GARO Gaiden: Tôgen no Fue | 牙狼外伝: 桃幻の笛 (film)

Par , le 11 décembre 2015

Après avoir amorcé une nouvelle continuité dans l’univers de GARO avec Yami wo Terasu Mono, la franchise est repartie vers celle d’origine à travers GARO Gaiden: Tôgen no Fue. Il s’agit d’un film durant un peu plus d’une heure sorti dans les salles le 20 juillet 2013. Cette production réalisée par Ôhashi Akira et dont le titre peut être approximativement traduit par Une histoire à part de GARO : la flûte Tôgen s’inscrit à la suite de Makai Senki, mais ne nécessite pour autant pas d’être totalement au fait de ce qui s’est déroulé auparavant pour la regarder. Aucun spoiler.

Jouer huit notes sur l’illustre flûte Tôgen permet de libérer un incroyable pouvoir que personne ne devrait posséder. Naturellement, nombreux sont ceux qui cherchent cet objet et semblent prêts à tout pour l’obtenir. Sans le vouloir, les deux prêtresses Makai Rekka et Jabi se voient mêlées à cette quête mettant leurs liens à rude épreuve.

Pendant que Kôga tente de conclure son contrat avec Gajari dans Sôkoku no Maryû, ses amis continuent de lutter tant bien que mal contre les forces obscures. Pour l’occasion, ce troisième film décide de laisser de côté les chevaliers Makai et de privilégier les prêtres, ce qui s’avère une excellente chose. Effectivement, après les avoir malmenés tout au long de la deuxième saison, il paraît bon de leur offrir l’opportunité de démontrer de nouveau leurs capacités et motivations. Qui plus est, bien qu’ils ne disposent pas d’armure ou d’une puissance de feu notable comme leurs confrères, ils sont loin d’être inutiles et ce long-métrage illustre leurs atouts à plusieurs reprises grâce à quelques combats correctement menés. À ce sujet, les effets spéciaux demeurent satisfaisants et oublier les costumes pour favoriser des chorégraphies plus aériennes et virevoltantes redynamise un minimum l’univers. La réalisation reste toutefois classique et dans la veine habituelle. Tôgen no Fue affirme d’autant plus sa différence en choyant une approche féminine. Jusqu’à présent, GARO mettait majoritairement en évidence des hommes et ce n’est pas un mal que de changer la donne, surtout que des personnalités comme Jabi et Rekka possèdent, vraisemblablement, un potentiel manifeste. Malheureusement, trouver un angle quelque peu inédit ne suffit pas toujours pour concocter une fiction digne de ce nom.

Du fait de son expérience, Jabi veille à transmettre ses connaissances à ses comparses, qu’ils soient très jeunes comme plus âgés. Rin, déjà vue dans l’épisode spécial Byakuya no Majû, figure parmi ses élèves, mais c’est aussi le cas de Rekka. Cette dernière souffre encore de ne pouvoir œuvrer comme chevalier en raison de son sexe et ne comprend pas les décisions de son aînée. Elle se sent d’autant plus frustrée qu’elle ne parvient pas à réaliser une attaque puissante fort particulière. En partant en mission, elle rencontre une autre prêtresse, Magi (Ôno Miku), au comportement assez exubérant, lui apprenant que l’une d’entre elles a embrassé le côté obscur et qu’elle cherche à récupérer coûte que coûte la flûte Tôgen. Plus loin, Jabi vit une situation étrangement similaire, car Agi (Takiuchi Kumi), une collègue Makai, lui tient également ce discours. Qui dit vrai ? Que se passe-t-il réellement ? Le scénario du film est extrêmement classique en plus de se montrer honteusement prévisible. Le public devine immédiatement de quoi il en retourne, les rebondissements sont éventés et l’affrontement entre Rekka et Jabi perd rapidement de sa force étant donné que les deux ne prennent jamais le temps de discuter ou de mettre les choses à plat. Quant aux antagonistes, ils sont caricaturaux et dénués de charisme. Au bout du compte, le récit n’apporte rien à la mythologie de la série et, pire, il n’explore que peu la personnalité de ses héroïnes. Cet écueil est d’ailleurs peut-être le plus désagréable puisqu’il laisse une impression de coup d’épée dans l’eau.

En conclusion, GARO Gaiden: Tôgen no Fue a beau s’attarder sur deux femmes de caractère de l’univers de la franchise, il n’en tire jamais correctement profit. Au lieu d’offrir un divertissement de qualité permettant d’en apprendre plus sur ces prêtresses ou de proposer un spectacle exaltant, il s’empêtre dans une histoire convenue répétant inlassablement des codes narratifs déjà surutilisés au cours des saisons télévisées précédentes. Avec son interprétation hasardeuse, ses ficelles grossières et son écriture approximative, cette production peu inspirée ennuie malgré une courte durée. Subsistent alors uniquement le charme de Jabi et, dans une moindre mesure, de Rekka, mais aussi le plaisir de retourner aux sources après l’insuffisant Yami wo Terasu Mono.
Bonus : la bande-annonce


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