Fire Boys | ファイアーボーイズ

Par , le 6 mars 2015

Dans mon espoir de venir à bout de toutes les séries présentes chez moi depuis parfois plusieurs années, j’ai enfin lancé dernièrement Fire Boys. Ce j-drama composé de onze épisodes fut diffusé sur Fuji TV entre janvier et mars 2004. Il s’agit d’une adaptation sommaire du shônen manga Megumi no Daigo de Soda Masahito, publié au Japon en vingt volumes entre 1995 et 1999 ; seuls les quinze premiers ont été édités en France chez feu Kabuto sous le titre Daigo, soldat du feu, la commercialisation ayant été brutalement stoppée. Aucun spoiler.

Depuis qu’il a été sauvé des flammes par un pompier, Asahina Daigo rêve d’exercer cette profession qu’il tient en haute estime. Son désir est presque exaucé puisqu’il sort de l’école avec son diplôme en poche. Lorsqu’il découvre sa caserne ayant réputation d’accueillir les minables, il ne peut s’empêcher d’être écœuré tant il a l’impression que ses nouveaux coéquipiers ne partagent pas sa passion et se contentent du strict minimum.

Fire Boys fait partie de ces fictions récupérées à mes débuts dans le monde des séries japonaises. J’admets volontiers ne m’y être penchée qu’en raison de la présence de Yamada Takayuki (Byakuyakô, Yamikin Ushijima-kun) et de Tsukamoto Takashi (Kisarazu Cat’s Eye, Kekkon Dekinai Otoko) que j’apprécie en règle générale beaucoup. Pour autant, je n’étais pas particulièrement emballée par cette histoire et c’est pourquoi j’ai mis autant de temps avant de lui donner sa chance. Mon petit doigt me disait que les épisodes ne seraient guère engageants et risquaient peut-être de sombrer dans les écueils habituels de ce type de production. Sans aucune surprise, il avait raison. Fire Boys n’est ni plus ni moins qu’un condensé de tous les défauts propres aux j-dramas prônant les valeurs si chères aux yeux des Japonais. Force de caractère, courage, entraide, esprit d’équipe, persévérance… bref, tout est là ! La tonalité alterne entre le drame préfabriqué et l’humour grotesque, ce qui n’arrange rien, forcément. D’aucuns pourraient très bien y trouver leur compte et se divertir, mais il y a de fortes chances que la majorité soupire et s’agace face à ce fantasme ridicule et profondément sentimental du métier de pompier.

À tout juste dix-huit ans, Asahina Daigo est un jeune homme arrogant et très sûr de lui. Alors qu’il intègre enfin une équipe de professionnels, il tombe de haut en constatant que ses compères – interprétés par plusieurs visages familiers du petit écran nippon – ne vivent pas à cent à l’heure, savent se reposer et se contentent parfois de missions à première vue extrêmement faciles. En effet, pour Daigo, dès que le feu n’entre pas en compte, tout est aisé et insipide. Sauver des chats du haut d’un toit ou veiller à ce que de vieilles personnes ne s’étouffent pas dans un sauna ne devraient, selon lui, pas faire partie de ses prérogatives. Ce n’est donc pas étonnant qu’il devienne rapidement moqueur et prétentieux, convaincu d’avoir le droit de houspiller ses collègues paresseux qui finissent par ne plus le supporter. Évidemment, la réalité est tout autre, et ça, Daigo, l’apprend à ses dépens, à force de scènes terribles où il découvre la dure vérité du terrain. Avec son gabarit de crevette, il n’est en plus pas une seule seconde crédible en pompier. Le héros est une vraie caricature profondément irritante. C’est bien simple, il sait tout mieux que tout le monde, il passe son temps à râler et à se placer en donneur de leçons. Comme par hasard, il se trompe systématiquement et chaque épisode lui inculque une déculottée virtuelle. Pire, Daigo n’évolue guère et n’apprend jamais de ses erreurs. L’interprétation de Yamada Takayuki se révèle catastrophique et si l’on ne connaissait pas les travaux plus récents de l’acteur, on pourrait croire qu’il n’a pas une quelconque once de talent. De toute manière, la finesse n’existe jamais dans Fire Boys et la structure narrative repose sur un canevas schématique réitérant inlassablement les mêmes erreurs.

     

Les épisodes de la série se suivent et ressemblent. Daigo arrive à la caserne, il râle sur n’importe quel sujet, il part sur le terrain avec l’un de ses coéquipiers, celui-ci lui apprend la vie de façon assez abrupte, Daigo pleurniche, se fait consoler par une ancienne prof jouée par la jolie Konishi Manami (Kû Neru Futari Sumu Futari), la fin est là. N’oublions tout de même pas quelques séquences avec le second freluquet de service, Amakasu Shirô (Tsukamoto Takashi), passant ses journées à se battre avec Daigo pour cause de jalousie. Les deux viennent effectivement de la même académie et se considèrent comme des rivaux. De même, probablement afin d’attirer une audience plus large, une romance à deux francs six sous s’installe dans le paysage avec une urgentiste (Mimura – Medaka). Les histoires s’attardent de façon rigide sur les autres personnages de la caserne à grand renfort de pathos et d’emphase grandiloquente illustrant le dur labeur qu’est la profession et les sacrifices lui étant liés. Il faut dire que la musique de Satô Naoki se montre tout autant intrusive que le reste et n’accentue que davantage le ridicule de plusieurs scènes totalement artificielles et non crédibles. D’ailleurs, la série a certes plus de dix ans au compteur, mais elle fait bien plus âgée que ça en raison d’une réalisation datée et d’un visuel poussiéreux. Sinon, afin de pimenter les intrigues anémiques, quelques protagonistes mettent des bâtons dans les roues à nos héros et c’est l’occasion de délivrer des moments soit manichéens, soit simplistes au possible. Pour l’anecdote, Oguri Shun et Matsushige Yutaka (Kodoku no Gourmet) figurent notamment parmi les invités.

Au final, Fire Boys s’apparente à une sorte de récit initiatique où un jeune pompier passe de la théorie à la pratique. En multipliant les clichés, les bons sentiments et une morale poussive, cette série japonaise se révèle antipathique et totalement ridicule. Qui plus est, la formule mécanique des épisodes et le personnage principal hautain tout simplement insupportable ne font que contribuer à cette désagréable sensation que de perdre son temps. Dans les faits, ce j-drama n’est pas extrêmement mauvais si ce n’est qu’il finit par agacer en voulant à tout prix forcer les émotions et montrer sans aucune subtilité que ce métier dangereux véhicule de magnifiques valeurs et nécessite moult louanges. L’interprétation ne permet même pas de sauver quoi que ce soit, car elle est tout aussi approximative que le reste. Ce Fire Boys ne mérite donc pas d’être visionné et se doit de demeurer tapi dans l’ombre.


3 Commentaires

  1. tortue solaire• 7 mars 2015 à 18:21

    Salut !
    Je lis depuis longtemps ton blog et je tenais à mettre une petite bafouille ici pour te faire savoir à quelle point j’apprécie sa lecture.
    Je viens tout juste d’ouvrir mon propre blog sur la littérature et les séries tv et je t’ai mis en lien sur ma page. Si ça t’embête n’hésite pas à me le dire pour que je le retire. Sinon ben, merci pour ton travail et à bientôt sur la blogosphère :)

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    • Kerydwen• 10 mars 2015 à 22:21

      Pas de souci pour le lien, au contraire ^^. J’aime beaucoup le nom de ton blog et son contenu me semble fort à mon goût pour l’instant ; je vais le surveiller ! En tout cas, bienvenue à toi sur la blogosphère :).

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  2. tortue solaire• 12 mars 2015 à 11:07

    Ça fait plaisir d’avoir des retours positifs quand on vient de se lancer, ça motive !
    Je vais essayer d’adopter un rythme de croisière assez régulier (plus facile à dire qu’à faire !).
    Merci en tout cas ^^

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