Ao to Shiro de Mizuiro | 青と白で水色

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas regardé une série télévisée avec Oguri Shun. En tout début d’année, j’ai donc décidé de retourner faire une petite visite dans sa filmographie. Enfin, dans mes dossiers plutôt vu tout ce que je possède où il apparaît ne serait-ce qu’une seconde. Hum. C’est ainsi que mes yeux se sont posés sur Ao to Shiro de Mizuiro dont je n’avais jamais entendu parler. Il s’agit d’un tanpatsu constitué d’un seul épisode de 46 minutes. Il est passé sur NTV le 1er décembre 2001. Il remonte donc à un certain temps. Son titre signifie approximativement le bleu et le blanc forment un bleu clair. À noter que son scénariste, Sakurai Tsuyoshi, s’est occupé en partie de celui de Marumo no Okite. Aucun spoiler.

Uchiyama Kaede et Shiina Kasumi étaient autrefois amies. Alors qu’elles sont maintenant au lycée, Kasumi brutalise continuellement Kaede qui se laisse faire en silence. Cette dernière essaye tous les jours d’ouvrir la porte qui mène au toit de l’école mais elle n’y arrive pas. Elle rencontre par hasard un autre lycéen, Kishida Takumi, expert en crochetage de serrure. Elle lui demande alors de l’aider.

Si le synopsis ne paraît pas foncièrement intéressant, l’épisode l’est, lui. Anciennes amies, Kaede et Kasumi ne se parlent désormais plus. Kaede semble toujours apprécier celle qui a été sa confidente jusque-là mais elle ne récolte que des brimades. Victime d’ijime, tout le monde l’intimide et n’hésite pas à la faire souffrir. Jour après jour. Les brimades semblent par ailleurs aller crescendo. Pour autant, Kaede ne réagit pas et se laisse marcher sur les pieds. C’est la jolie et douce Miyazaki Aoi qui lui offre ses traits et qui est, comme toujours, naturelle et tout en finesse. Kasumi est quant à elle interprétée par la tout aussi talentueuse Aoi Yû (Tiger & Dragon, Kôkô Kyôshi 2003). Pourquoi Kasumi fait-elle souffrir Kaede ? On ne le sait pas vraiment mais on se doute de la raison, bien futile comme c’est souvent le cas. Parmi ses amis persécuteurs on reconnaîtra Matsuda Satoshi (Vampire Host, Keitai Sôsakan 7).

Kaede veut absolument aller sur le toit de l’école. Pour quoi faire ? Pour sauter de là haut ? La porte y donnant accès est toutefois condamnée depuis plusieurs années. En rencontrant Kishida Takumi, elle espère ainsi qu’il réussira à lui ouvrir cette fameuse porte, lui qui semble pouvoir crocheter n’importe quoi. L’adolescent est incarné par Oguri Shun. Si au départ il ne voit aucun inconvénient à l’aider, il réalise rapidement ce qu’elle pourrait faire après coup, elle qu’il voit être maltraitée. Pendant ce temps, le lycée accueille un nouveau professeur, Ôuchi Mizuho, jouée par Konishi Manami (Ashita no Kita Yoshio, Churasan). Se déplaçant à l’aide d’une béquille, elle s’est retrouvée plusieurs années auparavant dans l’engrenage de l’ijime et en garde depuis des séquelles à vie. Son retour dans cet établissement n’est pas anodin et elle est bien décidée à ce que certaines erreurs ne soient plus commises sous ses yeux.

Ao to Shiro de Mizuiro est un épisode extrêmement minimaliste et poignant. Abordant de plein front le sujet délicat qu’est l’ijime, il délivre son message sans détour et sans être moralisateur ou bienveillant. La réalisation est aussi sobre que le traitement et les acteurs sont tous, excellents. Il n’y aucune fausse note de leur part. Ce n’est pas un hasard si le trio de tête est désormais extrêmement connu au Japon et souvent vecteur de réussite. La musique est à l’image du reste tant elle demeure subtile et les deux chansons, Tatoeba boku ga shindara ainsi qu’une d’Eastern Youth, sont agréables. Les dialogues sont peu nombreux mais amplement suffisants. Le tanpatsu prend le parti de ne pas trop en dire, faisant honneur à l’intelligence de ses téléspectateurs. Bien que les thématiques abordées comme les persécutions et le suicide soient particulièrement difficiles, le tanpatsu demeure positif et rempli d’espoir. Il met en plus en avant la construction d’une jolie amitié. En 46 minutes, il est clair qu’il atteint pleinement son but et mérite d’être vu, ne serait-ce que pour se remettre certaines idées en place.