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Si l’on se dit un tant soit peu fan de fantasy, on a forcément déjà entendu de Terry Pratchett et ses Annales du Disque Monde. En tout cas, c’est mon cas. Je n’ai pas lu toutes les Annales, du moins pas encore mais je tiens à aller dans l’ordre d’écriture parce que je suis une vraie maniaque. Sauf que vu que ça ne se suit pas vraiment, ce n’est pas obligé. Fin 2006 une adaptation de The Hogfather (Le Père Porcher) a vu le jour sur Sky One, en Angleterre. Elle est d’ailleurs passée sur M6 fin 2007. Réussie, elle arrivait à utiliser à bon escient l’humour particulier de l’auteur. Je n’en ai pas parlé sur Luminophore mais j’aurais pu… Fort du succès de cette mini-série, Sky One a recommencé en 2008 avec une autre adaptation, celle de The Colour of Magic (La Huitième Couleur), le tout premier tome des Annales du Disque Monde.
Comme la précédente, cette mini-série est divisée en deux épisodes d’environ 95 minutes. Elle fut diffusée à Pâques, autrement dit les 23 et 24 mars derniers ; toujours sur Sky One évidemment. Même s’il s’agit d’une adaptation de La Huitième couleur, elle reprend aussi Le Huitième Sortilège, le deuxième volume des Annales du Disque Monde. Ce qui peut se comprendre puisque les deux sont liés. Personnellement, j’aime bien ces deux volumes mais ce ne sont pas mes préférés de l’auteur. Toutefois, il est évident qu’une adaptation en série tv donne envie de s’y pencher. Surtout lorsqu’elle semble avoir autant de potentiel.

Dans une dimension lointaine et passablement farfelue, un monde se balade à dos de quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur la carapace de la Grande Tortue… Oui, c’est le Disque-monde… Les habitants de la cité d’Ankh-Morpork croyaient avoir tout vu. Et Deuxfleurs avait l’air tellement inoffensif, bonhomme chétif, fidèlement escorté par un Bagage de bois magique déambulant sur une myriade de petites jambes. Tellement inoffensif que le Patricien avait chargé le calamiteux sorcier Rincevent de sa sécurité dans la cité quadrillée par la Guilde des Voleurs et celle des Assassins ; mission périlleuse et qui devait les conduire loin : dans une caverne de dragons ; peut-être jusqu’au Rebord du Disque. Car Deuxfleurs était d’une espèce plus redoutable qu’on ne l’imaginait : c’était un touriste…
Source : quatrième de couverture du roman

Dès que l’annonce d’une adaptation fut faite, un nom vint presque tout de suite sur le tapis, celui de Sean Astin (Sam dans Le Seigneur des Anneaux) pour interpréter le touriste Deuxfleurs. Honnêtement, il est juste parfait dans ce rôle. Naïf, un peu niais et en extase devant ce qu’il voit, il a le comportement auquel on associe souvent le touriste japonais. Sa première apparition dans la mini-série est marquante et particulièrement bien mise en scène tant il dépareille avec le reste des habitants d’Ankh-Morpork. Tout coloré, il fait tâche dans la cité grise et marron. Si en plus il se promène avec son bagage sur pattes, rempli de pièces d’or, il se fait vite remarquer. A propos du bagage en poirier savant, il est très réaliste et aussi sympathique que dans la version papier.
Toujours du côté des personnages, on retrouve le sacré magicien le plus nul de tous les temps : Rincevent, interprété par David Jason (qui n’était autre qu’Albert dans Le Père Porcher). Je n’imaginais pas tellement de cette manière le magicien mais au fur et à mesure des minutes le charme s’opère et on retrouve toutes les caractéristiques et mimiques qui font que cet homme est aussi truculent. Il en va de même pour Cohen le Barbare (David Bradley) qui est juste formidable et identique à l’idée que je me faisais de lui.
Ce fut un vrai possible que de voir le personnage de Trymon joué par un Tim Curry en pleine forme et cruellement drôle. Chouette surprise aussi que d’avoir Jeremy Irons dans le rôle du Patricien.
Et pour ajouter un peu plus de prestige au casting, la voix de la Mort (masculine attention ^^) n’est autre que celle de Christopher Lee (Saroumane entre autre dans Le Seigneur des Anneaux). De quoi avoir l’impression de se sentir encore plus dans le monde de Tolkien.

Impression renforcée par le fait que les paysages sont à couper le souffle. Le voyage qu’entreprennent Deuxfleurs et Rincevent les emmène un petit peu partout à notre grand bonheur. La photographie est particulièrement travaillée et nous fait rêver devant tant de beauté. Toujours du point de vue visuel, les effets spéciaux sont réussis. Mention particulière à la scène de fin, lorsque les personnages comprennent ce qu’il se cache derrière cette étoile rouge si menaçante. A ce propos, le Disque Monde est superbe et bizarrement réaliste.
Côté musique c’est une réussite. Elle se veut tour à tour aventureuse, planante, mélancolique, à suspense… En bref elle accompagne parfaitement la vie des personnages.

Qui dit adaptation, dit souvent modification. Ayant lu il y a un petit moment les deux premiers tomes, je ne m’en rappelle pas en détail. Néanmoins, tout m’a semblé plus ou moins correct. Toutefois, toutes les références au chiffre huit, si important en magie, ont disparu. Il en va de même pour l’octarine. C’est assez dommage dans le sens où je trouvais cette partie sympa. Mais ce que l’on peut reprocher un petit peu à la mini-série c’est d’être parfois longuette. Cette remarque est valable pour Le Père Porcher. Certains passages auraient gagné à être raccourcis. Ceci étant dit, l’humour cocasse de Terry Pratchett est parfaitement restranscrit à l’écran.

Avec The Colour of Magic, Sky One a su insérer les éléments des romans de Terry Pratchett pour en faire une mini-série enthousiasmante et extrêmement plaisante à regarder. Mention spéciale à Sean Astin qui est le Deuxfleurs rêvé. Le côté parodique, les jeux de mots parfois presque débiles, les idées délirantes… l’essentiel de ce qui fait l’univers de l’auteur est gardé. Et je serais même tentée de dire que j’ai préféré cette adaptation aux romans qui sont un peu plus faibles que ceux que j’ai déjà pu lire des Annales du Disque Monde. A conseiller pour les novices mais aussi pour les fans de cher Terry Pratchett.