Métal Hurlant Chronicles (saison 2)

Par , le 27 janvier 2015

L’obstination et la naïveté faisant partie de mon vocabulaire, il était évident que je ne laisserais pas tomber Métal Hurlant Chronicles malgré des débuts peu engageants. C’est donc sans surprise que j’ai donné sa chance à la deuxième saison de cette production française. Composée de six épisodes de vingt minutes, elle fut diffusée aux États-Unis et en France sur SyFy en avril et mai 2014. Aucun spoiler.

Le Métal Hurlant, ce dernier fragment d’une planète réduite en poussière par la folie de ses habitants traverse inlassablement l’Univers et plonge ceux croisant son chemin dans le désespoir et la souffrance. Cette transposition à l’écran de bandes dessinées publiées dans feu le magazine Métal Hurlant reprend la même structure qu’auparavant en proposant une anthologie. Pour rappel, les histoires sont indépendantes les unes des autres bien qu’il leur arrive de partager plusieurs similarités et un cadre quelque peu semblable. La cohérence entre ces vignettes est dorénavant plus soignée, ce qui est un excellent point. Les styles sont encore une fois marqués et naviguent entre le space opera, l’anticipation, le contexte médiéval et le western. À partir de l’instant où l’on a un faible pour ces genres trop absents de la télévision, il est logique d’être content de les retrouver. La production continuer de tenter d’instaurer une atmosphère palpable, notamment grâce aux décors, à la photographie souvent très sombre et à la musique. Avouons que pour y adhérer un minimum, il convient de se montrer très indulgent tant les effets numériques de médiocre qualité pullulent et que l’ensemble en devient plus que kitsch. Quelques scènes de nudité sont floutées, d’ailleurs, ce qui accentue la bizarrerie de cette fiction. Avec un budget probablement anémique, Métal Hurlant Chronicles sent l’amateurisme et peine à visuellement convaincre. Pourtant, le côté désabusé et glauque des scénarios réussit sporadiquement à faire mouche et laisse imaginer qu’avec une écriture moins approximative, le résultat pourrait s’avérer prometteur. Les dialogues artificiels, les discours inutiles, l’interprétation souvent atone des acteurs, le rythme monocorde et la multitude de clichés et de stéréotypes ne viennent clairement pas arranger quoi que ce soit, surtout que la saison souffre de nouveau d’une inégalité parfois irritante. En effet, les épisodes ne sont pas homogènes quand bien même ils se veulent tous peu enthousiasmants.

The Endomorphe s’attarde sur un monde post-apocalyptique où des robots prennent le contrôle et s’apprêtent à totalement éradiquer les humains. L’unique solution pour ces derniers réside en un être particulier à même de se transformer en une créature capable de terrasser les ennemis mécaniques. Tristement, le premier épisode de cette nouvelle saison donne le ton puisqu’il n’est guère divertissant en dépit d’un retournement de situation certes prévisible, mais plutôt sympathique. L’acteur Michael Jai White campe un homme tentant de mener jusqu’au bout sa mission, quitte à braver moult dangers. L’ambiance se veut radicalement différente avec Whisky in the Jar où James Marsters (Buffy the Vampire Slayer) est de retour dans la série pour un rôle opposé à celui de Shelter Me. Il y joue un médecin ne supportant plus de voir ses patients mourir les uns après les autres, la survie au Far West se révélant compliquée. Suite au passage du Métal Hurlant, il est doté d’une mystérieuse capacité fort pratique. Avec son humour noir assez décalé et son épilogue correct, cet épisode est probablement le meilleur de la fournée. En revanche, Second Chance est beaucoup trop exagéré pour ne pas en devenir grand-guignolesque. Son héros cabotin (Scott Adkins, de retour) se lance dans une partie de poker qu’il ne peut que perdre et tente de fuir pour préserver sa vie et, accessoirement, mettre le grappin sur un fabuleux trésor. La conclusion sortie de nulle part est rigolote, mais ce n’est normalement pas cela que l’on attend de Métal Hurlant Chronicles. L’ennui prend ses aises dans Loyal Khondor réutilisant l’ambiance de l’épisode précédent et faisant croiser quelques-uns des personnages déjà entraperçus. Le dernier d’une race extraterrestre cherche par tous les moyens à sauver la princesse sur qui il veille depuis longtemps. Retenons uniquement que cela fait plaisir d’y voir John Rhys-Davies (Sliders). Sinon, The Second Son se démarque par l’apparition inattendue de Frédérique Bel (Fais pas ci, fais pas ça), ce qui n’est pas le cas de son histoire mêlant Moyen-Âge et technologies futuristes. Deux frères se détestent et désirent coûte que coûte s’entretuer ; petit problème, ils habitent dans un château où personne ne peut mourir. Enfin, Back to Reality délivre un univers atypique où des individus utilisent un simulateur leur permettant de s’évader du quotidien. Le principe est excellent parce qu’il dégage un liant concernant l’intégralité de la série, voire une sorte de vase communicant ; le traitement est en revanche bien moins satisfaisant. Quoi qu’il en soit, c’est l’occasion d’y rencontrer de nouveau Dominique Pinon.

Finalement, la deuxième saison de Métal Hurlant Chronicles s’avère identique à la précédente et ne réussit jamais à se départir de ses anciens défauts. Assez inégale, cumulant les clichés, moyennement jouée, souffrant de longueurs et disposant d’un style flirtant avec le ridicule, elle ne contente que rarement. Bien sûr, les moyens de la production sont limités et se doivent d’être pris en considération, mais cela n’excuse pas tout. C’est d’autant plus dommage, car les idées sont présentes, l’atmosphère morose montre parfois son potentiel et les chutes des épisodes savent surprendre. Qu’une série française aborde sérieusement la science-fiction fait plaisir si ce n’est qu’il arrive un stade où les scénarios caricaturaux et poussifs finissent même par contrarier le plus compréhensif.


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