Et voilà, la semaine spéciale Noël se termine aujourd’hui. Grâce à Nakayomi, vous assistez en ce mardi à un miracle. Dans les lignes qui suivent, on va parler de Clara Sheller et de sa première saison.
Si vous lisez Luminophore depuis un petit moment, vous avez dû vous apercevoir qu’aucune série française n’avait encore été traitée. Hmm… Tite Souris aime les séries et elle ne regarde même pas celles de son propre pays ? Eh bien, non. Pour ma défense, je peux quand même dire que j’en ai visionné une cette année, La Légende des Trois Clés, et j’ai cru devenir dingue tellement c‘était mauvais, en plus d‘être mal joué. Mais j’aime beaucoup Jeff et Leo (quand est-ce qu’on verra la fin, hein ?!) et David Nolande était pas trop mal. Je ne crois pas que ce soit de la mauvaise foi de ma part, c’est juste que je n’aime pas les fictions françaises que je trouve trop convenues ou juste… nulles voilà tout. Ceci pour expliquer l’absence de notre pays sur ce blog. Mais Nakayomi a pris des risques puisque j’ai dû regarder la première saison de Clara Sheller. Derrière ce nom se cache une série française de deux saisons, toujours en cours. Elle a fait pas mal parler d’elle car trois ans se sont écoulés entre la diffusion des deux saisons sur France 2 et la distribution a été entièrement changé, ou presque. Mais arrêtons-nous uniquement sur la première saison, qui comporte six épisodes de 55 minutes chacun. Lors de son passage en 2005 à la télévision, Clara Sheller avait été un grand succès. Pas de spoilers, évidemment.
Clara Sheller, âgée d’une trentaine d’années vit avec Jean-Philipe, JP, son meilleur ami avec lequel elle partage tout. Pour tout le monde, Clara et JP sont un couple comme un autre, bien sous tous rapports et journalistes de profession. Seulement, JP est homosexuel et en passe de s’assumer pour faire son coming-out. De son côté, Clara veut trouver son prince charmant, et s’installer définitivement dans la vie adulte. Les deux trentenaires s’aventurent, pas à pas, sur le terrain difficile de la recherche de l’homme idéal. Mais cette conquête créé bien des soucis tant chez Clara que chez JP qui doivent en même temps continuer de garder les pieds sur terre pour assurer leurs travails respectifs… Clara doit dans le même temps, essayer de mettre fin à la petite crise entre ses parents et elle.
Source : SériesLive
Aussi surprenant que cela puisse paraître, j’ai trouvé dès les premières minutes la série excellente. A tel point que je me suis demandée aussi sec si c’était vraiment français. Oui parce que c’est drôle, frais, pétillant, pas consensuel pour un sou et vite attachant. En plus, on ne parle pas de Saint-Tropez ou de flics mais d’une jeune femme qui vit avec son meilleur ami homo. Bref, pas du tout ce dont la télé française à l’habitude. Et en plus, l’écriture est bonne, tout comme l’interprétation. C’est le monde à l’envers moi je vous dis. Si en plus je rajoute qu’on voit des homos s’embrasser, qu’on voit aussi des relations qui sont super ambiguës et où on ne sait pas sur quel pied danser on a du mal à croire que l’on se trouve sur France 2. Eh bien pourtant si. Comme quoi tout est possible. Sisi.
Clara Sheller, la série, est assurément une histoire d’amour. Entre Clara et JP. Pas en couple puisque l’un est homo, cela ne les empêche pas de s’aimer mais aussi de se déchirer comme un couple, justement. Les autres relations passent en second plan, même celle concernant Gilles. C’est par conséquent intéressant car les deux héros sont assurément les deux amis. Les autres ne font que graviter autour d’eux mais n’arrivent jamais à s’immiscer dans ce duo, si touchant. La série dépeint ses personnages avec réalisme et une certaine dose de folie qui met de suite de bonne humeur. Clara Sheller offre en fait une sacrée dose de vitamines.
Les six épisodes passent relativement vite, même si je dois avouer avoir moins été captivée par la fin. Peut-être est-ce lié au fait que j’ai regardé la saison en un temps record, bien obligé à cause de l’impératif « semaine spéciale ». Je ne le saurai jamais. Rien de bien méchant mais comme les épisodes sont plus longs que la moyenne (un quart d’heure, ça peut jouer), j’ai parfois senti le temps s’écouler. Cela dit, ça ne veut pas dire qu’il y ait de la redondance ou une perte de qualité car ce n’est pas le cas.
Clara Sheller cerne bien les sujets qui peuvent toucher la génération de ses personnages car elle met en avant une certaine complémentarité. Clara est célibataire et encore gamine dans sa tête, son meilleur ami est homo et pas forcément mûr non plus, mais certains de leurs amis sont mariés, dans des projets de bébé, etc. Du coup, on peut se reconnaître en certains et c’est une force de la série. Le questionnement perpétuel de son futur est aussi beaucoup mis en avant, ce qui se comprend car il touche forcément n’importe qui à un moment donné de sa vie.
La première saison de Clara Sheller montre que non, la fiction française n’est pas un genre sclérosé. Pas besoin de copier les américains ou de rabâcher toujours les mêmes sujets, bien que vendeurs (argh), puisqu’il est clair qu’il y a moyen de faire quelque chose de bien. On passe du rire aux moments plus tendres voire mélancoliques et on se sent comme un ami de Clara et JP. En plus, les dialogues sont incisifs et la série n’hésite pas à parler de sexualité sans tabou. Etonnant pour une chaîne française quand même. Une belle découverte qui me donne confiance en les séries françaises car je me dis que tout n’est peut-être pas perdu. Peut-être qu’un autre OVNI apparaîtra sur nos écrans un de ces jours. Ce serait sympathique. Pour ma part, la saison deux ce sera dans plusieurs mois, parce que je n’ai pas envie d’être déçue par ce changement de casting. Car il faut avouer que le charme de Mélanie Doutey était irrésistible.




