High School Kagekidan ☆ Otokogumi | ハイスクール歌劇団☆男組

Par , le 3 septembre 2013

La revue Takarazuka est une vraie institution au Japon et, malheureusement, elle est assez peu montrée à la télévision à travers des fictions. En tout cas, on ne peut pas dire que l’on croule sous les j-dramas la mettant à l’honneur. De ce fait, le tanpatsu High School Kagekidan ☆ Otokogumi intrigue suffisamment pour avoir envie de le regarder. Composé d’un unique épisode de 70 minutes diffusé le 6 octobre 2012 sur TBS, son titre peut être approximativement traduit en la compagnie de théâtre du lycée ☆ l’équipe des hommes. Il semblerait qu’il y ait eu une adaptation au théâtre. Aucun spoiler.

Pour des raisons dominées par leurs hormones en ébullition, plusieurs lycéens d’un établissement exclusivement masculin décident de se lancer dans le monde très particulier du Takarazuka, et de mettre au point une pièce de théâtre où ils devront chanter, danser et, pour certains, se transformer en… femmes. Naturellement, cette entreprise se révèle plus compliquée qu’elle n’en a l’air et requiert des sacrifices inattendus. D’un autre côté, en s’y consacrant, ces adolescents commencent à réaliser ce qui importe réellement dans une vie.

 

Découvrir après visionnage que le scénariste derrière ce tanpatsu n’est autre que Egashira Michiru, celui-même à l’origine de Gokusen et de Tumbling, n’étonne absolument pas car il reprend tous les codes propres à ces deux fictions. Si, en dépit d’un scénario classique, la recette fonctionne justement bien pour le second en raison de sa bonne humeur communicative et de la maîtrise de son mélange des genres, le résultat s’avère ici bien moins concluant. Effectivement, High School Kagekidan ☆ Otokogumi dispose d’une intrigue extrêmement convenue ne sortant pas des sentiers battus et accumulant tous les poncifs possibles et inimaginables. Yonehara Hiroki est un lycéen assez peu motivé ne donnant jamais le meilleur de lui-même. À partir du moment où il peut continuer une existence tranquille sans trop se forcer, cela lui convient. Quand il a le coup de foudre pour Hayase Madoka, une jeune fille inscrite dans l’établissement féminin proche du sien, il fait tout pour qu’elle le remarque mais, elle, elle n’a d’yeux que pour une actrice s’adonnant aux comédies musicales. Il est alors persuadé que s’il souhaite la conquérir, il se doit de lui en mettre plein la vue et de battre à plate couture sa rivale se grimant régulièrement en homme. Pour cela, l’unique solution est d’oser, lui aussi, se transformer le temps d’une soirée en acteur de théâtre dans la veine de la compagnie Takarazuka. Accompagné de ses amis espérant briller face à un public en partie féminin, ils envisagent de profiter des vacances d’été pour préparer une représentation de Roméo et Juliette. Pour cela, ils doivent abattre un travail assez colossal entre les répétitions sportives rébarbatives menées par une femme peu amène, la création des décors ou encore la mise au point des costumes. Sans grande surprise, cette surcharge d’occupations finit rapidement par les fatiguer tant ils sont habitués pour la plupart à se contenter du strict minimum et à ne jamais terminer ce qu’ils entreprennent.

Cela n’étonnera personne de lire que toutes les grosses ficelles propre au genre sont de la partie. Naturellement, les personnages constatent l’importance de l’unité, du développement de leurs propres capacités, du dépassement de soi, de se passionner, etc. Toutes les valeurs si chères aux Japonais ne sont aucunement oubliées et amenées avec un tact quasi inexistant. À l’instar de Tumbling, il existe également un message de tolérance vis-à-vis de ces loisirs moins virils, même si l’accent n’est pas réellement mis dessus. Ajoutons à l’ensemble une femme amère cachant des fêlures leur proposant un programme de danse à première vue inutile – mais en fait pas du tout –, un lycéen (Wakaba Ryûya – My Boss, My Hero) en proie à la pression sans relâche de son père médecin, des disputes entre amis avant la grande réconciliation, des bons sentiments à écœurer un Bisounours, et la recette maintes fois éprouvée se révèle fort peu enthousiasmante. En prime, la musique se permet de s’inspirer d’un peu trop près de certaines mélodies de Kôno Shin – après recherche, il semblerait que ce ne soit pas lui qui s’en soit chargé mais, impossible de mettre la main sur l’identité dudit compositeur. La chanson de fin, Takaramono de Honey L Days est sympathique, cela dit. En fait, il manque une vraie identité à l’ensemble pour qu’il parvienne à contrebalancer son histoire éculée. Qui plus est, avec une si courte durée, les personnages n’ont pas le temps de devenir attachants et crédibles. Dommage. Demeure le charme de l’interprète principal, Daitô Shunsuke (Ôran Kôkô Host Club, Tumbling, Ojîchan wa 25-sai, Shaken BABY!), même s’il faut avouer qu’il est bien trop âgé pour incarner de manière crédible un lycéen. D’ailleurs, il est amusant de constater qu’après le médiocre Futatsu no Spica, il rejoint Sakuraba Nanami qui officie toujours dans le rôle de celle pour qui il a des sentiments. Sinon, pour l’anecdote, d’autres visages connus comme Irie Jingi (Kingyo Club, Ojîchan wa 25-sai), Araki Hirofumi et Kamakari Kenta sont repérés parmi les élèves.

En définitive, à travers les aventures d’un petit groupe de lycéens s’apercevant de l’importance de l’amitié et du travail effectué jusqu’au bout, High School Kagekidan ☆ Otokogumi s’apparente à un tanpatsu plus que passable ne sortant pas une seule seconde des chemins battus. Ce n’est pas que l’ensemble soit si mauvais que ça, mais il accumule tellement tous les stéréotypes en vigueur sans parvenir à insuffler une franche atmosphère de camaraderie qu’il ne se montre guère plaisant. L’épisode pourra peut-être plaire aux plus jeunes ou aux moins regardants, tandis que les autres trouveront sans aucun doute d’autres fictions davantage susceptibles de les divertir.


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