Carnivàle | La Caravane de l’Etrange (série complète) – All right children, let’s shake some dust !

La semaine dernière j’ai terminé Carnivàle. Je voulais faire un post sur la saison 1 puis un autre sur la saison 2 mais j’ai eu mon attelle au bras entre temps ce qui fait que j’ai commencé la saison 2. Bref voici une entrée sur la série dans sa totalité. Aucun spoiler.
Cela faisait un an que la série traînait dans mes dossiers mais je n’avais pas le temps de la regarder. De plus, comme je savais qu’elle n’avait pas de fin véritable car annulée, je ne me pressais pas. Heureusement que je ne l’ai pas laissée tomber ! Quel chef d’oeuvre. Tout à fait le genre de séries que je compte acheter en DVD et re-regarder. Parce que je l’ai adorée mais aussi parce qu’il faut plusieurs visionnages pour tout comprendre.

Avant le Commencement, après la grande guerre entre le Paradis et l’Enfer, Dieu créa la Terre et la donna au singe habile appelé homme. A chaque génération, naissaient une créature de lumière et une créature de l’ombre. De grandes armées rejouaient alors le conflit ancestral entre le bien et le mal. C’était une époque de magie, de noblesse et d’une cruauté inimaginable. Ainsi était le monde. Jusqu’au jour où un faux soleil explosa sur Trinity et où l’homme troqua à jamais l’émerveillement contre la raison.
Source : SériesLive

Le synopsis vous paraît obscur ? C’est normal. Vous ne comprendrez sa signification qu’au terme de la série, et encore… La série se déroule aux Etats-Unis entre les deux guerres mondiales. On y suit deux personnages : Ben Hawkins qui vient juste d’être recueilli par un cirque (le Carnivàle) et Justin Crowe, un prêtre aidé par sa soeur Iris. Tous deux sont liés par quelque chose qu’ils n’imaginent même pas, et nous non plus d’ailleurs.

La série fut diffusée entre 2001 et 2003 sur HBO et fut donc annulée. Je comprends tout à fait pourquoi. Elle est vraiment étrange et donc difficilement accessible, surtout si l’on regarde des séries pour ne pas réfléchir. Pourtant il s’agit là d’un petit bijou télévisuel comme on en fait peu. Elle est exceptionnelle du côté du scénario, des personnages, du casting, des dialogues, de la musique, de la réalisation, de l’ambiance… 24 épisodes (2 saisons x 12 épisodes) de pur bonheur.Ce qui était drôle c’est que plus j’avançais dans la série moins je comprenais quoique ce soit. Pourtant je ne pouvais pas m’en détacher, comme hypnotisée. Les épisodes durent en moyenne 50 minutes et je ne voyais pas le temps passer. Carnivàle est intense, très intense. C’est comme si on était happé dans ce monde si bizarre et que l’on nous envoûtait. J’ai rarement eu ce ressenti avec quoique ce soit. En un mot je dirai qu’elle est fascinante.
Beaucoup d’indices sont donnés au fil des épisodes donc il faut suivre mais je ne dirai pas qu’il s’agit là d’un casse-tête. On ne nous prend simplement pas pour des idiots et c’est agréable.

Visuellement, la série est tout aussi hypnotique. Les couleurs sont l’ocre et le marron puisqu’ils baignent tous dans de la poussière et le sable du désert. Les personnages, à commencer par Ben, sont souvent très sales mais il en ressort une beauté sans nom. La photographie est tellement bien mise en place qu’on en reste émerveillé.

Les thèmes sont durs : prostitution, viols, pédophilie, folie furieuse… Sans y intégrer une once de positif ou d’espoir. Pourtant on en redemande. On ne nous montre pas de jolies choses mais cela n’empêche pas que c’est beau. Oui c’est contradictoire mais la série est une véritable antithèse, il y a le bien, le mal. Mais qu’est-ce que sont ces notions de toute manière ? Qui est le bon ? Ben ? Qui est le mauvais ? Justin ? Pourtant Justin est le prêtre… Ben n’est pas du tout un ange… On se rendra évidemment compte au fil des épisodes de qui est le monstre mais ce n’est pas un monde manichéen.

Venons en aux personnages et au casting. Les deux acteurs principaux sont fantastiques. Ben Hawkins est interprété par le jeune Nick Stahl et il l’incarne avec délice. On ne peut pas imaginer mieux. Clancy Brown est effrayant dans tous les sens du terme. Magistral serait le bon terme. Plusieurs fois j’étais à deux doigts de partir en courant tellement il m’impressionnait dans son personnage. Les sériephiles avertis auront aussi reconnu Clea Duvall (la flic dans Heroes), Robert Knepper (T. Bag dans Prison Break) ou encore Patrick Bauchau (The Pretender). Mon petit bonheur personnel se trouve dans le personnage de Samson. Au début il est dur à cerner mais peu à peu on le comprend et il exprimait plutôt bien ce que je pouvais ressentir au fur et à mesure de la série. J’ai une grande tendresse pour Jonesy aussi… Bref une très belle galerie de personnages, parfois très bizarres.

La musique est tout aussi envoûtante que le reste. Composée par Jeff Beal qui a aussi réalisé la merveilleuse BO de Rome, elle sublime la série. Le générique est tout aussi magnifique. Les fans de Battlestar Galactica auront aussi remarqué que Ron D. Moore a réalisé quelques épisodes.

Une série qui en 24 épisodes est rentrée directement dans mes indispensables. Une ambiance hypnotique, étrange, magique, assez glauque ; un univers sans précédent, une réalisation maîtrisée. Carnivàle m’a fait quelque peu penser à du David Lynch et ce n’est pas pour me déplaire.
Quel dommage qu’une série de cette envergure ait été annulée ! Quant à la fin qui n’en est pas vraiment une, ça passe. Il y a un cliffhanger mais il est supportable. Une vraie poésie cette série.