Fort du succès de ses débuts à l’écran, il n’est guère étonnant que Galileo ait persévéré. Après une première saison, un épisode spécial et un film sont sortis simultanément. Pour aujourd’hui, il ne sera question que du tanpatsu qui, d’ailleurs, doit normalement se visionner avant le long-métrage, bien que les deux soient totalement indépendants l’un de l’autre. Galileo Φ est également appelé l’épisode zéro, car il se déroule avant les aventures narrées sur Fuji TV courant 2007. Il adapte l’histoire courte Galileo no Kunô de Higashino Keigo. L’unitaire fut diffusé sur la chaîne nippone le 4 octobre 2008 et dure un peu plus de cent minutes. Aucun spoiler.

Peinant à lever le voile sur une mystérieuse affaire de meurtre en chambre close, l’inspecteur Kusanagi Shunpei décide de demander de l’aide à l’un de ses enseignants d’université. Malheureusement, celui-ci ne lui est d’aucun secours. Toutefois, il tombe par hasard sur un ancien camarade de classe, Yukawa Manabu, connu à l’époque pour son excentricité et son génie. C’est justement pour ses multiples talents que le policier l’approche. Après tout, il pourrait très bien l’autoriser à résoudre son enquête vraisemblablement insoluble.

Galileo Φ se déroule trois ans avant les évènements illustrés dans la première saison. De ce fait, l’énergique Utsumi Kaoru est aux abonnés absents, et elle ne manque pas du tout. Au contraire, cela permet à l’épisode de sortir un peu de la routine habituelle et d’explorer de nouvelles pistes. Contre toute attente, le tanpatsu cherche effectivement à approfondir un minimum la jeunesse de Yukawa, son lien avec Kusanagi et, en filigrane, de mettre en avant les pérégrinations du sympathique assistant à vie Kuribayashi Hiromi. Cela étant, le fondement du scénario repose avant tout sur une affaire digne d’un roman policier fort classique. Un individu est retrouvé mort dans l’annexe d’une maison ayant pris feu pour une raison inconnue. Ce qu’il y a de réellement bizarre, c’est que la victime en question était enfermée dans son logement et aurait été transpercée par un objet avant de se consumer. L’inspecteur Kusanagi patine et ne sait comment s’en sortir. L’épisode réutilise en fait le canevas similaire au premier renzoku. En d’autres termes, la police se rend auprès du professeur qui, de prime abord, n’est pas intéressé, mais finit malgré tout par s’y pencher, car des éléments piquent sa curiosité. Il se moque éperdument du criminel ou de ses motivations puisqu’il souhaite avant tout faire la lumière sur le mystère de la semaine. À côté, le médecin légiste mange des gâteaux en travaillant et le collègue de Kusanagi se trouve à deux doigts de vomir devant le cadavre. L’enquête en elle-même n’a rien de passionnant et son déroulement chemine progressivement, avec les fameux tics et composants de la démarche du physicien. Les sciences marquent leur retour, s’insèrent de façon plutôt ridicule, sans pour autant déranger. La résolution de l’intrigue dominante se révèle rapidement visible en dépit d’une sorte de retournement de situation. Encore une fois, toute cette partie ne peut se départir d’une tonalité bien trop consensuelle et manichéenne. C’est en tout cas l’occasion d’y retrouver Karina (Love Shuffle), Kanie Keizô – décédé trop tôt l’année dernière d’un cancer de l’estomac – et Namioka Kazuki. Les amateurs du genre seront peut-être satisfaits par ce récit, mais il faut admettre que rien n’est ici palpitant ou franchement habile. Galileo Φ sort un peu du lot en se focalisant, pour une fois, sur ses principaux personnages.

Un des multiples défauts de la série est de se contenter de son format schématique et de ne jamais explorer ses protagonistes. Étrangement, le tanpatsu s’y adonne et quand bien même le résultat final demeure superficiel et moyennement concluant, l’effort est appréciable. L’épisode insère maladroitement plusieurs flashbacks se déroulant quelques années auparavant, alors que Yukawa et Kusanagi ne sont encore que des étudiants. Naturellement, le premier est déjà extrêmement talentueux, logique et cartésien. Miura Haruma (Bloody Monday, Gokusen 3) offrant ses traits à cette version moins âgée effectue relativement correctement son travail en se calquant sur le jeu de Fukuyama Masaharu. À l’époque, Kusanagi demande de l’aide à son camarade et, pour cause, il se retrouve en mauvaise posture. La relation entre eux n’est pas dénuée d’intérêt bien qu’elle manque de vigueur et d’une réelle substance. Probablement pour pallier l’absence de Kaoru, le scénario ajoute un nouveau personnage féminin, Shionoya Akari, campé ici par Nagasawa Masami (Bunshin, Last Friends). Le caractère de cette étudiante en sciences repose sur des éléments presque similaires à ceux de la jeune inspectrice Utsumi. Enjouée, dynamique et passionnée, elle craque visiblement sur Yukawa qui, sans surprise, illustre sa virilité à travers un match de beach-volley. L’épisode emploie la recette d’origine en utilisant un humour moyennement engageant, mais mieux inséré et moins poussif que dans la première saison, et joue surtout la carte du fantasme féminin comme masculin. Malgré de bonnes idées, le tanpatsu demeure encore une fois profondément générique et peine à la tâche à plusieurs reprises en raison d’un rythme bancal.

Au final, Galileo Φ est peut-être légèrement supérieur aux aventures initiales du physicien Yukawa Manabu, ce qui ne signifie pour autant pas que son visionnage s’avère indispensable. En dépit de maladresses, d’une narration par moments mécanique, de figures lisses et d’une intrigue policière moyennement inspirée s’entremêlant à une autre bien plus ancienne, il laisse une impression somme toute assez décente. Pour cela, il peut remercier la plongée dans la jeunesse de son héros ainsi que le fort sympathique éternel assistant égayant systématiquement le public avec son attitude clichée, mais délicieusement cocasse. À noter qu’il paraît tout à fait envisageable de regarder cet unitaire sans avoir testé auparavant la saison une.