Fais pas ci, fais pas ça (saison 8)

Par , le 25 janvier 2017

La fin de Fais pas ci, fais pas ça est désormais actée, mais avant cela, discutons de son avant-dernière saison, la huitième. À l’instar de la précédente, elle se constitue de six épisodes qui furent diffusés sur France 2 en février 2016. Aucun spoiler.

Les Lepic nous avaient quittés de manière fracassante en annonçant leur déménagement en Sologne. Ils y vivent donc dorénavant et aident Christophe et Tiphaine à gérer leur gîte perdu au milieu de nulle part. L’ambiance s’avère assez moribonde, car les clients ne s’y pressent pas. Et pour cause, entre l’absence de connexion Internet, les conditions météorologiques peu avenantes, une sorte de gouvernante sortie tout droit d’un film d’horreur, des chauffages ne fonctionnant guère et maints autres éléments, rien n’est fait pour créer un cadre convenable. Tandis que Renaud s’accroche, Fabienne se morfond, rêvant de retourner à Sèvres dans leur maison dont ils n’ont en plus perçu pour l’instant que 10 % du prix de vente ! Comme tout le monde s’en doute, la famille revient rapidement en région parisienne et cet interlude provincial ne sert vraiment à rien, même pas à divertir convenablement. De toute manière, l’intégralité de la saison lance des idées disparates, n’approfondit pas quoi que ce soit et oublie d’injecter une franche dimension humoristique ou enthousiasmante. Seul le capital sympathie pour ces personnages devenus attachants permet de ne pas trop soupirer bien qu’avouons-le, certains d’entre eux se sont transformés en de vraies parodies d’eux-mêmes. L’épouse Lepic symbolise à merveille cette perte d’authenticité avec cette absence de naturel. Ces individus figés dans la roche n’évoluent pas et s’égarent dans des rebondissements déjà vus et réutilisés ici avec davantage de lourdeur. Les relations entre eux ne jouissent pas non plus d’un développement satisfaisant et ne profitent pas du matériel pourtant indiscutable se trouvant à portée de main.

Fabienne cherche à quitter le village de Bouzieux dans lequel elle déprime et n’accomplit rien de probant au cours des six épisodes ; Renaud essaye d’obtenir un travail maintenant qu’il est au chômage ; Valérie se sent vieillir et plonge dans une profonde caricature de l’avancée en âge chez la femme ; Denis, à juste titre irrité par Medusor, se lance dans une énième reconversion professionnelle avec cette histoire de péniche. Quelques bonnes idées transparaissent sauf qu’elles ne sont jamais exploitées et se noient dans des platitudes, stéréotypes et clichés à outrance. Le liant entre les séquences ne saute pas forcément aux yeux et il manque un vrai fil conducteur. De même, le ton autrefois caustique et irrévérencieux n’existe plus, seuls la mièvrerie et le registre familial prédominant le tableau. Les enfants se limitent encore plus à un unique trait scénaristique, pour peu qu’ils aient l’opportunité d’en bénéficier d’un, d’ailleurs. Soline, par exemple, se borne à la place de fantôme possiblement alcoolique. La plaisante Charlotte, elle, mérite autre chose qu’une péripétie rocambolesque improbable amenée tout aussi ridiculement ; tout cela ensuite pour disparaître de l’antenne. Certes, que ces ados soient presque des adultes pour la majorité ne doit pas faciliter les choses, mais là n’est pas la question. La recette ne fonctionne donc que rarement et laisse dans le meilleur des cas un sourire poli sur le visage. Comme d’habitude sinon, plusieurs invités prennent le chemin de cette production française, dont un plutôt inattendu : Daniel Cohn-Bendit.

En résumé, avec cette huitième et routinière saison, Fais pas ci, fais pas ça continue de prouver sa chute qualitative inexorable depuis plusieurs années. Si le visionnage demeure tolérable grâce à sa courte durée et l’attachement pour ces figures truculentes, le reste se révèle vide de contenu et très lisse. Malgré quelques répliques piquantes dignes d’intérêt, l’écriture se perd dans des généralités, des intrigues consensuelles et autres redondances. Au lieu d’injecter un grain de folie absurde, sans forcément jouer la carte de l’exubérance invraisemblable parasitant déjà la fiction, ces épisodes montrent de sérieux signes d’essoufflement et se limitent à une succession de saynètes peu drôles n’utilisant les personnages que de manière artificielle. Croisons les doigts pour que la conclusion soit moins paresseuse, mais le défi s’annonce compliqué.


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