Plebs (saison 2)

Par , le 16 juin 2015

Probablement parce que je suis masochiste sur les bords, psychorigide dans ma manière de visionner des séries et passionnée d’Antiquité, je n’ai pas pu m’empêcher de continuer la fiction britannique Plebs après des débuts compliqués. C’est donc ainsi que j’ai regardé dernièrement sa deuxième saison, constituée de huit épisodes diffusés sur ITV2 entre septembre et novembre 2014. Une suite est d’ores et déjà prévue pour l’année prochaine. Aucun spoiler.

En 2013, j’expliquais que la comédie Plebs n’était pas du tout faite pour moi malgré ma grande appétence pour son cadre historique. J’ai beau être férue de péplums, je suis très peu réceptive aux blagues graveleuses et, de toute manière, c’est un secret pour personne, le format des sitcoms ne me convient guère. Pour faire simple, je sais pertinemment ne pas me trouver dans la cible de cette production qui, en dépit de son univers, se révèle moyennement originale. Comme précisé dans le premier paragraphe, je n’ai pas pu m’empêcher de tester ces aventures inédites. Que voulez-vous, je suis également une éternelle optimiste en matière de télévision et je demeure persuadée qu’il est toujours possible d’être agréablement surpris. Eh bien, contre toute attente, mes propos d’aujourd’hui ne seront pas aussi péremptoires qu’il y a deux ans. Est-ce que cela signifie que la qualité de cette saison est supérieure à la précédente ? Ce n’est pas sûr. Craignant tellement le pire avant de commencer, je ne pouvais qu’en ressortir moins effarée. Ou alors, à force de côtoyer cette bande d’ahuris, j’ai fini par m’y attacher. Dans tous les cas, la formule de Plebs n’a aucunement changé et, ça, c’est certain !

Cette nouvelle salve d’épisodes repose sur la recette déjà employée jusqu’alors, mais elle dispose dorénavant d’un aspect feuilletonnant plus consistant en dehors des histoires accessoires habituelles. Naturellement, Marcus, Stylax et l’esclave Grumio sont toujours autant en marge de la société bien qu’ils fassent tout ce qu’ils peuvent pour s’y intégrer. Enfin, non, ce serait mensonger concernant le dernier, car lui semble se ficher un peu de tout tant il ne parvient pas à connecter simultanément plus de deux neurones ; il préfère essayer de recoller des phallus géants avec du foie gras. Marcus cherche encore une fois à séduire la voisine Cynthia qui, visiblement, ne répondra jamais à ses sollicitations peu subtiles, pendant que l’intraitable Metella, elle, se moque ouvertement du blondinet repoussé. Stylax choisit d’emprunter la voie des auriges puisqu’il est persuadé que conduire des chars attirera dans ses filets de jolies demoiselles. Pardon ? Il a peur des chevaux, vous dites ? Ce n’est pas ça qui l’arrêtera ! À leurs côtés, leur collègue Aurelius se ridiculise systématiquement devant la patronne condescendante qui n’en rate pas une pour tenter de se débarrasser de ses employés, le propriétaire de leur appartement n’oublie pas de contourner plus ou moins discrètement la loi, et quelques personnages récurrents s’ajoutent au passage pour constituer des péripéties assez rocambolesques. La recette est donc strictement identique à celle de la première saison, les principales figures n’évoluent pas d’un iota et la tonalité ne dépareille nullement.

Encore une fois, l’écriture favorise l’absurde, la caricature assumée, les gags régulièrement idiots et n’hésite pas à multiplier les anachronismes tout en adaptant des problèmes actuels aux situations que vivent les héros. Ceux-ci n’ont de cesse que de se lancer dans des mésaventures souvent méritées et induites par leur ignorance, en grands benêts obsédés par les femmes qu’ils sont. Leur amitié est communicative, avouons-le. C’est dès lors l’occasion de se frotter aux sans-papiers et à l’immigration, aux élections, aux difficultés d’élever un bébé, à l’irruption d’une prostituée campée par Lauren Socha (Misfits), à l’avancée du progrès qui finit parfois par enterrer des professions, et à plusieurs autres petits clins d’œil faisant plaisir. Plebs prouve par conséquent une certaine créativité et a pour elle de continuer d’utiliser les codes visuels des péplums et de posséder un ton plutôt irrévérencieux s’amusant des contrastes et du contre-pied. Qui plus est, la forme parvient à tirer profit de son budget anémique et divertit avec ses musiques connotées reggae. Il est dommage que l’humour demeure toutefois aussi poussif et sombre par moments dans des plaisanteries sexuelles ou scatophiles de très mauvais goût. Par chance, certains épisodes en sont davantage dépourvus et démontrent que la fiction pourrait très bien s’en affranchir afin de gagner en qualité.

Au final, la deuxième saison de Plebs s’appuie sur des ressorts scénaristiques analogues à ceux des aventures précédentes. Elle ne raconte donc pas grand-chose de palpitant bien qu’elle cherche, cette fois, à instaurer une sorte de fil conducteur. La finesse n’est clairement pas son moteur comme le prouvent des blagues trop régulièrement plus que douteuses, mais la sympathie relative de ses hurluberlus allumés, le rythme enlevé et le décalage ambiant s’amusant des anachronismes permettent de ne pas se montrer trop critique même si, comme moi, on ne se trouve assurément pas dans le public visé. Il paraît évident que pour peu que l’on ait grandement apprécié les débuts de la série, la suite a toutes les chances de satisfaire de la sorte.


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