Dead Set (mini-série)

Il est assez curieux de constater que malgré ma grande appétence pour tout ce qui a trait à l’horreur et au gore, je n’ai jamais pris le temps de réellement en parler ici. Cela étant, en y réfléchissant, les séries s’y attelant ne sont pas très nombreuses. Par chance, les Anglais ont décidé de récemment choyer ce genre à travers une mini-série intitulée Dead Set. Elle se constitue de cinq épisodes qui furent diffusés sur E4 en octobre 2008, à l’époque d’Halloween ; tandis que le premier dure une petite quarantaine de minutes, les autres n’en comportent que vingt. Aucun spoiler.

Les participants de l’émission de téléréalité Big Brother s’affairent tout particulièrement, car ce soir, l’un des leurs sera évincé de la maison. En coulisses, la tension est également à son paroxysme tant la production met la pression sur ses employés. Sauf que tout bascule quand, subitement, des zombies attaquent la planète entière et se propagent à vitesse supersonique. Coupés du reste du monde, les concurrents enfermés sont loin de se douter de ce qui se trame.

La découverte du synopsis a immédiatement piqué ma curiosité, je l’admets. En grande amatrice des films de George A. Romero, j’espérais bien y retrouver ici quelques similarités. D’ailleurs, les épisodes n’hésitent pas à insérer des références et clins d’œil aux travaux du cinéaste. Associer le concept de la téléréalité aux morts-vivants infectés se révèle plutôt original. Certes, l’approche est nullement crédible, mais là n’est de toute manière pas du tout la question. Ce type d’histoire horrifique a beau se doter d’un potentiel évident, il est aussi devenu tristement éculé et ne parvient dorénavant que rarement à surprendre. Parfois, quelques productions réussissent à renouveler le genre, mais la majeure partie du temps, les clichés s’entassent et le résultat paraît profondément poussif en plus de se montrer ennuyant. D’une certaine façon, Dead Set injecte de l’inédit en inversant les tendances. Effectivement, les protagonistes de cette mini-série ne découvrent pour la plupart qu’à retardement ce qui se trame. En règle générale, les héros sont d’abord confrontés au danger et cherchent à s’enfermer pour tenter tant bien que mal de survivre. Ici, ils sont cloîtrés dès le départ dans une maison aux multiples caméras. Ce changement se veut plutôt novateur d’autant plus que les décors et plateaux sont ceux de l’émission britannique, offrant dès lors une caution réaliste à l’ensemble. D’ailleurs, Davina McCall, la présentatrice, est bel et bien celle du divertissement original. Elle a accepté de se faire transformer en zombie et courir après tout ce qui ressemble à de la chair fraîche, tout en poussant des grognements. Essayez d’imaginer Benjamin Castaldi dans ce rôle ! Pour autant, une fois les bases posées, le concept de la mini-série finit par rapidement s’étioler.

Malgré ses cinq courts épisodes, Dead Set devient vite répétitive et s’empêtre dans tous les poncifs et lieux communs possibles. L’action n’est pas inexistante et la mise en scène dynamique, bien que tremblotante, veille à injecter une tension sous-jacente ; mais le résultat reste fort classique, voire par moments irritant. Pour cela, il convient sûrement de blâmer les héros. Qui dit téléréalité, signifie personnalités superficielles, ridicules et proprement insupportables. Les colocataires détiennent une caractérisation très limitée se bornant à des clichés et autres stéréotypes. Entre l’idiotie de la blonde, le vieux pervers ou l’homophobe refoulé, l’intelligence n’est pas maîtresse de la situation. En se montrant aussi peu charmants et hystériques en dépit d’une interprétation de qualité, ils peinent à fédérer ou à se rendre attachants. Que les zombies les dévorent tout cru ne marque donc pas. Outre les participants, la jeune employée Kelly (Jaime Winstone) n’est pas franchement charismatique et son vulgaire patron, vrai égoïste odieux est dégoûtant et désagréable. Ces principales figures ne font pas grand-chose avant la fin, alignent les répliques moyennement inspirées, et se contentent surtout de tergiverser. Derrière notre écran, nous nous doutons tous qu’ils devront passer à la casserole, un à un. La question est de savoir quand et comment. Bien qu’elle s’arme d’un potentiel évident, cette œuvre se limite presque exclusivement à sa course contre les infectés dangereux, avec des moments racoleurs n’hésitant pas à illustrer des boyaux et autres déchiquetages. Certes, la fiction dresse un certain parallèle avec l’image que les concurrents sont la nourriture du téléspectateur, à l’instar des humains pour les morts-vivants, sauf que les propos s’arrêtent là. Une critique sociétale ou une satire corrosive de la télépoubelle y sont totalement absentes, par exemple. Cela ne serait pas trop gênant si le divertissement ne souffrait pas autant de son étirement et de son scénario assez malingre.

Pour conclure, la mini-série horrifique Dead Set dispose de quelques atouts pour plaire aux grands amateurs de zombies d’autant plus que ses créatures détiennent des maquillages très réussis. Toutefois, les épisodes se veulent vite redondants, finalement peu inventifs, et le manque de franche tension nuit à l’ensemble trop prévisible et convenu pour convaincre de bout en bout. L’idée est bonne, mais reste assez mal exploitée surtout que les personnages caricaturaux s’avèrent dès le départ agaçants.