Aquaman (pilote)

Honnêtement, je ne saurais trop expliquer le pourquoi du billet d’aujourd’hui. Je crois avoir envie de parler sur Luminophore de toutes les séries que j’ai pu voir à un moment donné, même si cela remonte à un petit moment. J’aimerais beaucoup que ce blog reflète mon parcours en tant que sériephile. C’est déjà plus ou moins le cas, je sais. Ce que je veux n’est pas encore très clair dans ma tête donc j’aurai du mal à l’expliquer. Tout ce que je sais c’est que j’ai prévu de revoir certaines productions courtes et de vous en parler ici. Et c’est ainsi qu’il sera question d’Aquaman, d’abord intitulée Mercy Reef. Oui, je me suis ré-infligée ce pilote il y a quelques semaines. À croire que j’ai vraiment du temps à perdre. Retournons en 2006. Certains d’entre vous s’en souviennent forcément, cette année-là fut celle de la fusion entre The WB et UPN, formant la chaîne que nous connaissons maintenant sous le nom de The CW. Alors qu’Aquaman aurait dû être accueillie les bras ouverts vu toute la promo, ce ne fut pas le cas, la série ne fut effectivement pas achetée par la toute nouvelle chaîne. C’est d’autant plus étonnant qu’elle a été développée par les papas de Smallville, à savoir Al Gough et Milles Millar. Ce sont d’ailleurs eux aussi qui ont écrit le pilote. Le résultat des courses est qu’Aquaman n’a donc pas dépassé la case départ et cela ne se fera jamais, en tout cas pas sous cette forme. Toutefois, comme c’est parfois le cas, le pilote fut disponible sur iTunes dès le 24 juillet 2006. Il a d’ailleurs eu son petit succès. La question est de savoir si nous sommes passés à côté d’une grande et fantastique série. Réponse ci-dessous ! Aucun spoiler.

A.C. Curry est un jeune homme marqué par la mort tragique de sa mère lors d’un crash d’avion en pleine mer une dizaine d’années auparavant. Cependant, ce n’est pas la chute de l’appareil qui la tua mais une créature étrange, une sirène ! Ce décès est d’autant plus suspect que leur avion s’est retrouvé dans une tempête mystérieuse au-dessus du triangle des Bermudes et juste avant de mourir, la mère d’A.C. l’appela Orin. À notre époque, A.C. est insouciant, passe tout son temps dans l’eau, délivre des dauphins et ne veut pas quitter son petit monde. Tout commence à changer le jour où il découvre qu’il est le prince d’Atlantis et que certaines personnes mal-intentionnées veulent sa mort.

Le pilote d’Aquaman avait tout pour plaire à la chaîne mais son principal risque était de faire doublon avec Smallville. Il faut le dire, les deux séries se ressemblent sur de nombreux points. A.C. possède effectivement des pouvoirs fabuleux, il peut par exemple nager très vite et sa force est décuplée lorsqu’il se trouve dans l’eau mais il a un point faible, il lui faut obligatoirement de l’eau à proximité. À part, ça il est le descendant d’une civilisation inconnue et supposée être fascinante. Il est beau, musclé, bronzé et passe plus de temps à moitié nu qu’habillé. Faisons lui tourner autour deux jolies jeunes femmes dont celle qui semble être là depuis son enfance ainsi qu’une autre, au passé plus que mystérieux et vecteur d’une future mythologie sur le fameux triangle des Bermudes. Et hop, voilà un triangle amoureux en deux-trois mouvements ! N’oublions pas non plus le petit soupçon paternaliste avec le père adoptif d’A.C. mais aussi avec son futur nouveau mentor, McCaffery, bien décidé à faire d’A.C. un parfait homme d’Atlantis. Vous secouez tout ça et bingo, vous avez la recette de Smallville. Ah non, pardon, d’Aquaman. Bon, ne le nions pas, pour peu que l’on apprécie l’univers des super-héros, cette série aurait pu être sympathique mais le pilote ne laisse tout de même pas augurer une pépite sur laquelle nous allons pleurer. L’histoire est convenue et ce ne sont pas les bases de la mythologie sur Atlantis ou celle sur le triangle des Bermudes qui vont contrebalancer les difficultés du scénario. De même, les effets spéciaux sont mauvais. Certains pourraient dire qu’ils sont du niveau de Smallville ce qui est fort probable mais ils sont plus discrets du côté de chez Clark qu’ici ce qui fait que nos yeux souffrent moins.

À la rigueur, puisqu’il s’agit d’un pilote on pourrait être assez tolérant car l’exercice n’est jamais évident. Il est nécessaire d’introduire le contexte, de lancer les enjeux et de présenter les personnages. Aquaman le fait, tout ça, mais l’épisode ne parvient jamais à décoller et à donner envie de s’y accrocher ou dans le cas présent, de pleurer sur le fait que l’on ne verra jamais de suite. Outre le scénario convenu et prévisible, cette série avortée aurait pu rendre attachants ses personnages mais là aussi, c’est chou blanc tant ils n’inspirent pas grand-chose. A.C. est interprété par Justin Hartley, total inconnu à l’époque. On aurait pu penser que ce serait Alan Ritchson qui lui offrirait ses traits car il l’a fait dans Smallville mais non, Aquaman prouve ainsi qu’elle n’était pas un spin-off, juste une série partageant l’univers de DC Comics. D’ailleurs, ce n’est pas plus mal tant Ritchson a le charisme d’une huître. Ce n’est qu’après l’échec d’Aquaman que Justin Hartley endossa le rôle de Green Arrow. À ses côtés, nous retrouvons Lou Diamond Philipps dans le rôle de son père, Ving Rhames en ancien habitant d’Atlantis, l’habitué des petits rôles Rick Peters ou encore Adrianne Palicki (Friday Night Lights) comme sirène qui n’est pas très attirante une fois le masque tombé. En bref, du monde assez connu dans le monde des séries mais que l’on a déjà vu plus inspiré.

Non, je n’oserai pas dire qu’Aquaman est un pétard mouillé ou que le pilote est tombé à l’eau, pourtant… c’est vrai. Les 42 minutes qui composent cet épisode ne sont pas particulièrement intéressantes car pas une seule seconde on ne ressent de l’attachement, de la sympathie ou un petit souffle vibrant. L’ensemble demeure juste fade et ennuyant. Comme quoi il arrive donc parfois aux dirigeants de The CW d’avoir un éclair de lucidité. Eh oui.