Comme prévu, l’année 2014 aura été marquée par ses adieux à Psych (Enquêteur Malgré Lui en France). Mais avant que Luminophore referme définitivement la porte de cet univers débridé, il convient de discuter de l’avant-dernière saison, la septième. Composée de quatorze épisodes, elle fut diffusée pour une fois sur USA Network sans interruption, à savoir de février à mai 2013. L’aventure musicale passée à Noël sera traitée à part d’ici quelque temps. Aucun spoiler.

Après une baisse de régime au cours de la cinquième saison, la sixième remettait les pendules à l’heure en offrant des pérégrinations loufoques survitaminées. Elle quittait le public sur une note à suspense comme Henry était abattu de sang-froid par un de ses anciens amis. Va-t-il mourir ? Bien sûr, ce n’est pas dévoiler l’intrigue que de révéler que, non, il survit miraculeusement et se requinque tout aussi rapidement de ses blessures. Après tout, nous sommes dans Psych ; les décès de simples quidams sont toujours tournés en dérision et les figures majeures ne subissent guère de francs contrecoups. Cela ne signifie pas pour autant que le drame se montre absent des histoires et cette nouvelle salve le prouve, car Shawn est confronté à un aveu non souhaité à même de pulvériser le couple dorénavant stable qu’il forme avec Juliet. La série approchant de sa fin – et cette saison étant envisagée au départ comme susceptible d’être la dernière –, il est logique que ce fameux secret, cette identité que le héros s’est créée, finisse par imploser et arriver franchement sur le devant de la scène. Cette découverte de l’inspectrice est dans les faits importante puisqu’elle parasite implicitement le duo romantique qui ne doit pas se reposer sur des mensonges par omission. Cependant, son traitement n’est pas des plus heureux et se veut même plutôt confus tant les personnages font deux pas en arrière pour un en avant à de multiples reprises. L’évolution de leur relation se révèle alors assez bancale et approximative, ce qui semble dommage. Qui plus est, bien que lever ce voile sur le pot aux roses ne survienne qu’en milieu de parcours, c’est le principal élément de la saison qui demeure en mémoire, comme si le reste n’était pas suffisamment pertinent pour subsister. L’amour est drôlement présent au sein de ces épisodes et le faux médium n’est pas le seul à voir ses émotions chahutées dans tous les sens.

Contre toute attente, Gus réussit par on ne sait quel miracle à se trouver une petite amie. Bien sûr, le personnage est adorable en tant que tel, mais les épisodes ont toujours veillé à s’amuser de ses rares conquêtes et à tourner sa vie sentimentale en dérision. Pour l’occasion, la saison s’offre le travail de Parminder Nagra (ER) qui prend les traits de Rachael, une Anglaise faisant les yeux doux au fidèle acolyte de service. Le résultat n’est là aussi que partiellement probant. Il devient assez compliqué d’adhérer totalement à cette relation qui n’a rien d’agaçant, mais qui manque de piquant et se veut plus redondante qu’autre chose. Elle a au moins le mérite de dépeindre que les héros évoluent et mûrissent, ce qui n’est peut-être pas un mal. Le constat est davantage positif avec Lassiter qui délivre à la saison le meilleur épisode, Deeez Nups, grâce à son mariage avec Marlowe fraîchement sortie de prison. De toute manière, Psych conserve encore une fois son identité constituée de blagues à foison, de références à la culture populaire, de répliques ciselées majoritairement jouissives, d’un rythme du tonnerre, d’une amitié adorable et d’une ambiance très cool. Des protagonistes comme Woody, le médecin légiste gagnant des galons au cours des épisodes, ne font que maximiser le potentiel comique de la série. De même, Henry entretient de nouveau une relation amusante avec son fils et son illustre camarade, la chef de police tente de tempérer les ardeurs de ce monde bigarré, Juliet et Lassiter forment un excellent tandem, et les enquêtes loufoques se succèdent. Bref, tout est là.

Dans l’ensemble, les épisodes s’avèrent plutôt homogènes, mais ils peinent parfois à convaincre intégralement. Ne le nions pas, Psych est une fiction âgée et malgré l’inventivité et la vivacité de ses scénaristes, il arrive un moment où l’écriture traîne un petit peu et perd en intérêt. Heureusement, l’ambiance électrique et les personnages sont présents pour administrer un grand coup de fouet. Outre l’union maritale de la saison, le 7×11, Office Space, s’attardant sur la découverte par Gus du cadavre de son patron après qu’il se soit disputé avec lui, figure parmi les réussites. Le season finale, No Trout About It, amorce de futurs changements au poste de police avec l’irruption notable d’un consultant fort particulier incarné par un Anthony Michael Hall (The Dead Zone) en forme. Il est d’ailleurs rigolo de noter que le season premiere s’amuse d’une référence à celui-ci pour finir par le faire venir dans les quartiers de la série. Toutes les fictions télévisées ne peuvent se vanter de bénéficier de cent épisodes, Psych, si, via le 7×05, 100 Clues. Il adapte à sa façon le jeu de société Cluedo et se veut drôle et animé, bien qu’il aurait pu s’avérer davantage enthousiasmant pour marquer le coup. Christopher Lloyd est l’un des participants de cette partie humaine. De plus, Jeffrey Tambor, Rachel Blanchard, Lori Loughlin et Kirsten Prout figurent parmi quelques-uns des invités.

Pour conclure, la septième année de Psych n’est pas aussi convaincante que la précédente parce qu’elle souffre de quelques maladresses et de développements approximatifs, dont celui en lien avec la révélation de milieu de parcours. Naturellement, cela ne l’empêche nullement d’être désopilante, vivante, et de proposer maintes aventures riches en couleurs et en divertissement où les personnages de Santa Barbara continuent d’être génialement excentriques. L’interprétation de très haute volée et l’alchimie entre les acteurs ne font que transcender les qualités intrinsèques de cette comédie, lui offrant dès lors de solides atouts. Dire qu’il ne reste plus qu’une saison raccourcie avant de devoir tourner la page… cela s’annonce déchirant !