Six ans après m’être lancée dans les tokusatsu à travers GARO, je reprends enfin le chemin de l’univers de cette série qui, depuis, s’est transformée en véritable franchise. Avant de s’attaquer aux choses sérieuses en discutant de la deuxième salve d’aventures du héros Makai, il est l’heure de traiter d’un bonus assez spécial sorti directement en vidéo le 3 septembre 2011. KIBA: Ankoku Kishi Gaiden, soit littéralement KIBA : une histoire à part du Chevalier noir, est un récit parallèle s’installant vers la fin de la première saison de la fiction télévisée. Il ne dure que quarante-six minutes et n’est pas nécessaire à la compréhension de l’intrigue générale. Aucun spoiler.

Kaoru est retenue captive par Barago qui lui raconte son passé, ses motivations et le pourquoi de sa haine des Horrors et de ceux les combattant.

Bien qu’il fasse figure du principal antagoniste des débuts de GARO, Barago (Kyômoto Masaki – Kôkô Kyôshi) n’est pas le personnage le plus intéressant ou charismatique. Il n’empêche que la production a visiblement souhaité l’approfondir et tenté de lui apporter une certaine humanité. L’idée est assez pertinente, mais l’épisode en tant que tel sort un peu tardivement et s’y prend maladroitement en raison d’une approche fort scolaire et d’un développement très cliché. Effectivement, le Chevalier noir se lance dans un long monologue artificiel supposé illustrer ses tourments au demeurant classiques. L’unitaire se divise en trois parties concernant son enfance et le drame entourant ses parents, ses premiers pas en tant que chevalier Makai, et son association avec Messiah le dirigeant vers les dérives démoniaques. Kaoru n’a pas d’autre choix que d’écouter les propos quelque peu emphatiques de cet individu profondément blessé, tout en se voyant menacée par l’un des sbires, Erda, incarné par la chanteuse Leah Dizon. C’est à croire que tous ceux se tournant vers le côté obscur ont subi un jour ou l’autre des malheurs dignes d’une véritable tragédie. En dépit du discours sans fin de Barago, les combats s’y multiplient et se veulent relativement corrects, à défaut de se montrer palpitants. Étant donné que le budget de cet épisode est encore plus famélique que pour la série, la production a dû opter pour une approche financièrement moins coûteuse et c’est probablement pourquoi des séquences animées s’y trouvent. Elles s’insèrent efficacement dans l’univers et délivrent un charme artistique plutôt plaisant, la fiction ayant toujours possédé une tonalité graphique indiscutable.

Pour résumer, KIBA: Ankoku Kishi Gaiden s’apparente à un bonus franchement dispensable puisqu’il n’offre qu’un intérêt limité, à moins d’être un grand amateur du méchant Barago. L’épisode en tant que tel se regarde facilement grâce à sa courte durée et sa forme associant prises de vues réelles et animation, mais il peut aisément être mis de côté sans nuire à la compréhension du fil conducteur de la franchise.