Buffy the Vampire Slayer | Buffy contre les Vampires – L’adolescence dans la série

Place à l’article de la semaine spéciale Noël qui m’aura donné le plus de mal… Choisi par Shermane, il sera aujourd’hui question de l’adolescence dans Buffy the Vampire Slayer.

Comme j’ai déjà pu l’évoquer à plusieurs reprises, je suis une fan devant l’éternel de Buffy the Vampire Slayer (que nous abrégerons en BTVS si vous le voulez bien parce qu’autrement on sera encore là demain). D’Angel aussi mais dans une moindre mesure dans le sens où j’ai terminé la série il n’y a pas aussi longtemps qu’on pourrait le penser, attendant patiemment la sortie du coffret intégral. En plus, je ne l‘ai pas vue si souvent que ça. BTVS par contre, j’ai grandi avec elle. Lorsque j’ai regardé la série pour la première fois j’étais une adolescente et je suis passée à l’âge adulte (euh…) avec elle et ses personnages complémentaires. Je sais pertinemment ne pas être la seule dans ce cas, beaucoup ont mûri avec elle et certains doivent probablement lui dire merci car elle a peut-être été capable de leur donner des solutions à des problèmes ou que sais-je encore.

BTVS est une série sur l’adolescence, jusqu’à la saison cinq on va dire, puis qui s’axe plutôt sur la vie adulte et son passage obligé. Les détracteurs la qualifient souvent de séries pour ados, c’est faux. D’ailleurs, si je ne me trompe pas, la série était plutôt considérée comme étant pour geeks aux Etats-Unis. La nuance, sur l’adolescence / pour adolescents, paraît peut-être inutile mais elle a son importance. Bien sûr que oui, les ados ont été et sont nombreux à regarder la série mais elle n’est pas du tout du même acabit qu’un One Tree Hill ou un Gossip Girl. Par ailleurs, BTVS est une des très rares séries à avoir su faire passer ses personnages de l’adolescence à la vie adulte avec brio. A vrai dire, aucune autre série ne me vient en tête, et ce n’est pas de la mauvaise foi mal placée de ma part. Cela veut tout dire, c’est que la série a su évoluer en même temps que ses téléspectateurs. En fait, il est tout à fait possible de considérer BTVS comme un parcours initiatique. Pour Buffy évidemment, pour ses amis, mais aussi pour nous. Au fur et à mesure que les saisons et donc les années passent, l’héroïne grandit, mûrit et perd de son insouciance. Cela en partie grâce au poids des années mais aussi à cause des épreuves qu’elle endure et qui font que la vie est ce qu’elle est. Vous allez me dire que la vie de Buffy n’est absolument pas réaliste. Au premier degré, je suis tout à fait d’accord. Buffy est en effet une blonde qui court après les monstres avec son pieu. Mais BTVS repose sur bien plus que cela, il serait totalement stupide et dommage de s’arrêter à ce qu’il se passe en surface. Effectivement, Joss Whedon a pu le dire à plusieurs reprises, les monstres sont une métaphore de embûches de la vie, de ce que l’on doit combattre pour avancer. Du coup, Buffy n’est pas qu’une simple tueuse qui tue des vilains pas beaux (quoique, des fois ils sont beaux aussi les méchants ^^) mais une adolescente qui tente aussi de se faire une place dans ce monde. En plus, pas de bol pour elle mais elle est obligée de grandir plus vite du fait de sa destinée de Tueuse. Ces démons sont par conséquent intérieurs avant tout et ils sont surtout là pour mettre en avant le caractère des protagonistes. Un des but du génie (oups) de Joss Whedon, est de nous faire comprendre que nous avons tous en nous quelque chose de Buffy. Ce n’est pas parce qu’elle a des super-pouvoirs que cela veut dire qu’elle n’est pas à l’intérieur une adolescente comme les autres, avec des problèmes aussi banals que les autres.

Je suis en train de me rendre compte que l’article s’annonce long, fouillis, très fouillis même. Je m’en excuse d’avance mais honnêtement, à moins d’y passer des heures et des heures (et encore), je ne serai jamais satisfaite du résultat. En fait, Shermane, le thème de la mort aurait été bien plus facile, moins joyeux pour Noël je te l’accorde, mais plus aisé. Celui de l’adolescence n’est pas évident car la série y fait écho tout du long. Si les personnages quittent ce stade de la vie, vient par la suite Dawn puis les potentielles. Andrew et Jonathan sont des adultes en apparence mais eux sont restés bloqués en adolescents ^^;;;. En bref, je n’ai aucune idée de la structure que va avoir cet article mais on va dire que ce n’est pas grave (*croise les doigts*). Evidemment, je n’ai pas précisé mais des spoilers concernant les sept saisons sont là. Comment ça, je viens seulement de faire mon introduction après tout ce bla-bla ? Euh…

Buffy the Vampire Slayer est une série sur l’adolescence. Cela se sent par les thèmes abordés. Ils sont fédérateurs, le téléspectateur se sentira forcément concerné à un moment à une autre car ce qui peut arriver à un personnage est susceptible de se passer, ou de s’être passé, chez lui. Oubliez la dimension fantastique de la série une seconde car ce n’est pas de ça dont il est question ici. BTVS touche à tout, sans donner l’impression de réaliser un catalogue de problèmes d’ados. La diversité des personnages permet à chacun de s’identifier à l’un d’entre eux ou bien à certains moments de la vie de ces protagonistes. Du côté des sujets abordés on retrouve ainsi le besoin de se faire une place, de se forger sa propre identité, les sentiments amoureux, l’opposition aux adultes et à toute figure familiale, les deuils, la maladie, le questionnement sur sa sexualité, les craintes concernant son futur, les drogues et tant d’autres encore. L’adolescent a besoin, pour se forger une identité propre, d’expérimenter. Pour cela, il peut -se- tester lui-même mais il peut tout aussi bien regarder ce qui l’entoure. Visionner une série comme BTVS et voir des adolescents comme lui, vivre des évènements qui font écho à sa propre existence l’aident. Car il comprend qu’il n’est pas tout seul, que d’autres sont passés par là, que d’autres passeront aussi par là. Il se sent moins seul et du coup cela lui permet par la suite d’avancer et devenir un jeune adulte. Toutefois, il est bon de préciser que si la série traite de soucis d’adolescents, elle ne se résume pas qu’à cela. Ce n’est pas parce que l’on n’est plus un adolescent que l’on restera de marbre en la regardant. En effet, grâce à ses scenarii maîtrisés, son perpétuel changement et l’évolution de ses protagonistes, on ne fait jamais de surplace et du coup on est loin des séries pour ados qui ne posent la question que de savoir qui sort avec qui ou quoi porter le lendemain. Je caricature évidemment (quoique) mais c’est parce que BTVS n’a rien à voir avec les séries de ce genre. Les adolescents que sont Buffy, Willow et Alex ont des comportements normaux d’ados. Ils ne parlent pas des heures et des heures de ce qu’ils ressentent ou ont des conversations ultra sérieuses et pas réalistes venant d’ados… Ils sont crédibles, voilà tout. Du coup, c’est normal qu’ils fassent résonance dans notre propre vie, car on passe forcément tous un jour par la case adolescence. Buffy est somme toute une adolescente normale, qui veut vivre une vie normale mais qui doit dégommer des démons afin de sauver le monde.

Au fil des saisons, les embûches pour nos héros sont de plus en plus difficiles et de plus en plus sombres. Parce que la vie n’est pas un conte de fées, il faut prendre ses responsabilités. L’adolescent insouciant laisse peu à peu la place au jeune adulte qui perd en naïveté. Du coup, ça se ressent au niveau des thèmes abordés. Certains bien plus durs rentrent en compte. Pour Buffy par exemple, le passage à la vie adulte est brutal. Le début de ce changement se situe à peu près au niveau de la saison cinq, lorsque sa mère meurt (5×16 « The Body« ) et qu’elle doit s’occuper de sa sœur. Tout en continuant son job de Tueuse. Le passage total est dans le season finale de cette même saison (5×22 « The Gift« ), lorsqu’elle sacrifie sa propre vie pour le bien de l’humanité. Son adolescence disparaît dès lors à tout jamais et au moment où elle revient du Paradis, vivante, dans la saison six (6×01 & 6×02 « Bargaining« ), elle n’est plus une ado mais une adulte qui tente de ne pas couler. Le départ de Giles (6×08 « Tabula Rasa« ) l’oblige à se prendre en main plus vite qu’elle ne l’aurait voulu car elle se retrouve dorénavant seule. Elle doit apprendre à se débrouiller par ses propres moyens et à assumer financièrement parlant mais aussi moralement. Certes, elle va avoir de nombreuses difficultés mais elle s’en sort plutôt bien au bout du compte. Enfin… là n’est pas la question puisque le sujet du jour est l’adolescence ^.^ Je tiens tout de même à préciser que ce passage à la vie adulte est vu pour l’ensemble des personnages comme une période difficile. Le ton est donné dans la saison six de toute manière, il s’agit sans aucune ambiguïté de la saison la plus sombre de la série. Les personnages ont vieilli, nous aussi, notre petit coeur n’est ainsi pas épargné. La sexualité prend elle aussi une certaine importance. Buffy utilise Spike comme jouet sexuel, on est loin de sa relation avec Angel. Il s’agit plus ici d’une sexualité limite destructrice.
Tout ça pour dire donc que BTVS est durant les premières saisons un miroir pertinent et réaliste de l’adolescence. Les troubles et émois que l’on peut vivre à cette période de la vie sont correctement mis en avant et nous parlent forcément à un moment donné. Durant les deux dernières saisons c’est moins valable puisque les héros ont grandi mais il reste tout de même Dawn qui passe par pas mal de déboires : cleptomanie, conflits avec Buffy, volonté de faire quelque chose de grand de sa vie…

C’est bien joli d’avoir des thèmes fédérateurs mais si le reste ne suit pas, difficile de faire alors une série correcte sur l’adolescence. Sauf que vous vous en doutez bien, BTVS suit son chemin comme il se le doit, mieux même. Les personnages se complètent bien et sans être des caricatures ambulantes, sont représentatifs des adolescents typiques d’un lycée quelconque. Ils ne passent pas tous par les mêmes problèmes mais le but ultime est le même, devenir un adulte à peu près correct. On va s’arrêter sur quelques uns de ces personnages emblématiques.
On commence évidemment par Buffy, l’Elue, avec un E majuscule je vous prie. Elle est la seule, elle est unique, elle tue les vampires, les démons et sauve le monde à de nombreuses reprises. Pourtant elle n’est qu’une jeune blonde qui n’aspire qu’à trouver le prince charmant et assortir son vernis à ongles avec ses vêtements. Tout du moins au début, avant qu’elle ne découvre sa destinée. Car oui, Buffy était avant une mini Cordelia en puissance. Son appel en tant que Tueuse a tout changé pour elle. Elle a été obligée de grandir presque instantanément et c’en fut trop pour elle. Dans l’impossibilité de parler de son secret avec qui que ce soit, ses parents divorçant, elle a parfois du mal et on la comprend. Heureusement pour elle, elle se fait deux excellents amis dans son nouveau lycée et repart ainsi sur de meilleures bases. Tout au long de la série, elle attend que le jour vienne où elle sera finalement libre. Le series finale (7×22 « Chosen« ) lui donne cette possibilité avec Willow offrant le pouvoir à toutes les potentielles. Si à la fin de la saison sept elle est soulagée, elle passe par de nombreux moments de doute durant les premières saisons et plus précisément lors des saisons trois et six. Que faire de sa vie ? Le métier de Tueuse ne pait pas, elle n’a ni le temps ni la motivation d’étudier. Sans parler du fait qu’elle peut très bien mourir à tout instant. L’espérance de vie des Tueuses n’est pas franchement élevée. De ce fait, doit-elle s’inquiéter de son absence de futur ? Après tout, pourquoi ne pas tout simplement attendre la mort ? Elle n’a pas de tendances suicidaires mais elle a du mal à imaginer une vie future. Sans même faire allusion à Angel.
Par ailleurs, Buffy, plutôt proche de sa mère, aura des problèmes avec elle. En début de série déjà car la jeune fille prend assez mal le divorce de ses parents et se sent coupable. Elle a l’impression de les avoir fait se séparer avec ses problèmes scolaires (elle met quand même le feu au gymnase) mais qui sont en lien avec son travail clandestin. Le fait de sentir responsable du divorce de ses parents arrive dans un grand nombre de cas mais à mon avis, c’est extrêmement rare que l’enfant soit la raison de la séparation. Là où ça bloque surtout avec Joyce c’est lorsque la Tueuse quitte Sunnydale pour Los Angeles, à la fin de la saison deux (2×22 « Becoming« ). Ayant tué Angelus qui venait de redevenir Angel depuis quelques secondes, elle fuit le domicile familial pour ne revenir que de longs mois plus tard (3×01 « Anne« ). Ah ben tiens, voilà encore un autre thème abordé dans BTVS, la fugue. Si tuer son petit-ami n’est pas quelque chose de commun (heureusement xD), une rupture peut être un déclencheur. Car Buffy a rompu avec Angel, brutalement certes. Justement, Angel est son premier amour et sera certainement jamais inégalé. Avec lui, elle est passé par toutes sortes de sentiments, souvent plus négatifs que positifs mais cela ne l’empêche pas de l’aimer passionnément. Le sujet de la première fois est abordé en douceur, sans chichis et donne deux épisodes absolument superbes, le 2×13 « Surprise » et le 2×14 « Innocence« . Surtout le 2×14 en fait ♥. Côté relation amoureuse, Buffy n’en a finalement que peu, ce qui peut se comprendre par son statut spécial de Tueuse et parce qu’à part Angel, elle ne voulait vraiment de personne d’autre. De toute manière, BTVS a pour composante l’amour mais cela ne vient toujours qu’en position secondaire. Ce n’est pas là le moteur de la série.
Pour en revenir aux parents de Buffy, sa relation avec son père est presque inexistante. La jeune fille cherche parfois son aval, ou tout simplement une simple attention mais n’en a que peu. Tout comme certains adolescents, la structure familiale n’est pas quelque chose d’aisée, ainsi que la relation que l’on a avec ses parents. Il faut parfois faire en plus avec les nouveaux compagnons de ses parents (2×11 « Ted« ). En fait, Buffy trouve un père en Giles. Elle le prouve à plusieurs reprises mais un des points forts est sans conteste l’épisode où le jour de ses dix-huit ans elle doit combattre le vampire assoiffé (3×16 « Helpless« ). Parfois en conflit avec lui, elle le respecte et c’est à double sens. Lui aussi la voit comme sa fille, ce qui est dans certains cas un problème majeur. On peut dire que Buffy a pu se construire grâce à Giles qui est assurément un pilier important dans sa vie.

Passons à Alex. Le jeune garçon est vu au lycée comme étant un loser. Ayant un look douteux et faisant des blagues pas toujours très drôles, on ne peut pas dire qu’il soit populaire. Derrière cette attitude de franche rigolade dans 95% des cas se cache un ado qui n’a pas toujours la vie facile. Ses parents sont à la limite de l’horreur. On ne les voit vraiment que lors de son mariage avec Anya (6×16 « Hell’s Bell« ) et cela suffit pour imaginer une seconde ce qu’il a pu endurer. Car oui, ses parents n’en ont que faire de lui. Ils ne l’aident pas, le jettent limite à la porte et en plus passent leur temps à se disputer pour un oui ou pour un non. Alex se voit obligé d’effectuer nombre de petits boulots après le lycée car il ne peut subvenir à ses besoins. Toutefois, de tous les personnages, c’est lui qui se prend en main le plus vite et qui obtient une situation à peu près stable avec son travail de menuisier. Alex ressemble pas mal à l’adolescent type. Pas sûr de lui, parfois jaloux, qui papillonne un petit peu mais pas trop (Buffy, Cordelia, Faith, Willow, Anya et quelques autres dont des choses pas ragoûtantes… ^^)… bref le type normal en fait. D’autant plus qu’il n’a pas de pouvoir particulier. Les personnages masculins sont assez peu nombreux dans BTVS mais Alex est certainement un digne représentant de la gente masculine. Il est ordinaire sans être non plus inintéressant. Comme tous les protagonistes, lui aussi évolue au cours de la série. Ce sont ses amis qui sont son moteur, certainement pas sa famille.

Autre membre du trio, Willow, est l’adolescente mal fagotée, timide et affichant un clair manque d’assurance mais très intelligente et réfléchie. Si Alex ne montrait pas forcément qu’il n’était pas sûr de lui grâce à ses blagues, Willow n’a rien pour le cacher. Amoureuse depuis son enfance de son meilleur ami, elle fait tout pour se faire remarquer de lui mais rien n’y fait. Au fil des épisodes et au contact de Buffy, elle gagne en assurance. La pratique de la magie aidant, elle finit par devenir une jeune adulte épanouie. Si ce n’est qu’elle sombre du côté obscur mais je ne vais pas non plus en parler car il n’est plus question d’adolescence à ce niveau de la série. Chez les Summers, la figure paternelle est littéralement absente. Chez les Harris, les parents sont bien là mais sont toujours sur le dos de leur fils. Chez les Rosenberg c’est encore différent. La mère de Willow ne sait strictement rien de sa propre fille. Elle remarque ainsi qu’elle s’est coupée les cheveux plusieurs mois plus tard ou appelle Buffy, Bunny (3×11 « Gingerbread« ). Pas étonnant que Willow manque d’assurance si sa propre mère n’en à que faire d’elle. Si à l’adolescence on essaye de se démarquer de ses parents, il est évident qu’il faut que ces derniers accordent un minimum d’attention. Au moins histoire de faire comprendre à ces enfants que oui, on sera toujours là s’ils dérapent. On comprend mieux pourquoi Willow se déguise en fantôme lors d’Halloween (2×06 « Halloween« ).
Le premier amour de Willow est un loup-garou, Oz. Tous les deux prennent le temps de se connaître, de s’apprécier, de s’aimer. Viennent les tromperies (3×08 « Lovers Walk« , 4×06 « Wild at Heart« ) et du coup, les déceptions amoureuses, les chagrins d’amour et Willow grandit. Comme tout adolescent. Puis, la jeune sorcière fait la rencontre d’une fille qu’elle aime bien et qu’elle finit par aimer tout court, Tara. Plutôt que d’en faire et des tonnes de bla-bla, les scénaristes intègrent cette relation homosexuelle de manière discrète et naturelle. Comme le dit Willow, elle n’aime pas forcément les filles. Elle aime UNE fille. Son coming out est fait tout en simplicité et montre aux téléspectateurs qu’il n’y a rien de honteux à être homo.
Willow est un des personnages qui a le plus évolué au cours de la série. Cela montre que ce n’est pas parce que l’on est une adolescente réservée et pas sûre de soi que cela veut dire que l’on restera ainsi toute sa vie. Il faut garder espoir et petit à petit, sans s’en rendre compte, on changera et on s’épanouira.

A part le trio, d’autres adolescents sont importants dans la série. On peut parler de Cordelia, véritable pimbêche en apparence mais qui donne tout dans les apparences. Les problèmes financiers (3×20 « The Prom« ) seront justement le sommet de l’iceberg et à partir de ce moment les choses changeront sérieusement de son côté. En quittant le lycée, elle quitte clairement l’adolescence car c’est assurément une femme que l’on retrouve dans Angel. Pas une jeune fille.
N’oublions pas non plus Faith qui incarne la voie de la facilité, le fait de ne pas assumer ses responsabilités et prendre ce que l’on veut quand on veut. Il vaut mieux souffrir un peu et réaliser certaines étapes plutôt que d’enjamber les difficultés. On finit toujours par en payer le prix. Faith est malheureuse de toute manière. Côté familial, elle non plus n’a pas été gâtée avec une mère alcoolique. Jalouse de Buffy et de sa famille, elle manque clairement d’amour. Qu’elle s’attache au maire Wilkins se comprend donc plus ou moins.

Mention particulière à l’épisode 3×06 « Band Candy » où les adultes retournent à l’adolescence. Au programme, Joyce et Giles qui deviennent… incontrôlables on va dire. L’épisode en lui-même est très drôle car il montre de quelle manière les adolescents peuvent parfois agir mais comme il s’agit ici d’adultes, le résultat est consternant. Buffy et ses amis auront du mal à effacer certaines images de leurs souvenirs ! Pourtant, il ne s’agit en fait que d’une sorte de miroir de ce que eux, sont en réalité.

Faudrait peut-être en venir à un certain semblant de conclusion. Shermane, j’espère avoir plus ou moins répondu à tes attentes. Je me demande si je ne suis pas un peu hors-sujet. Bref, ce fut une tartine et ce n’est pas toujours pertinent donc je ne sais pas si quelqu’un sera allé jusqu’au bout. Pour résumer, Buffy the Vampire Slayer peut être vue comme une métaphore filée. Les monstres à dégommer ne sont que les pendants réels, les personnifications des craintes ressenties, tout ce que l’adolescent se doit de combattre s’il veut survivre dans la bataille qu’est cette période de la vie, pas toujours facile et parfois si ingrate. Certains s’en sortiront mieux que d’autres et la série le montre bien. Mais ce n’est pas parce que l’on part sur de mauvaises bases que cela signifie que l’on finira à la rue. La série, et plus particulièrement les premières saisons, ont pour thème précis le passage de l’adolescence à la vie adulte, les questionnements et peurs sont crédibles et finement mises en avant. Le but final est de s’assumer pleinement, de faire face à ses problèmes ou encore de ne pas baisser les bras. A chaque étape de cette nouvelle identité la série y répond correctement et sans jamais devenir moralisatrice. Au fil des saisons, Buffy et ses amis grandissent tout en affrontant les démons de plus en plus puissants. Mais comme dans toute adolescence normale, l’amitié est parfois fragile, il y a de temps en temps des disputes, des déchirements, de la jalousie et c’est ça qui fait grandir. La fin de la série montre une Buffy épanouie qui vient justement de terrasser l’ultime menace. Elle est bien devenue une adulte. BTVS traite de nombreux thèmes en lien avec l’adolescence que vivent des personnages à la psychologie détaillée et en constante évolution. Chaque téléspectateur retient ce qui le touche et se sent dès lors concerné. Normal donc de s’attacher à ces héros et de s’y identifier.

Buffy The Vampire Slayer | Buffy, tueuse de vampires (film) – Bichette et son pieu

Attention, on attaque du lourd aujourd’hui. Du très très lourd. Sur Luminophore il n’est question que de séries tv mais il est toujours bon de faire une petite entorse à la règle pour ce genre de chose… Oui parce que dans les lignes qui suivent se trouve une critique du film Buffy the Vampire Slayer. Celui qui est à l’origine de la série de Joss Whedon, comme tout le monde le sait. En grande fan de la série, je n’avais jamais eu l’occasion de le voir. Du coup, lorsque je l’ai trouvé, c’est-à-dire dernièrement, je me suis jetée dessus. Encore mieux, je n’ai pu le visionner qu’en français et je peux vous assurer que ça vaut son pesant de cacahuètes. Oh que oui. Aucun spoiler.

Le film Buffy The Vampire Slayer est sorti le 31 juillet 1992 au cinéma aux États-Unis. Sa réalisatrice n’est autre que Fran Rubel Kuzui et le scénariste est… Joss Whedon lui-même. Côté casting, on retrouve plusieurs têtes connues comme Luke Perry, Donald Sutherland, Hilary Swank, David Arquette, Ben *argh* Affleck.

L’histoire est sensiblement la même que la série, ou tout du moins l’histoire des débuts de Buffy, lorsqu’elle a été appelée par son premier observateur. Cheerleader insouciante, elle ne pense qu’à la mode et aux garçons jusqu’à sa rencontre avec Merrick qui lui apprend qu’elle est la Tueuse, l’Elue. Celle qui doit tuer les vampires et plus précisément Lothos, un vampire qui a tué de nombreuses Tueuses par le passé. Toutefois, le film est à des années lumières de la série. La version française n’arrange rien. Je ne sais pas pour quelle raison les prénoms ont été changés mais ça donne un côté juste hilarant au film. Buffy devient… Bichette. Hum. Bichette, la tueuse de vampires. En effet, ça sonne très bien. Pike (ça ressemble étrangement à Spike d’ailleurs ^^) est transformé en Marcel. Bichette et Marcel, le super couple tueur de vampires. Yeah~ C’est tout simplement irrésistible. Par ailleurs, il n’est pas non plus question de Tueuse mais de Terreur.

Plusieurs points communs sont présents entre film et série. Joss Whedon reprend ainsi un certain nombre d’éléments pour son futur chef-d’œuvre. Cela dit, il reste pas mal de différence. Les vampires ici ont une tête de zombie, peuvent léviter, dorment dans des cercueils. On les tue toujours en leur enfonçant un pieu dans le cœur mais ils ne se transforment pas en poussière, ils restent intacts. Bref c’est ultra kitsch. Mais c’est forcément volontaire à ce niveau-là.

Pas grand chose à dire sur ce film en fait si ce n’est qu’il est très cocasse. Dès les premières minutes on ne peut pas s’empêcher de rire. Honnêtement, il est plus que mauvais et on peut se demander comment Joss Whedon est passé de ça à la série. On sent les prémisses mais ça s’arrête là. Quand bien même le girl power montre le bout de son nez. Ceci étant dit, d’après lui la série est proche de la vision de ce qu’il voulait faire au début. Le film a apparemment été compromis par pas mal de problèmes commerciaux. C’est drôle, volontairement ou pas. Il faut plus voir le film comme une grande pastiche des films d’horreur. A regarder pour rigoler durant 86 minutes ! Par contre si on veut voir quelque chose de plus sombre, et bien plus intéressant, c’est assurément vers la série qu’il faut se tourner.

By |2017-05-01T14:03:15+01:00juillet 3rd, 2008|Buffy The Vampire Slayer, Films, Séries étasuniennes|11 Comments