GARO: Makai no Hana | 牙狼: 魔戒ノ花

Par , le 18 décembre 2015

Maintenant qu’elle est lancée, la franchise GARO paraît désormais inarrêtable. Après deux premières saisons, quelques films et autres bonus, ou encore une sorte de réécriture dans un monde parallèle, il est l’heure de commencer une nouvelle histoire qui, toutefois, possède de nombreux points communs avec celle de Kôga et de ses compères. Si vous êtes perdus dans les méandres de l’univers de ce tokusatsu, n’hésitez pas à consulter ce billet récapitulatif. Bref, aujourd’hui, discutons donc de GARO: Makai no Hana dont le titre peut être traduit par la fleur Makai. Cette série est composée de vingt-cinq épisodes d’une petite vingtaine de minutes diffusés sur TV Tokyo entre avril et septembre 2014. Elle peut très bien se regarder indépendamment du reste. Aucun spoiler.

Saejima Raiga est le chevalier Makai portant fièrement les couleurs de Garo. Bien qu’il soit investi par sa mission d’annihiler les Horrors, il mène une vie relativement stable. Or, quand un de ces monstres, la puissante Eiris, est libéré par une personne malintentionnée, il importe de rapidement en venir à bout au risque de voir la planète décimée. La situation se corse d’autant plus que cette vile créature est difficile à attraper et qu’elle s’entoure de congénères devant être anéantis. Pour l’aider, le jeune homme est alors secondé par un outil fort original et un de ses collègues.

Le nom du héros ne laisse que peu de doute : oui, il est bel et bien de la même famille que Kôga, celui qui combattait les Horrors dans la fiction d’origine. Raiga n’est clairement pas n’importe qui puisqu’il est, en réalité, le fils de Kaoru et du chevalier taiseux assez monolithique. Makai no Hana s’inscrit une vingtaine d’années après la fin du film Sôkoku no Maryû et suit donc la chronologie de l’histoire de base de la franchise. Pour autant, cette série ne nécessite pas de connaître ce qui s’est déroulé auparavant étant donné qu’elle n’y fait que rarement référence et qu’elle reprend scolairement tous les ingrédients. Les parents de Raiga sont bien sûr évoqués à plusieurs reprises, mais ils ne sont jamais véritablement illustrés. Tout ce que l’on sait, c’est qu’ils ont disparu suite à certaines circonstances. Que ces épisodes veuillent s’affranchir d’anciens protagonistes n’est pas une tare, sauf que pour le coup, le résultat s’avère approximatif et peu heureux. Autant ne pas offrir une filiation de ce type au héros plutôt que de s’y adonner et de le montrer de manière aussi abstraite et artificielle. Cela étant, les clins d’œil sont sporadiques et quelques visages familiers s’affichent à l’écran comme Zero, Zaruba et, surtout, Gonza. Effectivement, Raiga vit toujours dans le manoir des Saejima, mène une existence probablement assez similaire à celle de Kôga dans le passé, et suit à la lettre le parcours de son fameux père. L’ambiance à mi-chemin entre le fantastique et l’horreur, les combats riches en effets spéciaux, la musique et l’approche assez adulte des thématiques sont tout naturellement de retour. Qui plus est, les armures réelles et non plus les affreuses incrustations numériques de Yami wo Terasu Mono sont privilégiées. Le principal problème de cette saison, c’est qu’en dépit de quelques qualités, elle manque cruellement d’originalité et reprend un concept déjà utilisé, sans y ajouter quoi que ce soit d’inédit.

L’univers Makai n’est désormais plus inconnu et continue d’être exploré. Après les différends entre chevaliers et prêtres, cet ensemble se focalise davantage sur les magô, ces outils magiques employés dans la lutte contre les Horrors. Compte tenu de leur appellation, il semblerait logique de s’attendre à retrouver un objet, mais ce n’est pas tout à fait le cas. Mayuri, dépêchée vers Raiga par les Chiens de garde, est bel et bien une humaine si ce n’est qu’elle est traitée comme une chose au pouvoir certes intéressant, mais dont l’existence n’importe absolument pas. Elle détient la capacité de sceller des Horrors et est la seule en mesure de définitivement empêcher Eiris de se propager. C’est pourquoi elle doit s’allier au combattant Makai, ce qui ne la dérange absolument pas, car elle n’a pas d’autre choix que d’obéir et de subir. Au départ, Mayuri (Ishibashi Natsumi) est une jeune femme stoïque, ne pipant mot et totalement déconnectée de ses congénères. Cependant, au contact de Raiga, sa personnalité s’affine et s’humanise. Le héros ne la voit pas comme un outil nécessaire à sa quête, mais comme une collègue méritant tous les égards. L’histoire cherche à explorer la relation se tissant entre eux deux, mais le tout reste trop ténu et peu enthousiasmant, malgré quelques jolis moments. En fait, ce sont peut-être plus les interactions avec le toujours aussi agréable Gonza qui marquent, sûrement en raison de la bonhomie dudit personnage. La saison a, de toute manière, d’importantes difficultés à développer ses idées, se contentant du strict minimum et de rebondissements prévisibles amenés très laborieusement.

Tous les épisodes se suivent et tendent malheureusement à se ressembler. Le fil rouge concernant Eiris est bien trop dilué pour s’avérer convaincant et seule la fin s’y lance plus sérieusement, avec un manque de panache embarrassant et une impression de précipitation. À la rigueur, des aventures indépendantes ne devraient pas forcément ennuyer, sauf qu’ici, la qualité est régulièrement variable. Quelques récits comme le dixième fort charmant avec Gonza et son amie campée par Matsuzaka Keiko (Erai Tokoro ni Totsuide Shimatta!, Madonna Verde), ou le quatrième proposant un hommage au cinéma horrifique, plaisent, mais la majorité demeure anecdotique. Encore pire, les scénarios prennent parfois la moitié de leur temps pour illustrer des Horrors et leurs victimes au lieu de se focaliser sur Raiga et ses comparses ! Tout y sonne un peu trop préfabriqué et rapidement accessoire. Pourtant, le héros (Nakayama Masei) se montre assez attachant, à défaut d’être passionnant. Il possède un caractère à mi-chemin entre la jovialité de Kaoru et le sens du devoir de Kôga. Très souriant et affable, il ne laisse jamais tomber ses proches. Néanmoins, davantage de fêlures ou de noirceur lui auraient offert plus d’épaisseur et d’intensité. Très vite, la série lui délivre un compagnon chevalier, Crow (Mizuishi Atomu), officiant comme fantôme et œuvrant dans l’ombre. L’écriture cherche à le rendre mystérieux, mais oublie par la même occasion de lui injecter une vraie personnalité. Pour l’heure, il se contente de demeurer en retrait, de serrer les dents et de donner l’impression de jouer double jeu. L’irruption d’une chasseuse particulière, Bikû (Akimoto Sayaka), n’est qu’un énième prétexte pour amorcer facticement une nouvelle branche à la franchise. En bref, les personnages secondaires ne bénéficient d’aucun développement satisfaisant. Cette paresse narrative a de quoi décevoir et plombe littéralement tout le reste.

Pour conclure, GARO: Makai no Hana a pour principale tare de s’apparenter à un recyclage un peu trop incolore des aventures initiales des chevaliers. Les épisodes se succèdent de façon schématique et n’apportent pas grand-chose de plus à l’univers que ce que l’on connaissait déjà auparavant. Bien sûr, pour peu que l’on soit moyennement regardant sur la qualité et amateur d’ambiance fantastico-horrifique, la saison se visionne sans trop de douleur, mais elle ne convainc que fort rarement. En oubliant de densifier sa trame scénaristique, d’offrir des enjeux dignes de ce nom et, surtout, d’approfondir convenablement ses protagonistes ainsi que les dynamiques les unissant, elle passe à côté de son potentiel. Ce manque d’identité et de souffle se révèle alors presque rédhibitoire, ce qui est bien dommage. Si suite il y a, espérons qu’elle s’affranchisse de cette poussive phase d’introduction bancale.


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