Psych | Enquêteur Malgré Lui (saison 8)

Par , le 28 avril 2015

Voilà, il est l’heure de définitivement refermer le chapitre de Psych (Enquêteur Malgré Lui en France) en discutant de sa toute dernière saison, la huitième. Raccourcie à seulement dix épisodes, elle fut diffusée sur USA Network entre janvier et mars 2014. Aucun spoiler.

C’est très simple, cette ultime année de la série s’apparente à une sorte d’hommage au long cours. Les aventures de Shawn, Gus et les autres les amènent tous à cheminer progressivement vers une porte de sortie, et plus précisément, vers des adieux en bonne et due forme. Justement, puisqu’on en parle, qu’en est-il de ce series finale ? Est-il à la hauteur de nos espérances ? La majorité des téléspectateurs doit probablement répondre à cette interrogation positivement. Sa tonalité douce-amère fait au départ très peur, mais elle finit par apporter tout ce que l’on pouvait désirer, voire plus encore. L’identité de Psych est palpable et un immense sourire reconnaissant perdure longtemps après le générique de fin. En fait, l’intégralité de la saison se veut quasiment indissociable tant elle fait preuve d’homogénéité. S’il paraît évident que la qualité d’ensemble ne s’avère pas aussi pertinente que lors des premiers pas de la production, le tout demeure globalement satisfaisant et, surtout, amuse grandement tout en distillant une atmosphère foncièrement chaleureuse. C’est peut-être cette tendresse que l’on retiendra de Psych dans le futur. Enfin, avec son humour parfois absurde, ses héros truculents et absolument attachants, ses enquêtes farfelues, ses références à la culture populaire – et, plus particulièrement, aux années 1980 –, sa propension à mettre des ananas partout, son énergie entraînante. Non, finalement, il est difficile et presque idiot de résumer la fiction à une seule caractéristique, car c’est l’association savamment orchestrée de ses ingrédients qui en forme son sel, même si le cheval de proue de tout ça n’est autre que la superbe dynamique entre Gus et Shawn.

Tout au long de la saison, les compères hauts en couleur partent en direction de l’Angleterre et rencontrent un personnage phare de l’univers de la série, doivent se frotter au nouveau chef très spécial de la police – naturellement toujours campé par Anthony Michael Hall –, se lancent dans une sorte de remake d’un épisode de la toute première saison, voient leur médecin légiste favori être pris en otage par un criminel joué par Peter Stormare, ouvrent un camion bar, vivent un moment digne d’un film d’horreur, et sont confrontés à un obstacle de taille en ce qui concerne leur relation. Bien qu’ils soient unis comme les doigts de la main depuis leur enfance, arrive l’heure où leurs envies peuvent les séparer… Shawn a drôlement grandi et ses choix posés, presque matures, l’amènent à opter pour une existence quelque peu différente de celle qu’il expérimente pour l’heure à Santa Barbara. Sa romance avec Juliet en est le principal catalyseur ; d’ailleurs, celle-ci est quelque peu en retrait lors de la saison, surtout qu’elle n’apparaît pas à plusieurs épisodes. Gus est sûrement le protagoniste occupant le plus de place au long cours, ce qui n’est absolument pas un reproche tant il fait des étincelles. Sa voiture paraissant indestructible et lui en voient des vertes et des pas mûres. Ses angoisses, névroses et loisirs sont croqués avec soin et toujours reliés au duo qu’il forme avec son meilleur ami, pour la bonne et simple raison qu’ils sont inséparables. Sans aucune surprise, la saison prend donc grandement le temps de poursuivre l’exploration de sa relation maîtresse, mais également celles leur gravitant autour.

Si Juliet s’absente à plusieurs reprises, sa présence subsiste, ne serait-ce que parce qu’elle amorce sans le vouloir des changements notables dans la vie de son compagnon. Comme d’habitude, Psych joue la carte de la subtilité les concernant et la romance n’empiète jamais sur une dominante parallèle. Diverses dynamiques bénéficient aussi d’un éclairage particulier. Du côté du faux médium, il est en effet nécessaire de compter sur son lien avec son père d’une part, et d’autre part sur celui qu’il entretient avec le génial Lassiter. Au sujet de ce dernier, il commence l’année plus bas que terre pour la terminer frais comme un gardon. Son attachement à sa collègue Juliet est joliment retranscrit à l’aide de plusieurs scènes. Les figures récurrentes comme Woody, McNab et quelques autres sont également de la partie et, afin de mettre les petits plats dans les grands, les invités se multiplient. Outre un acteur totalement inattendu dans le rôle d’un individu souvent nommé – et dont on taira l’identité pour maximiser l’effet de surprise –, il est par exemple possible d’évoquer la présence de Vinnie Jones, Ray Wise, Michael Weston, Loretta Devine, Bruce Harwood, Vincent Ventresca, Mira Sorvino, Yvette Nicole Brown, Curt Smith, Bruce Campbell ou encore de Billy Zane – oui, tout ce monde ! Ces comédiens revêtant à l’occasion le costume d’un personnage inédit pour la seconde fois donnent l’impression de s’amuser grandement et offrent de nouveau ce sentiment d’appartenance à une famille originale. L’émission spéciale diffusée après le series finale prolonge le plaisir avant de définitivement raccrocher.

Pour conclure, la huitième et dernière saison de Psych n’est assurément pas la plus réussie d’entre toutes. Toujours est-il qu’elle effectue plus que correctement son travail en prenant le temps de refermer consciencieusement un long chapitre humoristique, amical, pétillant, ponctué de fréquents clins d’œil, unique en son genre et mettant définitivement du baume au cœur. La série est un petit condensé de bonne humeur survitaminée et il est franchement dommage qu’elle soit aussi méconnue parce qu’elle mérite davantage de lumière. Les épisodes de cette ultime année se veulent à l’image de l’ensemble et s’ils ne sont pas toujours passionnants, ils laissent rapidement place à un sentiment de profonde et adorable camaraderie. C’est que, mine de rien, ce chouette univers délicieusement ridicule aux personnages bigarrés va cruellement nous manquer.


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