Psych – 7×15-16 | Psych: The Musical

Par , le 7 avril 2015

Avant de définitivement refermer les portes de Psych, il est l’heure de revenir sur Psych: The Musical, un épisode très spécial diffusé entre les deux dernières saisons. Durant une heure et demie, cet unitaire est donc pour l’occasion doublé et est passé sur USA Network le 15 décembre 2013. Aucun spoiler.

Presque dès l’arrivée de la série à l’antenne, son créateur, Steve Franks, avait révélé son envie de produire un jour une aventure entièrement musicale. Les années se sont écoulées et ce n’est qu’en fin de parcours que l’épisode fut finalement achevé. Contre toute attente, il convient de le regarder de manière totalement indépendante du reste, car il ne reprend aucunement les évènements amorcés précédemment. Par exemple, Juliet ne connaît pas le secret de Shawn et la chef Vick est toujours à son poste. Avouons que pour cette raison, le résultat est au départ étrange puisque l’on se demande si l’on est à bord d’une machine à remonter le temps. Bien que dans les faits, cette approche ne dérange pas foncièrement, elle laisse tout de même une curieuse impression parce que l’on se doute que les personnages ou la situation n’évolueront guère. C’est un peu comme si Psych: The Musical donnait un coup d’épée dans l’eau et se contentait de s’apparenter à un pur divertissement, une sorte de parenthèse multicolore où l’idée est d’amuser. Après tout, pourquoi pas ? L’univers est suffisamment riche pour normalement proposer une histoire sympathique truffée de chansons. Malheureusement, la conclusion n’est pas celle escomptée. La plupart des protagonistes ne servent à rien, le supposé atout de l’ensemble est fort approximatif et l’épisode souffre légèrement de son format rallongé. Au bout du compte, le début assez ridicule, avec le registre médiévo-féérique, annonce au préalable les écueils à venir.

Zachary Zander (Anthony Rapp), abrégé en Z, est un auteur de comédies musicales implosant littéralement le jour où il croit qu’un journaliste a descendu en flèche sa pièce inspirée de Jack l’Éventreur. Résultat, il incendie le théâtre et assassine par la même occasion ledit critique. Sept ans plus tard, ce criminel psychologiquement instable choisit de s’enfuir de l’hôpital psychiatrique dans lequel il était enfermé. C’est là que Shawn, Gus et tous les autres entrent en scène. À première vue, Psych: The Musical ressemble à un épisode tout ce qu’il y a de plus classique puisqu’il est question d’une affaire traditionnelle. Le duo de détectives se lance dans une enquête assez farfelue, la police travaille de son côté et les ressorts scénaristiques habituels ne sont pas oubliés. En bref, le prétendu médium part dans tous les sens, son fidèle acolyte le suit dans ses délires et en initie de nouveaux, Lassiter et Juliet cherchent plus posément le tueur fou, Woody propose un numéro excentrique et, contre toute attente, quelqu’un ressurgit alors que l’on ne s’y attendait pas : Yang ! Internée dans le même établissement que Z, elle paraît en savoir bien plus que ce qu’elle laisse croire et profite de l’occasion pour s’intégrer à l’investigation en cours. Sa présence apporte à cet unitaire une touche appréciable grâce à la dynamique qu’elle entretient avec Shawn et des répliques ciselées. À ce sujet, en dépit d’une absence de franche injection d’humour mémorable, Psych ne déçoit justement pas puisque la fiction offre des dialogues aux petits oignons ; les piques à l’encontre de Christophe Lambert sont assez savoureuses.

Comme le titre l’indique, la grande différence réside dans l’insertion de chansons. J’admets exécrer au plus haut point cette propension qu’ont beaucoup de séries à se lancer dans ce genre avec lequel je n’ai que peu d’affinités. Très rares sont celles à se montrer convaincantes et les ratés sont plus que légion. En l’occurrence, le procédé s’avère ici bancal, voire incohérent, parce qu’il n’est pas explicité et change régulièrement d’approche. Tantôt les numéros artistiques servent à faire cheminer le récit, tantôt ils sont présents à la demande d’un protagoniste désireux de se croire en pleine comédie musicale. Dans tous les cas, les séquences chantées sont plutôt ennuyantes, rébarbatives et moyennement inspirées malgré une mise en scène parfois sympathique. Pire, elles semblent souvent sorties de nulle part, totalement préfabriquées et forcées, ce qui n’arrange rien. Les mélodies deviennent aussi redondantes et sonnent familières aux oreilles. Bien sûr, les acteurs détiennent pour certains des qualités indiscutables en la matière – par exemple, Dulé Hill prouve de nouveau ses talents dans un chouette bonus inopiné, et Timothy Omundson étonne positivement –, mais tout demeure à l’état embryonnaire et peu concluant. Les multiréférences aux comédies musicales ne changent rien à la donne, surtout lorsque l’on y est allergique. Cruelle déconvenue également de réaliser que pour l’occasion, le générique n’est même pas rafraîchi.

En définitive, Psych: The Musical n’est en rien l’évènement présenté par la chaîne. Au contraire, l’épisode se montre plutôt décevant et peu enthousiasmant puisqu’il ne divertit que partiellement et oublie parfois d’amuser le téléspectateur qui attend de la série davantage de créativité et d’humour. L’enquête en cours est assez générique et seule l’irruption d’un antagoniste phare de l’univers permet de pimenter quelque peu ce scénario où l’évolution des personnages est inexistante. Ce qu’il y a de plus ennuyant, finalement, c’est que la dimension musicale supposée transcender le tout tend surtout à accentuer les lacunes. Les chansons ne sont guère inventives, assez lisses, peu naturelles, et si la distribution est à la hauteur du défi, elle ne provoque pas non plus d’étincelles. Heureusement, cet accident de parcours ne devrait pas être de mauvais augure pour l’ultime saison.


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