Kochira Katsushika-ku Kameari Kôen-mae Hashutsujo: The Movie | こちら葛飾区亀有公園前派出所 (film)

Par , le 25 décembre 2015

Malgré le succès très limité de l’adaptation télévisée du manga Kochira Katsushika-ku Kameari Kôen-mae Hashutsujo, le cupide policier paresseux est revenu sur le devant de la scène deux ans plus tard. Cette fois, il s’attaque au grand écran à travers un film sorti dans les salles nippones le 6 août 2011. D’une durée de cent douze minutes, ce long-métrage comporte le sous-titre Kachidoki Bashi wo Fûsase yo! pouvant être très approximativement traduit par sauvons le pont Kachidoki ! Aucun spoiler.

Alors qu’il vaque à ses occupations habituelles, Ryôtsu Kankichi tombe sur Sawamura Momoko, une de ses anciennes camarades de classe pour qui il avait jadis le béguin. Mère célibataire, elle ne baisse pas les bras et élève sa fille du mieux qu’elle peut. En la retrouvant, le trentenaire toujours aussi manipulateur et intéressé se plaît à penser qu’il pourrait l’épouser. Sauf qu’avant de mettre ses plans à exécution, il doit composer avec un individu s’apprêtant à kidnapper la petite-fille d’un de ses supérieurs.

Sans surprise majeure, le film de Kochikame se dote d’un récit indépendant et ne s’apparente pas à une vraie suite du j-drama. De toute manière, l’intégralité de cet univers n’est que très rarement feuilletonnant et permet donc de s’y immerger à tout moment. C’est d’ailleurs pourquoi il n’est pas nécessaire d’avoir regardé auparavant la fort passable transposition de 2009. Il n’empêche qu’ici, le ton change quelque peu et l’atmosphère surexcitée s’atténue sensiblement. Par exemple, les grimaces de Kankichi sont bien plus en retrait et pour peu que l’on ait souffert avec les épisodes précédents, cette approche différente fait du bien. Certes, l’antihéros continue toujours de cabotiner, de gesticuler et de hurler dans tous les sens, mais il se montre étonnamment plus posé. Est-ce l’effet de l’amour ? Car, oui, il en pince pour une trentenaire et rêve de réussir à décrocher son cœur. Naturellement, le public se doute qu’il risque de ne pas atteindre son but surtout que le scénario prouve que les deux amis d’enfance n’ont pas grand-chose en commun, mais aussi parce que la jeune femme n’a pas fait le deuil du départ de son ex-compagnon. Fukada Kyôko (Kamisama Mô Sukoshi Dake) incarne Momoko et son alchimie avec Katori Shingo ne saute pas aux yeux ; les acteurs des flashbacks vingt ans plus tôt sont bien plus convaincants ensemble. Sur la forme, il semble dommage qu’en obtenant un budget plus important, la fiction oublie ses décors miniaturisés et représente le quartier de la manière la plus traditionnelle qui soit. Ce côté carton-pâte offrait à l’univers une touche amusante et décalée, second degré qui fait défaut à ce film se prenant un peu trop au sérieux. Qui plus est, la durée rallongée accentue les maladresses de l’écriture tant le rythme se veut branlant.

Au moment même où Kankichi rencontre Momoko, il sait qu’elle est celle qui lui plaisait tant quand ils étaient hauts comme trois pommes. Elle avait malheureusement dû quitter les environs et ce n’est que depuis peu qu’elle est de retour. Elle a remis au goût du jour le théâtre de ses parents et le gère d’une main de maître. Probablement en partie pour faire bonne figure, Kankichi décide de lui donner un coup de main et se lance comme acteur, maquilleur et boute-en-train de service. Il apprivoise dans la seconde la fille de Momoko (Kawashima Ririka) qui a beaucoup de difficulté à se faire des amis à l’école malgré les tentatives d’approche d’une élève dont le grand-père n’est autre que l’un des grands pontes de la police. Le récit se corse avec l’ombre d’un homme semblant surveiller de loin tout le monde et ayant vraisemblablement des ambitions maléfiques. Dans un premier temps, la production joue la carte du mystère avec l’identité de cet antagoniste campé par Tanihara Shôsuke (Tsugunai, Love Shuffle), mais il est très facile de savoir de quoi il en retourne. Ensuite, il est l’heure de se focaliser sur une course contre la montre dans le but de sauver la fillette disparue, enlevée par un individu dont l’attitude peut, comme par hasard, presque s’excuser. Le film ne souhaite jamais choquer la morale et se révèle très vertueux en lissant de la sorte la caractérisation et les motivations de ses principales figures. La prévisibilité phagocyte de trop cette histoire très poussive où l’emphase sentimentale est reine. Est-ce que cela signifie que le long-métrage devient douloureux à regarder ? Non, pas forcément, mais il ne divertit que peu avec son registre bancal associant moments supposément riches en émotions et humour tombant souvent à plat. D’ailleurs, les seuls passages les plus comiques sont uniquement dus à Kankichi, les autres personnages récurrents demeurant tous en retrait. Ses collègues, toujours incarnés par Hayami Mokomichi et Karina, sont totalement transparents. Quelques invités sont de la partie comme Sawamura Ikki (Doctors, Hataraki Man) et Hirata Mitsuru.

Pour résumer, Kochikame: The Movie raconte une nouvelle aventure de son policier aux moult défauts alors qu’il cherche à faire la cour à une amie d’enfance. Théâtre traditionnel, kidnapping et retrouvailles sont au programme de ce qui ressemble à un récit très convenu, artificiel et plutôt moralisateur. Le résultat final n’en devient pas foncièrement mauvais, mais il peine à convaincre en s’avérant aussi peu original d’autant plus que les protagonistes sont peu développés et que l’humour ne réussit que rarement à faire mouche. Ce long-métrage est donc dispensable et peut même attrister les amateurs de la série télévisée, car l’esprit déjanté se révèle plus ténu, au bénéfice d’une tonalité familiale sentimentale omniprésente.


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