
Le générique ayant été traité dernièrement, il est temps de passer aux choses sérieuses et de parler de Densha Otoko plus en détails. Comme son nom le laisse supposer, il s’agit bien là d’un j-drama. Densha Otoko signifie en français « l’homme du train ». L’histoire de la série est soit-disant vrai, elle a débuté par une discussion sur 2channel, un immense forum japonais. Par la suite, elle a été adaptée en roman, en manga (quatre séries !!), en film ainsi qu’en série tv. C’est donc d’elle qu’il va être question aujourd’hui. Ceci dit, je vais sûrement parler un petit peu du film puisque je l’ai vu. Etant donné le nombre d’adaptations, on peut vite comprendre que l’histoire plaît aux Japonais. A vrai dire, Densha Otoko doit être un des j-dramas les plus cités (en tout cas par les Occidentaux), il est du coup incontournable si on s’intéresse au genre. Diffusé en 2005 sur Fuji TV, il est composé de onze épisodes et d’un épisode spécial. Ce dernier sera traité à part un de ces jours sur Luminophore.
Yamada Tsuyoshi, jeune homme de 23 ans, n’est pas le modèle de l’homme comblé. Chétif, timide, plutôt malchanceux, charrié par son patron et ses collègues de bureau, il a une vie épuisante et pour couronner le tout, c’est un otaku tout ce qu’il y a de plus véritable, ce qui n’est pas pour améliorer ses relations avec les « gens normaux ».
C’est dans ce contexte de vie plutôt misérable que va lui arriver l’événement de sa vie. Un soir dans le train, de retour d’Akihabara, quartier populaire de Tôkyô favori des otaku, il prend la défense d’une jeune femme qu’un vieil homme ivre agresse verbalement. Le pauvre jeune homme ne s’en sort pas sans coup sur le nez. La jeune femme, Saori, est touchée par son courage et prend son adresse pour lui faire parvenir un cadeau de remerciement. Et c’est là qu’intervient un élément clef de cette série : le forum. Rentré chez lui, Tsuyoshi se connecte sur un forum pour célibataires « Aladdin Channel » et commence à y raconter son histoire.
Source : NewsAsia
Comme je tenais à faire les choses dans l’ordre, j’ai regardé le film avant le drama. Ce qui est préférable j’imagine, du moins si on compte visionner les deux. Par contre, je n’ai pas été très maline parce que j’ai commencé le drama de suite après le film (enfin un jour plus tard pour être précise). Ce n’est pas si gênant que cela en fait mais la comparaison entre les deux se fait de suite plus facilement. Rapidement, je peux dire que le film est sympathique. Drôle et touchant, on passe un bon moment. En plus, pour ne rien gâcher, Yamada Takayuki (Byakuyakou) joue le rôle du héros et on voit Eita (Orange Days) en tant que membre du forum. Néanmoins, pour être honnête, Takayuki est trop « bien », trop charmant pour un otaku. Itô Atsuhi, le Densha Otoko du drama est bien plus crédible dans ce rôle. Ce n’est pas une question d’interprétation mais une question de physique. C’est malheureux à dire pour Atsuhi je sais (^^;;;;) mais c’est vrai. Toutefois, là où j’ai eu du mal dans la série c’est que Tsuyoshi est un chouineur absolu. Il passe son temps à pleurer et ça m’a agacée au début. Je n’aime pas ce genre de personnalité à la base donc forcément, le contact fut difficile. Toutefois, au bout d’un moment ça allait mieux. Dans le premier épisode, on voit un caméo de Yamada Takayuki fort appréciable d’ailleurs, même s’il ne dure que deux ou trois secondes.
Concernant l’héroïne, elle est interprétée par Itô Misaki (Gokusen) que je n’aime pas. Au moins c’est clair ! Au fur et à mesure de mon avancement dans la série elle est devenue plus supportable mais ce ne fut jamais l’amour fou. De plus, le personnage d’Hermès est trop parfait, trop lisse et là aussi, j’ai du mal avec ça. Décidément. Il est vrai qu’elle est supposée représenter la femme parfaite mais euh… parfaite pour qui ? Pour les otaku ? Enfin bon, j’ai peut-être l’air ultra critique mais les deux héros ne donnent pas envie de les massacrer non plus.
Autrement, du côté des autres personnages, un des gros points forts de la série est dans ceux de Jinkama (Shiraishi Miho – Orange Days) et de Sakurai (Toyohara Kosuke – Nodame Cantabile). La première est une collègue de Tsuyoshi à très fort caractère. Dès qu’elle apparaît retentit la Marche Impériale de Dark Vador ! Quant au second, il se fait des films avec ses voitures télécommandées. Tous les deux sont absolument excellents et c’est dès qu’on les voit plus que je me suis vraiment amusée dans la série. En plus, les acteurs sont géniaux dans leurs rôles. Un des membres du forum est incarné par Oguri Shun (Binbo Danshi). Je vous vois de suite venir avec vos gros sabots, non je n’ai pas regardé la série pour lui, il était prévu depuis longtemps que je le fasse. Mais ce fut un plus non négligeable d’autant plus que même si on le voit peu, il y est… ouaw *.* Toujours pour le plaisir des yeux, Hayami Mokomichi (Zettai Kareshi) incarne le frère d’Hermès. Sinon, la soeur de Tsuyoshi est jouée par Horikita Maki (Nobuta wo Produce). Vous l’avez compris, pour pas changer, la distribution comporte des visages connus.

La série décrit à merveille le phénomène otaku. Au cas où vous ne le sauriez pas, un otaku est à l’heure d’aujourd’hui (la définition a évolué) une personne repliée sur elle-même vivant à fond une passion. Généralement ce sont les jeux vidéos et / ou les animes. Les otaku sont très mal vus au Japon, certains les traitant même de pervers. En France, certains ont tendance à se dire otaku parce qu’ils aiment les mangas mais ce n’est clairement pas le cas. Durant tout le drama il y a des références au monde des otaku comme le quartier d’Akihabara, les conventions ou encore le fameux art ASCII (vous savez, les images réalisées avec des lettres ou des caractères du code ASCII). Bref, on sent que la série n’est pas là pour se moquer des otaku mais est bien porteuse d’un message de tolérance. Du coup, les bons sentiments se retrouvent à la pelle. Ce n’est pas trop insupportable à ce niveau-là cela dit.
Densha Otoko est une série plutôt sympathique. Pour moi elle ne mérite clairement pas toutes les louanges qu’on entend. Elle souffre de certaines longueurs et de rebondissements trop prévisibles. Le film justement n’en a pas puisqu’il dure bien moins longtemps. De plus, c’est quand même trop mignon et gentillet. Ceci étant dit, il y a beaucoup d’humour, pas mal d’émotions sans non plus m’avoir franchement transcendée, et certains personnages sont attachants. A noter qu’un des réalisateurs n’est autre que Takeuchi Hideki, le même qui a officié derrière la caméra sur Nodame Cantabile. Eh oui. Bref, Densha Otoko est un drama à voir si on s’intéresse aux séries japonaises car incontournable mais cela ne veut pas dire qu’on peut crier au génie.




