GARO: Yami wo Terasu Mono | 牙狼: 闇を照らす者

Par , le 30 octobre 2015

Parfaitement, je mets six ans avant de reprendre la franchise GARO et quand je m’y replonge, je ne chôme pas puisque je décide de regarder rapidement tout ce qui se trouve à portée de main ! C’est assez incroyable de voir à quel point cet univers s’est étendu alors qu’à l’origine, il semblait parti pour se limiter à une courte production. Quoi qu’il en soit, pour l’heure, il est question de la troisième saison qui, en réalité, n’en est pas une. La logique voudrait plutôt que GARO: Yami wo Terasu Mono soit considérée comme une série dérivée des aventures de Kôga et des autres, voire une sorte de redémarrage dans un monde parallèle. C’est d’ailleurs pourquoi il ne paraît pas du tout nécessaire d’avoir visionné au préalable les deux premières saisons – qui, elles, se succèdent – pour tester celle-ci. Au contraire, cette nouveauté peut faire office de porte d’entrée dans la franchise. À noter qu’il existe déjà une suite intitulée GARO: Gold Storm Shô sous la forme d’un film puis d’une fiction télévisée, mais ceux-ci seront traités plus tard sur Luminophore. Afin de vous repérer plus aisément dans ce capharnaüm, n’hésitez pas à consulter ce billet récapitulatif. Maintenant, discutons donc de Yami wo Terasu Mono pouvant être approximativement traduit en celui qui brille dans les ténèbres. Cette saison est composée de vingt-cinq épisodes de vingt-quatre minutes diffusés sur TV Tokyo entre avril et septembre 2013 ; le dernier s’apparente à un bonus et illustre la rencontre du prêtre Burai et de sa protégée. Aucun spoiler.

Dans un futur proche, le jeune Dôgai Ryûga choisit de se rendre à Volcity, une ville indépendante où ses habitants semblent plongés dans le bonheur. Sans surprise, la réalité diffère, car la société est étouffée par le patriarche d’une famille omnipotente et les Horrors s’y sont réfugiées. Le chevalier Makai doit alors accepter de collaborer avec quelques confrères pour rétablir l’ordre et, s’il en est capable, regagner son propre équilibre.

Le synopsis est suffisamment clair pour se rendre compte qu’effectivement, Yami wo Terasu Mono ne s’inscrit pas dans la lignée de ce qu’ont vécu Kôga, Kaoru, Rei et leurs compères en dépit d’une prédominance d’effets spéciaux. En ce qui les concerne, ils sont souvent mal insérés, les combats régulièrement concoctés à l’ordinateur sont extrêmement moches et artificiels, et l’apparence des Horrors souffre d’une absence totale de créativité. De quoi regretter le charme suranné d’antan ! Impossible de le nier, la réalisation n’est pas l’atout de cette mouture et la musique ne dispose que de trop peu d’avantages pour convaincre. Comme écrit dans le premier paragraphe, cette saison offre une approche renouvelée bien que des éléments similaires perdurent. Ainsi, il est toujours question de créatures issues du bestiaire Makai, de chevaliers, de prêtres, de Zaruba et, naturellement, de l’armure du plus illustre guerrier, Garo. Toutefois, celle-ci n’est plus aussi dorée que par le passé pour des raisons expliquées en fin de parcours et, honnêtement, elle s’avère bien plus jolie à l’écran tant la version brillante fait trop tape-à-l’œil. Une autre personne que Kôga le coincé endosse ce costume et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle change du tout au tout ! La présence simultanée de quelques acteurs, dont notamment Tsuda Kanji, amuse tout en ajoutant au début un peu de confusion. Ces épisodes inédits s’affranchissent de plusieurs règles telles que le compte à rebours et cherchent à offrir un registre encore plus adulte. À ce sujet, le résultat se révèle proprement ridicule parce que si la série essaye justement de se montrer un minimum subversive avec des scènes de sexe et des femmes nues, le traitement global demeure malgré tout timoré. Pire, quelques zones de flou cachent ce qui, visiblement, doit être occulté. Dans ce cas, il vaut mieux se contenter de séquences moins connotées. La violence et le sang se veulent aussi plus que limités, preuve que la fiction ne va jamais jusqu’au bout de ses idées, nonobstant une ambition clairement affichée. Cet écueil contamine malheureusement tout autant le scénario qui s’embarrasse de multiples maladresses.

Bien qu’il ne soit pas très âgé, Dôgai Ryûga détient déjà une solide expérience dans le combat contre les Horrors. Il endosse presque quotidiennement l’armure dorée de Garo et sait en tirer bénéfice même si Zaruba, la bague parlante, refuse catégoriquement de communiquer avec lui. Après avoir été appelé par l’un de ses anciens maîtres, le prêtre Burai, il prend le chemin de Volcity, une cité futuriste où la paix et la sérénité s’y côtoient en surface. En coulisses, la ville subit une dictature menée par Kaneshiro Kensui qui, en sus de SG-1, une milice locale, possède les pouvoirs des médias, de la justice et, apparemment, des Horrors. Contre toute attente, plusieurs d’entre elles nommées les Madô Horrors sortent du registre habituel et leur nature empêche les héros de les débusquer pour mieux les annihiler. De surcroît, elles seraient créées par un individu encore mystérieux aux ambitions vraisemblablement mégalomaniaques. Qu’il le veuille ou non, Dôga doit par conséquent s’allier aux siens pour débarrasser les lieux de ces monstres. Pour cela, il a l’opportunité de compter sur le prêtre Burai avec qui il partage des inimitiés et Rian, sa talentueuse apprentie, mais aussi sur deux autres chevaliers Makai, le coureur de jupons Jakuzure Takeru (Ikeda Junya) et le sérieux Kusugami Aguri (Aoki Tsunenori). La cohabitation est dès le départ tumultueuse en raison du caractère opposé du quatuor, mais ils finissent par se lier alors que les forces maléfiques s’abattent sur eux. Yami wo Terasu Mono ne se contente pas d’aventures indépendantes et, rapidement, instaure son fil rouge assez brouillon reposant sur le commanditaire de ces Horrors mettant physiquement à mal Garo. Voir la série se lancer dans une intrigue de cette ampleur mêlant quête de puissance, politique et cupidité n’est pas du tout désagréable, bien au contraire, mais elle s’y adonne approximativement avec une succession de facilités scénaristiques et des personnages peu attachants.

La première partie de la saison prend doucement le temps de placer le contexte et d’illustrer les différentes instances en vigueur. Chaque épisode ajoute sa pierre à l’édifice et ce n’est qu’en milieu de parcours que le public commence à réaliser ce qui se trame. Le développement de l’arc majeur est assez correctement mené et n’hésite pas à proposer quelques révélations inattendues en dehors d’une prévisibilité certaine. Pour autant, le résultat est peu enthousiasmant tant les incohérences et invraisemblances sont omniprésentes, que le devenir des protagonistes importe peu ou encore que les émotions se frayent difficilement un chemin jusqu’aux téléspectateurs. Le sentimentalisme, voire le misérabilisme, de la seconde moitié n’arrange rien à la situation et ne fait que donner l’impression de chercher à apporter coûte que coûte aux individus un passé tragique pour les rendre plus sympathiques. Or, ce n’est pas de cette manière que l’empathie fonctionne. Ryûga est dès le départ agaçant et si son caractère s’affine un petit peu, il ne plaît guère avec son impétuosité, sa naïveté et sa tendance à ne jamais écouter qui que ce soit. Kuriyama Wataru l’interprétant n’a pas les épaules assez solides pour porter la série. Les relations de ce dernier ne sont pas non plus suffisamment travaillées comme le prouvent celle avec Burai (Ôtomo Kôhei) ou celle l’unissant à la jolie Rian (Nanri Miki) qui, elle, change un peu abruptement de psychologie en cours de route. Quant aux autres chevaliers, ils ont beau avoir leurs moments de gloire, ils s’engouffrent tellement dans les clichés qu’ils ne peuvent que trop rarement briller. Le méchant le plus notable sombre de son côté dans la caricature et la grandiloquence. En clair, la fiction dispose d’une galerie de personnages incolores ou, pire, irritants, et n’utilise jamais toute la mythologie Makai pour densifier son univers.

Pour résumer, GARO: Yami wo Terasu Mono lance la franchise dans une direction parallèle avec l’histoire de Ryûga et de ses compères, mais elle est bien moins convaincante que sa grande sœur. En plus de souffrir d’une cinématographie et d’incrustations numériques médiocres, la saison a surtout pour principale tare de ne pas se montrer à la hauteur de ses ambitions, ce qui l’amène alors à devenir presque arrogante. Son héros insipide et sans charisme symbolise d’ailleurs à merveille les maints défauts de ces épisodes qui ne sont pas dénués de mauvaises idées, si ce n’est que les lacunes scénaristiques ruinent l’effet désiré et empêchent d’être émotionnellement impliqué. Au lieu d’être sombre, adulte et intense comme elle le souhaite, la série se veut surtout plate, mal jouée et manquant singulièrement de caractère. Il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour que la suite parvienne à atténuer au moins quelques-uns de ces écueils et à injecter un souffle épique digne de ce nom.


4 Comments

  1. Caroline
    sweetpasta• 20 mars 2016 at 21:11

    J’ai vu la série (et aussi le film et la suite). Je connaissais déjà Garo car j’avais vu un bout du premier anime et bien sûr, j’avais lu tes articles. Donc je ne m’attendais pas à un chef-d’oeuvre. J’étais préparée aux effets spéciaux et à l’armure clinquante et ridicule. (Sans parler de la coupes de cheveux du héros ou leur manie de se déguiser… )

    Je te rejoins sur plein d’aspects, comme la trame un peu intéressante mais très mal amenée et les personnages mal développés. Avec ou sans les deux autres chevaliers, la série tenait debout, car leurs histoires (enfin, leurs 3-4 minutes d’antenne par épisode) m’endormaient. Il y avait plus de potentiel avec le prêtre et Rian, mais quand 10 minutes sur 20 sont consacrées à un combat avec l’apothéose en armure, ça laisse peu de temps ! Personnellement, je trouve l’armure moche et les combats qui durent trop me lassent…
    Malgré tous ces défauts (et y aurait encore beaucoup à redire), j’ai trouvé la série sympathique et divertissante. Car je pense que c’est un genre assez spécial avec ses règles et son côté kitsch, ridicule ou parfois incohérent, mais c’est ça qui fait son charme. Les motivations de Rian sont un peu bizarres au début, mais j’ai bien aimé le fait qu’elle se batte un minimum, même si elle ne fait pas le poids à côté de types en armure ! J’ai bien aimé la policière aussi. No comment sur le méchant -__-

    J’attends ta critique de la suite que j’ai vue et que j’ai trouvé mieux dans l’ensemble. Je laisserai passer du temps avant de continuer dans l’univers de Garo, car ça se ressemble beaucoup. J’ai vu dans tes critiques que Garo dépassait rarement les 2 étoiles, mais tu continues car tu espères trouver la perle ?

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    • Caroline
      Caroline• 20 mars 2016 at 23:59

      Tiens, c’est marrant parce que je n’aurais jamais imaginé que tu puisses tester un jour cette série. Et comme d’habitude, tu commences un peu dans le désordre :P. Tu me diras, cette franchise peut être regardée plus ou moins n’importe comment. Pour ma part, j’ai débuté par le tout début, avec Kôga, et à l’époque, j’avais bien aimé malgré des lacunes évidentes. L’aspect répétitif et le côté kitsch ne m’avaient absolument pas dérangée. Depuis, je trouve que les suites et autres univers parallèles manquent singulièrement d’intérêt ainsi que de souffle épique. Tu me connais, tu sais qu’une fois que j’ai démarré quelque chose, je suis incapable de ne pas aller jusqu’au bout. C’est pourquoi je persévère, tout en espérant retrouver un jour la flamme.

      En ce qui concerne Yami wo Terasu Mono, j’ai trouvé la suite effectivement supérieure, car plus homogène et avec des personnages davantage attachants. (Mon billet n’est pas encore disponible sur le blog.) J’ai un petit faible pour Rian et je suis bien contente que les autres chevaliers insipides aient été mis de côté. En revanche, je déplore toujours l’omniprésence des effets numériques au profit des costumes physiques qui, à mon sens, passent mieux à l’écran. Finalement, de GARO, je crois n’avoir été divertie qu’avec la toute première saison.

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      • Caroline
        sweetpasta• 26 mars 2016 at 19:18

        Je suis curieuse, je suis capable de tout regarder, même si j’aime moins les histoires de serial killers et les séries policières. Le côté fantastique un peu sombre m’a attirée et j’avais déjà vu une partie d’une série animée ! Tes billets sont aussi là pour nous donner envie (ou pas) de tester.
        Voir une série dans le désordre n’est pas gênant, du moment qu’on le fait logiquement : j’ai regardé toute la première série avant de voir la seconde ;) Je ne ferai pas ça pour la plupart des séries américaines. Certes, j’ai commis une faute, car j’ai commencé par le film : pourquoi toutes les séries ont le même titre ??! Mais vu que le film n’apporte pas grand’chose, mon cerveau a tenu le coup.
        Ah Rian, c’est en partie pour elle que j’ai vu ces séries : une fille qui a un rôle, un vrai (bon dans les limites garoesques de la série).

        J’ai tenté Garo l’originel, mais entre les deux héros (et les deux filles d’ailleurs), c’est vraiment le jour et la nuit, ça me perturbe un peu. Faut que je laisse du temps entre les séries pour oublier un peu et arrêter de comparer.

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        • Caroline
          Caroline• 26 mars 2016 at 21:54

          J’imagine qu’en parlant d’un film, tu fais référence à Gold Storm Shô. Je ne comprends pas du tout pourquoi les producteurs ont décidé de garder le même titre pour le long-métrage et la série. En plus de donner l’impression de manquer d’inspiration, ça tend surtout à créer la confusion chez les spectateurs. Je crois que parmi les non-Japonais, beaucoup ont d’ailleurs commencé par cette deuxième saison et non pas par le film, tout simplement parce qu’il fut disponible nettement plus tard sur le Net ; cela s’explique par la sortie tardive du DVD/Blu-ray alors que les épisodes sont rapidement diffusés. Comme tu le notes très justement, ce n’est pas du tout préjudiciable ici, de toute manière.

          Je pense que tu as raison de laisser du temps entre les deux séries de la franchise. Je ne l’ai pas trop fait et, sans aucune surprise, la douche fut assez froide. Je n’aurais probablement pas dû me précipiter après Makai Senki.

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