Black Sails (saison 3)

Toutes les bonnes choses ont une fin et, comme la chaîne Starz l’a déjà prouvé, elle sait éviter les séries interminables finissant par s’attiédir. En suivant cette même politique, Black Sails s’est donc arrêtée cette année au terme de sa quatrième saison, mais heureusement, nous n’en sommes encore ici qu’à la troisième. Les dix épisodes la constituant ont été diffusés entre janvier et mars 2016 ; ils avoisinent généralement l’heure. Aucun spoiler.

Contre toute attente, les capitaines Flint, Vane et Rackham se sont alliés et partagé le fabuleux trésor de l’Urca de Lima. L’idée est de veiller sur leur pactole, et pour cela, il faut d’abord réparer le fort qui a été sacrément malmené par les précédentes dissensions ayant mené Eleanor Guthrie derrière les verrous. Pendant que certains s’activent sur l’île, d’autres naviguent et font régner la terreur, car la piraterie n’a pas dit son dernier mot et terrasse qui entrave son chemin. Déjà bien amorcée l’an passé, l’offensive anglaise prend ses aises au cours de ces aventures inédites. Sans surprise, les Britanniques comptent évidemment mater ces boucaniers leur donnant du fil à retordre d’autant que l’Espagne, humiliée par la perte de son or, est prête à tout pour récupérer ce qui lui appartient. Les enjeux de cette saison apparaissent ainsi rapidement et tournent tous autour de la protection de Nassau, de la vengeance contre cette satanée couronne outre-Atlantique et de cette tentative de se libérer des décisions souvent avilissantes de dirigeants intouchables dans leur tour d’ivoire, de foudroyer un esclavage physique ou idéologique. Les complots, rebondissements et autres retournements de situation continuent d’alimenter le quotidien de ces protagonistes perpétuellement sur la brèche. La menace s’avère insidieuse et plutôt fourbe, car il n’est nullement question de coups de canon et de massacres, mais de pardons, une approche que Flint connaît trop bien… L’antagoniste revêt le costume du nouveau gouverneur, Woode Rogers (Luke Roberts – Ransom), qui n’est pas né de la dernière pluie, comprend assez bien ce qui l’attend et ne ressemble en aucun cas à un individu naïf, cruel ou manichéen. Au contraire, ce personnage permet de troubler les frontières et de rendre la bataille plus fine et passionnante à suivre. Il sait en plus parfaitement s’entourer et profite de l’expérience d’une femme dont le funeste sort semblait pourtant acté. Le chasseur de pirates Benjamin Hornigold, l’irruption du redouté Barbe Noire, le retour au pays d’une pestiférée, les luttes intestines, la dépression d’un capitaine en roue libre ou encore l’arrivée sur le devant de la scène d’un village caché aux yeux de tous représentent plusieurs des moments de cette saison allant crescendo. Elle ne se départ heureusement pas de l’esthétique soignée caractérisant Black Sails depuis ses débuts. Quel plaisir de regarder ces paysages paradisiaques et d’assister à ces voyages maritimes où le soleil éclatant lègue parfois brutalement sa place à des tempêtes mortelles, véritables symboles du maelström dans lequel les héros sont plongés.

Le décès de son grand ami Thomas Hamilton avait déjà sérieusement ébranlé Flint et l’assassinat d’une rare brusquerie de Miranda Barlowe le fait presque perdre la raison. Malgré cette douleur indicible qu’il nie, il continue de mener le Walrus et son équipage. Force est de constater que ses décisions ne paraissent guère réfléchies, mais plutôt impulsives, voire suicidaires. John Silver, désormais devenu quartier-maître, essaye tant bien que mal de tempérer les démons de son capitaine qui, du fait de sa nature taiseuse et peu affable, ne se laisse pas approcher. La conjoncture n’est donc pas au beau fixe en dépit de nombreuses victoires contre les hauts fonctionnaires britanniques exécutés les uns après les autres, au fil des escales sur les différentes îles des Caraïbes. La saison poursuit avec succès et finesse l’exploration de la psyché de cet ancien aristocrate. Perdu et brisé, il n’écoute vraiment plus personne et mène son équipage à sa guise en manipulant et culpabilisant comme il en est coutumier. S’il a toujours agi de la sorte, il avait encore jusque-là quelques gardes de fou ; sauf que ceux-ci gisent maintenant six pieds sous terre. La première partie de ces épisodes montre ainsi un personnage incontrôlable entraînant dans sa chute ses hommes, bien que plusieurs d’entre eux comme le sympathique Billy Bones ne soient pas dupes et tentent de rééquilibrer la situation. Déjà amorcée précédemment, la dynamique unissant Silver à Flint prend littéralement son envol et promet de belles scènes sublimées par des dialogues intéressants. La défiance se transforme en respect et tutoie une amitié quelque peu dangereuse. Silver se rapproche pas à pas de la figure légendaire écrite par Robert Louis Stevenson, ne serait-ce que d’un point de vue physique avec sa jambe en moins qui le fait atrocement souffrir. Il est amusant de constater qu’il ne maîtrise finalement plus son destin, que ce sont ses comparses qui tirent profit de ce qu’il dégage et inspire à la foule. Plus posé et mature, bien moins opportuniste, il embrasse sa nature de pirate et commence à réaliser que la noirceur qui l’effraie tant chez Flint risque de le contaminer. La série travaille vraiment sa psychologie, les affres de ses principaux personnages, sans jamais en devenir verbeuse, pompeuse ou trop didactique. Au contraire, elle trouve toujours une juste mesure appréciable en alliant autant ses rebondissements rythmés, son souffle émotionnel et intimiste que ses ficelles géopolitiques.

Pendant que Flint, Silver, Billy et les autres naviguent, massacrent et s’écharpent, Vane et Rackham sécurisent au mieux Nassau. Max n’est pas non plus en reste et refuse tout au long de la saison de baisser les bras, de quitter son île et ce statut qu’elle vient enfin de réussir péniblement à atteindre. Elle dirige maintenant d’une main de maître ce petit monde et persévère, quitte à devoir se séparer de désirs plus personnels. L’écriture oublie heureusement l’espèce de mariage à trois entre Rackkam, Anne Bonny et l’ex-prostituée, probablement parce que leurs différentes relations se sont clarifiées, apaisées, mais garde son ton féministe bienvenu. Le premier rêve de laisser son nom à la postérité et plaît encore par son humour, sa désinvolture de façade et ses répliques élevées dotées d’une touche cocasse. Malin, il retombe souvent sur ses pieds et prend soin de ses proches qui se comptent sur les doigts d’une main. Son amitié avec Vane conduit à de jolis passages, tout comme son amour pour l’écorchée vive Anne bénéficiant de son côté d’un développement progressif. Black Sails ne choisit pas toujours la facilité et mélange régulièrement ses cartes en insérant de nouveaux personnages et en n’hésitant pas à en écarter définitivement certains emblématiques, parfois d’une manière très cruelle, mais efficace et d’une grande portée symbolique. Dommage toutefois que la série ne tire pas plus profit de l’arrivée du fameux Edward Teach, connu en tant que Barbe Noire. Il en impose et permet notamment à Vane d’affirmer ses valeurs, mais compte tenu de son aura et de l’interprétation de Ray Stevenson (Rome), il aurait pu être moins en retrait. Cela offre néanmoins l’occasion aux autres de tirer leur épingle du jeu. Les complots ne manquent pas, les alliances se défont et se refont et le scénario semble savoir où il se dirige, ce qui fait plaisir. En dehors de toutes ces figures, plusieurs plus mineures ne déméritent pas et construisent les fondations de cet univers en ébullition finissant logiquement par imploser puis littéralement exploser. Le récit s’arme d’une montée en puissance assez incroyable et s’octroie un ultime chapitre riche en action, en batailles maritimes comme terrestres.

En conclusion, la troisième saison de Black Sails poursuit le voyage initié par les précédentes en n’arrêtant jamais de se bonifier avec le temps, tout en entretenant sa superbe mise en scène et son absence de manichéisme. Plutôt ambitieuse et empreinte d’une certaine réflexion sur les libertés, sur les tourments individuels et plus généraux d’un microcosme en perte de vitesse, elle n’a de cesse que de conjuguer un sens de l’aventure exaltante à des séquences chargées en émotions diverses. Ses épisodes en deviennent alors nerveux, brutaux et d’une férocité par moments insoutenable, à la fois pour ses figures ferraillant ferme pour conserver les rênes de leur existence, mais aussi pour les téléspectateurs comprenant que les dés sont de toute manière pipés dès le départ. La rigueur apportée à ses personnages fait mouche et offre une galerie nuancée inspirant des sentiments contradictoires, mais d’une réelle authenticité. Avec l’irruption de l’offensive anglaise et d’un contexte historique soigné, les enjeux prennent un tournant plus politique et gagnent ainsi en superbe, en densité et en intérêt. Autrement dit, cette production trop méconnue tient haut la barre de bout en bout et continue de prouver qu’elle mérite plus que le détour. Diable, sa conclusion s’annonce déchirante et explosive !

Par |2017-09-17T19:03:45+02:00novembre 15th, 2017|Black Sails, Séries étasuniennes|0 commentaire

Black Sails (saison 2)

Même si nous sommes en été et que la météo ne nous en donne pas réellement l’impression, au moins Black Sails ne peut nous décevoir avec ses paysages sentant bon le sable chaud. Sa deuxième saison, encore une fois constituée de dix épisodes d’une cinquantaine de minutes, fut diffusée sur Starz entre janvier et mars 2015. Rappelons qu’une quatrième a déjà été annoncée pour 2017. Aucun spoiler.

Après des débuts encourageants, je ne me voyais pas oublier cette série mettant à l’honneur la piraterie. Avec son souffle épique allant crescendo et ses personnages nuancés, il n’en fallait pas beaucoup plus pour m’enthousiasmer. L’année précédente se terminait notamment sur la capture de Flint par son propre équipage avant qu’ils ne finissent tous par s’échouer, découvrant par un heureux hasard que l’Urca de Lima et ses montagnes d’or étaient à leurs pieds. Ces aventures inédites ne laissent pas de répit et démarrent tambour battant. Se sachant condamné s’il n’agit pas, Flint propose un plan pour piller le galion espagnol et s’allie bon gré mal gré à John Silver. Les deux se lancent alors à l’attaque, dans l’espoir de mettre le grappin sur ce trésor ayant motivé leur long et dangereux périple. Sur New Providence, la situation s’avère aussi explosive, car la géopolitique n’a peut-être jamais été autant chamboulée. Vane et ses comparses ont aisément envahi le fort de Nassau et contrôlent désormais les canons pointés vers le port, ce qui leur offre un ascendant incontestable. Eleanor tente tant bien que mal de tempérer les envies et plaintes de ce microcosme en ébullition, mais se retrouve bien en peine, surtout quand le capitaine Ned Lowe arrive et semble prendre un malin et sanglant plaisir à s’occuper de son propre agenda. Chacun cherche comme d’habitude à satisfaire ses besoins, comme le prouve Max qui, après ses déboires de naguère, dirige les prostitués tout en gardant un œil sur les pirates et leurs exactions. Son alliance avec les esseulés Rackham et Anne promet certainement de dynamiter l’île d’autant plus que personne ne les attend au tournant. Les décors naturels, les costumes et les musiques continuent d’exalter, à l’instar d’une atmosphère létale où tous les coups sont permis. Trahisons, complots, jalousie, révélations surprenantes, embruns et retours dans le passé nourrissent le scénario de cette saison redistribuant régulièrement les cartes de ce jeu mortel.

Suite à la mutinerie ayant failli lui coûter la vie, Flint se retrouve en bien mauvaise posture. Toujours obnubilé par le trésor de son maudit navire espagnol, il croit encore être capable de le récupérer malgré des conditions peu favorables. Dufresne, désormais incarné par Roland Reed en raison des ennuis de santé de Jannes Eiselen, accepte de laisser une ultime chance à son ancien capitaine aux motivations ambivalentes. John Silver entre alors en scène et décide de prêter main-forte à Flint parce qu’il aimerait quitter cet univers qu’il n’a jamais choisi, avec les poches alourdies d’or si possible. La saison joue beaucoup sur la relation atypique liant ces deux hommes à la personnalité radicalement opposée, mais comprenant rapidement qu’ils doivent s’unir pour mieux avancer. Leur association fonctionne parfaitement en mêlant méfiance, respect et une certaine amitié. Le froid silence de l’un se fond parfaitement avec la bonhomie engageante de l’autre. D’ailleurs, le malicieux et débrouillard Silver gagne vraiment en charisme et en intérêt en dépassant quelques stéréotypes l’ayant desservi précédemment. Il sait se rendre indispensable pour tout le monde et, l’air de rien, manipule à sa guise. Le voir naviguer à vue amuse grandement et injecte une légèreté agréable et bienvenue, car l’ambiance s’avère assez morose. Le récit a l’excellente idée de commencer à explorer en profondeur Flint et ses antécédents encore mystérieux. De multiples flashbacks laissent au départ assez perplexe, mais piquent rapidement la curiosité avec un rebondissement totalement inattendu. Ce procédé humanise l’ambivalent protagoniste et illustre ses fêlures et doutes, sa rencontre avec Thomas Hamilton (Rupert Penry-Jones – Spooks) et la raison de sa transformation en pirate. Miranda gagne également au change, elle qui ne disait rien qui vaille précédemment. Ces retours dans le passé permettent de mieux comprendre le personnage, tout en préparant le terreau à venir catalysé par le glaçant Ned Lowe.

La deuxième saison de Black Sails poursuit les tergiversations de la dirigeante implacable qu’est devenue Eleanor. Ambitieuse et souhaitant s’affranchir de son père, elle essaye de ne pas se laisser porter par ses sentiments. La route s’annonce semée d’embûches pour elle qui se retrouve confrontée à ses propres intérêts, allégeances et ceux de l’île. Flint et Vane la placent sur une chaise inconfortable et elle n’a de cesse que d’aller d’un bord ou de l’autre, ne sachant jamais vers qui se tourner. Son rôle paraît assez ingrat et ses décisions la rendent parfois presque antipathique, bien que tout à fait crédible. L’irruption du capitaine du Fancy, Ned Lowe (Tadhg Murphy), la pousse dans ses retranchements. Cet homme placide et imprévisible apprécie torturer et n’hésite pas à assassiner froidement n’importe qui se trouvant sur son passage. Le personnage reste peu à l’écran, mais marque à l’encre indélébile et permet d’introduire un élément lançant la saison dans une nouvelle direction. Si les scènes d’action et en mer répondent davantage à l’appel que précédemment, elles ne forment toujours pas le liant de la série. Cela dit, les confrontations gagnent en naturel, les dialogues souffrent moins de leur aspect verbeux, et la conclusion se révèle proprement explosive et rattrape les périodes de disette. Ces épisodes veillent encore une fois à approfondir les principales figures, les complots ourdis dans l’ombre et les rêves d’un futur différent. Le fil rouge le plus notable repose sur l’utopie de Flint et de son idéaliste ami, feu Thomas Hamilton, autrement dit celle de créer un Nassau indépendant. Black Sails s’inspire de faits réels et propose ici une peinture humaine. Au mépris des dissensions, meurtres, menaces et autres règlements de compte, certains voient plus loin et savent mettre leurs rancunes de côté. Ce développement offre aussi au séduisant capitaine Vane l’opportunité de changer de registre et de se détacher d’Eleanor dont il était un peu piégé. À ce sujet, Flint et lui se détestent cordialement, se le montrent bien et alimentent plusieurs scènes intéressantes. Comme souvent avec cette fiction enlevée, ses personnages ne manquent pas de panache, intriguent et se dotent d’une caractérisation plutôt complexe mêlant adroitement divers sentiments. Le soin de l’écriture fait plaisir malgré quelques écueils pardonnables de-ci de-là.

Pendant que Flint, Eleanor et d’autres essayent d’éteindre les braises d’un feu nourri par des boucaniers et les Anglais, quelques-uns sur New Providence œuvrent de concert et cherchent à s’emparer d’or. Après avoir été humiliée et violentée, Max décide de prendre sa revanche. Propulsée au rang de gérante d’une institution de prostituées, elle comprend rapidement la mesure de son pouvoir. Les pirates y défilent, se rapprochent de ses employées et délivrent leurs secrets au lit. Sournoisement, la jeune femme commence alors à étendre sa toile et souhaite se tailler la part du lion. Pour mener ses ruses, elle choisit de s’allier à Jack Rackham et Anne Bonny, bien en peine depuis qu’ils ont été chassés par Vane. En dépit de rebondissements astucieux, cet arc se révèle plus discutable, probablement parce qu’il se dote de séquences et développements totalement gratuits. Black Sails n’hésite pas à proposer des scènes de sexe presque racoleuses ne cherchant qu’à attirer un certain public, bien que cela ne soit pas trop rédhibitoire. Quoi qu’il en soit, outre le charme sympathique de Rackham, Anne est enfin davantage mise en valeur et finit même par attendrir un tant soit peu. Les deux constituent un bien joli duo et leur évolution fait plaisir à voir. Leurs histoires donnent parfois l’impression d’être en retrait du reste, mais toutes ces intrigues se rejoignent pour former un ensemble convaincant. Au bout du compte, tous ces individus ont pour point commun de se battre contre l’ordre préétabli. En dépit de légères baisses de rythme vers le milieu et des retombées survenant plus lentement que prévu, quand la machine s’emballe, elle ne lésine pas sur les moyens. Les derniers épisodes, dont le magnifique 2×09, XVII., se dotent d’une incroyable montée d’adrénaline, bouleversent littéralement le devenir de ces personnages et relancent la série sur des bases encore à construire. Finalement, le suspense haletant et l’énergie exaltante de ce spectacle laissent bouche bée.

Pour résumer, la deuxième saison de Black Sails poursuit la route tortueuse empruntée par la précédente. En se montrant moins bavarde et en dépassant le cadre introductif légèrement poussif, elle parvient déjà à atténuer les lacunes initiales. Bien sûr, elle continue de dresser avec adresse les enjeux, de croquer les turpitudes de sa galerie de figures au visage souvent buriné, et de délivrer des moments armés d’une tension indicible où tout semble pouvoir arriver. À travers ses luttes de pouvoir, de stratégies et de dupes, elle n’a de cesse que d’approfondir ses héros et de troubler les frontières de ce maelström chaotique. Malgré un discret ventre mou en milieu de parcours et une narration parfois branlante, ces épisodes inédits réussissent à injecter une dimension épique, exotique, haletante et humainement très riche. Cerise sur le gâteau, vu la conclusion volcanique, la suite de ces aventures caribéennes s’annonce au moins aussi jouissive.

Par |2017-09-04T22:01:55+02:00juin 29th, 2016|Black Sails, Séries étasuniennes|0 commentaire