La franchise Kamen Rider étant inénarrable sur le sujet, il ne paraît pas du tout étonnant que chacune de ses fictions dispose de plusieurs dérivés. C’est donc sans surprise que Kamen Rider OOO continue le chemin de ses aînées. La présentation de ces productions suit l’ordre chronologique de sortie. Il est préférable d’avoir regardé la série télévisée avant de les lancer, mais elles peuvent tout de même être généralement visionnées indépendamment.

 

Kamen Rider × Kamen Rider OOO & W featuring Skull: Movie War Core
  • Date de sortie : 18 décembre 2010
  • Réalisateur : Tasaki Ryûta
  • Durée : 90 minutes
  • Place dans l’intrigue : se déroulerait après l’épisode 15 de Kamen Rider OOO, et après la fin de Kamen Rider W

Comme son titre l’indique, ce film mélange les univers de deux Kamen Rider. Outre OOO, place à W l’ayant précédé sur TV Asahi entre 2009 et 2010. Son récit semble plus ou moins s’interposer entre les épisodes 15 et 16 de OOO, mais plusieurs incohérences amènent plutôt à le considérer comme une histoire parallèle à regarder sans tenir compte de ce qui s’est déroulé/se déroulera dans la série.

Narumi Akiko s’apprête à épouser Terui Ryû, mais elle se sent assez déprimée, car elle ne supporte plus de fréquenter autant de Kamen Riders. Suite à certaines circonstances liées à un Yummy se trouvant dans les parages, elle parvient à se rendre dans le passé. Bien qu’elle ne puisse s’y montrer et interagir avec autrui, elle est en mesure de découvrir son père qu’elle n’a que très peu côtoyé, et de comprendre de quelle manière il est devenu Kamen Rider Skull. Pendant ce temps, Eiji et ses compères doivent s’occuper de la véritable réincarnation de l’illustre Oda Nobunaga qui s’avère plus qu’avide de pouvoir. Quand les deux univers des Kamen Riders se réunissent et qu’un terrible antagoniste survient, l’heure est suffisamment grave pour que les héros aux costumes d’insecte joignent leurs forces.

Ce film se divise en trois parties bien distinctes et de durées non équivalentes. Dans la première, il est donc question des personnages de Kamen Rider W et, si l’on ne connaît absolument pas ces individus, il faut avouer qu’il n’y a pas de quoi avoir envie de les approfondir. La jeune femme souffrant de voir ses proches combattre le mal est proprement horripilante en raison d’un comportement hystérique et de l’interprétation outrancière de Yamamoto Hikaru. En d’autres termes, l’ennui prime dans ce récit convenu, même si le père d’Akiko, Sôkichi (Kikkawa Kôji), dégage suffisamment de charisme pour intriguer un minimum. Il est d’ailleurs amusant de constater que tout ce qui entoure ce Kamen Rider dispose d’une atmosphère typique de la première moitié du XXè siècle aux États-Unis. Et, de surcroît, en tant que Skull, il a une sacrée allure ! La deuxième section du film illustre les protagonistes de Kamen Rider OOO, mais là aussi, le résultat n’est guère exaltant. Ankh n’apparaît qu’à de trop rares occasions et l’accent est mis sur un Nobunaga caricatural. Quant à la troisième et dernière partie, elle est tellement courte qu’elle représente uniquement un combat insipide contre le grand méchant du jour. Les Kamen Riders échangent à peine entre eux que c’est déjà fini. Ce long-métrage n’apporte par conséquent rien aux deux séries et ne mérite pas spécialement un quelconque visionnage.

 

OOO, Den-Ô, All Riders: Let’s Go Kamen Riders
  • Date de sortie : 1er avril 2011
  • Réalisateur : Kaneda Osamu
  • Durée : 93 minutes
  • Place dans l’intrigue : se déroulerait après les épisodes 27 et 28 de Kamen Rider OOO, et après la fin de Kamen Rider Den-Ô

À l’instar du film précédent, celui-ci présente plusieurs incohérences avec l’univers de la série en tant que tel, mais il importe de le regarder après le millième épisode de la franchise. En fait, il célèbre le quarantième anniversaire de ces aventures d’individus aux armures entomoïdes, mais également le soixantième de la Tôei Company. Les principaux héros sont ici ceux de OOO, Den-Ô et ceux de la toute première production du genre.

Eiji, sous le costume d’OOO, tente de vaincre ce qu’il croit être un Yummy, sauf qu’il n’y parvient pas. Normal, il s’agit en réalité d’un Imagin qui trouve le moyen de pénétrer à l’intérieur du corps d’un garçon passant dans les environs en vélo. Le Kamen Rider n’a pas l’occasion de tergiverser que le DenLiner surgit, avec à son bord Kôtarô et tous ses comparses. Ankh, en apprenant que ce train spécial permet de remonter dans le temps, voit là une opportunité en or pour contrecarrer les plans de ses congénères. Or, chacun sait qu’il importe de ne pas jouer avec la ligne temporelle, au risque de définitivement bouleverser l’histoire. Sans aucune surprise, le Greeed perturbe le cours des choses et plonge le monde dans le chaos le plus total, car il est désormais gouverné par une organisation machiavélique, Shocker. La situation pourra-t-elle revenir à la normale ?

Ce long-métrage doit certainement être un véritable plaisir pour les nombreux fans de la franchise parce qu’il s’apparente à un hommage en bonne et due forme. Si les deux univers de OOO et de Den-Ô fusionnent, tous les Kamen Riders sont de retour et, même en tant que néophyte, il convient d’avouer que les regarder tous s’allier de la sorte a quelque chose de galvanisant. C’est là que l’on réalise de plein fouet la créativité des designers tant les costumes sont diversifiés. Pour ma part, j’admets avoir été ravie de retrouver Den-Ô malgré l’absence assez prévisible de Satô Takeru ; heureusement, les Imagins adorables sont de la partie et injectent ce qu’il faut d’humour. D’ailleurs, la dynamique entre Ankh et Momotaros vaut son pesant d’or. Quoi qu’il en soit, l’ambiance est chouette, presque épique vers la fin, et s’il s’avère indiscutable que des scènes tirent en longueur et que les invraisemblances pullulent, le résultat demeure globalement satisfaisant. En bref, avec tout ce fanservice, n’importe quel passionné de la franchise sera sûrement aux anges.

À noter qu’il existe une sorte de bonus intitulé Netban OOO, Den-Ô, All Riders: Let’s Go Kamen Rider ~ Gachi de Sagase! Kimi dake no Rider 48. Cette web-série fut diffusée sur Internet de mars à avril 2011 et se constitue de quarante-huit courtes vignettes parodiques d’environ trois minutes. Chacun de ces mini-épisodes, présentés alternativement par l’un des Taros de Den-Ô, se concentre sur un Kamen Rider qui répond aux caractéristiques d’un signe du zodiaque et d’un groupe sanguin. Nous connaissons en effet tous l’appétence des Japonais pour ces supposées particularités. Il y a huit petites histoires et elles sont toutes répétées selon le combattant choisi. Le concept en lui-même est sympathique, mais l’aspect redondant finit à la longue par lasser.

 

Gekijôban Kamen Rider OOO Wonderful: Shôgun to 21 no Core Medal
  • Titre international : Kamen Rider OOO Wonderful: The Shogun and the 21 Core Medals
  • Date de sortie : 6 août 2011
  • Réalisateur : Shibasaki Takayuki
  • Durée : 65 minutes
  • Place dans l’intrigue : se déroulerait aux alentours des épisodes 36 et 37 de Kamen Rider OOO

Tout comme les autres films, celui-ci prend quelques libertés avec la série à proprement parler. Il peut se regarder en cours de route ou bien en fin de parcours, voire de manière totalement indépendante. Étonnamment, il ne dure qu’un peu plus d’une heure, ce qui est drôlement court pour une sortie dans les salles. Le héros de Kamen Rider Fourze se permet également une apparition assez remarquée.

Alors que le dirigeant de la fondation Kôgami mène des fouilles en Allemagne, ses employés y découvrent les reliques d’un ancien alchimiste du premier OOO, Gara. Malheureusement, tout tourne au désastre quand cet individu hautement dangereux se réveille et décide de devenir le roi du monde. Pour cela, il capture toutes les médailles noyaux et crée une sorte de barrière magique renversant le Japon sur lui-même. Eiji, Ankh et Hina se retrouvent piégés à l’ère Edo tandis que Gotô et Akira combattent les forces du mal au XXIè siècle. Tous les moyens sont bons pour anéantir Gara, même s’allier à un illustre shogun campé par Matsudaira Ken.

La courte durée de ce long-métrage lui permet de disposer d’un rythme suffisamment enlevé pour ne pas ennuyer. Pourtant, le scénario en tant que tel demeure profondément classique et ne méritait certainement pas un traitement aussi prestigieux qu’un passage au cinéma. Afin de pimenter l’histoire, les personnages retournent dans le temps, mais cette fois, il n’est pas question de DenLiner. Là où le récit devient un minimum intéressant, c’est parce qu’il creuse la création des Greeeds et explique rapidement pourquoi ils doivent employer ces satanées médailles. Certes, cela s’avère extrêmement ténu, mais il faut bien se raccrocher à quelque chose d’un tant soit peu consistant. Effectivement, le reste ne lésine pas sur le sentimentalisme bon marché avec la tristesse d’un petit garçon ayant le cœur brisé, car le corps de sa mère (Sakai Miki – Hakusen Nagashi) est utilisé par le méchant Gara grandiloquent. Le cadre typique des jidaigeki n’est qu’un ajout quelque peu exotique et vecteur d’humour avec la fameuse coupe de cheveux à la samouraï. La morale à retenir repose sur l’importance de la famille et permet par la même occasion d’effectuer un joli parallèle avec Ankh, Eiji et Hina. En d’autres termes, le film ne se veut pas particulièrement désagréable, ne serait-ce qu’en raison du trio fort sympathique, du charme de OOO et de son fidèle acolyte, mais il est bien trop basique pour marquer les foules.

À noter qu’il existe une sorte de bonus intitulé Netban Kamen Rider OOO, All Stars: 21 no Shuyaku to Core Medals supposé promouvoir le film. Cette web-série fut diffusée sur Internet de juillet à août 2011 et se constitue de vingt-trois courtes vignettes d’environ trois minutes chacune. Il s’agit de saynètes parodiques illustrant les personnages dans diverses situations humoristiques. Par exemple, Ankh se lance dans le cosplay à la suite d’un coup sur la tête, Date transforme le CousCoussier en restaurant d’oden, les Greeeds décident justement de déjeuner dans cet établissement et de s’y faire servir par une combinaison de OOO, etc. La qualité des épisodes se révèle inégale, mais la bonne humeur et les délires ridiculement assumés se veulent assez plaisants.

 

Kamen Rider × Kamen Rider Fourze & OOO: Movie War Mega Max
  • Date de sortie : 10 décembre 2011
  • Réalisateur : Sakamoto Kôichi
  • Durée : 95 minutes
  • Place dans l’intrigue : se déroule après la fin de Kamen Rider OOO, et entre les épisodes 14 et 15 de Kamen Rider Fourze

Alors que les autres films voient leur scénario s’installer au cours de Kamen Rider OOO, celui-ci se déroule après sa conclusion initiale, ce qui paraît bien plus intéressant, avouons-le. Il se permet aussi une incursion dans l’univers de Kamen Rider Fourze, sans oublier l’apparition plus secondaire des héros de Kamen Rider W ainsi que des Kamen Riders de productions bien plus anciennes. L’idée est de notamment célébrer les quarante ans de la franchise.

Des météorites tombent du ciel par milliers et, en dehors du danger inhérent à leur nature propre, elles véhiculent une mystérieuse substance, le SOLU. Cette matière s’apparentant à une boule d’énergie cosmique dérègle l’existence même de la planète et crée maints incidents, dont des failles temporelles. Quelques Kamen Riders doivent ainsi s’associer pour tenter de combattre un agent de la Fondation X cherchant à devenir le maître du monde.

Tout comme Kamen Rider × Kamen Rider OOO & W featuring Skull: Movie War Core, ce long-métrage se scinde en plusieurs parties et, plus particulièrement, en cinq. Dans la première qui se veut extrêmement brève, sept Kamen Riders se battent aux quatre coins de la Terre ; ensuite, c’est l’occasion de retrouver Eiji et les autres tandis qu’un Kamen Rider vient de quarante ans dans le futur pour annihiler ses comparses ; la troisième et courte division montre les découvertes de Hidari Shôtarô concernant les malversations de la Fondation X ; la section dédiée à Kamen Rider Fourze prend alors ses aises avec l’irruption d’une jeune fille étrange aux curieux pouvoirs ; ceci pour se conclure par la bataille finale où tout le monde se rejoint. Ce découpage aussi schématique n’est clairement pas très heureux et rompt la fluidité de l’intrigue au demeurant assez nébuleuse quand on a regardé qu’un seul Kamen Rider illustré. Après, ne nions pas que revoir Eiji fait grandement plaisir d’autant plus que l’on souhaite probablement tous connaître le devenir d’Ankh ; c’est d’ailleurs là que l’on réalise à quel point la dynamique entre ces deux fonctionne parfaitement. De même, la réunion entre les combattants en dernière partie fait mouche grâce à de sympathiques scènes d’action, un souffle épique, de chouettes musiques et une bonne alchimie entre les différents participants. En bref, le film n’est pas inintéressant, mais il est sûrement préférable de maîtriser un tant soit peu les séries en question pour pleinement y adhérer.