The Tudors (saison 2) - Tell me Boleyn, was it all worth it ?
Publié par Tite Souris dans Séries américaines, The TudorsOn est reparti pour un autre bilan de saison et aujourd’hui c’est ce cher Henry VIII qui a le droit aux honneurs. Place donc à la saison deux de The Tudors. La série n’a pas du tout souffert de la grève puisque les scenarii sont écrits par son réalisateur, Michael Hirst. Bien pratique dans ce cas précis donc. De plus, elle débute beaucoup plus tard que les autres, à savoir fin mars. Tout comme la première saison, dix épisodes de cinquante minutes environ ont été diffusés sur Showtime. Le reste de l’article contient des spoilers mais peut-on vraiment utiliser ce terme lorsque l’Histoire est déjà connue depuis des siècles ? :D
La seconde saison est celle d’Anne Boleyn. Après avoir oeuvré en secret avec son père et son frère, manipulant ainsi le roi comme une marionnette, elle monte enfin sur le trône. Catherine d’Aragon est chassée de la cour, ne peut plus voir sa fille, la future Bloody Mary, et meurt seule mais toujours aussi digne. Les dix épisodes mettent par conséquent en avant la prise de pouvoir d’Anne mais aussi sa lente chute vers l’échaffaud. Car tout le monde ou presque le sait, elle meurt décapitée, accusée d’avoir trompé son bon roi avec plusieurs hommes dont son frère. Mais auparavant elle aura eu le temps de donner naissance à la future Elizabeth I, et de mettre l’Angleterre dans une situation délicate vis-à-vis de Rome et de son pape. D’ailleurs, ce dernier est interprété par Peter O’Toole ce qui fait énormément plaisir je dois dire. Malgré son âge avancé il a gardé en prestance et charisme. Bref, c’est la saison d’Anne. Tout simplement. Si elle était détestable l’année dernière, ce qui se comprend en somme tant Catherine à côté tranchait par sa dignité et sa bonté, ce n’est plus du tout le cas dans ces nouveaux épisodes. Natalie Dormer fait un travail impeccable et donne ses lettres de noblesse à la nouvelle reine. Tour à tour joyeuse, enjouée, désespérée, craintive, aimante, haineuse, elle donne vie à ce personnage si critiqué. The Tudors est bien loin de la montrer comme une Anne si manichéenne, vue récemment dans The Other Boleyn Girl. Au contraire, elle devient petit à petit attachante même si elle commet des erreurs. Les deux derniers épisodes sont fabuleux en ce sens et terrifiant car ils montrent qu’Henry VIII n’en a vraiment plus rien à cirer d’elle. Comme lors de la première saison, Jonathan Rhys-Meyers incarne sa majesté parfaitement et ses changements d’humeur fréquents sont très bien mis en scène.
Les têtes tombent à foison durant la saison. A commencer par Thomas More qui sans jamais s’opposer à son ami le roi, ne veut pas plier face à tous ces changements religieux. Encore une fois, malgré son extrémisme ça passe très bien. Il est facile de le juger mais si l’on se place dans le contexte on comprend qu’à l’époque faire la part des choses ne devait pas être aisé. Ceci étant dit, la religion est pas mal malmenée dans cette saison. Le pape ne se mouille pas mais tient quand même à tenir les rênes. Il suffit de voir qu’il propose d’assassiner Anne, d’envoyer la France envahir l’Angleterre, etc. On est loin de l’image idyllique du clergé mais totalement réaliste.
Un Thomas chute mais un autre Thomas grimpe les échelons, un à un. Thomas Cromwell évidemment. Il lâche les Boleyn en court de route puisqu’ils sont devenus un poids mais il n’en demeure pas moins perturbé par l’attitude du roi. La scène dans le season finale où il part dans l’église est assez évocatrice et touchante. Effectivement, si on le montre innébranlable c’est loin d’être le cas. Le personnage commençait à prendre son envol lors de la saison une mais c’est cette année qu’on le voit vraiment. Et honnêtement, si je ne devais retenir qu’un seul acteur masculin je pense que ce serait James Frain.
Il est possible de regretter que le temps passe trop vite certaines fois, enfin disons surtout que l’on ne s’en rend pas forcément compte que durant un épisode au moins une année s’est écoulée. Certes le ventre d’Anne peut aider par exemple mais ce n’est pas toujours fort aisé. La nouvelle saison voit la troisième femme d’Henry VIII, Jane Seymour, pointer le bout de son nez. Elle est connue comme étant gentille et agréable (entre autres choses) mais à l’écran elle paraît surtout fade. On est loin de Catherine ou d’Anne. Du coup, je la vois mal durer toute la saison trois. De toute manière, pour peu que l’on connaît le sujet on sait de quelle manière elle finit. Il y a des chances que l’année prochaine la quatrième voire peut-être même la cinquième apparaisse à l’antenne ?! Le temps passe mais les personnages ne bougent pas trop d’apparence. Jonathan Rhys-Meyers a encore signé pour la saison trois mais il va être bientôt temps de l’engraisser ou de lui mettre des coussins. Lui faire garder la barbe est une bonne idée mais ce n’est pas suffisant pour coller le maximum à ce que l’on connaît déjà du roi.
La saison une m’avait laissé un très bon souvenir, la seconde m’en laisse un encore meilleur. Bien que l’on connaît déjà ce qu’il va se passer, on n’en demeure pas moins scotché, espérant même veinement que non ça ne se passera pas ainsi. Plus émouvante, plus prenante, plus sombre et mieux construite, elle met correctement en avant les enjeux de l’époque, essentiellement religieux ici. Par ailleurs, elle se permet encore quelques libertés qui passent plutôt bien et ne gènent aucunement l’Histoire. Quelques allusions sont faites par-ci, par-là comme les travaux de Michel Ange à la chapelle Sixtine. Etant une série qui repose énormément sur l’esthétique, c’est encore une fois en tout point magnifique. A ce propos, les photos promotionnelles sont superbes. Le générique change un chouilla et révèle tout ce qu’il se passe aux moyens de métaphores. Et pour ne rien gâcher, Trevor Morris et sa musique envoûtante sont toujours là et c’est un plaisir immense pour nos oreilles. La saison trois marque un changement, une renaissance, reste à voir si ce sera aussi agréable à regarder. Une chose est sûre, c’est que je ne manquerais assurément pas le rendez-vous.
Bonus : le trailer de la saison 2

Les séries historiques représentent un genre qui m’intéresse grandement. Par exemple, Rome fut pour moi deux saisons de pur bonheur. De plus, étant donné que le thème de The Tudors est justement l’histoire de cette dynastie qui me fascine, je n’étais absolument pas objective lors du visionnage de la série. Tout du moins au début. En effet j’ai vite compris que la série de Showtime n’offrait pas vraiment la même chose que celle d’HBO.
Si toute l’esthétique de la série est léchée et attractive, le fond est moins travaillé. Pas dans le sens où les histoires sont archi-nulles et stupides. Mais dans le sens où sachant qu’il s’agit là d’une série historique, il convient de suivre l’Histoire… Sauf que The Tudors ne le fait pas tout le temps. Il paraît évident qu’il est nécessaire de romancer le tout, d’autant plus qu’on ne pourra jamais savoir ce qu’il s’est passé. On ne peut que spéculer sans être pour autant au cours de ces secrets d’alcôves. Néanmoins, The Tudors aurait pu respecter un petit peu plus la chronologie. On passe d’une année à plusieurs années plus loin pour revenir à l’année précédente, etc. Sur le coup ça ne m’a pas trop choquée parce que je dois avouer que c’est une période que je ne maîtrise que moyennement (ce qui était l’inverse pour Rome) mais en lisant des informations par la suite j’ai pu remarquer de nombreuses incohérences. Du coup, je crois qu’il faut voir The Tudors comme une série, historique certes, mais qui ne respecte pas tant que ça ce qui s’est réellement passé.
J’ai eu un vrai coup de coeur pour le personnage de Catherine d’Aragon qui malgré ce qui se passe reste digne et ne sombre jamais quoiqu’il arrive. Une femme forte, tout en retenu, comme on en fait peu. A côté d’elle, la perfide Anne Boleyn peut aller se rhabiller. Thomas More, malgré son extrémisme religieux qui se voit nettement en fin de saison, est juste et droit. Bien qu’évidemment on ne peut que critiquer ses actes, on l’apprécie. Du moins ce fut mon cas. Etant personnellement amatrice de personnages offrant une personnalité travaillée et non manichéenne, j’ai été ravie par The Tudors. Détester viscéralement un protagoniste fut impossible pour ma part.