(Tag) Émotions en série

Par , le 20 août 2014

Courant avril 2014, Nephthys a pensé à moi alors qu’elle répondait au tag intitulé Émotions en série. En règle générale, je préfère éviter ce genre de billet sur Luminophore, mais vu que le sujet correspond parfaitement à la ligne éditoriale du blog et se veut sympathique, je m’y colle. Dans tous les cas, les règles sont extrêmement simples puisqu’il convient d’associer sept séries différentes à sept sentiments, puis de nommer sept personnes supposées poursuivre ce petit jeu. Je romps la chaîne, car je n’ai aucunement l’intention de forcer qui que ce soit à y répondre, mais si vous souhaitez vous y mettre, n’hésitez absolument pas.

 

La joie

Il existe de ces séries s’apparentant à une sorte de bonbon sucré, celles capables de procurer une incroyable bonne humeur et de dynamiser pour tout le reste de la journée. Malcolm in the Middle, Scrubs, Psych et Gilmore Girls ont cet effet sur ma personne, et je sais que si je regarde un de leurs épisodes, j’en ressortirai en excellente forme. Je tiens toutefois à citer la pétillante The Middleman qui, à travers son univers multicolore, ses protagonistes truculents, ses répliques ciselées et ses références à la culture populaire, m’amuse grandement et m’injecte de la joie en intraveineuse. Dommage qu’elle ait été avortée de la sorte et qu’elle soit aussi méconnue parce qu’elle mérite d’être visionnée.

 

La tristesse

Loin de s’avérer poussive et de sombrer dans les écueils habituels du mélodrame, Soredemo, Ikite Yuku est d’une tristesse poétique à en pleurer. Le chagrin et l’abattement qu’elle insuffle tout au long de ses épisodes se veulent sains et permettent surtout de se décharger pour mieux avancer, induisant ainsi un effet cathartique des plus éprouvants. S’installer devant sa télévision n’est alors clairement pas de tout repos, mais c’est comme si l’on était ensuite susceptible de repartir sur des bases plus équilibrées. Malgré les tragédies y étant illustrées et le serrement de mon cœur quand j’y pense, j’en garde un magnifique souvenir aux multiples émotions. Je vous ai déjà dit que cette série figurait parmi mes favorites ? Comment ça, je radote ?

 

La colère

Je dois avouer ne pas être en mesure de citer une série me mettant en colère. J’ai beau me triturer les méninges, aucune ne me vient à l’esprit. Bien sûr, plusieurs me frustrent parce qu’elles ne parviennent pas à tirer profit de leur potentiel ou en raison de la dilution de leur qualité, mais pas au point de m’irriter profondément. En revanche, à l’instar de maints sériephiles, je suis extrêmement agacée par ces annulations éhontées ne respectant en rien les créateurs, scénaristes et autres individus travaillant derrière une production, ainsi que le public s’étant attaché à tout un univers. L’arrêt de Terminator: The Sarah Connor Chronicles est celui qui me reste le plus en travers de la gorge, car cette fiction avait encore beaucoup de choses à montrer et qu’après une seconde saison solide, elle était coupée en plein élan, laissant en suspens moult questionnements.

 

La peur

Stricto sensu, aucune série n’a eu l’occasion de me faire peur. Après, ayant été biberonnée dès l’enfance aux films d’horreur et gore, je suis probablement insensibilisée à beaucoup de choses.  Il n’empêche qu’avec ses histoires glauques et intenses, MillenniuM a su provoquer en moi une curieuse impression de mal-être, comme si la perversité et l’atrocité humaines se frayaient un chemin et parvenaient à me déstabiliser. Rares sont les fictions à réussir à dépeindre de la sorte la noirceur de l’Homme, tout en évitant habilement le sensationnalisme et la surenchère.

 

La nostalgie

Ah, Buffy the Vampire Slayer… Cette série me rend nostalgique pour la bonne et simple raison que je sais pertinemment que je n’en aimerai plus jamais une de la sorte. Certes, il convient de ne jamais dire jamais, mais je ne vois pas comment je pourrais adhérer autant à un univers et qu’il me marque à l’encre indélébile. Sans évoquer les qualités intrinsèques de cette fiction fantastique à plusieurs points de vue, elle se rapporte surtout à une époque où il fallait patienter jusqu’aux épisodes suivants, scruter le programme télévisé en espérant qu’une émission ne vienne pas repousser d’une semaine sa petite dose, ronger son frein avant l’arrivée de la prochaine saison souvent diffusée sur M6 dès la rentrée scolaire, etc. Chaque maigre nouvelle information était chérie tant rien ne filtrait, Internet n’étant qu’à ses balbutiements. Le magnétoscope était son ami le plus précieux et s’instaurait ainsi un certain climat d’attente propice à l’attachement. Qui plus est, j’ai grandi et me suis construite simultanément avec Buffy, ce qui créé forcément une empathie particulière. Du coup, y repenser me ramène en arrière, à une période différente que je regrette parfois un peu, car on prenait peut-être davantage le temps de laisser mûrir les séries.

 

La surprise

Le football américain et ses règles incompréhensibles pour la néophyte que je suis m’ont toujours donné envie de dormir et de fuir. Voir une petite ville du Texas profond vivre à travers ce sport ne m’attirait pas du tout, c’est certain. Contre toute attente, je me suis surprise à aimer côtoyer ses illustres figures, voire à les apprécier grandement et en ressortir profondément bouleversée. Friday Night Lights m’a effectivement montré que j’étais en mesure de me passionner pour des matchs de foot, de vibrer face à ce ballon ovale et de me lever en hurlant dans mon salon parce que mon équipe favorite venait de gagner. Bien sûr, cette série ne se résume pas qu’à ça – loin de là, d’ailleurs –, mais je n’en reviens toujours pas qu’elle soit parvenue à me faire totalement oublier mes préjugés, surtout que dorénavant, à chaque fois que je pense à ce sport, j’ai comme une vague émotionnelle qui me submerge.

 

La confusion

Regarder Carnivàle donne régulièrement l’impression de naviguer en plein brouillard. Les épisodes se suivent et disposent tous d’une ambiance fort particulière où la poussière et les pouvoirs surnaturels se côtoient dans ce qui s’apparente à un voyage opaque. Je me souviens, lors de mon visionnage, me dire que je ne comprenais absolument rien, mais que je trouvais ça vraiment magnifique et excellent. Fascinée par cette confusion permanente, j’en étais tout simplement subjuguée. Cela fait plusieurs années que je pense me replonger dans ce microcosme exigeant, et je suis persuadée que j’en ressortirai toujours aussi embrouillée, bien qu’admirative devant ce scénario parfaitement alambiqué.


2 Comments

  1. Caroline
    Nac• 20 août 2014 at 11:27

    Je te suis tout à fait sur la nostalgie, la surprise et la confusion! Et merci de radoter parce que j’avais déjà très envie de voir Soredemo, Ikite Yuku à l’époque de sa diffusion mais depuis, j’ai découvert Mitsushima Hikari dans Woman et j’en suis devenue fan! Je la suis dans le très bon drama Wakamonotachi, diffusé en ce moment dans laquelle elle retrouve Eita d’ailleurs!
    Pour la colère,aucune série ne me procure vraiment ce genre de sentiment mais certaines annulations en effet, on de quoi énerver!
    J’ai récemment revu les 2 premières saisons de Veronica Mars et je ne sais pas si c’est parce que c’est une série assez colorée ou l’humour mais je l’associe à la joie, bien que les thèmes abordés n’aient rien de très joyeux!
    Pour ce qui est de la peur…Peut être Supernatural!

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    • Caroline
      Caroline• 21 août 2014 at 21:59

      Ah, là, là, je comprends aisément pourquoi tu es devenue fan de Mitsushima Hikari. J’imagine que Soredemo, Ikite Yuku ne fera que conforter ton opinion comme quoi elle est une actrice fabuleuse méritant moult louanges. J’espère que tu adhéreras au moins autant que moi à ce sublime j-drama. Le duo qu’elle forme avec Eita est en plus absolument extraordinaire et rien que d’y repenser, j’en ai presque des frissons. Je n’ai pas encore regardé Woman, mais tu te doutes bien que cette série figure sur ma liste. De toute manière, tous les travaux de Sakamoto Yûji sont désormais notés à l’encre indélébile pour que je les teste un de ces jours, héhé.

      C’est certain que Veronica Mars met régulièrement de bonne humeur et donne la pêche – du moins si l’on enlève quelques passages bien glauques, évidemment.

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