Il aura fallu les attendre un sacré moment, mais, ça y est, les sous-titres de Saru Lock : The Movie sont désormais disponibles depuis quelque temps. Comme son intitulé l’indique plus qu’explicitement, le billet de ce jour est consacré au film suivant la série télévisée Saru Lock, elle-même adaptée du manga du même nom. Réalisé par Maeda Tetsu, il est sorti dans les salles nippones le 27 février 2010 et dure 112 minutes. Il n’est pas du tout nécessaire d’avoir regardé le j-drama pour démarrer ce long-métrage, bien que ce soit évidemment préférable. Aucun spoiler.

Lorsque la jolie Mayumi demande à Sarumaru de l’aider à ouvrir un coffre-fort qui, soi-disant, lui appartient, le serrurier au grand cœur et aux hormones en ébullition ne peut refuser. Comme d’habitude, il se lance la tête baissée dans cette entreprise et finit par s’en mordre les doigts tant la situation sort de son contrôle. Néanmoins, en étant confronté à moult malfrats, ne va-t-il pas tomber amoureux et atteindre son but ultime ?

 

En dépit d’une approche pouvant à juste titre effrayer les réfractaires aux blagues potaches et à l’humour grivois, le renzoku Saru Lock se révèle plutôt rafraîchissant grâce à ses protagonistes truculents et foncièrement attachants, mais également compte tenu de ton décomplexé et ridiculement drôle. Forcément, si l’on a quelque peu apprécié l’univers, l’idée d’un film a de quoi être séduisante si ce n’est qu’il est légitime de se montrer perplexe pour plusieurs raisons. La première est liée à la crainte d’un émoussement du rythme. Effectivement, passer du format d’épisodes d’une petite vingtaine de minutes à une fiction de presque deux heures ne se réalise pas aussi aisément que ce que l’on pourrait croire. Par ailleurs, quel est l’intérêt d’un long-métrage ? Les Japonais ont beaucoup trop l’habitude de sortir des dérivés de séries ayant plutôt bien fonctionné, avec un résultat trop régulièrement correct, sans plus. En d’autres termes, ces à-côtés viennent parfois gâcher l’impression positive que l’on avait d’une production, ce qui est dommage. Alors, qu’en est-il de ce Saru Lock : The Movie ? Malheureusement, les craintes initiales sont fondées même si le film parvient à garder la tête haute. Si les dialogues rapides sont de nouveau de la partie, ou encore que la réalisation et la musique s’amusent avec les clichés, l’ensemble tire sensiblement en longueur et peine à retrouver l’efficacité de la série. Contre toute attente, alors que le temps le permet justement, des personnages tels que Ritsuko sont presque aux abonnés absents. Le long-métrage préfère se focaliser sur son héros, les autres servant surtout de faire-valoir. Sinon, les excès ont toujours symbolisé Saru Lock, mais plusieurs méchants jouent un peu trop la carte de l’ennemi caricatural en en faisant des tonnes. En résumé, les défauts et qualités de la fiction sont de la partie et, encore une fois, la profonde amitié et les aventures irréalistes de l’équipe atténuent suffisamment ces fameux écueils pour ne pas irriter, surtout que des petits détails sont distillés afin d’apporter un minimum de densité à Saru.

 

Plusieurs mois se sont écoulés depuis la fin de la série, mais les choses n’ont pas vraiment bougé depuis. Sarumaru et Yamamoto sont encore des obsédés prêts à tout pour conclure et passent leur temps à courir d’un endroit à un autre, dans l’espoir de voir quelques dessous affriolants. Ritsuko n’en rate pas une pour se moquer d’eux et continue dans son coin son petit bonhomme de chemin. Le seul à avoir sensiblement progressé est Yamada, car il a quitté la police de quartier pour travailler en tant que véritable inspecteur. Sous les ordres de la superbe mais froide Mizuki Eiko (Konishi Manami – Ashita no Kita Yoshio), il cherche en vain à récupérer un coffre-fort ayant disparu d’une banque, volé par des criminels sacrément organisés. Le monde étant définitivement minuscule, Sarumaru se retrouve également lié à cette enquête aux multiples ramifications en raison d’une de ses clientes, l’ambiguë Mayumi (Higa Manami – Marumo no Okite). C’est ainsi que le serrurier et ses amis s’embarquent dans une affaire où tous les coups sont permis. Entre courses-poursuites automobiles, plongeon dans l’eau, films imaginaires – et cruel retour à la réalité – de Saru, salles de sport, drogues, serrures à crocheter et la quête du grand amour, les rebondissements sont pléthores et il va de soi que certains n’en sortiront pas tout à fait indemnes. C’est l’occasion de voir plusieurs visages connus, dont notamment Kunimura Jun (Soratobu Tire), Mitsuishi Ken (BOSS) et Wada Soko (Tsugunai).

Au final, Saru Lock : The Movie est dans la lignée de la série télévisée qu’il suit. Présentant des situations invraisemblables où l’humour cocasse côtoie les blagues légèrement licencieuses, il fait rire et détend en bonne compagnie. La galerie de personnages a toujours beau être parfaitement ridicule, elle regorge de telles figures attachantes qu’il s’avère difficile de ne pas avoir le cœur semblable à un marshmallow. S’il est indiscutable que le rythme connaît quelques faiblesses, que l’intrigue aurait mérité d’être condensée et que l’interprétation abuse du cabotinage, le visionnage demeure dans l’ensemble satisfaisant. Qui plus est, sous cette apparence de frivolité superficielle, ce long-métrage parvient parfois à toucher la corde sensible et à continuer de développer des éléments liés à la caractérisation de son héros. Pour un univers ne se prenant aucunement la tête, le résultat est en définitive étonnamment efficace – à condition, bien sûr, d’adhérer à cette atmosphère particulière et au surjeu permanent.