Atashinchi no Danshi | アタシんちの男子

Histoire de ne pas regarder que des j-dramas tristes ou sortant de l’habituel, il faut parfois essayer ceux semblant plus délurés. C’est ainsi que je me suis laissée tenter fin 2009 par Atashinchi no Danshi, une des dernières séries de Horikita Maki. Diffusée entre avril et juin 2009 sur Fuji TV, elle comporte onze épisodes. Tous disposent d’environ 45 minutes à l’exception du premier qui dure 54 minutes. Le titre peut être très approximativement traduit par les jeunes hommes, bien sûr. Si je dis que le scénariste n’est autre que Mutô Shôgo ayant travaillé sur Hanazakari no Kimitachi e et Densha Otoko, je pense que ça va faire fuir quelques uns des lecteurs de ce blog, mais non, non, restez-là encore un petit peu. Aucun spoiler.

En raison des dettes de son père, cela fait deux ans que Mineta Chisato vit dans la rue parmi les SDF et fuit perpétuellement des créanciers véreux. Un jour, après avoir été attrapée par l’un d’entre eux, elle est sauvée par Ôkura Shinzo, un inventeur richissime. Il lui propose alors un marché : si elle accepte d’être sa femme durant le dernier mois lui restant à vivre, il lui donnera cent millions de yens. Contre toute attente, il finit effectivement par décéder mais Chisato n’est pas libérée de ce contrat particulier. Pour récupérer l’argent, elle doit cohabiter avec six jeunes hommes aux personnalités opposées qui ne sont autres que les fils adoptifs de Shinzo. Elle doit ainsi jouer le rôle de leur mère et tous les réconcilier !

   

Bien que le synopsis pourrait laisser penser quelques secondes que l’ambiance sera assez dramatique en raison de la pauvreté et de la mort du père, il n’en est absolument rien. Effectivement, Atashinchi no Danshi est une série totalement délurée dont le but est de faire rire et de détendre. Point. Ceux cherchant une réflexion quelconque peuvent donc passer leur chemin sans regret. Avec ce j-drama, c’était un peu la dernière chance de Horikita Maki. Je l’ai tellement détestée dans Innocent Love que je n’osais même plus regarder quoi que ce soit avec elle. Ici, c’est elle qui incarne l’héroïne, Chisato. C’est un rôle parfait pour elle. On ne peut pas dire que Maki soit une actrice exceptionnelle mais pour faire rire gentiment et être mignonne, elle est très bien. Du coup, elle ne dérange pas vraiment et est même parfois agréable dans ces épisodes.
Chisato se retrouve un jour avec tout plein de fils à élever. Chacun a ses propres problèmes et SuperChisato va devoir tout entreprendre pour les remettre dans le droit chemin. On sait dès le départ qu’elle y arrivera, là n’est pas trop la question. Ce qui est intéressant, c’est de la voir se battre pour se faire accepter par ces garçons différents en tout point. Peu à peu elle gagne leur confiance et de vrais liens se créent entre eux. Évidemment c’est très cliché, caricatural, il y a des bons sentiments et de la guimauve à tour de bras, les situations sont totalement surréalistes et l’humour est un poil poussif mais étrangement, l’ensemble passe à merveille. Le ton est tellement absurde et loufoque que l’on ne prend pas du tout au sérieux ce qu’il se passe et compte tenu de la courte durée de la série et du rythme assez enlevé, on ne s’ennuie pas. Tout du moins, à condition de ne pas être gêné par le cahier des charges des comédies nipponnes, évidemment.

Forcément, impossible de ne pas parler de la distribution qui est la figure de proue d’Atashinchi no Danshi. Sans elle, la série n’aurait clairement pas la même saveur. En plus de Horikita Maki, il y a une pléthore d’acteurs masculins. Donc, plein de bishônen ! Oui, c’est clair que c’est fait exprès. Il y en a pour tous les goûts et tous les âges. Les enfants adoptifs de Chisato sont tous mignons à leur manière. Le plus âgé, incarné par Kaname Jun (Taiyô no Uta, Sweet Room), n’est pas très présent au départ et se révèle peu intéressant. Vient ensuite le plus adorable, Takeru, le fils se prenant pour un yakuza intrépide et féroce, joué par le génial Okada Yoshinori (Kisarazu Cat’s Eye, Oh! My Girl!!, Nobuta wo Produce). Il se veut être un gros dur mais c’est certainement lui qui a le plus le cœur sur la main. Le troisième fils, le charismatique Shô porte les traits du charmant Mukai Osamu (Sweet Room, Futatsu no Spica, Nodame Cantabile). Le quatrième, Masaru, un jeune homme ayant quelques soucis avec les femmes, n’est autre que Yamamoto Yûsuke (Ôran Kôkô Host Club, Tumbling, Puzzle 2007, Hanazakari no Kimitachi e). Avant ce j-drama je ne connaissais pas du tout cet acteur et je peux dire que j’ai eu un vrai coup de cœur. Il est attachant et a un côté extrêmement agréable. En plus, son personnage est plus que sympathique avec sa phobie très particulière et ses maquillages délirants. Le cinquième fils n’est autre que le hikkikomori et magicien Satoru, joué par Seto Kôji (Tumbling, Otomen). Enfin, le dernier et plus jeune, qui s’avère être le moins passionnant est Akira (Okayama Tomoki), un petit garçon qui a tout simplement besoin d’une maman. En bref, la distribution est plutôt prestigieuse du côté des jeunes acteurs à la mode car quasiment tous sont connus ou sur le point de réellement percer au Japon. Naturellement, une comédie nippone ne serait rien sans sa galerie de protagonistes très hauts en couleur donc c’est sans surprise que d’autres sont franchement truculents. Les employés du cybercafé dans lequel se rend parfois Chisato sont ainsi aussi déjantés les uns que les autres. Certains téléspectateurs y reconnaîtront probablement Nasubi (Densha Otoko) mais aussi Nagayama Kento (Asukô March!, Natsu no Koi wa Nijiiro ni Kagayaku), le petit frère d’Eita dont la relation est facilement devinable du fait des traits de ressemblance physique mais aussi au niveau de la voix. Autrement, il ne faut pas oublier Koganai Kyôko incarnée par la belle Takashima Reiko (Kekkon Dekinai Otoko, Jûnen Saki mo Kimi ni Koishite) veillant à sa manière sur les Ôkura mais aussi le fourbe Tokita Shûji (Yamamoto Kôji – Shikei Kijun, Karei Naru Ichizoku) qui adore changer de monture de lunettes douze fois par épisode. Mélangeons tout ce petit monde et il en ressort des bagarres, des gags excentriques, de la manipulation, des séances d’émotions, de l’humour, des blagues, de multiples séances de sauna car c’est bien connu, les jeunes hommes doivent être vus sous toutes les coutures, etc. Le cocktail est par conséquent plus que vitaminé et sincèrement rafraîchissant.

Les Ôkura vivant dans une sorte de château mis au point par leur inventeur de père adoptif, les gadgets et autres passages secrets s’y multiplient. Chisato, pour découvrir sa nouvelle famille et la faire se rabibocher, doit accepter plusieurs épreuves souvent ubuesques. Atashinchi no Danshi possède dès lors un soupçon d’aventure parfaitement mis en scène par les décors féériques, la musique d’Izutsu Akio (Love Shuffle, Last Friends) faisant preuve de magie, et les couleurs extrêmement vives et chatoyantes. Le monde de la série donne vraiment l’impression d’être celui d’une petite bulle extraordinaire où tout y sent bon le sucré et le peps. Par ailleurs, les dialogues ne sont pas avare en références et jeux de mots s’amusant de la situation.

En conclusion, Atashinchi no Danshi est un j-drama délirant, très frais et vraiment drôle. Les onze épisodes se regardent très facilement en raison de personnages attachants et de situations décalées vivifiantes. Certes, il ne s’agit là ni du perle, ni d’un incontournable car les stéréotypes abondent tout autant que les bons sentiments et le classicisme de l’intrigue. Néanmoins, le résultat est tellement mignon qu’il met de bonne humeur. Grâce à une ambiance survoltée quasi magique du fait du cadre propice à l’aventure, l’ensemble est alors définitivement divertissant. À réserver aux amateurs de fictions relaxantes ayant envie de rire en très bonne compagnie.