Difficile de rédiger un billet quand on sait, finalement, qu’il sera l’un des derniers, si ce n’est le dernier. Fin février, cela a fait deux ans que je n’ai rien publié sur Luminophore. J’ai décidé, à cette époque, d’arrêter le blog ou au moins, de faire une pause. Je n’étais pas certaine de mon choix, me répétant que j’allais probablement finir par changer d’avis, que cela allait me manquer. Force est de constater que ce n’est pas le cas ; je suis convaincue depuis plus de douze mois que je ne compte pas revenir. Avant que ce blog ne s’en aille, je souhaite remercier et dire au revoir aux quelques rares lectrices et lecteurs demeurant dans les parages.

Il y a plus d’un an, je pensais que j’allais expliquer clairement la raison de cette disparition. Il s’avère que je n’en ai plus la foi, en tout cas pas dans le détail. Pour faire très simple, courant 2015, à l’instar d’autres personnes (blogueurs, journalistes, universitaires), j’ai été sollicitée par une maison d’édition que je ne nommerai pas. On m’a proposé d’écrire un ouvrage sur les séries japonaises. De prime abord, j’avoue ne pas avoir pris très au sérieux cette demande, car je ne voyais pas trop où ça me mènerait, sans même parler de mon sentiment d’illégitimité, du temps monstrueux que ça requerrait. Mon contact étant toutefois sensé et convaincant, tout comme la maison d’édition, j’ai fini par accepter et signer un contrat. Le livre en question a été rédigé, dans les délais impartis. Ensuite, pendant plusieurs mois, j’ai répondu de mon mieux aux changements suggérés par la maison d’édition. Alors qu’il devait entrer en édition et par conséquent, sortir en librairie quelques mois plus tard, nous, les auteurs, avons appris à la rentrée 2017 que cette maison d’édition annulait toutes les commandes. Les trois livres déjà publiés ne se vendaient manifestement pas assez à son goût.

J’ai donc écrit un ouvrage de commande pour rien. J’ai passé des heures, des nuits, des vacances entières dessus. Je ne vous cache pas que de repenser à tout ça me rend encore très amère. Après ce coup de massue, j’ai contacté d’autres maisons d’édition et aucune n’a daigné me répondre. J’ai pensé à l’autoédition, à divers moyens de publier. Les semaines puis les mois ont défilé et j’ai fini par progressivement baisser les bras. Je pourrais le mettre en libre accès sur ce blog. Je pourrais, en effet. Mais là, début 2020, son contenu mérite d’être en partie réactualisé, relu. Or, je n’ai aucune envie de m’y replonger. Pourquoi le ferais-je ? Ça m’apporterait quoi ? Cette déconvenue n’explique pas à elle seule l’arrêt de Luminophore, mais elle y contribue beaucoup. Je suis depuis dégoûtée par les séries japonaises. Pour tout vous dire, depuis mi-2017, je n’en ai regardé qu’une et c’était à l’été 2019 – si vous voulez tout savoir, la deuxième très moyenne saison de Hotaru no Hikari qui traînait dans mes dossiers. J’imagine y revenir plus intensément, un jour, mais j’associe encore trop de mauvais souvenirs à ces productions.

Je me relis et constate que finalement, je suis rentrée plus dans le détail que ce que je pensais, probablement parce que j’ai besoin de vider mon sac, que je suis toujours assez en colère contre cette maison d’édition qui, certes, doit avoir ses propres problèmes, mais qui n’a manifestement pas suffisamment réfléchi en amont à sa démarche. Si les principaux concernés parcourent ces mots, je leur saurai gré de passer leur chemin en silence, de me laisser refermer définitivement ce douloureux chapitre. C’est avant qu’il fallait en discuter, pas plus de deux ans après.

Quid de Luminophore, alors ? Eh bien, déjà, j’ai neuf billets en attente (six japonais puis trois britanniques). Ils ont été écrits en 2017 et seront publiés un à un dans l’état, tous les lundis à 9 heures, jusqu’au 8 juin – on terminera sur une de mes séries chouchoutes du moment ! Pourquoi ne pas les avoir sortis à l’époque ? C’est une bonne question à laquelle je n’ai aucune réponse. L’hébergement du blog court jusqu’à la fin de l’année. Lors du second semestre, j’ai pour projet de tout déménager ailleurs, sur un hébergement gratuit qui me servira d’archives et dont l’adresse sera communiquée ici. Les commentaires seront fermés à ce moment-là, je pense. Ce transfert me demandera un peu de travail donc je tâche de prendre les devants. (Je dis ça, mais je recule cette migration depuis plus d’un an et ce billet a été écrit début janvier, preuve que j’ai un peu de mal à couper le cordon…). Je n’ai pas envie d’effacer tous mes bla-bla, je désire seulement les conserver dans un endroit ne me coûtant aucun investissement financier ou temporel. Le compte Twitter de Luminophore sera supprimé et je m’abonnerai avec mon compte perso aux comptes que je suis déjà.

Il faut savoir que même si je n’ai rien rédigé depuis 2018, je me suis un peu occupée de Luminophore dans l’ombre, surtout en 2018, et je continue de le faire sporadiquement dans l’objectif d’alléger la lourde base de données et faciliter la migration. J’ai supprimé moult articles plus que dispensables. Plusieurs autres mériteraient un bon coup de frais, mais je doute avoir le courage de m’y atteler. J’ai aussi fait sauter le code du thème sans trop faire gaffe, ce qui explique pourquoi certaines pages ne s’affichent plus comme jadis. Je ne souhaite pas me replonger là-dedans donc ça restera comme ça jusqu’à la fin. De toute manière, une fois déménagé, ce blog aura un thème basique que je ne pourrai customiser.

Voilà, c’était donc pour vous dire au revoir. Après treize ans d’existence, dont les deux derniers s’apparenteront plutôt à du sommeil, Luminophore s’en ira en 2020. Je vous remercie de votre fidélité, de votre présence et des échanges que nous avons pu avoir. Malgré cette fin un peu bizarre, je garde d’excellents souvenirs de cette longue expérience, avec une pensée plus particulière pour les débuts de ce site, entre 2007 et 2010, période où les blogs étaient vraiment florissants et actifs.

Je ne peux que vous souhaiter de poursuivre les bonnes découvertes sériephiles et n’oubliez jamais de naviguer entre les nationalités, de piocher allègrement dans le catalogue récent comme plus ancien.

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