Shi to Kanojo to Boku | 死と彼女とぼく

Par , le 7 septembre 2014

Comme toujours, dès que l’on apprécie un genre assez timide, on ne fait pas la fine bouche et l’on tient à tester tout ce qui est susceptible de nous tomber entre les mains. En l’occurrence, le fantastique n’est pas un registre que l’on peut qualifier de plébiscité au Japon, d’où l’intérêt pour le tanpatsu Shi to Kanojo to Boku qui en fait la part belle. Constituée d’un unique épisode d’un peu de moins de cinquante minutes, cette courte fiction dont le titre signifie approximativement la mort, la fille et moi fut diffusée sur TV Asahi le 25 septembre 2012. Il s’agit d’une adaptation forcément très sommaire du josei manga du même nom de Kawaguchi Madoka – non disponible en France à l’heure actuelle –, composé de dix volumes sortis entre 1991 et 1999, mais aussi de plusieurs suites. Aucun spoiler.

Depuis une grave maladie l’ayant presque tuée quand elle avait sept ans, l’adolescente Tokino Yukari détient la possibilité de voir les fantômes et autres créatures apparentées. Pire que ça, elle les attire et si certains ne cherchent que l’apaisement, d’autres peuvent être au contraire violents et très dangereux. Avec le soutien de son ami, Matsumi Yûsaku, elle accepte de venir en aide à une femme récemment décédée, persuadée d’avoir été assassinée par l’un de ses collègues. La situation se complique grandement lorsque les phénomènes surnaturels se multiplient.

     

Sans grande surprise, ce n’est certainement pas un tout petit épisode qui permet de reprendre en bonne et due forme le récit raconté dans le manga. Pour cela, il n’est pas nécessaire de l’avoir lu pour s’en douter. Toutefois, il y a de fortes chances que le concept soit similaire. Au programme : des fantômes, des regrets amers, un soupçon de peur, des enfants avec des regards supposément angoissants et… une absence totale de frisson pour un tanpatsu souhaitant délivrer une atmosphère horrifique. Qui plus est, la musique totalement intrusive et peu adaptée aux scènes annihile d’autant plus l’effet recherché. En fait, Shi to Kanojo to Boku passe totalement à côté de l’histoire et de son potentiel. Bien sûr, il paraît évident qu’en raison d’une durée aussi minimale, il est difficile d’explorer de nombreuses facettes des personnages, d’approfondir et de densifier une fiction ou de proposer un univers riche et complexe. De toute manière, ce n’est pas forcément ce que l’on attend de cet épisode. En revanche, divertir n’est jamais de refus si ce n’est que ce j-drama échoue lamentablement. La faute à quoi ? À beaucoup trop d’éléments.

Yukari est une lycéenne à première vue banale. Or, elle est dotée d’un don particulier conditionnant sa vie de tous les jours. Elle voit les morts n’ayant pas encore réussi à quitter le monde des vivants. Alors qu’elle cherche à guider une toute petite fille perdue et n’ayant pas réalisé qu’elle était décédée, elle fait brutalement la connaissance de Takeuchi Natsumi (Sakurai Atsuko). Effectivement, celle-ci aurait visiblement sauté de l’immeuble de son entreprise et se serait donc suicidée. Ayant assisté sans le vouloir à la scène, Yukari et son ami, Yûsaku (Ichikawa Tomohiro – Clone Baby), permettent à Natsumi de comprendre qu’elle vient de trépasser. Les fantômes oublient généralement une partie de leur passé. Ils sont certes scotchés sur Terre, mais ils ne savent pas pourquoi. Gouvernés par les regrets, la colère ou la tristesse, ils errent souvent, cela parfois des années durant. Suite à certaines circonstances, Natsumi réussit à découvrir que sa mort n’a rien de naturel et est bien décidée à lever le voile sur cette tragédie, et à faire payer celui qu’elle juge responsable, son rival au bureau, l’arriviste et manipulateur Ôsawa Naoki (Hakamada Yoshihiko – Soratobu Tire, Fumô Chitai). Voilà le trio qui se lance dans une enquête linéaire n’en finissant pas d’accumuler les incohérences et autres facilités. Le tout est profondément simpliste en plus d’être inintéressant. Il faut dire que l’interprétation hautement aléatoire et l’absence de caractérisation des personnages ne permettent aucunement de contrebalancer les lacunes omniprésentes. L’héroïne a le malheur d’être campée par la débutante Mine Azusa qui a bien du chemin à parcourir avant de se montrer un minimum convaincante.

Pour conclure, en dépit d’une histoire fantastico-horrifique somme toute classique bien qu’a priori capable d’insuffler une atmosphère assez rare à la télévision nippone, Shi to Kanojo to Boku se révèle être un tanpatsu plus que médiocre et insignifiant. Souffrant d’une écriture approximative, d’acteurs peu inspirés, de dialogues bancals et n’ayant en plus pas l’idée d’injecter une ambiance digne de ce nom à une production en requérant une, l’épisode en devient extrêmement pénible à regarder alors qu’il dure à peine cinquante minutes. En d’autres termes, il se doit d’être évité quand bien même on serait cruellement en manque de surnaturel.


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