Dark Angel (saison 2)

Toujours dans le cadre de mes rediffusions, je me suis dernièrement penchée sur la seconde saison de Dark Angel. À l’instar de la première, celle-ci comporte 21 épisodes et elle fut diffusée entre septembre 2001 et mai 2002. À noter que le dernier épisode, le series finale donc, dure une heure. C’est le seul à avoir été réalisé par James Cameron lui-même. La série ne possède pas de fin en bonne et due forme. Elle a été annulée par la Fox, notamment pour des raisons financières. Le coût de Dark Angel était apparemment trop important et la chaîne préféra privilégier la nouvelle création de Joss Whedon, Firefly. C’est d’ailleurs assez frustrant lorsque l’on connaît le traitement de cette dernière… Quelques spoilers sur le premier épisode.

La première saison de Dark Angel est plutôt réussie car elle propose une mythologie intéressante et assez riche ainsi qu’une ambiance post-apocalyptique relativement bien fichue. Dès le début de la saison deux, la série part dans une direction différente. Jusque-là, les grands méchants étaient Manticore et le fameux Lydecker. Cette organisation travaillant dans la génétique cherchait par tous les moyens à récupérer les anciens X5 évadés, tout en continuant leurs modifications du génome humain dans leur coin. Cette saison fait tout voler en éclats. Manticore n’existe plus, une grande partie de ses transgéniques s’échappe et Lydecker disparaît des radars, pour notre plus grand malheur. Puisque la série est annulée, il est impossible de savoir ce qu’il est advenu de ce personnage et c’est bien dommage car sa fin est ici frustrante. Comme Manticore est mis de côté, il est donc nécessaire d’instaurer un nouveau fil rouge et il porte le visage d’Ames White, interprété par Martin Cummins (Kyle XY). Ce dernier fait partie d’une organisation gouvernementale ayant pour but de pourchasser les transgéniques s’étant évadés avec succès. Toutefois, il joue double jeu car il travaille en réalité pour une secte plus que particulière et baignant dans le mystique. Cette idée est très mauvaise. Dark Angel était jusque là une série de science-fiction crédible. En ajoutant cette dimension fanatique et surtout, totalement irréaliste, elle sombre dans le gros n’importe quoi. Pourtant, les quelques prémices concernant Sandeman, le fondateur de Manticore, soit le père de tous ces transgéniques, avaient de quoi intéresser mais elles ne sont pas du tout développées au cours de la saison et elles ne le seront donc jamais. De ce point de vue, la saison laisse bien plus de questionnements que de réponses.

Max détruisant Manticore dès le début de la saison, libère l’ensemble de ses prisonniers qui finissent pour la plupart par errer dans Seattle. Alors que dans la première saison on ne voyait que des humains comme vous et moi, tout simplement améliorés, cette saison est marquée par les autres expérimentations. Manticore a effectivement produit par le passé des soldats particuliers, ne ressemblant aucunement à des humains. Il est donc évident qu’une fois libérés, ils effraient tout le monde et doivent se cacher. Le principe est intéressant car il permet de traiter de thématiques tels que la liberté, la tolérance, l’ouverture sur les autres, etc. Malheureusement, la réalité en est ici toute autre. L’approche est bien trop frontale et manque cruellement de nuances. Le point culminant se trouve essentiellement lors de la seconde partie de saison, avec cette guerre manifeste entre les transgéniques et les humains. Ces derniers ont peur, font preuve d’hostilité et tiennent des discours nauséabonds. Bien sûr que cela est en partie réaliste mais la série donne plutôt l’impression que tous les humains sont intolérants alors que les transgéniques sont tous gentils et ne demandent qu’à vivre tranquillement. Le series finale amène un petit peu plus de subtilité mais on ne peut pas dire que ce soit transcendant de de ce côté-là. De ce fait, la saison est manichéenne et finit par agacer.
Les individus issus de Manticore possédant des traits non-humains ne sont pas des plus développés et servent plus à montrer que le monde tel qu’il est actuellement, ne leur est pas viable. Seul Joshua, une sorte de chien humain, a le droit à un tant soit peu d’antenne. Je dois avouer que je suis tombée des nues en apprenant que c’était Kevin Durand (Lost) qui l’incarnait. Le personnage est malheureusement peu fascinant et n’inspire pas grand-chose.

Au-delà de ce message de tolérance et de l’arc Sandeman / la secte, la saison se focalise énormément sur la relation entre Max et Logan. Elle était également au centre des évènements lors de la première saison. Or, tandis qu’ils se tournaient autour, cette fois, ils sont diamétralement opposés car Manticore injecte dès le départ un agent pathogène à Max, l’empêchant de toucher Logan sans le tuer. De ce fait, ils sont tout le temps ensemble, ne peuvent se toucher, ont peur de s’effleurer, souffrent dans leur coin, font leurs yeux de chiens battus et inlassablement on en revient toujours à la même chose. C’est tout simplement usant surtout qu’on y ajoute une espèce de triangle amoureux complètement bancal. La saison traîne cette histoire beaucoup trop en longueur et si on pense que les personnages commencent à avancer, c’est pour refaire dix pas en arrière.
Max est une femme forte, plutôt sympathique mais le fait que tout le monde voit en elle un Messie est exagéré. Il n’est pas nécessaire de trop charger la mule. Oui, nous avons compris, elle n’a pas été créée sans raison mais de là à ce qu’elle soit le centre du monde, c’est un pas que nous ne franchirons pas. De même, Jessica Alba a beau être superbe, ce n’est peut-être pas la peine de le dire à tous les épisodes et de faire du fanservice pur et dur. Une fois ça va, tout le temps, non.

Les quelques défauts en première saison sont exacerbés. Il n’y en a plus que pour Max, les autres personnages n’ayant plus aucun temps d’antenne. Le gang du Jam Pony ? Oubliez-le. Bien sûr, ils sont visibles mais il n’y a plus aucun développement les concernant. Seul Alec, le jumeau de Ben, X5, est un tant soit peu privilégié. En voilà une bonne chose ! Jensen Ackles revient donc dans la série pour notre (mon ? ^^) plus grand plaisir et incarne ce personnage assez cassé, fanfaron et irrésistible. Ce qui est plutôt marrant est que je gardais en souvenir qu’il était adorable et qu’à l’époque, soit en 2002/2003, je shippais énormément Alec / Max. À l’heure actuelle, je me demande bien pourquoi d’ailleurs.
 À l’instar de la première saison, celle-ci voit de nombreux acteurs de télévision plus ou moins connus. Ceux ayant regardé Battlestar Galactica auront évidemment reconnus Alessandro Juliani qui revient pour un unique épisode, Rekha Sharma qui reprend son rôle de médecin mais aussi Grace Park, Nicki Clyne, Sam Witwer (Smallville), Rick Worthy, Kandyse McClure, Aaron Douglas, Callum Keith Reenie ou encore Keegan Connor Tracy (Jake 2.0). Que de monde ! Tahmoh Penikett aurait apparemment joué dans le final mais je ne l’ai pas vu (bizarre vu sa taille et sa prestance, je sais). Sinon, on peut noter la présence d’Ashley Scott (Jericho) dans un rôle régulier qui ne sert à rien, Jesse Moss (Whistler), Taylor Labine (Reaper, Invasion) déjà vu dans la saison une mais dans un autre rôle (!), Todd Stashwik (The Riches, Heroes), Sarah Strange (ReGenesis, Life as we know it) ou encore Missy Peregrym (Reaper).

La plupart des épisodes ne sont pas notables et peuvent être facilement oubliés. Le 2×15, Fuhgeddaboudit, bien qu’il soit relativement indépendant est assez idiot mais plutôt drôle avec cette histoire de transgénique manipulant l’esprit. Bien que le couple Logan / Max commence à fatiguer, le 2×12, Borrowed Time, est réussi car frustrant et assez tragique. Le 2×05, Boo, dédié à Halloween, aurait pu être excellent car drôle et presque atypique concernant la série mais il est gâché par cette fin facile. Le 2×13, Harbor Lights, est sympathique car riche en tension avec cette Max mal en point. Heureusement, le final est réussi, bien que le délire avec les combattants de White soit trop exagéré. D’ailleurs, la réalisation des combats durant la saison n’est pas très heureuse avec ces espèces de ralentis. Si la conclusion est loin d’être idéale car une suite n’aurait pas été de refus, elle demeure agréable.

La deuxième et dernière saison de Dark Angel se révèle ainsi décevante. Elle n’est pas mauvaise mais lorsqu’on compare à la première, on se sent franchement floué. Le grand méchant de la saison, Ames White et sa clique, est inintéressant au possible et parfois ridicule. Il aurait été préférable de garder quelque peu l’univers de Manticore et pas nous envoyer vers une piste philo-mystique imbuvable. De même, le couple maudit que forment Max et Logan perd en fraîcheur et s’il paraît clair que les mettre immédiatement en couple n’aurait pas été une idée judicieuse, les faire jouer à je t’aime mais je ne peux pas car je risque de te tuer est vite ennuyant. En dépit du ton presque désabusé de cet article, les épisodes se regardent toutefois dans l’ensemble assez correctement mais il est difficile de se départir de ce sentiment de gâchis et d’inachevé. Dommage.

By |2018-07-06T17:57:52+01:00août 15th, 2011|Dark Angel, Séries étasuniennes|6 Comments

Dark Angel (saison 1)

Début janvier, je vous avais dit que j’aimerais bien placer quelques rediffusions au cours de mon année télévisuelle. C’est ainsi qu’un sondage fut mis en place histoire de savoir quelle série aurait les honneurs d’être traitée sur Luminophore. Contre toute attente (les miennes en tout cas), ce fut Dark Angel qui remporta les suffrages. Pour être honnête, j’avoue avoir été un peu embêtée sur le moment… Évidemment, j’avais proposé cette série donc cela veut dire qu’elle m’intéresse un minimum mais j’avais envie d’en voir une autre ^^;;; Quoiqu’il en soit, je me suis pliée aux résultats.
Il est possible de trouver de nombreuses choses sous l’appellation Dark Angel : un manga, un film, un groupe de musique, etc. Celle qui nous intéresse aujourd’hui est la série télévisée créée par James Cameron, réalisateur que l’on ne présente normalement plus. Composée de deux saisons, elle fut diffusée entre 2000 et 2002 sur Fox. Son arrêt fut notamment lié à une question financière et nous y reviendrons lors de l’article dédié à la saison deux. Dans quelques instants, nous allons uniquement traiter la première saison. Elle est passée entre octobre 2000 et mai 2001 et comporte 21 épisodes dont un double (le pilote). Dark Angel est arrivée en France, sur M6, dès 2001 et est apparemment multi-rediffusée sur la TNT. Aucun spoiler.

2009, dans le Wyoming. Un groupe d’enfants génétiquement modifiés dont Max fait partie s’échappe d’une base militaire dans laquelle ils sont maintenus en captivité depuis leur naissance. Dix ans plus tard, le pays n’est plus que ruines en raison de l’Impulsion, une onde électronique ayant détruit les systèmes informatiques. Max est devenue une belle jeune femme travaillant comme coursier à vélo le jour et se transformant en voleuse la nuit afin de financer ses recherches sur son mystérieux passé. C’est justement lors d’un de ses cambriolages qu’elle rencontre Logan Cale, un riche héritier tentant d’enrayer le crime à sa manière. Malgré ses réticences, elle accepte de l’aider et de mettre à profit ses talents très particuliers.

Comme je le disais plus haut, quand bien même je gardais un bon souvenir de Dark Angel, je n’étais pas si enthousiaste que ça à l’idée de la revisionner. J’avais un peu peur que la série ait mal vieilli et que mes souvenirs d’autrefois soient abîmés. J’ai effectivement regardé Dark Angel lors de son premier passage sur M6, en VF. Cela remonte donc à dix ans et durant tout ce temps, eh bien, j’ai eu le temps d’en voir défiler des séries, d’affiner mon sens critique et surtout, de vieillir ! C’est donc cette année que je suis retournée du côté de ce Seattle post-apocalyptique et ce, en VO s’il-vous-plaît.
En dépit de son âgé assez avancé, la série n’a pas pris une seule ride. Elle se déroule en 2019 et le fait que le monde soit sens dessus dessous aide probablement. Par exemple, les nouvelles technologies n’existent en fait que très partiellement, rapport à la dépression que vivent les États-Unis. Il est difficile de trouver des produits de première nécessité donc vous pensez bien, des puces électroniques sophistiquées sont encore moins monnaie courante. De ce fait, bien que la série se déroule dans le futur, l’absence de high tech n’est pas fondamentalement dérangeante. C’est même compréhensible. Et cela permet donc à la série de s’en sortir, même en la regardant en 2011. Sinon, la réalisation et l’image ne font pas du tout vieillottes. Il est vrai que quelques effets spéciaux sont moyens mais ce n’est jamais pire que dans d’autres séries actuelles.

Dark Angel narre la vie compliquée de Max Guevara, une jeune femme ayant été modifiée génétiquement. Elle s’est échappée dix ans auparavant de Manticore, une sorte d’organisation militaire gouvernementale ayant des soucis d’éthique car elle fabrique des super-combattants. Elle s’est enfuie avec d’autres de ses congénères mais ils se sont perdus de vue. Durant ce temps, elle a survécu comme elle a pu, la vie s’étant encore plus corsée lorsque l’Impulsion eut lieu. Il s’agit d’une attaque terroriste ayant détruit les systèmes informatiques des États-Unis, faisant sombrer le pays dans le chaos. Depuis, chacun essaye de se construire une vie et tout le monde ou presque est logé à la même enseigne. Tout est contrôlé, rationné et les habitants sont surveillés par une sorte de drone. Max a désormais environ vingt ans et vit à Seattle. Elle travaille comme coursière à vélo chez Jam Pony où elle a plusieurs amis. La nuit, elle vole tout ce qu’elle peut histoire de se faire de l’argent. Ce butin lui sert à bichonner sa moto qu’elle aime d’amour et financer les recherches d’un détective privé afin d’en apprendre plus sur son identité, sur sa mère qu’elle ne connaît pas et sur les autres enfants qui vivaient avec elle.
Max est issue des séries X de Manticore, son matricule est effectivement X5-542. Les X5 ont un statut particulier à Manticore et ceux qui se sont échappés sont poursuivis sans relâche par l’organisation et plus particulièrement par Donald Lydecker, l’homme qui les a « créés ». Ils portent tous un code-barre unique à l’arrière du cou. Ce tatouage est ineffaçable. Chacun de ces X5 a des compétences particulières mais ils ont tous un dénominateur commun : ce sont de vrais soldats, de pures machines à tuer. Max possède ainsi des gènes de félin et de requin, ce qui lui offre des capacités hors normes comme sauter de plusieurs étages, rester en apnée de longues minutes, avoir des réflexes extraordinaires, ne pas dormir, etc. Malheureusement, sa condition de super-soldat n’est pas de tout repos et en plus d’être continuellement sur ses gardes, elle doit subir des effets indésirables comme des chaleurs telles celles d’un chat ou des crises physiologiques car elle manque de tryptophane (acide aminé essentiel au corps humain). Max n’en demeure pas moins quelqu’un d’acide, sarcastique et cynique. La vie ne lui a pas fait de cadeau et elle est bien décidée à retrouver ses congénères. Interprétée par la très jolie Jessica Alba que l’on ne présente désormais plus, Max est une femme qui veut tout simplement vivre librement, normalement, et faire le jour sur ses origines. Elle considère les autres X5 comme sa famille et est obsédée par leur recherche.

La vie de Max bascule lorsqu’elle rencontre Logan Cale, un journaliste issu d’une famille riche et vivant dans un penthouse. Joué par Michael Weatherly (NCIS), Logan n’est pas qu’un fortuné ne subissant nullement les effets de l’Impulsion. Impliqué et portant le poids du monde sur ses épaules, il se sent investi par une humble cause. Il défend effectivement les opprimés et les plus faibles et cela, de chez lui. Il est Eyes only (Le veilleur en VF). Lorsque cela est nécessaire, il pirate les ondes et passe à la télévision, affichant uniquement ses yeux -d’où le eyes only– et révélant généralement des complots, des malversations. Son statut lui vaut d’être recherché par de nombreuses personnes. Au départ, Max se fiche de ses convictions et s’allie à lui uniquement parce qu’il lui propose de l’aider dans sa quête si elle lui donne un coup de pouce. Mais peu à peu, des sentiments naissent et les deux forment une paire efficace. Outre la véritable alchimie qui se dégage du couple, le lien qui se noue entre les deux est intéressant car assez complexe. Ils s’aiment, ils le savent, l’un sait que l’autre le sait et réciproquement mais il y a toujours autre chose qui passe au premier plan. À commencer par Manticore.

La première saison de Dark Angel base plus de la moitié de ses épisodes sur la mythologie de la série qui est l’organisation militaire et sur ses manières inhumaines de fonctionner. D’ailleurs, les huit-dix premiers épisodes sont quasi exclusivement dédiés à la présentation de l’univers et ils sont franchement réussis car dramatiques et intenses. Le passé de Max est régulièrement montré au moyen de flashbacks parfaitement insérés et donnant parfois froid dans le dos tant les enfants s’y trouvant étaient traités comme de pures machines bonnes à obéir. Il est normal que Max en soit sortie brisée et soit encore hantée par ses souvenirs, elle qui ne sait pas si ses compagnons ont fini par s’échapper mais qui est parfaitement consciente que d’autres subissent encore cette supposée vie dans ce complexe dans le Wyoming. Ses craintes et ses pensées sont généralement transmises par la voix-off que l’on entend presque à chaque fin d’épisode, lorsqu’elle se rend dans un coin reculé de Seattle où elle surplombe la ville.
Au-delà de l’ambiance post-apocalyptique très cyberpunk que propose Dark Angel en raison de la situation dans laquelle les États-Unis se trouvent, il est question de génétique ou encore de liberté sous toutes ses formes. Sinon, la saison offre un ton assez libéré car elle parle ouvertement de sexualité et plus particulièrement d’homosexualité, ce qui était assez rare aux débuts des années 2000. Néanmoins, si le début de la saison est excellent car il instaure immédiatement un climat particulier riche en suspense et en mystères ainsi qu’un cadre spécifique avec ce pays en ruines, le reste suit moins. Il existe un ventre mou avec des épisodes indépendants moyens et parfois presque ennuyants. Il reste le charme de Jessica Alba et/ou de Michael Weatherly ainsi que la verve de certains personnages. Heureusement, la fin de la saison est plus réussie car elle revient justement directement à Manticore et ce qui est donc ici réellement passionnant. La tension dramatique est généralement bien dosée et il existe quelques retournements de situations mis en scène avec un certain talent. L’humour est également présent mais il est parfois mal amené. Concernant la VO, il y a, à mon goût, beaucoup trop de slang et ce fut parfois difficile de tout comprendre. Ne parlons même pas du personnage interprété par Alimi Ballards (Numb3rs), rasta, et avalant tous ses mots avec un accent à couper au couteau.

Max et Logan sont correctement travaillés, ce qui est moins le cas des autres protagonistes. Toute la clique du Jam Pony est sympathique mais on sait au final peu de choses d’eux. Sketchy par exemple ne sort que rarement de son cliché de gars pas très futé mais pas méchant. Original Cindy s’en sort un peu mieux, sans que cela ne soit non plus faramineux. Dans l’ensemble, les personnages féminins ont bien plus la cote. La série est résolument féministe de toute manière. Du côté des X5, à part Zack que l’on voie de temps en temps, l’effort est presque nul. Pourtant, là aussi il aurait été sympathique d’approfondir la chose. Les personnages restent au final assez stéréotypés. Toutefois, Lydecker, incarné par John Savage (Carnivàle), est une des réussites de la saison. Endossant d’abord le rôle du méchant unilatéral qui veut ramener tous les X5 à Manticore, il dépasse rapidement ce stade. Il aime ses protégés, bien qu’il ait une drôle de manière de le leur montrer, et est particulièrement attaché à Max. Il faut attendre les derniers épisodes pour que la relation entre ces deux-là prenne une dimension réellement prometteuse.
La série commençant à dater, il est amusant de retrouver quelques visages désormais plus ou moins connus. On peut ainsi remarquer dans des rôles secondaires Lauren Lee Smith (CSI, Mutant X), Hiro Kanagawa (Caprica), Alessandro Juliani (Battlestar Galactica, Smallville), Kristin Bauer (True Blood), Tyler Labine (Reaper, Invasion), Abraham Benrubi (ER), Jensen Ackles, Rekha Sharma (Battlestar Galactica), Rainn Wilson (The Office, Six Feet Under), Gary Chalk (Stargate SG-1), Patrick Kilpatrick, Byron Mann (Fallen) ou encore Ian Tracey (un tas de séries dans des rôles mineurs). Notons également la présence du frère de Jessica Alba, Joshua, en tant que X5. La saison se permet aussi de faire quelques références à Xena : Warrior Princess.

La première saison de Dark Angel est au final plutôt réussie. Après un départ intéressant car amorçant une mythologie a priori riche et travaillée, les épisodes s’essoufflent assez ; mais arrivé en bout de course, l’ensemble se tient convenablement. La série parvient ainsi à proposer un univers de science-fiction post-apocalyptique faisant la part belle au girl power. Les thématiques liées à la liberté sont largement utilisées et lorsque l’on fait le lien avec le nom de Max et un personne historique, on peut imaginer que la coïncidence n’est certainement pas anodine. Les scènes d’action alternent avec l’humour ou avec les moments plus dramatiques et l’interprétation est de qualité correcte. Si la quête de la « normalité » de Max n’est pas si originale que cela, elle est plutôt bien écrite et montre qu’en dépit de ses capacités extraordinaires, elle n’en demeure pas moins fragile et donc, humaine. Outre la musique généralement agréable à l’oreille, cette saison réussit à montrer un Seattle crédible alors que la ville n’est qu’une sorte de bidonville géant où n’importe quoi peut arriver. Il ne reste plus qu’à espérer que la saison deux compense certains de ces défauts et ne se termine pas avec plus de questions que de réponses comme ce que je crains.

By |2018-07-06T17:57:52+01:00juillet 13th, 2011|Dark Angel, Séries étasuniennes|6 Comments