Dexter (saison 8)

Par , le 30 octobre 2013

Voilà, c’est bel et bien officiel, Dexter s’est achevée il y a quelque temps aux États-Unis. Toutefois, sans dévoiler la fin de la série, il paraît clair que les producteurs se sont gardés une porte de sortie tant cette fiction s’avère être une poule aux œufs d’or. La huitième saison, composée de douze épisodes d’une cinquantaine de minutes, fut diffusée sur Showtime entre juin et septembre 2013, soit six mois après la fin de la précédente. Aucun spoiler.

Malgré de nombreuses critiques plus que virulentes, la saison sept avait le mérite de se renouveler et de réussir à enfin injecter une franche tension et une ambiance létale au sein de ses intrigues. Brisant sensiblement l’aspect routinier d’une production en fin de vie, elle s’attardait notamment sur la réaction de Deb face à la découverte des activités criminelles de son frère ainsi que sur la relation sentimentale de ce dernier avec Hannah, une femme très ambivalente. Qui plus est, sa toute fin, avec une superbe scène finale où la sœur s’accrochait à son frère après avoir commis l’irréparable, était magnifique. En d’autres termes, après avoir fait craindre le pire, il était presque naturel d’être confiant en débutant les ultimes aventures de Dexter. Malheureusement, il convient d’avouer dès le début de ce billet que la fiction possède peut-être une des fins les plus ridicules et décevantes de l’histoire de la télévision, surtout après avoir enthousiasmé les foules autant d’années. Comment peut-elle s’être fourvoyée de la sorte à travers cette salve d’épisodes ? Le pire est que le series finale n’est pas l’unique point sur lequel déverser son fiel tant c’est l’ensemble qui attriste, voire irrite grandement pour une telle paresse scénaristique et une impression de gâchis irrespectueux envers le public. Cette absence de parti pris et de conclusion nette est surtout insultante. La majorité des téléspectateurs attendait probablement un choix radical et non pas cette indécision incompréhensible. Certes, au moins les troncs continuent d’être sciés.

Six mois se sont écoulés depuis la fin de la saison sept. Maria LaGuerta est bel et bien morte, tuée de sang froid par Deb, et tout le monde la pleure, lui décerne un banc public en son honneur et tente de reprendre le cours de son existence. Pour certains, la tâche est plus aisée que pour d’autres. Sans grande surprise, Batista décide de retourner à ses anciennes amours et oublie son idée de retraite anticipée. Il profite par ailleurs de la démission de Deb pour récupérer le poste de lieutenant. Effectivement, la jeune femme a tout plaqué et exerce désormais dans l’entreprise de Jacob Elway (Sean Patrick Flanery – The Dead Zone), une sorte de détective privé et chasseur de primes. En roue libre, n’adressant plus la parole à son frère, elle se drogue, boit de l’alcool plus que de raison et multiplie les conduites à risque. Submergée par ses émotions qu’elle ne parvient pas à masquer, totalement à la dérive et hantée par le meurtre de sa collègue, elle ne supporte plus sa vie, ses choix et ses actes passés. Sa détresse fait beaucoup de peine et, comme d’habitude, Jennifer Carpenter abat un travail plus que solide et crédible. Deb refuse de rencontrer Dexter et ce dernier s’en veut car il sait que tout ce que sa sœur vit n’est que de sa faute. Il réalise enfin tout le mal qu’il transmet à son entourage, tel un cancer envahissant progressivement et phagocytant les autres. Malgré les coups, il ne laisse pas tomber celle qu’il chérit comme la prunelle de ses yeux et veille à la sortir du gouffre dans lequel elle sombre, avec grand fracas. La dynamique du duo est toujours la valeur sûre de la série et permet justement à la saison de gagner en intérêt. Indissociables l’un de l’autre, ils s’aiment profondément et sont prêts à tout pour mutuellement se préserver. Sans aller jusqu’à le blâmer, il est en revanche très étrange qu’après avoir osé lancer sur le tapis la probabilité que Deb soit amoureuse de Dexter, les scénaristes n’abordent pas du tout le sujet frontalement au cours de cette saison. Quel en était donc l’intérêt ? Voilà une énième preuve que les têtes pensantes ne savaient pas une seule seconde où elles se dirigeaient. Quoi qu’il en soit, afin de venir en aide à Deb, Dexter s’octroie les services inopinés d’un nouveau personnage plutôt ambigu, la neuropsychiatre Evelyn Vogel, jouée par Charlotte Rampling que nous n’avons plus à présenter. Dommage que cette évolution se fasse aussi abruptement et sans finesse, bien que cela reflète toutes les lacunes de la saison.

Miami étant clairement le repère des tueurs en série, un nouveau sévit en ville : le neurochirurgien. Capturant et séquestrant ses victimes, il ouvre leur crâne pour en extraire une région bien précise, celle supposée abriter l’empathie, notion techniquement inexistante chez les psychopathes.  La police étant tout naturellement rapidement dépassée par les évènements, elle accepte avec joie l’aide du Dr Vogel, spécialiste en psychopathologie et, plus particulièrement, dans l’exploration de la personnalité des psychopathes. Contre toute attente, elle connaît Dexter depuis de nombreuses années puisqu’elle est à l’origine d’une partie fondamentale de la construction de ce qu’il est désormais. Si ajouter une figure de cette trempe, avec un tel ascendant sur le héros de la série, est quelque peu exagéré arrivé à la huitième année de diffusion, il faut avouer que cette femme est de prime abord intrigante et susceptible d’apporter un éclairage intéressant sur Dexter, son père, le code et la relation de l’anti-héros avec son entourage proche. En prime, cette pirouette est supposée sauver la mise aux scénaristes puisqu’il est clair et net depuis plusieurs années que Dexter n’a absolument rien à voir avec un psychopathe. Si l’écriture pouvait nous le faire croire en première saison, plus les saisons se sont écoulées et moins cette théorie se tenait. À force de l’humaniser avant de faire marche-arrière deux épisodes plus loin, puis continuer de nouveau de lui insuffler des sentiments, le personnage s’est transformé en véritable caricature ambulante sans queue ni tête. Cette neuropsychiatre s’aventure sur le domaine de la caractérisation du héros si ce n’est que tout y demeure surfait. Dans tous les cas, suite à certaines révélations, l’analyste sanguin change d’opinion sur le Dr Vogel, se prend d’affection pour elle et un lien pertinent aurait pu se développer mais une psychologie changeante, avec des dynamiques tout aussi fluctuantes et peu cohérentes ne permettent pas une seule seconde d’adhérer à ce à quoi l’on assiste. De toute manière, tout cet arc consacré au neurochirurgien est plat et totalement insipide, à l’instar du reste.

Par le passé, Dexter s’apparentait à une série télévisée où tout semblait possible. Le souffle coupé, le téléspectateur craignait pour ce tueur en série cynique bien que diaboliquement attachant. Avec cette atmosphère très lourde où la chaleur moite de Miami traversait littéralement l’écran, l’angoisse faisait corps avec un scénario rondement mené. Au cours de cette saison, outre le principal fil rouge qu’il est préférable d’occulter, les histoires secondaires s’enchaînent mécaniquement, disposent d’un rythme catatonique et s’oublient rapidement une fois son poste éteint. Les enjeux faisant défaut, la banalité prévaut alors que l’épilogue s’approche dangereusement. Qui plus est, la paresse scénaristique crève les yeux via ce nombre incroyable de facilités, de contradictions et d’incohérences. C’est bien simple, le canevas de ces épisodes se révèle artificiel et sans véritable liant. Ajoutons un aspect verbeux généralement plus pénible qu’autre chose et la coupe est pleine. Et puis, surtout, où diable sont passés la tension et le suspense haletant d’antan ? Craint-on pour la vie de Dexter ou que quelqu’un découvre ses penchants malsains ? Sommes-nous mal à l’aise face à ce que la caméra nous montre ? Non, rien de tout ça. Seul prime l’ennui. Même Michael C. Hall qui, auparavant, envoûtait perd de sa splendeur et laisse totalement impassible. Dexter n’est plus fascinant, et encore moins attachant. C’est terrible de constater un tel délitement de son propre intérêt, ou qu’à cause d’une coloration plus que terne, rien de ce qui se passe ne paraît avoir d’importance. D’une certaine manière, notre cœur se brise même tant on a pu apprécier cette fiction. Que dire de la tentative de densifier un protagoniste comme Masuka, avec l’irruption dans sa vie d’une jeune femme jouée par Madison Burge (Friday Night Lights) ? Bien sûr, ce dernier méritait clairement d’être exploré mais pas de cette manière, pas d’une façon aussi insignifiante et inutile. Il en va de même pour Quinn bien que sa cote de sympathie remonte sensiblement au fil des épisodes. Les nombreux fans de Bethany Joy Lenz (One Tree Hill) ont également de quoi être plus que déçus face à l’insipidité du rôle qu’elle a obtenu. Finalement, la saison s’apparente à du remplissage totalement illogique et ne rimant strictement à rien, si ce n’est à endormir l’intérêt d’un public hébété. On en viendrait presque à s’interroger sur l’existence d’une concertation entre les scénaristes !

En définitive, Dexter délivre un arrière-goût très amer avec cette ultime saison paresseuse, notamment parce qu’elle ne reflète en rien les qualités de la série. Poussive, parfois même stupide, elle se permet en plus de se conclure sur une note ubuesque amenant le téléspectateur à se demander s’il ne s’agit pas d’une vaste blague. Sans forcément discuter de sa fin susceptible de faire ruminer tout le monde dans son coin, les autres épisodes ne sont pas davantage convaincants en raison d’un rythme monotone, d’une absence de véritables enjeux ou de danger, et d’un format mécanique ne donnant pas une seule seconde l’impression que la production s’achève. De surcroît, compte tenu de son ton morne et de l’omniprésence de ses facilités, elle laisse dans l’indifférence sur une terrible dernière impression qu’il sera compliqué d’effacer. Subsiste la superbe relation entre Dexter et Deb, mais c’est bien peu pour une saison que l’on espérait équivalente à un feu d’artifice. Ah, quel dommage !


7 Comments

  1. Caroline
    Alice• 3 novembre 2013 at 16:53

    Hiiiiii *_* Complètement hystérique quand j’ai vu que tu avais écrit sur la fin de Dexter.
    C’est vraiment une prouesse de ta part d’arriver à faire ça sans spoiler, d’ailleurs ^^

    !! Mon commentaire contiendra, lui, des spoilers !!

    Bon, comme tu le sais, j’ai plutôt bien aimé la fin, et me satisfais du sort réservé à notre héros. Je crois bien que je redoutais tellement une mort martyre que tout m’aurait convenu – même si rien ne m’aurait fait plus plaisir qu’un Dexter qui continue ses activités tranquillement, faisant un gros pied de nez à la morale. Et finalement, j’ai trouvé trop facile de faire de Deb la martyre. Je ne comprends même pas que sa mort n’ait pas été plus finement reliée à son amour pour son frère. Ç’aurait été une piètre pirouette mais ç’aurait été mieux que rien, à mon sens.

    Là où je suis sortie de mes gonds, c’était avec Hannah. Hellooooow, une perruque, une teinture, des vêtements moins voyants/moulants ??? Non, visiblement, il y avait une bonasse, il fallait qu’elle soit mise en valeur. Mais personne n’arrive à la cheville de Deb, en termes de charisme. On sait bien qu’elle s’en serait sortie, mais, toutes proportions gardées, la crédibilité était quand même l’un des points forts de la série avant qu’elle n’amorce son virage fatal, j’aurais donc bien aimé voir tout le monde un peu plus sur le qui-vive et faisant preuve de plus de bon sens. C’est dommage car j’aime bien le personnage d’Hannah, même si elle s’est enfoncée dans la niaiserie au fur et à mesure.

    Autrement, la qualité en dents de scie est largement explicable pour moi : le nom du/des scénariste(s) change à chaque épisode ! Je ne connais pas du tout les rouages du système et me doute qu’ils se concertent (quoique…), mais j’imagine que chacun y va de sa suggestion et de sa vision de la série, ce qui donne beaucoup d’incohérences et de revirements. Enfin, c’est peut-être pareil avec toutes les séries, mais là, j’ai vu une réelle différence selon les scénaristes.

    Pour ce qui est du personnage de Vogel, j’étais exaspérée. D’abord, parce que je trouve que les compétences de Rampling étaient plus que sous-exploitées. Ensuite, une énième histoire de famille, de mort qui revient à la vie… c’était trop. Pour moi, l’histoire de la saison 1 suffisait. Enfin, parce que la neuropsychiatrie m’a semblé être présentée de façon simpliste, voire insultante. Mais c’est toi l’experte ! J’ai pas arrêté de me demander si tu grognais devant ta télé quand la série s’attaquait au sujet ^^
    En plus, le fantôme de Harry était toujours présent, gniiii.

    Sinon, c’est bête, mais je ne m’étais pas rendue compte à quel point le personnage de Dexter lui-même était devenu insipide avant que tu n’en parles, c’est fou. Mais oui, clairement, le regard de C. Hall ne suffit plus ! Et encore une fois, son amour pour Hannah n’explique pas tout, les scénaristes ont tenté de lier les différents éléments de la série d’une bien piètre manière. S’il fallait une personne autre que Debra pour changer Dexter, c’était Lumen.

    Côté personnages secondaires, je suis plus que déçue. Masuka n’a pas du tout eu le traitement qu’il méritait (une fille adoptive ? Oui, après 3 ou 4 saisons, peut-être, pas à la dernière : on s’en fiche). Quinn, que j’ai presque toujours aimé, a un cerveau un jour sur deux… Je trouve son personnage extrêmement intéressant, il a l’intuition policière mais son caractère gâche le tout, et juste quand cette thématique commençait à être bien traitée, la série s’arrête.

    Bon, finalement, on peut se demander pourquoi je dis avoir aimé la fin xD peut-être que je suis rassurée de voir le livre se refermer enfin, évitant la fin que je craignais le plus. Et puis, j’ai plus qu’aimé la scène où Dexter se retrouve dans la salle d’interrogatoire avec Batista et Quinn, où les 3 « concluent » à de la légitime défense… ça m’a rappelé les savoureuses répliques des premières saisons.

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    • Caroline
      Caroline• 6 novembre 2013 at 18:44

      Je préviens, ce qui suit est clairement très présomptueux et prétentieux de ma part ^^;;;. Je t’avoue avoir volontairement publié ce billet avant ma pause afin qu’il ne soit pas repoussé à je ne sais trop quand ; effectivement, il me semblait que tu l’attendais, donc… J’ai dû me faire violence pour le terminer à temps tellement son écriture me gavait, à l’instar de la saison de toute manière.

      La suite contient des spoilers puisque je te réponds.

      Concernant la fin de Dexter – le personnage –, je n’avais pas trop réfléchi là-dessus. Tout ce que je savais, c’était que je souhaitais une certaine prise de risques, de position de la part des scénaristes. Là, on a uniquement une situation à mi-chemin entre rien, permettant surtout de délivrer une (des ? Après tout, soyons fous !) série dérivée sur un tas de sujets dont on se fiche royalement pour l’instant. Certes, qu’il meure en martyr ne m’aurait pas du tout plu. Je pense au final que j’aurais apprécié qu’il aille en prison. La scène avec Batista, Quinn et Dexter est super chouette, en effet (enfin une de potable !).

      Je dois confesser avoir été extrêmement dégoûtée de la mort de Deb qui m’a paru tellement mal mise en scène que je n’ai pas ressenti grand-chose – ce qui est hallucinant en sachant que j’adore le personnage et qu’en temps normal, je me transforme rapidement en madeleine. Je ne m’attendais pas une seule seconde à ce qu’elle y passe et j’ai encore du mal à le réaliser.

      Hannah, je l’ai adorée dans la saison précédente et là, mouais, bof. Comme tu le notes très justement, la crédibilité était absente et reflète une des nombreuses incohérences et facilités de ces derniers épisodes. Certes, la série avait jusque-là parfois utilisé de grosses ficelles mais là tout sentait parfois tellement le gros n’importe quoi qu’il en devenait tout simplement difficile d’y croire. Que ce ne soit pas réaliste, à la rigueur, mais il faut bien que ce soit un minimum vraisemblable. Pour en revenir à Hannah, il y a un passage que j’ai trouvé à la fois hilarant et consternant : la scène de sexe. Oh bon sang, ce que c’était moche et gratuit. Où était l’alchimie électrique de l’année dernière ?! Passer de la tension sous-jacente, presque animale, à de la niaiserie sirupeuse fait très mal. Et puisque tu évoques Lumen, j’en profite pour ajouter que je suis déçue de ne pas l’avoir retrouvée.

      (Je réponds un peu en vrac, désolée.) Certes, les scénaristes peuvent changer selon les épisodes mais il y a le showrunner qui est supposé orchestrer tout ça d’une main de maître et agencer les apports de la meilleure manière qui soit possible. À mes yeux, aucun épisode n’est correct de bout en bout dans cette saison. Je ne dis pas qu’ils sont mauvais mais je ne peux pas écrire que l’un d’entre eux m’ait réellement satisfaite.

      Tu sais, tu m’avais glissé il y a quelque temps que tu avais pensé à moi en débutant cette saison et je me demandais pourquoi (je craignais que ce soit un truc horrible !). Je n’ai pas mis longtemps avant de comprendre vu que le personnage de Vogel arrive tôt. J’ai eu très peur au départ. Ceci dit, ça se tient à peu près correctement – comprendre : je n’ai pas été énervée, peut-être aussi parce que le reste est tellement médiocre que j’ai fini par être blasée. Mais c’est certain, la neuropsychiatrie y est présentée de manière schématique et simpliste alors que le cerveau s’apparente justement à une entité que l’on ne comprend guère. Accessoirement, plusieurs recherches sont sorties ces dernières années sur l’empathie chez les psychopathes. Ce ne serait pas étonnant que les scénaristes s’en soient inspirés.

      En plus, le fantôme de Harry était toujours présent, gniiii.
      Et ne parlons pas de son au revoir… haha (x______x).

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  2. Caroline
    Alice• 6 novembre 2013 at 21:07

    Oui – et c’est tout aussi présomptueux de ma part – je m’en doutais un peu ^^;;
    Et j’en suis vraiment émue, en tant qu’unique commentatrice de ton billet Dexter, haha.
    J’ai oublié de te dire que mon monsieur a aussi adoré ton billet et est d’accord avec toi sur tous les points !
    Bon, en tout cas, tu boucles un article et clôtures la série !

    Heu… J’espère que ça ne te soûle pas d’en parler, je vais tâcher de faire court !

    D’après un ami sériphile, la fin que tu imagines est celle que les scénaristes voulaient : Dexter qui parle de sa cellule, attendant la chaise. Cette fin m’aurait convenue aussi, elle aurait eu un côté Lolita, où Humbert Humbert nous révèle en cours de route qu’il est en prison.

    Argh, oui, ce que tu dis sur Deb est terriblement vrai. Maintenant, je ne sais plus quoi penser de ce scénario où on nous fait croire qu’elle allait survivre et puis finalement non. Tout ce qu’elle a enduré avant n’a servi à rien et en même temps, sa mort n’avait aucune dimension tragique/épique. Vivement que je voie Carpenter dans un autre rôle, cette femme est une de mes idoles *_*

    Oui, je me demande bien en quoi la scène de cul entre Hannah et Dexter était utile. Un désir immodéré de montrer le derrière de C. Hall ?? A vrai dire, je n’étais déjà pas fan de celle sur la table de boucherie dans la saison précédente.

    Ah oui, je t’imaginais bondir au plafond en voyant Vogel, mais visiblement, tu étais dans un état tellement blasé que même les généralisations ne te faisaient presque plus rien xD J’avais aussi lu un article de vulgarisation disant qu’il était possible que les maladies mentales (gloups, je sens que c’est un terme démodé) pouvaient toutes être localisées dans le cerveau et qu’il « suffirait » de supprimer la partie concernée pour ne plus être affecté par la maladie. Bon sang, j’ai l’impression d’avoir 5 ans quand j’écris cette phrase. Je pense avoir à peu près compris de quoi l’article retournait, mais tout de même, Evelyn Vogel qui débarque avec sa théorie et ses démons du passé, c’était simpliste.

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    • Caroline
      Caroline• 6 novembre 2013 at 22:34

      Non, non, ça ne m’embête pas du tout de parler de Dexter, même si cette saison m’a déçue. Au sujet de la fin, je pense que tu évoques les propos de l’ancien showrunner, Clyde Phillips. Fabien y a consacré un intéressant billet sur Critictoo que je t’encourage à lire si tu ne l’as pas encore fait. Il est certain que cette conclusion me plait théoriquement davantage mais, en pratique, cela aurait pu être totalement différent. De toute manière, nous ne le saurons jamais ^^;.

      Ce que tu écris concernant le cerveau se rapporte à la théorie localisationniste, comme quoi une zone du cerveau bien spécifique serait dédiée à une fonction tout aussi particulière. Ce courant s’oppose/s’opposait au holisme qui veut que le cerveau soit un ensemble indissociable. Il est clair que des régions particulières sont dédiées à des capacités cognitives (l’hippocampe à la mémoire épisodique, les fonctions exécutives au lobe frontal, etc.), sauf qu’elles ne sont pas dédiées qu’à ça – du moins, il y a de fortes chances. En d’autres termes, si l’on en supprime une parce qu’elle fonctionne mal, les catastrophes risquent d’arriver. Les années 1940/1950 nous l’ont tristement prouvé puisque l’on pratiquait des lobotomies/leucotomies sur des patients victimes à tour de bras, histoire d’éradiquer ce qui n’allait pas. Qui plus est, tout le monde avait le droit à ce traitement miraculeux : ça allait des psychoses à l’épilepsie en passant par des douleurs du dos ou que sais-je. Ah, c’est certain, ça nous a permis de faire des avancées spectaculaires dans le domaine cérébral !

      Sinon, sujet très épineux – qui plus est en France –, je suis personnellement convaincue que beaucoup de pathologies psychiatriques trouvent une explication organique bien qu’elle ne nous soit pas encore connue – la schizophrénie, par exemple. Mais de là à que tout soit purement physique… hmmm, je serais plus nuancée. Bon, je me tais parce que je pourrais discuter de tout ça des heures et des heures. Pour en revenir à Vogel, le traitement de son approche n’est pas propre à elle mais à une grande majorité des fictions abordant des sujets aussi pointus que la neuropsychologie/neuropsychiatrie – du coup, le superbe film Memento est une exception que je choie d’autant plus. Et je suis persuadée que c’est aussi le cas dans plein d’autres domaines pour lesquels je ne suis pas spécialiste mais qui ne me sautent donc pas aux yeux. Des fois, ça agace, et parfois, on finit tout simplement par laisser couler.

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  3. Caroline
    Alice• 9 novembre 2013 at 22:14

    Merci pour l’article, que j’ai lu avec intérêt.
    Pas d’accord avec tout – normal – voire même avec rien, mais cette fin divise, c’est sûr.
    Je ne savais pas que le showrunner était parti au bout de 4 saisons…

    Et merci aussi pour l’éclairage sur les lobotomies.
    Ca ne me dérange pas que t’en parles pendant des heures. Je serai juste larguée, haha.
    Memento, celui de Nolan ? Si oui, je tiens d’autant plus à creuser sa filmo.
    Je ne regarde pas de séries policières, mais je ne compterais plus le nombre de facepalms à chaque fois que je verrais un inspecteur crier « Appelez-moi le traducteur ! » sinon.

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    • Caroline
      Caroline• 9 novembre 2013 at 22:40

      Oui, oui, le Memento de Nolan. En plus d’être un film solide alliant à la fois la forme et le fond, il dispose d’une vraie illustration pertinente de l’amnésie antérograde.

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  4. Bilan culturel 2013 | Undecorated Wall• 5 janvier 2014 at 20:23

    […] ☾ J’ai terminé Dexter et contrairement à beaucoup, je n’ai pas été si déçue que ça. Évidemment, la série aurait dû se clore bien plus tôt, mais bon, l’histoire de la poule aux œufs d’or, tout ça… A part une facilité scénaristique vraiment lamentable, j’ai plutôt bien aimé cette fin une fois que j’ai réussi à faire abstraction des nombreuses incohérences et à digérer le fait que certains personnages ont été totalement gâchés (Masuka, Quinn…). Objectivement, je comprends donc tout à fait la colère des fans, sur le plan personnel, je suis satisfaite. Je recommande par ailleurs chaudement la lecture de l’avis de kerydwen, qui se trouve ici. […]

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