CSI: Immortality | Les Experts (téléfilm)

Par , le 9 mars 2016

Il y a plus de cinq ans, j’écrivais sur Luminophore douter reprendre un jour le chemin de CSI. La neuvième saison de cette production apparemment éternelle ne m’avait guère convaincue et je commençais à saturer du format procédural. Depuis tout ce temps, je m’en suis d’ailleurs totalement détachée ; l’époque où je me lançais à l’aveugle dans n’importe quelle série est révolue. Les téléspectateurs américains se sont eux aussi désolidarisés de cette franchise et, petit à petit, toutes les fictions dérivées ont disparu de l’écran. Actuellement, seule la récente CSI: Cyber est encore à l’antenne. Eh oui, après quinze années de normalement bons et loyaux services, CBS a choisi d’annuler CSI (Les Experts en France). Pour ne pas laisser un de ses anciens succès s’en aller en catimini, la chaîne a mis en chantier un téléfilm intitulé Immortality. D’une durée d’approximativement quatre-vingts minutes, soit deux épisodes habituels, il fut diffusé le 27 septembre 2015. Aucun spoiler.

Un homme à première vue banal entre dans l’un des casinos de Las Vegas et se fait exploser, causant ainsi plusieurs victimes. La propriétaire des lieux, Catherine Willows, décide de revenir de Los Angeles où elle travaille désormais en tant qu’agent du FBI. Pendant que Sara Sidle et ses collègues cherchent à lever le voile sur les agissements de ce possible terroriste, le nom de la fameuse Lady Heather apparaît. Quel est donc son rôle dans cette affaire prenant rapidement d’importantes proportions ? Ne faut-il pas contacter la seule personne capable de comprendre cette femme mystérieuse ? Il se trouve justement que Gil Grissom vient d’arriver dans la région après avoir parcouru les mers du globe.

Pourquoi retrouver CSI après l’avoir oubliée pendant environ six ans ? J’avais tout simplement envie de découvrir de quelle manière la série comptait s’en aller. Le format est tel qu’il n’est pas très compliqué de rattacher les wagons ensemble et de suivre sans problème l’intrigue. Qui plus est, même si j’ai fini par perdre l’intérêt pour les épisodes, j’ai conservé une certaine sympathie pour quelques-uns de ses héros et, surtout, pour l’adorable Gil Grissom. Je me suis donc dit que ce téléfilm représentait une excellente occasion de tourner la page et, qui sait, de voir si j’ai bien fait de couper les ponts vers 2009 ou 2010. Comme je m’en doutais, cet unitaire se visionne facilement et ne nécessite pas d’être au fait du contexte préalable pour y adhérer. Malheureusement, pour un final, cet Immortality ne marquera pas les esprits. En dehors du retour de quelques figures d’antan, il dispose d’un scénario traditionnel et manque d’étincelles pour provoquer un franc enthousiasme. Bien sûr, la réalisation se veut soignée et l’on sent comme d’habitude les moyens mis en œuvre, mais le public est en droit d’attendre un peu plus d’originalité et d’intensité pour un départ normalement définitif.

Quand j’ai arrêté CSI, Gil Grissom venait aussi de quitter le navire et, sans lui, l’intérêt avait disparu. Sara n’était plus là non plus, d’ailleurs, et elle n’est revenue que plus tard. Du coup, les revoir tous les deux et apprendre qu’ils ne sont plus mariés m’a un peu brisé le cœur, j’avoue. Immortality joue beaucoup sur leur relation et à l’instar des années passées, la production continue dans la subtilité pudique. Ce couple a toujours été avare en grandes effusions et, suite à certaines circonstances, ils ont divorcé jusqu’à ne plus finir par se parler. L’amour et le respect sont palpables, mais leur route s’est séparée à un moment donné. En insérant le retour de Lady Heather dans l’équation, c’est l’occasion pour ces deux individus de se montrer honnête l’un envers l’autre et avec eux-mêmes. Le téléfilm devrait probablement plaire aux amateurs de cette romance en filigrane ayant fait les beaux jours de la série, en dépit ici d’une écriture maladroite. Grissom, sinon, est égal à lui-même. Calme, pondéré, un peu étrange et délicieusement décalé, il retrouve la police scientifique en réalisant que tout a changé, bien que l’esprit subsiste. Les petits clins d’œil des bonnes vieilles aventures font plaisir et auraient pu être beaucoup plus importants, à l’instar du traitement inexistant des personnages secondaires.

Une bombe explose donc dans un casino, ce qui permet à Catherine et à Jim de revenir, eux qui avaient aussi disparu du paysage. La première dispose d’un matériel plus conséquent que le second, mais elle reste grandement en retrait. En dehors de son visage inexpressif terrifiant quiconque, l’unique élément amusant réside dans l’identité d’une jeune recrue gravitant autour d’elle qui, contre toute attente, ne nous est pas inconnue. Nick n’est pas une seule seconde mentionné. Que ce soit les rats de laboratoire, dont Hodges qui semble avoir maintenant le droit de sortir sur le terrain, le chef sur le départ campé par Ted Danson ou bien l’attachant Greg, ils se contentent ici d’une simple figuration. Bien sûr, ils ont, espérons-le, eu l’occasion de rayonner plus tôt, mais davantage de lumière et d’unité auraient été bénéfiques. De toute façon, ce n’était pas avec son épilogue que CSI atténuerait subitement ses lacunes inhérentes. Lady Heather n’est pas aussi vénéneuse qu’autrefois et il est tout de suite évident qu’elle n’est pas coupable de ces bombes, mais un catalyseur presque poussif du couple phare. Et, comme trop régulièrement, si l’on connaît un tant soit peu les acteurs récurrents de séries, le commanditaire de ces crimes saute vite aux yeux.

En résumé, le téléfilm clôturant CSI s’avère malheureusement assez fade et bien trop classique. Il ne donne pas l’impression de terminer quinze longues années d’activité à l’écran. Avec cette enquête superficielle s’apparentant à un prétexte pour ramener d’anciens visages, il souffre d’une grande prévisibilité. À la rigueur, le côté convenu du récit serait tolérable si les émotions, elles, se voulaient palpables. Or, malgré une ambiance plutôt propice à la romance, ce n’est pas le cas. Le visionnage n’en devient pas désagréable, car tout y est rondement mené, mais ce n’est pas cet Immortality qui fait regretter l’annulation de cette fiction aux ressorts définitivement usés.


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