The Originals (saison 4)

Par , le 24 janvier 2018

Maintenant que The Vampire Diaries a quitté l’antenne, il ne reste plus de cet univers que The Originals. Cependant, celle-ci devrait aussi s’en aller cette année. En attendant, place à sa quatrième saison, diffusée sur The CW entre mars et juin 2017. Contrairement aux précédentes, elle a sacrément été raccourcie puisqu’elle ne comporte que treize épisodes. Aucun spoiler.

Cinq ans se sont écoulés depuis que Marcel a vaincu les Mikaelson. En l’absence de cette famille toxique, La Nouvelle-Orléans retrouve sa prospérité. Sorcières, vampires et humains cohabitent désormais dans une certaine harmonie. Mais évidemment, cette tranquillité relative ne peut durer. Hayley, retranchée dans le bayou, tente tant bien que mal de sauver ses proches tandis que Klaus s’enfonce dans la dépression, emprisonné par celui qu’il a toujours considéré comme un fils. Rapidement, la tendance s’inverse et les Originels réapparaissent pour le pire comme pour le meilleur. Contre toute attente, la production change cette fois quelque peu de fusil d’épaule et a l’excellente idée de ne pas retomber dans ses travers narratifs. Effectivement, si la question des trahisons et des complots n’est bien sûr pas totalement écartée, l’intrigue générale décide plutôt de jouer la carte de la collectivité. Pour survivre et protéger une ville qui leur tient tous à cœur, les différentes factions y résidant n’ont guère d’autre choix que de se serrer les coudes. Les Mikaelson ne représentent pas forcément les pions à abattre, car une menace plus grande et insidieuse survient : le Néant. Cette entité mystérieuse possède de sérieux atouts, dont une force magique prodigieuse et une capacité à prendre le contrôle de la plupart des individus. Sacrifices d’enfant, rêves prophétiques, manipulations et réminiscences de douloureux évènements figurent au programme de ce qui s’annonce comme une lutte sans merci.

Avec seulement treize épisodes, The Originals ne s’embarrasse pas de rebondissements annexes et va directement à l’essentiel. En ça, le rythme conserve un bon tempo et l’histoire avance de manière homogène en dépit de quelques développements plus discutables. La fiction cherche à approfondir tous ses personnages et plus particulièrement une des dernières arrivées, Freya. Jusqu’à présent, cette sœur disparue se bornait à la place d’un artifice sorcier, fort pratique pour ramener les morts et aider sa fratrie in extremis. Pour le coup, ses capacités ne sont pas suffisantes face à ce Néant décidément coriace et vicieux, lui qui réussit à titiller les tourments et doutes des héros. Mais au-delà de ses liens familiaux, Freya se voit offrir une dimension plus humaine, plus détachée des Mikaelson, avec l’arrivée de Keelin (Christina Moses) qui éveille en elle des sentiments inédits. Si toute cette partie ne soulève pas les foules et s’avère quelque peu gratuite et préfabriquée, elle ne fait pas de mal et continue de symboliser l’ouverture d’esprit de The Originals. Il n’empêche que Freya manque de chaleur et ne parvient pas à s’installer au même niveau que ses frères et sœurs. À ce propos, ceux-ci semblent tous progressivement changer. L’époque où ils tuaient impunément, provoquant de terribles dommages collatéraux, est révolue. Quelques-unes de leurs victimes de naguère viennent se venger, mais elles sont plus là pour dépeindre l’évolution des Mikaelson. La quête de rédemption, d’un apaisement, les anime grâce à Hope, petite fille portant bien son prénom. L’épilogue s’armant d’une belle touche mélancolique aurait d’ailleurs pu être celui de la série. Espérons que la vraie fin saura se montrer aussi satisfaisante.

Grâce à ce bond temporel bienvenu, l’enfant de Klaus et de Hayley a grandi et se révèle capable de réfléchir. Éveillée, adorable et innocente, elle abrite en elle des pouvoirs insoupçonnés attirant le Néant. La saison s’attache certes à protéger La Nouvelle-Orléans des attaques pernicieuses de cet antagoniste tentaculaire, mais surtout Hope (Summer Fontana), réel joyau des Mikaelson. Ils sont prêts à déplacer des montagnes pour elle, quitte à se séparer de tout ce qui leur est cher, de tout ce qui compose leur existence depuis des millénaires. Voir ces protagonistes faire preuve d’un tel dévouement, d’un véritable sacrifice, illustre leurs progrès et le fait que The Originals travaille assez correctement son matériel. Cette saison met en effet à l’honneur cette envie de se transcender, d’aller de l’avant et de ne pas persévérer dans les attitudes néfastes d’autrefois. Les personnages ne perdent en rien de leur verve et la série n’oublie jamais de rappeler leur monstruosité, mais la roue tourne. Klaus se découvre une fibre paternelle et protectrice, Elijah souffre de constater que sa relation avec Hayley ne s’annonce pas si aisée, la louve-garou réalise l’étendue de son triste héritage parental, Kol erre comme une âme en peine après le décès de Davina, Rebekah s’interroge sur ses sentiments pour Marcel. Ce dernier reprend des couleurs en roi de La Nouvelle-Orléans et parce qu’il sait, contrairement à ses créateurs, faire table rase du passé et écraser ses ambitions intimes. Sa dynamique avec Vincent apporte aussi un peu d’humour et de sympathie, tout comme la présence de l’adorable Josh qui mériterait plus d’exploitation. Les épisodes se suivent, laissent une impression assez positive et profitent à la fois de l’ambiance de la ville, du tempérament volcanique des personnages et de leur bagage considérable.

Pour conclure, cette quatrième saison de The Originals bénéficie de son raccourcissement pour aller directement à l’essentiel, tout en n’oubliant évidemment jamais d’illuminer les tourments de ses héros contrastés. Plutôt bien amenée et construite, elle a en plus la qualité de ne plus limiter ces derniers à leurs affres millénaires, mais de délivrer une menace plus globale et inquiétante. Le sens de la famille n’a jamais été aussi fort et les Mikaelson acceptent petit à petit la possibilité de se dévouer corps et âme à autrui, de racheter leurs actes de jadis, quitte à perdre au passage leurs privilèges. Grâce à cette atmosphère létale et imprévisible ainsi qu’à l’attachement pour cet univers, le visionnage en devient satisfaisant. Souhaitons que la suite et fin poursuive cette lancée menant vers une rédemption où l’amertume côtoie la chaleur humaine.


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