Tengoku no Daisuke e | 天国のダイスケへ

Par , le 13 mars 2015

Dans l’optique de vider mes dossiers, j’ai tâché au cours des derniers mois de venir à bout de tous les tanpatsu y traînant. Voilà, j’ai accompli mon objectif avec Tengoku no Daisuke e qui prenait de la poussière virtuelle depuis au moins cinq ou six ans ! Cela, je pense, signifie l’intérêt que je lui portais… Constitué d’une unique partie de deux heures, il fut diffusé sur NTV le 2 janvier 2003. Cet unitaire inspiré du roman Boku, shinun desu ka ne de Satô Tadahiro fut produit dans le cadre des cinquante ans de la chaîne et a été scénarisé par Aizawa Tomoko (Yamato Nadeshiko, Guilty, Shikaotoko Aoniyoshi). Aucun spoiler.

Le titre de ce tanpatsu ne laisse guère de doute sur le futur d’un de ses personnages puisque l’on apprend d’emblée qu’il se trouve au ciel. De toute façon, avant de le lancer, les Japonais savaient probablement ce qu’ils allaient regarder, car Satô Daisuke, le sportif dont le parcours est rapidement exploré, a réellement existé et fut apparemment assez connu dans sa région. Sans aucune surprise, je n’avais jamais entendu parler de lui et j’imagine qu’il en est de même pour la très grande majorité de la planète. Pour information, l’épisode utilise vraisemblablement des éléments issus du livre écrit par le père de Daisuke. À noter que les dernières minutes incluent des vidéos d’archives du jeune homme. Tengoku no Daisuke e démontre de nouveau cette propension à se focaliser sur des faits réels susceptibles d’apporter de l’émotion et une certaine dose de pathos. Contre toute attente, l’ambiance générale demeure relativement posée et évite le sentimentalisme exacerbé, d’autant plus que la première moitié injecte une atmosphère humoristique à travers des dialogues légers. Il n’empêche que cet épisode se montre extrêmement classique, ne serait-ce qu’à travers le voyage initiatique qu’il dépeint avec le protagoniste principal, le journaliste incarné par Fukuyama Masaharu (Ryôma-den, Galileo).

 

Îda Yôhei est un être arrogant, individualiste, très sûr de lui et convaincu de sa supériorité sur ses collègues et n’importe quel quidam croisant sa route. Il ne fait confiance à personne et n’écoute jamais les conseils qui tentent de lui être donnés. En d’autres termes, il se révèle imbuvable, surtout qu’il mène sa vie personnelle comme la professionnelle. Alors qu’il est en couple avec Hayase Yuiko (Seto Asaka – Hachimitsu to Clover, LIFE) depuis de nombreuses années, il ne souhaite pas l’épouser pour l’instant parce qu’il sait qu’il ne pourra plus agir à sa guise. Cela ne l’empêche nullement de profiter de ses soins et de la laisser s’occuper de son linge sale et du ménage de son propre appartement ! Elle doit d’ailleurs réellement tenir à cet homme, lui qui fait passer son métier de journaliste politique avant elle. Forcément, arrive un jour l’erreur. Yôhei se trompe de cible et accuse un ministre d’un délit qu’il n’a pas commis, plongeant son service dans un incroyable marasme médiatique. Bien qu’il ne soit pas renvoyé, il est rétrogradé au sport, ce qu’il subit comme une insulte. Pire que tout pour lui, il ne bénéficie même pas d’une discipline qu’il juge noble comme le football ou le baseball, non, il est consigné à la course, et plus particulièrement au relais universitaire annuel de Hakone, Hakone Ekiden.

En japonais, ekiden signifie tout bonnement le relais marathon. Celui de Hakone semble plutôt fameux, se déroule les 2 et 3 janvier de chaque année et est retransmis à la télévision. La course est segmentée en cinq parties allant de Tôkyô à Hakone et les participants doivent à chaque fois se passer une écharpe pour effectuer leur jonction, sauf si le délai est écoulé. Pour plus d’informations, cette page Wikipédia explicite correctement les règles. Quoi qu’il en soit, Yôhei n’est pas du tout satisfait de son nouveau statut et décide de prendre à la légère sa mission qui consiste à couvrir le retour sur le devant de la scène de l’université Takushoku après treize années d’absence, avec notamment l’un de ses sportifs, Satô Daisuke. C’est pourquoi il arrive au stade sans aucune connaissance préalable et se croit en terrain conquis. Force est de constater qu’il pénètre dans un tout autre monde et réalise que la course est une discipline merveilleuse où tous donnent le meilleur d’eux-mêmes, quitte à laisser leur santé en jeu. Effectivement, Tengoku no Daisuke e dispose de l’intégralité des valeurs si chères aux Japonais que sont le dépassement de soi, l’entraide, l’honneur, la bravoure et le courage. Au contact de l’équipe et de Daisuke, Yôhei progresse et devient un humain plus agréable, ce qui n’est pas difficile compte tenu de son point de départ.

 

Depuis qu’il est petit, Satô Daisuke court et rythme son existence en fonction de son sport. Il prend ce qu’il fait très au sérieux et rêve de participer un jour aux Jeux olympiques. Pour l’heure, le relais de Hakone est sur son programme et il s’y dédie jour et nuit. C’est un Oguri Shun alors encore assez jeune qui offre ses traits à cet étudiant chaleureux gardant envers et contre tout le sourire. Fin psychologue, il comprend rapidement Yôhei et se tisse entre eux une relation particulière et écrite plutôt maladroitement. Il est difficile d’y adhérer en raison de la vitesse à laquelle elle avance. Fondamentalement, l’unitaire se regarde aisément malgré sa durée, probablement parce qu’il dépeint des personnages certes caricaturaux, mais entraînants. Dans tous les cas, Daisuke souffre de tout ce qui entoure le poids du relais et sa valeur symbolique, puis apprend que ses souhaits ambitieux ne seront jamais exaucés. Au lieu de broyer du noir, il décide de se montrer fort, ce qui pousse Yôhei à changer de façon de voir les choses. Bref, nous l’avons dit, tout demeure extrêmement conventionnel. La réalisation ne permet pas non plus d’apporter une touche d’originalité parce qu’elle se veut banale, voire datée.

Pour conclure, Tengoku no Daisuke e s’attarde sur la rencontre entre un journaliste cynique croyant tout connaître et un jeune sportif habité par la soif de courir. S’apparentant à un récit initiatique convenu, le tanpatsu ne s’avère pas foncièrement médiocre surtout qu’il oublie le mélodrame emphatique, mais il multiplie les écueils inhérents au genre et se contente du minimum syndical. Le téléspectateur ne ressent par conséquent pas grand-chose devant cette peinture sans réelles saveurs prônant l’optimisme, les bons sentiments et la détermination.


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