plus spécifiquement sur le trio que forment les jeunes Marcus (Tom Rosenthal), Stylax (Joel Fry) et Grumio (Ryan Sampson), et sur plusieurs tranches de leur vie. Le premier est naïf et tient à se préserver une ligne de conduite apparente ; tandis que seul, il n’hésite pas à s’adonner à des plaisirs coupables. Grumio est son esclave puisqu’il l’a acheté, si ce n’est que ce dernier ne fait que ce qui l’accommode. Pince-sans-rire, parlant avec un horrible accent et arborant une affreuse coupe au bol, il n’est pas particulièrement loquace. Enfin, Stylax est sans conteste le plus attachant malgré sa propension à agir comme un idiot. Ces colocataires vivent ainsi sous le même toit et partagent presque tout. Quand une nouvelle voisine emménage à côté de chez eux, l’aspirante actrice Cynthia (Sophie Colquhoun), ils sont rapidement attirés par elle. Sauf que sa propre esclave, la sympathique Metella (Lydia Rose Bewley), veille au grain et protège sa maîtresse fort blonde. Lorsqu’ils ne font pas les zouaves, Marcus et Stylax travaillent et sont chargés de recopier des manuscrits et autres courriers. Ajoutons à cette galerie des visages tout autant excentriques comme le propriétaire, la patronne libidineuse et leur collègue portant de l’eau. Du fait de leur manque d’expérience et des facultés limitées dont ils sont dotés, les compères se font systématiquement berner, sans réellement apprendre de leurs erreurs. Durant l’intégralité de sa première saison, l’écriture s’évertue par conséquent à mettre en avant leurs pérégrinations.

Honnêtement, il est possible que Plebs propose des débuts agréables et convaincants pour certains. Cependant, je dois avouer avoir trouvé ça extrêmement médiocre et pénible à regarder. La principale cause est sûrement toute simple, c’est que je ne figure assurément pas dans le public cible. Précisons que n’étant déjà pas du tout friande du format des sitcoms, je ne partais clairement pas en terrain conquis en dépit de l’Antiquité ambiante. Là où la saison m’a totalement perdue, c’est par son ton poussif et excessif. En outre, excepté quelques très rares scènes, je n’ai jamais esquissé ne serait-ce qu’un sourire. Plebs a beau tenter de s’amuser avec les contrastes, elle accumule les blagues lourdes, l’humour gras et des références scatophiles. Tout n’y tourne qu’autour du sexe et des excréments. En d’autres termes, le résultat se veut plus consternant qu’autre chose, surtout que les situations censées injecter de la surprise et distraire le téléspectateur sont prévisibles. Ajoutons-y des personnages figés dans la roche dont, au final, on se fiche royalement, une écriture inégale, et il s’avère alors compliqué de s’investir. L’interprétation est pourtant de qualité, rendant par conséquent le visionnage peut-être davantage frustrant.

En définitive, la première saison de Plebs est très peu enthousiasmante à partir du moment où l’on évite toujours les comédies vulgairement stupides usant de ressorts humoristiques faciles et très peu novateurs. Si ce n’est son cadre inédit, la fiction britannique n’apporte rien de neuf au genre, ne fait pas du tout rire, n’emploie que très partiellement le patrimoine antique et ne réussit en plus même pas à divertir un minimum. En revanche, elle a au moins le mérite d’utiliser des décors à contre-courant, seuls éléments l’empêchant de sombrer dans le rang des nombreuses séries interchangeables. Dans tous les cas, elle est probablement à réserver aux amateurs de sitcoms puériles et graveleuses, les autres pourront passer leur chemin sans aucun regret.
Bonus : la bande-annonce


4 Comments

  1. Caroline
    Mat• 20 juillet 2013 at 15:03

    Salut,

    Moi, j’ai bien aimé le coté décalé et foutraque de Plebs. Faut dire que juste après Spartacus, cette vision de la Rome antique apporte un brin de fraicheur. Les décors studio sont un plus qui change des FX omniprésents. Mais je suis aussi bon client de sitcom. Puéril, moi ? Sans doute! :-)

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    • Caroline
      Caroline• 20 juillet 2013 at 18:27

      Je ne sais pas si mes propos portent à confusion, mais je ne dis pas que ceux qui apprécient cette série sont puérils, hein ^^;;. À mon sens, la série l’est, par contre. C’est clairement un registre ne m’étant pas du tout destiné, ce qui explique probablement pourquoi j’ai eu une réaction épidermique face à cette production. D’ailleurs, les critiques, dont la tienne, ont l’air majoritairement d’accord sur le fait qu’elle soit réussie.

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  2. Caroline
    Mat• 20 juillet 2013 at 18:46

    :-)
    Comme ta phrase était un peu ambiguë, je me suis empressé de la relever ! Après, les gouts et les couleurs..

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    • Caroline
      Caroline• 20 juillet 2013 at 19:13

      Et du coup, tu as bien fait ^^. Au moins ça m’empêchera peut-être de me mettre en porte-à-faux avec certains égarés passant par ici.

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