Merlin (Mini-Série) - Merddin, Myrddin, Merlinus, Merzhin, Merilun
Publié par Tite Souris dans Merlin, Mini-séries, Séries américainesLe moins que l’on puisse dire c’est que le mythe arthurien a été repris maintes et maintes fois au cours des siècles. Films, livres, séries, musiques et que sais-je encore, tous les moyens sont bons pour parler de cette légende qui fascine tellement les gens. Très grande amatrice de fantasy, je m’inclue évidemment dans cette population ^.^
Une mini-série, sobrement intitulée Merlin, vit le jour en 1998 et fut nominée aux Golden Globes et gagna aux Emmy dans quatre catégories (entre autre car elle remporta aussi d’autres prix). L’époque de Noël aidant, W9 l’a diffusé durant les vacances dernières. J’ai bien évidemment profité de cette occasion pour la regarder.
Cette mini-série, réalisée par Steve Barron, propose deux épisodes d’une heure trente chacun mettant en scène un casting plutôt prestigieux. Le personnage de Merlin n’est autre que Sam Neill (vu très récemment dans The Tudors), celui de Nimue est interprété par Isabella Rossellini (Alias ou encore Earthsea - La prophétie du sorcier en français- du côté des séries) et Morgane la fée n’est autre qu’Helena Bonham Carter. Bon, j’avoue que lorsque j’ai vu qu’Isabella Rossellini participait à l’aventure ça m’a quelque peu refroidie parce que j’avais envie de la tuer dans Alias mais dans Merlin elle est tout à fait supportable même si son personnage n’est pas le plus intéressant. Et puis je suis méchante parce que dans Earthsea elle était tout à fait convenable.
Alors que la Bretagne vit des moments sombres, notamment par l’arrivée en puissance du christianisme, la Reine Mab, magicienne de l’Ancienne Tradition, décide de créer un être capable de renverser la tendance. Un être grâce à qui les gens recommenceront à croire aux fées, lutins et gnomes. Cet être s’appelle Merlin. Sauf qu’évidemment rien ne se passe comme prévu. Au lieu de combattre et utiliser la magie, il veut simplement vivre une vie tranquille avec la femme qu’il a rencontrée quelques années plus tôt : Nimue. La Reine Mab étant maléfique jusqu’au bout des ongles, manipule sa création comme elle le sent et finit par se le mettre à dos mais il est forcé de participer à cette guerre qui oppose le christianisme au monde des fées. Comme on pouvait s’en douter, il est donc ici question de Merlin : du pourquoi de sa naissance, de ce qu’il est supposé accomplir, de son lien avec Arthur et Camelot, de sa relation avec Nimue, d’Avalon, de la Dame du Lac et de son pendant négatif la Reine Mab, du graal, etc. Forcément, chacun a sa propre interprétation du mythe et il est très rare de retrouver la même légende dans deux oeuvres différentes. Ici, on peut noter de très grandes différences avec le mythe breton. Est-ce gênant ? Non. Cela est précisé dès le départ et tout à la fin, il s’agit bien d’une histoire possible de la vie de Merlin l’enchanteur, de ce qui aurait pu se passer si tout était si romanesque.
D’un point de vue visuel, la mini-série est très aboutie. Les costumes et maquillages sont magnifiques. La Reine Mab et sa soeur la Dame du Lac (toutes deux interprétées par Miranda Richardson) en sont les meilleurs exemples. Alors que l’une use et abuse des artifices et des couleurs, la seconde est toute pastelle et limite envoûtante. Les effets spéciaux donnent du cachet à l’ensemble et sont on ne peut plus réussis pour une mini-série de l’époque. Il est ainsi possible de voir un dragon cracher du feu, des petits êtres telles les fées, un énorme rocher qui parle ou bien un personnage changer d’apparence comme de chemise.
Les paysages sont vraiment très beaux et mettent tout de suite dans l’ambiance selon que l’on se trouve à Camelot, Avalon ou sur les plaines avant de combattre. Il y a un réel travail derrière pour attirer le spectateur dans l’histoire. A noter que le fameux Alan Lee (connu notamment pour ses illustrations du Seigneur des Anneaux ou tout récemment des Enfants de Húrin de JRR Tolkien) a travaillé au design de certaines scènes. La musique, réalisée par le talentueux Trevor Jones (à l’origine -entre autre- de quelques films de fantasy tels Excalibur, The Dark Crystal) permet de se plonger davantage dans l’univers si passionnant de la légende. Il est bon de préciser que rares sont les mini-séries, et séries d’ailleurs, à se permettre des compositeurs aussi réputés, et donc souvent chers… Bref, il y du lourd derrière ces 3h télévisuelles.
Certains pensent souvent, et à tort, que la fantasy est forcément destinée à un public enfantin et limite niais. Comme tout cliché qui se respecte, c’est faux. Merlin le prouve. Certaines scènes sont sûrement assez difficiles d’accès pour des enfants, même si globalement l’histoire reste relativement familiale. La mini-série est portée par Sam Neill qui ici est fabuleux. Il parvient à incarner un Merlin humain et qui tente de se faire une place dans le monde malgré toutes les déceptions qu’il pourra subir au fil du temps. Mention toute particulière au personnage de Frik, fidèle servant de la Reine Mab, qui a toujours le mot pour rire ou pratiquer l’auto-dérision.
Bien que le thème abordé fasse référence au mythe arthurien, il est plus ici question de la relation tendue entre deux mondes opposés. Comme il est dit, à partir du moment où ne l’on croit plus en quelque chose, ce quelque chose finit par disparaître. La mini-série profite de ces deux épisodes pour lancer quelques pistes de réflexion comme sur le physique des personnes, sur la nécessité ou pas de croire en quelqu’un ou quelque chose de plus grand. Rien de bien extraordinaire mais il est toujours bon de le noter. Il est très facile de tomber dans la caricature avec cette opposition entre le monde apparemment du bien et celui du mal. Certes, la Reine de l’ancien monde a un grain et n’hésite pas à utiliser tous les moyens mais les rois de l’autre monde ne sont pas forcément mieux lotis. Ils veulent quelque chose ? Ben tant pis s’ils doivent ravager la moitié d’une région voire d’un peuple pour l’obtenir. Certains personnages a priori antipathiques comme Morgane la fée sont attachants malgré leur profonde mauvaise compréhension du monde. Merlin n’est donc pas une mini-série réellement manichéenne.
Une mini-série très sympathique à suivre qui remporte de nombreux bons points grâce au travail hors caméra. L’histoire en elle-même, plutôt novatrice, est agréable et se laisse suivre avec délice pour peu que l’on apprécie le genre. Pour une fois, ce n’est pas Arthur et sa table ronde qui sont mis en avant. Merlin n’est pas dépeint tel un magicien vieux et très sage de conseils. Bien au contraire et c’est plus qu’appréciable. Certains personnages sont truculents et intéressants. Point noir pour la fin qui est trop familiale. J’étais ravie jusqu’aux cinq dernières minutes et ces dernières ont quelque peu gâché l’histoire… Ca ne ruine pas tout cela dit, les amateurs d’oeuvres qui se terminent toujours bien seront ravis voilà tout.
Une suite qui n’en est pas vraiment une, est sortie en 2006 sous le titre Merlin’s Apprentice. Sam Neill reprend son rôle mais cette fois il est secondé par un apprenti. Ne l’ayant pas vue, je ne peux pas trop juger de la qualité de cette nouvelle mini-série.
Pour peu que l’on apprécie le mythe, ne pas hésiter à lire L’enchanteur de René Barjavel ^___^
