Dexter (saison 6)

Six ans. Déjà. Rappelez-vous, c’était en octobre 2006 et Dexter arrivait à la télévision. Malheureusement, le succès ayant du bon – et certains aimant aussi se remplir les poches –, la série dure, dure, dure. Comble du consternant, alors qu’elle aurait déjà dû s’arrêter à la fin de la saison cinq, minimum, deux saisons supplémentaires ont été commandées il y a quelques mois. Il devrait donc y avoir au moins huit saisons de Dexter. Retournons en 2011 et parlons de la saison six, composée de douze épisodes diffusés sur Showtime entre octobre et décembre dernier. Aucun spoiler.

Quand on apprécie une série, on aime généralement qu’elle s’étale suffisamment dans le temps. Il est vrai que Dexter a toujours été plutôt sympathique mais en raison de son sujet, il paraissait évident qu’elle ne pouvait s’éterniser. Le tueur en série sévit ainsi toujours à Miami et s’est tout de même sacrément domestiqué. On est loin du psychopathe du début, s’émerveillant sur l’être humain en règle générale et ayant besoin de regarder ses congénères afin de savoir de quelle manière réagir. Au contraire, il est même très à l’aise et réussit à ne pas dépareiller face aux autres. Quant aux meurtres qu’il perpètre, on ne sent plus du tout la dimension de besoin. Il suit juste le code de son père et s’y tient. Point. Si l’on ne parvient pas à accepter ce changement, il devient probablement très difficile de rester tranquille devant la série. Il est vrai que le cliffhanger du season finale amorce un changement plus qu’appréciable mais il reste encore à savoir de quelle manière cela se déroulera, et si les scénaristes n’oseront pas prétexter un énième retournement de situation idiot et irrespectueux. Normalement non mais on ne sait jamais. Si tout se passe alors convenablement, deux nouvelles saisons ne semblent peut-être pas de trop.

La saison précédente, sans être de qualité équivalente à certaines l’ayant précédée, fut globalement correcte malgré une écriture facile et faisant peu d’efforts. Après que son épouse ait été assassinée, Dexter retrouvait de sa force et de son énergie grâce à Lumen. Celle-ci ayant fait la paix avec elle-même et ayant quitté Miami, c’est un Dexter de nouveau seul que l’on aborde. La saison six débute par une ellipse temporelle de plusieurs mois qui a le mérite de faire repartir la série sur de fraîches bases. Le season premiere est tout particulièrement enthousiasmant car drôle, léger et divertissant. Il a pour bon point de mettre de côté les intrigues secondaires dont tout le monde se fiche comme les problèmes de couple entre LaGuerta et Batista. À vrai dire, de ce côté-là, la saison est réussie puisqu’elle se focalise sur Dexter, Deb et sur la thématique de l’année qui est la religion. Tous les autres éléments sont écartés et cela permet de limiter l’ennui, sans qu’il ne soit pour autant absent. Batista est ainsi de retour à sa place de collègue protecteur pour Deb et c’est très bien comme ça. Laguerta diminue ses interventions et on se sent immédiatement allégé d’un poids. Ce qu’il y a d’un peu dommage est que le personnage de Quinn sombre dans une période autodestructrice assez mal mise en scène qui le rend plus pathétique qu’autre chose.

Le grand méchant de la saison n’est pas unique. Il y en a effectivement deux, réunis sous l’appellation du tueur du jugement dernier (doomsday killer, DDK, en VO). Il s’agit du professeur Gellar et de Travis Marshall, son élève, respectivement joués par Edward James Olmos (Battlestar Galactica) et Colin Hanks (Roswell). À ce propos, ce dernier ressemble avec les années de plus en plus à son illustre père. Le DDK, comme il est surnommé, s’inspire de la Bible afin de réaliser des tableaux tristement funestes. Convaincus de l’arrivée de l’apocalypse, les deux compères tuent de manière macabre en mettant en scène de façon spectaculaire leurs crimes. Certains comme celui avec les chevaux sont d’ailleurs tout particulièrement réussis bien que dérangeants. Le sujet de la saison est donc celui de la religion. Soit. Il est vrai qu’il s’agit d’une thématique épineuse qui contente difficilement tout le monde en même temps. Le problème dans ces épisodes est que le discours n’est pas foncièrement empreint de croyances mais davantage de fanatisme. Le DDK se perd dans des belles paroles sans queue ni tête et souvent ronflantes. Les scénaristes ne paraissent pas du tout savoir ce qu’ils font, servant des platitudes les unes à les suite des autres sans oser approfondir quoi que ce soit. Le supposé retournement de situation n’est pas non plus stupéfiant et perd cruellement en intensité car on se doute rapidement de ce qu’il en est. En somme, la menace de la saison manque de charisme et le suspense ou l’anxiété ne sont jamais présents. Dexter ne semble jamais en danger et suit tranquillement ses petites enquêtes habituelles. Un peu dommage pour une série supposée injecter une certaine dose d’adrénaline à ses téléspectateurs. Par contre, l’arrivée du sympathique personnage joué par Mos Def, le frère Sam, est une excellente idée. Amenant subrepticement la thématique du pardon et de l’espoir, il tente de faire évoluer Dexter qu’il sait être perturbé par sa noirceur. Cet ancien criminel reconverti en religieux sera à l’origine d’un retour au départ plutôt excitant mais qui finira par en devenir presque décevant.

Le point réellement positif de la saison est le personnage de Deb qui prend davantage d’ampleur. Promue lieutenant, elle doit faire face à de nouvelles responsabilités et ne sait plus exactement où elle en est. Sa relation avec Quinn ne se déroule plus non plus comme elle le souhaitait et Dexter prend une place différente dans sa vie. Elle a dès lors beaucoup de choses à gérer. Jennifer Carpenter est la lumière de ces épisodes. S’il est clair que le retournement de situation qui a déjà fait couler beaucoup d’encre sort de nulle part, il n’en demeure pas moins qu’il pourra être à l’origine d’un renouveau de l’intrigue dès la future saison. Autrement, la police est également dotée d’un solide nouvel élément, Mike Anderson, qui tranche totalement avec les méthodes plus laxistes de ceux déjà en place. Cette arrivée est assez rafraîchissante. Le stagiaire de Masuka, Louis, n’est pas foncièrement désagréable mais a peu été étudié jusqu’à présent. Au vu des dernières révélations, il y a des chances qu’il fasse partie des difficultés de la saison sept.

Au final, cette saison six est bien trop routinière et souffre de mécanismes parfaitement huilés. Les ressorts de la série sont désormais parfaitement connus du téléspectateur qui a besoin d’une réactualisation des enjeux pour ne pas s’endormir. L’intensité n’est donc jamais présente parce que l’on sait pertinemment que quoi qu’il arrive, Dexter s’en sortira. De plus, le grand méchant de 2011 ne réussit pas à rester suffisamment convaincant et est surtout assimilable à un fanatique. Si les épisodes ne sont pas mauvais, notamment grâce au travail sur Deb, ils demeurent peu exaltants. En somme, il est important que la série réussisse à évoluer et a ne pas s’avérer aussi prévisible au cours des deux saisons à venir. Le cliffhanger semble vouloir amorcer des changements. Ce n’est pas trop tôt.

Par |2017-05-01T14:00:22+02:00février 8th, 2012|Dexter, Séries étasuniennes|4 Commentaires

[Pseudo-Analyse] Dexter ~ Le personnage de Debra Morgan

Shermane a toujours le chic de demander des billets un peu différents de ce que je propose en règle générale ;) Ce fut encore le cas cette année pour l’animation de Noël de Luminophore. Heureusement, j’aime bien les challenges.

Debra Morgan de Dexter. Debra ‘Fucking’ Morgan. Shermane souhaite donc que je parle du personnage. À l’origine, j’avais décidé de garder la saison six pour 2012. En ce moment je ne regarde plus trop en direct des États-Unis, j’essaye d’autres méthodes de visionnage pour voir ce qui me plaît le plus. En raison du thème demandé pour cet article, je me suis dit qu’il était quand même préférable de se baser sur la totalité du matériel disponible. C’est pourquoi j’ai finalement regardé, en plus de tout ce que vous m’avez demandé, la saison six de Dexter qui s’est justement terminée dimanche dernier. Cela m’a au moins permis de me remettre dans le bain. Il va de soi qu’il y a donc des spoilers partout. A priori il n’y a rien de trop méchant mais ceux qui ne sont pas au même stade et qui souhaitent garder une surprise totale devraient éviter la lecture de ce billet. Je tiens à préciser que je n’a jamais vu un épisode de la série plus d’une fois et que je ne me prétends absolument pas incollable sur le sujet. Veuillez m’excuser s’il y a quelques erreurs et approximations.

(suite…)

Par |2020-04-03T18:36:18+02:00décembre 24th, 2011|Dexter, Semaine spéciale Noël, Séries étasuniennes|8 Commentaires