Galileo | ガリレオ (saison 2)

Par , le 4 janvier 2017

Sans aucune surprise, le succès de la première saison de Galileo adaptant les histoires du brillant physicien inventé par le romancier Higashino Keigo a donné suite à une seconde. Celle-ci se compose de onze épisodes qui furent diffusés sur Fuji TV entre avril et juin 2013 ; le premier et le dernier durent trente minutes de plus que la quarantaine habituelle ; le septième et le huitième disposent aussi de vingts minutes additionnelles. À noter l’existence d’un tanpatsu intitulé Galileo XX et d’un deuxième long-métrage, Manatsu no Hôteishiki, qui seront traités sur Luminophore dans les semaines à venir. Pour vous repérer dans cette sorte de franchise, n’hésitez pas à consulter ce billet récapitulatif. Aucun spoiler.

Utsumi Kaoru se prépare à déménager pour un an aux États-Unis dans le but de parfaire ses compétences d’inspectrice de police. Avant de quitter le sol nippon, elle prend le temps de présenter sa remplaçante au fameux Yukawa Manabu. C’est maintenant au tour de Kishitani Misa de composer avec les manies du cartésien scientifique adorant avoir raison et démontrer que toute situation extravagante détient une explication rationnelle.

Les débuts de Galileo souffraient de leur aspect schématique malgré une certaine inventivité du côté des crimes. Derrière ces développements convenus, l’atmosphère un brin mystérieuse apportait d’ailleurs un soupçon bienvenu d’originalité. Malheureusement, ces épisodes inédits ne sortent pas de ce carcan déjà étriqué et ne font que répéter à l’infini une formule ayant auparavant montré ses faiblesses. L’inspectrice doit élucider un meurtre, elle demande l’aide du héros qui refuse de prime abord, elle se moque gentiment de l’éternel assistant et le prof se lance dans l’affaire en la résolvant en deux coups de cuillère à pot. Bref, il n’y a rien de neuf à ce niveau. Sauf que même en connaissant les limites de cette série, cette saison réussit à décevoir. Et pour cause, elle amplifie ses lacunes initiales et fait preuve d’une telle paresse scénaristique qu’elle a de quoi agacer. La science se réduit comme une peau de chagrin, la dimension plus ou moins ésotérique et mystique se voyant remplacée par un registre humoristique bancal et poussif. Plus que jamais, les enquêtes manquent de crédibilité, souffrent d’une grande prévisibilité et n’ont parfois ni queue ni tête. La police répond aux abonnées absentes et Yukawa se contente de parader avant de sortir une solution inepte de son chapeau, avec des déductions farfelues plutôt que des théories savantes. Le professeur organise lui-même du début à la fin les investigations et se révèle davantage infaillible que dans le temps. Il paraît en outre avoir changé quelque peu de tempérament au passage, accentuant une fois de plus les maladresses de la production. Certes, ces aventures ont la bonne idée de limiter les scènes de pur fantasme sur les supposées qualités viriles de cet homme moyennement attachant, mais cela n’atténue guère ces écueils dispensables. Ajoutons-y un fort sentiment de redite avec des récits déjà vus dans d’autres fictions apparentées ainsi que dans les affaires diffusées courant 2007. En somme, Galileo sonne encore plus classique que jadis et ce n’est pas l’arrivée de Kishitani Misa qui favorise l’appréciation générale.

Pour une obscure raison, Utsumi Kaoru est poussée sur le côté, mais elle a au moins l’occasion de s’en aller la tête haute et de passer le flambeau à une nouvelle recrue. Cette dernière, campée par la jolie Yoshitaka Yuriko (Love Shuffle), est jeune, pimpante, instinctive et fraîchement sortie de l’université Teitô où exerce justement Yukawa. En dépit de son absence totale d’expérience en la matière, l’inspectrice se révèle hautement arrogante, malpolie, prête à tout pour faire justice et n’hésite jamais à asséner le fond de sa pensée. Le personnage en lui-même ne dégage pas grand-chose d’attachant et se veut surtout énervant. En plus des carences de sa caractérisation, Misa n’a jamais l’opportunité de montrer l’étendue de ses apparents talents et se contente de perpétuellement quérir l’aide du scientifique, tout en se limitant à alimenter à foison de supposés ressorts humoristiques. Pour résumer, elle ne sert à rien sur le terrain comme dans la série en tant que telle. L’alchimie du nouveau duo phare n’est également qu’une donnée fort abstraite. Les principales figures ne paraissent de toute manière détenir aucune vie en dehors de l’écran et se bornent à des stéréotypes caricaturaux. Encore une fois, seul Kuribayashi, l’assistant, pimente les épisodes par ses jérémiades amusantes. Sinon, reconnaître et découvrir autant de visages familiers se révèle toujours aussi plaisant même si, avouons-le, ce procédé accentue la prévisibilité des intrigues. Privilégier les mystères aurait induit un minimum de suspense, car là, les coupables sont connus dès le départ et le déroulement de l’enquête manque de substance. Notons par exemple la présence d’Ôsawa Takao, Tanabe Seiichi, Kiritani Kenta, Kiritani Mirei, Kashii Yû, Aoi Yû, Namase Katsuhisa, Amami Yûki et beaucoup d’autres. Au programme des réjouissances : gourou poussant au suicide l’un de ses adeptes, meurtre en chambre close, empoisonnement, télépathie entre des jumelles, comédienne profitant de ses propres talents, etc.

Finalement, si la deuxième saison de Galileo poursuit la route amorcée par la première avec des histoires policières redondantes et très classiques, elle laisse sur le côté le seul élément encore relativement original. Effectivement, l’ambiance énigmatique nourrissant les théories scientifiques a quasiment disparu. Uniquement son protagoniste phare, véritable et exclusif héros, détient l’opportunité de rayonner et plutôt que de choyer ses capacités intellectuelles, il joue régulièrement la carte de la banale déduction. Un comble quand on y pense ! Le visionnage demeure assez tolérable à dose très homéopathique du fait de l’impressionnante galerie d’invités, mais l’ensemble ne possède aucun argument satisfaisant pour être recommandé, quand bien même on serait amateur du genre. Entre les incohérences scénaristiques, le laxisme honteux de l’écriture et l’interprétation tantôt excessive, les défauts sautent aux yeux.


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