Non, vous n’avez pas la berlue, le titre de ce nouveau billet ressemble étrangement à celui-ci. Aurais-je des troubles mnésiques et tendrais-je à radoter ? Peut-être bien, mais en tout cas, ici je n’ai pas commis d’erreur. Effectivement, comme déjà précisé, la franchise GARO ne cherche pas toujours l’originalité et plutôt que proposer différents intitulés pour ses productions, certaines portent le même nom. Je rappelle que ce récapitulatif pourrait aider à se retrouver dans cet univers maintenant tentaculaire. Après avoir donc discuté du film GARO: Gold Storm Shô, place à la série télévisée GARO: Gold Storm Shô s’inscrivant bien sûr à la suite du long-métrage. Elle comporte vingt-trois épisodes diffusés sur TV Tokyo entre avril et septembre 2015. Aucun spoiler.

Après ses premières aventures dans Yami wo Terasu Mono, le chevalier Makai Dôgai Ryûga marque son retour. Cette fois, il oublie ses deux congénères insipides, mais ne se sépare pas de la jolie et sympathique Rian. Tous deux travaillent désormais sous les ordres de la puissante prêtresse Ryume dans le but de protéger les habitants de Line City. Le film, au demeurant plus que passable, sert surtout d’introduction et n’est pas du tout nécessaire pour comprendre le fil rouge de ces épisodes inédits. Sans surprise, le concept de la saison repose sur un canevas déjà connu. Autrement dit, les héros se heurtent à un antagoniste quelque peu mégalomaniaque cherchant à annihiler l’humanité entière. La principale différence, c’est que l’ennemi à abattre n’est pas tout seul puisqu’il s’agit d’un couple : Jinga et Amily, deux individus mystérieux aux pouvoirs impressionnants. Ils œuvrent de concert et souhaitent réveiller Radan, une redoutable entité surnaturelle. Leur tâche s’annonce ardue, mais ils s’y attellent depuis désormais un certain temps, en n’hésitant pas à manipuler des Horrors. Sauf que suite à certaines circonstances, le sabre scellant Radan est scindé en deux dagues opposées, l’une représentant la lumière et l’autre l’obscurité. S’ils réussissent à rattraper à temps la première, la seconde tombe dans les mains de Ryûga. Tout au long de la saison, ce duo toxique tente tant bien que mal de récupérer la courte épée manquante, tout en veillant à ne pas se faire connaître du chevalier Garo qu’ils savent dangereux. Ils en profitent pour façonner des Horrors et le protagoniste doit les anéantir une à une. Pour cela, outre Rian et de nouveaux compères comme l’amusant D Ringo et son acolyte aux répliques cocasses, il peut compter sur un jeune homme assez ambigu, Gald (Nakajima Hiroki), dont les motivations paraissent brumeuses. Visuellement, la série est beaucoup plus solide ; par rapport à l’année passée, les effets spéciaux s’intègrent mieux à l’ensemble – ce qui n’est pas dur. En revanche, la musique s’oublie rapidement une fois la télévision éteinte. Action, aventures, incrustations numériques à outrance, combats en armure métallique, ressorts humoristiques, créatures monstrueuses et désespoir lancinant figurent au menu des réjouissances d’une formule rondement menée, mais déjà éprouvée et sans impact notable émotionnel ou épique.

Gold Storm Shô ne sort clairement pas des sentiers battus et ne surprendra pas ceux ayant regardé une production de la franchise GARO. Les épisodes indépendants s’y multiplient vers le milieu et ne laissent pas forcément une impression mémorable en raison d’ennemis de la semaine dénués de personnalité. L’arc principal prend insidieusement de l’importance, sans pour autant s’avérer hautement original d’autant plus qu’il progresse à un rythme inconstant. Toutefois, ne nions pas que quelques rebondissements et révélations sympathiques pimentent le tout malgré un léger sentiment de redite. Parmi les bons points, la mise en avant relative de Ryume se trouve sur la liste. Jusqu’à présent, les dirigeants Makai se contentaient d’apparitions furtives, mais là, la prêtresse se détache sensiblement de son rôle de chef froid et intouchable. Encore une fois, le récit veille surtout à troubler les frontières du monde Makai. Les chevaliers et leurs associés doutent, trébuchent et parfois sombrent du côté obscur. Heureusement, Jinga et Amily agissent de la sorte pour une raison bien précise et non pas par pure psychopathie. Les tragédies et l’ambiance mélancolique ne sont jamais oubliées au sein des épisodes bien que le traitement se montre assez superficiel et stéréotypé, voire légèrement caricatural. Le fameux couple à abattre manque d’ailleurs d’alchimie et les interprétations maniérées ou monolithiques d’Inoue Masahiro (Kamen Rider Decade) et de Matsunoi Miyavi ne resteront pas dans les annales. Le jeu des acteurs n’a jamais été un des points forts de GARO, de toute manière. Finalement, rien de nouveau ne transpire dans cette saison, mais elle réussit à atténuer quelques écueils précédents. Déjà, Ryûga est beaucoup plus supportable. Moins arrogant, davantage posé et parfois drôle, il devient enfin plutôt attachant. Sa relation joliment retranscrite avec Rian évolue très doucement, ce qui ennuiera peut-être les grands amateurs de romance. Quant à cette dernière, justement, elle mériterait plus d’exploitation, car elle fait preuve d’intelligence, d’énergie et de courage. Son panache saute aux yeux. Alors que dans Yami wo Terasu Mono la collaboration des combattants était laborieuse, voire nulle, elle prend ici du galon. La fine équipe travaillant avec Ryûga fait régulièrement mouche, ce qui change d’ailleurs de la solitude tant répétée des chevaliers Makai.

Pour terminer, les séries employant l’univers de GARO ont beau défiler à vitesse maximum, elles finissent par toutes se ressembler. Celle-ci ne déroge pas à la règle et si ce n’est quelques éléments plus originaux, elle se borne à réutiliser une structure narrative analogue où les héros se doivent de terrasser des individus aux ambitions démesurées. Le scénario n’apporte pas grand-chose au monde Makai en continuant d’illustrer le danger et l’attrait du côté obscur. À condition d’accepter les défauts inhérents à la franchise ainsi que le parti pris esthétique de cette nouvelle chronologie, avec l’omniprésence des effets numériques, Gold Storm Shô propose malgré tout un divertissement relativement correct. Cette saison se révèle en tout cas supérieure à la précédente, probablement grâce à un humour savamment dosé et des personnages moins insignifiants ou mieux travaillés formant une équipe plutôt sympathique. En dépit de son aspect ronronnant, les amateurs du genre ont donc toutes les possibilités d’en ressortir un minimum satisfaits.