Les fidèles lecteurs de Luminophore doivent probablement savoir que les créatures aux dents pointues y sont grandement appréciées. C’est donc tout naturel que je me sois intéressée à Vampires, une web-série française plutôt méconnue. Si une seconde saison est déjà en cours de tournage, attardons-nous d’abord sur la première, composée de cinq épisodes d’environ cinq minutes chacun. Diffusée sur Internet via sa page Youtube, elle est sortie entre août 2012 et mai 2013 ; précisons que seul le premier volet date de 2012, la suite est arrivée à un rythme régulier. Les rôles sont multiples au sein de l’équipe créative étant donné qu’outre le scénario, Stéphane Mussard et Benjamin Gilot occupent d’autres postes tels que la réalisation ou l’interprétation du principal personnage masculin. Aucun spoiler.

Ce n’est jamais évident de critiquer les web-séries, car elles sont souvent mises au point par des amateurs. En d’autres termes, difficile de pointer du doigt les limites techniques et budgétaires puisque les personnes derrière la caméra essayent généralement de faire de leur mieux avec ce qu’elles ont sous la main. C’est pourquoi si la saison une de Vampires ne dispose clairement pas d’une forme exceptionnelle, elle a au moins le mérite de chercher à s’offrir une ambiance. Ne nions pas que la réalisation est assez bancale, que certains plans sont fort longuets et peinent encore plus à créer une tension pourtant certainement désirée, que la musique est moyennement inspirée, mais aussi que les filtres de couleurs sont trop prépondérants en dépit d’une photographie soignée. Un effort semble être placé sur le maquillage des êtres assoiffés de sang, même si, avouons-le, tout y sonne déjà-vu. Sans être cruel, il s’avère légitime de penser que cette production ne parvient en aucun cas à dépasser son côté artisanal. Toutefois, tout ceci peut toujours être aisément mis de côté à partir du moment où l’on sent un potentiel scénaristique plutôt enthousiasmant.

     

Certes, cinq épisodes totalisant en intégralité à peine vingt minutes empêchent tout développement. Au cours de cette saison, Ben se retrouve à suivre une femme loin d’être aussi fragile et innocente que ce qu’elle laisse paraître. On ne sait rien de lui et sa caractérisation – ou celle d’autres personnages – n’est pas une seule seconde esquissée. Pour peu que l’on soit familier de l’univers vampirique, il est aisé de comprendre vers où la série souhaite se diriger. Les surprises n’en sont donc pas et l’intrigue famélique est malheureusement assez prévisible. Afin d’attirer immédiatement son public et garder son attention, une web-série se doit impérativement d’être rythmée et incisive. Ce n’est pas du tout le cas des débuts de Vampires dans le sens où il ne se passe strictement rien, et que l’on suit bien trop les quelques personnages alors qu’ils déambulent dans Paris. Les maigres dialogues approximatifs et l’interprétation très figée de certains n’aident pas à améliorer l’ensemble qui apparaît plus vide et fade qu’autre chose. Avec un thème maintes fois rebattu et des limites assez handicapantes, il aurait été appréciable, voire salvateur, de faire preuve d’une approche davantage originale et moins classique.

Au final, la première saison de Vampires est franchement médiocre en raison de la vacuité de son scénario et de l’absence totale de divertissement qu’elle essaye pourtant de procurer ; nonobstant de brefs épisodes, l’ennui est effectivement présent et rend le tout particulièrement laborieux. Cependant, compte tenu de sa durée restreinte, des contraintes de son format et de ses obstacles financiers et pratiques, il convient d’être quelque peu indulgent et de lui laisser la possibilité de s’octroyer avec sa seconde saison une vraie identité, ainsi qu’un développement digne de ce nom.
Bonus : le premier épisode