GARO: Sôkoku no Maryû | 牙狼: 蒼哭ノ魔竜 (film)

Par , le 23 octobre 2015

L’univers de GARO avec Kôga, Kaoru, Rei et les autres ne s’étant pas refermé au terme de Makai Senki, la deuxième saison de la franchise, le devenir du héros demeure encore en suspens. C’est donc bien sûr l’occasion de mettre un point final à l’arc principal à travers un film intitulé Sôkoku no Maryû, titre pouvant être très grossièrement traduit en les lamentations azurées du dragon démoniaque. Ce dernier, scénarisé et réalisé par Amemiya Keita, est sorti dans les salles le 26 février 2013 et dure un peu moins de cent minutes. Naturellement, il paraît préférable d’avoir déjà regardé la série télévisée pour lancer ce long-métrage, mais il doit pouvoir tout de même se suivre aisément en n’y connaissant rien. Aucun spoiler.

Afin de vaincre Fudô Sigma et de sauver tous ses collègues Makai, Saejima Kôga a précédemment passé un contrat avec Gajari. Maintenant que l’entité mystérieuse a rempli sa part, c’est au tour du chevalier de s’y atteler. Il accepte ainsi de se rendre dans un endroit fort particulier nommé la Terre promise dans le but de récupérer une partie du corps de Gajari, à savoir le croc de la lamentation. Sauf qu’une fois sur place, Kôga perd ses précieux accessoires de combat et se retrouve confronté à de curieux individus subissant les foudres de leur autoproclamée souveraine maléfique.

Si Sôkoku no Maryû s’apparente à un épilogue de Makai Senki puisqu’il tente de refermer l’intrigue du grand antagoniste Sigma, il diffère tout de même de façon assez notable des épisodes habituels. Effectivement, Kôga a beau partir solder sa dette envers Gajari, il n’est nullement question des Horrors ou de ses comparses de naguère. Au lieu de ça, le film préfère s’attarder sur une histoire presque indépendante se déroulant dans un univers voisin difficilement accessible. Alors que le chevalier Makai parcourt les environs, il rencontre des personnes au physique plutôt bigarré se comportant parfois de manière étrange. Et pour cause, cette fameuse Terre promise abrite les formes humaines d’objets de notre propre monde qui, depuis, ont été oubliés par leurs maîtres respectifs. Kôga pourrait très bien ne pas tenir compte de ces créatures à la destinée tragique, mais il réalise rapidement que pour mener à bien sa mission, il importe de s’octroyer leur aide et, par la même occasion, de leur porter également secours. La reine de cette région désabusée, Judam, capture toutes ces choses qu’elle juge jolies, les vide de leur substance, et manigance dans son coin pour se venger de ceux qu’elle estime être ses oppresseurs. Avec le soutien de nouveaux compagnons, Kôga se lance donc dans une double quête qui est de trouver le corps de Gajari et de vaincre la vile Judam aux ambitions mégalomaniaques. Pour peu que l’on souhaite uniquement un registre similaire à celui de la série, le film a de quoi laisser plus que perplexe.

Au lieu de poursuivre avec l’ambiance gothique, l’horreur et les plans tournés de nuit, Sôkoku no Maryû s’en affranchit totalement et propose des couleurs à foison. À ce stade, il s’agit même d’une explosion de tonalités aussi vives que possible. D’ailleurs, l’affiche promotionnelle le montre à merveille. Il n’empêche que le résultat se révèle plutôt agréable et démontre un certain soin du détail. Bien sûr, le budget de la production est toujours limité et il convient de faire fi des lacunes lui étant inhérentes, mais le long-métrage parvient assez aisément à s’en sortir malgré une propension trop marquée à multiplier les incrustations. Cette approche digne d’un vrai jeu vidéo ne déplaira pas aux amateurs tandis que les plus réfractaires la détesteront probablement. Quoi qu’il en soit, le style n’a plus grand-chose à voir avec le GARO que l’on connaît. En fait, le microcosme ressemble au niveau des décors à une sorte de mélange entre l’univers de Tim Burton, celui du Magicien d’Oz, une pincée de Kingdom Hearts et un soupçon des films de Miyazaki Hayao. Cette association n’est pas dénuée d’intérêt, mais elle souffre justement d’un manque d’imagination et de créativité, qualités dont la série avait jusqu’à présent plutôt réussi à conserver. Pour autant, la photographie est soignée, la musique se veut globalement satisfaisante et la réalisation reste convenable en dépit de combats moyennement engageants pour leur artificialité. La différence avec la fiction télévisée ne s’arrête pas à l’atmosphère visuelle puisque les propos du long-métrage s’avèrent propices à un sentimentalisme certes facile, mais parfois joliment mis en scène.

Dans un premier temps, Kôga essaye de se réapproprier les éléments de son costume ayant disparu. Par exemple, son manteau s’est muté en créature volante et Zaruba revêt une apparence digne d’un grand sage ; c’est au chevalier de tenter de leur rendre leur structure originale, dans l’idée de pouvoir les utiliser. Sur le chemin, Kôga découvre ces fameux objets à forme humaine. Il se prend d’affection pour Meru (Aoi Anna), une jeune fille à la peau bleue décidant d’aider le héros dans sa quête. Le gnome archer Kiria – dont la voix est celle de Hotaru Yukijirô (Gonza) – lui offre également son soutien et voilà le trio atypique parti en guerre contre Judam. Ces individus sont agréables, à défaut de se montrer totalement attachants. Ne le nions pas, le fil rouge de Sôkoku no Maryû est fort classique et linéaire, voire simpliste, d’autant plus que les personnages en tant que tels ne disposent que d’un développement succinct. La grande méchante superficielle est par moments ridicule et le jeu limité de Matsuzaka Keiko (Erai Tokoro ni Totsuide Shimatta!, Madonna Verde) n’arrange pas la situation. Cet ennemi notable n’est donc que peu exaltant en plus de ne dégager aucun charisme. Toutefois, le principal grief va à l’encontre d’un autre objet, Kakashi. Véritable clone insipide du Chapelier fou de Johnny Depp, il agace plus que n’amuse et le constat demeure tout aussi navrant en ce qui concerne ses disputes clichées avec Kôga. Le cabotinage outrancier de son interprète, Kubota Yûki, est la goutte d’eau faisant déborder le vase à son sujet. Au bout du compte, à la place des thématiques fantastico-horrifiques coutumières à la série, le message vante ici l’importance des choses de notre quotidien, de la nécessité de ne pas les oublier et d’en prendre soin. Si la subtilité est bien ténue et que les similarités avec Toy Story sautent aux yeux, l’emphase n’est pas trop prégnante et permet de ne pas réellement tiquer.

Pour résumer, bien que Sôkoku no Maryû soit supposé conclure les aventures amorcées dans la deuxième saison de GARO, il ressemble surtout à une intrigue indépendante sortant assez radicalement du registre habituel. Plutôt que de favoriser une ambiance sombre et dramatique, ce film choisit effectivement de délivrer une morale presque attendrissante où le merveilleux et les couleurs chatoyantes se côtoient. Contre toute attente, le visionnage donne presque l’impression de se retrouver face à ces vieilles productions de fantasy au demeurant assez kitsch, mais possédant un charme suranné sympathique. Certes, ce long-métrage est émaillé de moult défauts et change peut-être trop abruptement de la franchise, mais il se regarde sans véritable déplaisir, ne serait-ce que parce que visuellement, il est d’une vraie beauté aux inspirations diverses. Quant à ceux désirant impérativement découvrir les protagonistes familiers, quelques scènes répondront à leurs exigences – à condition de ne pas oublier de laisser défiler le générique de fin !
Bonus : la bande-annonce


2 Comments

  1. Caroline
    makichan• 23 octobre 2015 at 23:04

    J’ai lâché l’affaire pour le moment, mais je finirai Garo, un jour! Au moins, je verrai ce film là!
    (J’ai commencé trop d’animes cette saison, et malheureusement, le niveau est vraiment pas terrible… Dommage, j’aurai pu employer mon temps à autre chose, mais maintenant que j’ai commencé, il faut que je finisse T_T)
    Kubota Yuki a son petit succès au Japon, comme tu as pu le voir au vu de tous les projets auxquels il participe, mais je ne l’ai finalement vu qu’à ses débuts dans les comédies musicales de Prince of Tennis où il faisait un Atobe plus que crédible (bon, c’est pas trop dur avec un perso comme celui-là!).

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    • Caroline
      Caroline• 24 octobre 2015 at 16:23

      Histoire de boucler la boucle avec Kôga et les autres, je pense effectivement que ce film mérite le détour. Cela dit, seules les cinq dernières minutes illustrant le devenir des personnages valent peut-être réellement le coup ^^;;.

      Oui, j’ai vu ça pour Kubota Yûki et, j’avoue, il ne m’a pas donné envie de creuser sa filmographie, haha. Depuis je l’ai croisé dans un film très médiocre, An Assassin, ce qui n’a rien arrangé. Pour sa défense, il n’y est pas spécialement mauvais là-bas, il est surtout à l’image du reste (:P).

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