GARO: Asura | 牙狼: 阿修羅

Par , le 21 décembre 2016

Toujours dans l’optique de célébrer les dix ans de la franchise GARO, les producteurs ont visiblement décidé de voir les choses en grand. Après la série Makai Retsuden faisant vibrer la corde nostalgique, un court épisode spécial a été commandé. Cet unitaire intitulé GARO: Asura se présente comme une sorte de bonus et a été mis en chantier avec la collaboration de la New Japan Pro Wrestling, une fédération majeure de catch japonaise. Il fut diffusé sur TV Tokyo le 2 juillet 2016 et dure un peu plus de vingt minutes. Comme une grande partie des fictions de cet univers, il peut être regardé assez indépendamment du reste d’autant plus qu’il s’inscrit à une très lointaine période. Le terme asura se rapporte à des êtres démoniaques de la mythologie hindouiste. Aucun spoiler.

Avant de dormir, Kaoru raconte une histoire à son petit garçon, Raiga. Comme d’habitude, il est question du fameux chevalier doré, costume qu’arbore le père de l’enfant et qui le fascine. Mais pour l’obtenir quand il sera plus âgé, il devra batailler dur. Pour appuyer ses propos et expliquer pour quelles raisons ce combattant Makai diffère de ses confrères, la sympathique maman décide d’évoquer le récit de Gôki évoluant à une époque reculée où les Horrors n’existent pas encore sous leur forme habituelle.

Makai Retsuden n’ayant que peu favorisé les Saejima, c’est un vrai plaisir que d’en retrouver deux en démarrant cet épisode. Si les faits narrés par Kaoru se passent dans l’ancien temps, elle et son fils se trouvent entre la fin de Sôkoku no Maryû et le lancement de Makai no Hana. Autrement dit, le futur successeur de Kôga doit grandir avant de terrasser des monstres. Au risque de me répéter, n’hésitez pas à consulter ce billet récapitulatif afin de mieux vous repérer dans ce dédale chronologique. Bien que ces personnages se contentent d’une brève apparition, l’accent étant justement mis sur Gôki, le clin d’œil plaît et permet de reconnecter tous ces bonus et autres productions dérivées/parallèles. Le reste est dans la lignée de ce que fabrique GARO depuis ses débuts. La forme surprend toutefois un peu puisque les décors ne sont pas du tout naturels et jouent ouvertement la carte du numérique. Si la franchise n’a jamais lésiné sur les effets spéciaux, les paysages demeuraient jusqu’à présent généralement tout à fait traditionnels. Or, ils sont cette fois presque comme esquissés abstraitement à l’ordinateur et induisent une atmosphère assez hors du temps digne d’une sorte de conte. Le résultat ne s’avère pas désagréable et offre un certain charme à condition de ne pas être allergique au genre. D’ailleurs, cette approche artistique est probablement à mettre en parallèle avec la passion de Kaoru et ses maintes peintures. Après tout, elle officie ici en tant que narratrice.

En plein milieu d’une forêt, le chevalier Makai bataille contre une espèce de scorpion et s’il parvient à affaiblir le monstre, il est blessé et s’évanouit, protégé par l’aura d’une curieuse statue. À son réveil, il constate avoir été soigné par une jeune femme nommée Ren vivant avec ses deux adolescents de frères, Shin et Taku. L’un des garçons prend en grippe Gôki, car il exècre tout individu portant un sabre depuis que son village a été massacré. Les jours défilent, le combattant recouvre progressivement ses forces et s’attache à ce trio. Sauf que la grande sœur est enlevée par une créature surnaturelle qu’il importe de poursuivre puis d’anéantir. Le récit de cet épisode ne sort pas du tout des sentiers battus et se termine sur une morale également déjà entendue dans GARO. Les personnages ne se départent pas non plus d’une caractérisation stéréotypée bien que, pour leur défense, le temps imparti et le but de cet unitaire empêchent toute véritable originalité. Contre toute attente, malgré cette collaboration avec la fédération de catch, l’insertion de ce sport se révèle plutôt subtile et ne ressemble pas à une publicité éhontée. Les amateurs y reconnaîtront Tanahashi Hiroshi dans le rôle principal et Makabe Tôgi comme antagoniste à annihiler.

Au bout du compte, ce GARO: Asura n’apporte pas grand-chose à l’univers et permet surtout de revoir la charmante Kaoru accompagnée de Raiga alors encore tout jeune. L’histoire en elle-même n’a rien de mauvais, mais elle ne fait que répéter un canevas scénaristique initialement sérieusement éprouvé. Bien que tout à fait regardable, ce bonus se borne donc à un récit basique amélioré par une esthétique atypique et n’est nullement indispensable, à moins de vouloir vraiment tout tester de la franchise. Il laisse cependant espérer un retour sur le devant de la scène des Saejima.


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