Death Game Park | デス・ゲーム・パーク

On est reparti pour un petit tour du côté des keitai dramas, les séries télévisées diffusées sur les téléphones portables japonais. C’est un format qui me plaît décidément bien. Il s’apparente presque à un exercice de style avec ces mini-épisodes. Après avoir testé les histoires romantiques avec Sweet Room et Onnatachi wa Nido Asobu, place à un thriller, Death Game Park. Composé de 24 épisodes de cinq minutes, c’est encore une fois BeeTV qui en est à l’origine. La série fut diffusée entre avril et juillet 2010. La version à notre disposition est, comme d’habitude, la condensée. Le drama s’apparente alors à long épisode de 90 minutes. Aucun spoiler.

Treize personnes se retrouvent embarquées dans un jeu de la mort, un death game, et doivent subir de multiples épreuves si elles désirent s’en sortir vivantes. Death Game Park distille un climat de paranoïa à la Battle Royale mais n’est vraiment pas du niveau de ce film désormais culte. Un de ses problèmes, probablement en partie inhérent au format du drama, est son montage. Chaque épisode durant cinq minutes, la version DVD est une simple association, et c’est ainsi que très régulièrement, il y a un écran noir. Le rythme est alors cassé et les raccords sont parfois plus que moyens. Toutefois, la série réussit quand même assez bien à créer une atmosphère de psychose, les personnages n’ayant aucune idée de ce qui les attend, du pourquoi de ce jeu et de la véritable nature des autres participants. N’y a-t-il pas une taupe ? Qui est à la tête de ce jeu diabolique ? Pour peu que l’on apprécie le genre, Death Game Park peut titiller la curiosité. S’il y a certes des morts à la pelle, le sang ne coule pas et la violence est plus suggérée que montrée à l’écran. La peur qui s’installe est alors essentiellement psychologique et la série joue plutôt bien avec ça. À noter que la photographie est très sympa. On passe de teintes jaunes presque poisseuses à d’autres bleutées et grises qui glacent davantage l’ambiance instaurée par la série. Les mouvements de caméra, bien que très brouillons lors des scènes de combats, sont également plus que corrects et assez originaux pour un j-drama. Il y a une volonté de sortir du carcan traditionnel, ce qui n’est jamais désagréable.

Death Game Park se focalise sur quelques uns de ses treize participants. Celui que l’on voit immédiatement comme le héros, Tokunaga Shôdai, est joué par un Matsuzaka Tôri (Samurai Sentai Shinkenger, Asukô March!) toujours aussi charmant. Ne se souvenant de rien, il arbore un tatouage particulier sur la nuque et semble doté de capacités presque extraordinaires. Il se lie assez rapidement d’amitié avec Iwai Daigo, incarné par Inoue Masahiro et ses superbes dents blanches. En situation de handicap, il a des difficultés à se mouvoir en raison d’une de ses jambes. À ceux-là s’associe une jeune fille, Endô Ryôko (Mano Erina) bien décidée à aller jusqu’au bout de l’aventure afin de découvrir le créateur du jeu. Enfin, ajoutons à cette galerie Kaitô Kuranosuke (Katô Keisuke – Buzzer Beat), le méchant de service qui n’hésite pas à tuer bien qu’il soit surtout terrifié, et Kakitani Masao (Ishiguro Hideo – Gokusen 2, Kamen Rider Den-Ô), l’otaku blondinet ne pouvant se passer de son inhalateur. Aibu Saki a un tout petit rôle qui a son importance quant au passé de l’un des protagonistes. L’interprétation est relativement suffisante à condition de ne pas être trop critique.

Pour peu que l’on connaisse les ficelles de ce style de fiction, il est aisé de comprendre rapidement où tout cela va nous mener. Pourtant, si l’on croit avoir rapidement deviné les tenants et les aboutissants, impossible de ne pas être surpris par la fin presque sortie de nulle part. Elle peut être comprise de plusieurs manières et demeure confuse. Death Game Park n’évite pas les incohérences et les raccourcis. Quelques réflexions sur le jeu, sur la mort et sur ce que l’on serait prêt à faire pour l’éviter sont présentes mais elles restent tout de même très superficielles. Le propos du j-drama n’est pas là de toute manière, ce n’est pas viable en raison de son format.

En définitive, Death Game Park est un thriller correct bien qu’il ne puisse se départir de plusieurs scènes convenues et de rebondissements éculés. Cela ne l’empêche pas d’être un divertissement honnête, joli à regarder notamment grâce à son esthétique, et réussissant à instaurer un climat de tension paranoïaque. La fin est vraiment ambiguë et peut laisser libre cours à de multiples supputations à et son imagination. Au final, pour un keitai drama de ce genre, c’est plutôt pas mal…