Drive (série complète)

Je vous l’ai déjà dit il y a plusieurs semaines, j’envisage de revenir sur quelques séries que j’ai vues il y a un petit moment. Cela ne signifie pas forcément qu’elles méritent que l’on s’y attarde mais je traverse une phase où j’ai envie de parler de tout ce que j’ai déjà regardé à un moment donné. Hum, espérons que ce ne soit que temporaire. Alors que Luminophore venait à peine d’ouvrir ses portes, Drive refermait les siennes. Forcément, vu que nous nous trouvons sur un blog de sériephile, vous vous doutez que je ne fais pas référence au film de 2011 avec Ryan Gosling mais à la série. Créée notamment par Tim Minear (scénariste / réalisateur sur Angel, Firefly, Dollhouse, etc.), elle comporte six épisodes dont seulement quatre furent diffusés sur la Fox en avril 2007. En raison de ses audiences catastrophiques, Drive fut annulée très rapidement après son arrivée sur la chaîne américaine. Officieusement, on se doutait dès le départ qu’elle n’irait jamais jusqu’au bout de l’année. Elle n’a donc pas de fin et se termine sur une sorte de cliffhanger. Aucun spoiler.

Des Américains sont contactés simultanément via un téléphone portable. Ils doivent tout arrêter sur place, monter dans leur voiture et se rendre là où on leur demande d’aller. Pourquoi ? Vers qui ? Vers où ? Que se passe-t-il ? Certains le savent, d’autres ne comprennent pas ce qui leur arrive mais n’ont pas d’autre choix que d’obéir. Quoi qu’il en soit, chaque minute compte car ils réalisent qu’ils sont les participants d’une immense course automobile à travers le pays.

Si je me souviens bien, j’avais commencé Drive à l’époque parce que le sujet me semblait assez sympathique et pour quelques uns de ses acteurs. Je me rappelle avoir été assez embêtée par son annulation sans non plus avoir été réellement déçue. C’est davantage la manière dont la série a été mise au placard qui m’a réellement ennuyée. Cinq ans plus tard (déjà !) et une rediffusion en plus, je crois que mon avis n’a pas trop changé. Les six épisodes se regardent sans trop de déplaisir mais ne décollent pas du plancher. Il est donc question d’une course illégale de voitures dont on ne sait pas grand-chose au départ. Nous découvrons en même temps que les participants de quoi il en retourne et les mystères s’amoncellent les uns sur les autres. La série essaye par conséquent de distiller un climat énigmatique voire paranoïaque car personne ne peut se fier à qui que ce soit dans ce rodéo grandeur nature.

Alex Tully vivait tranquillement sa vie de jardinier dans le Kentucky jusqu’à ce que sa femme, Kathryn, incarnée par Amy Acker (Angel, Dollhouse) soit kidnappée. Les autorités compétentes se demandent pourquoi un couple du Kentucky n’ayant rien de bien trépidant est ainsi mis à mal. Alors qu’Alex s’affaire à chercher sa femme, il se retrouve embarqué dans cette fameuse course et réalise qu’en passant victorieux la ligne finale, il devrait normalement retrouver sa chère et tendre. Très rapidement, on imagine bien que si les organisateurs souhaitent cet Alex, le supposé jardinier Alex, ce ne sont pas pour ses talents de taillage de haies mais probablement pour une raison particulière en lien avec son passé enterré. Alex n’est pas celui qu’il semble être et c’est d’ailleurs l’ensemble des personnages qui montre que les apparences sont tout particulièrement trompeuses dans Drive. Alex découvre alors en même temps que le téléspectateur quelques dessous de cette course et à peine a-t-on le temps de dire ouf que la série démarre sur les chapeaux de roue. Tim Minear faisant partie de l’équipe de Joss Whedon et étant un ami du sympathique Nathan Fillion (Firefly, Castle, Buffy the Vampire Slayer), ce n’est donc pas très étonnant que ce soit ce dernier qui offre ses traits à Alex. N’ayant aucune envie de parcourir les États-Unis, Alex ne peut pourtant que plier devant l’adversaire et faire ce qu’on lui demande. Progressivement, il réalise l’étendue des difficultés qui l’attendent et finit par faire équipe avec Corinna jouée par Kristin Lehman. Cette femme semble en savoir beaucoup plus que ce qu’elle ne dit concernant l’organisation et le but de la course. Ce duo fonctionne à merveille et est sans conteste l’atout phare de Drive.

À l’exception d’Alex et de quelques autres compétiteurs, la plupart des participants savent exactement pourquoi ils appuient sur le champignon. Qui dit course dit vainqueur et ce sont 32 millions de dollars à la clé. Bref, de quoi faire rêver et multiplier les malversations et autres manipulations. Tous les coups sont permis et personne ne semble pouvoir faire confiance à l’autre. Conduire comme un dératé n’est pas non plus suffisant car la course est divisée en plusieurs étapes où il faut à chaque fois résoudre une énigme afin de trouver la ligne d’arrivée intermédiaire. Attention également à ne jamais froisser l’organisation et à bien veiller savoir s’arrêter lorsqu’on le demande. Un accident mortel est si rapidement arrivé. Ce qu’il y a d’intéressant dans la série est la diversité des protagonistes. Si certains stéréotypes sont malheureusement de mise, on ne peut nier qu’il existe un large panel de multiples personnalités et d’horizons fort différents. On retrouve une touchante mère de famille qui vient d’accoucher et qui fuit son mari violent, le fraîchement sorti de prison Winston Salazar joué par Kevin Alejandro (True Blood, Ugly Betty) accompagné de son demi-frère qu’il connaît à peine, un insipide militaire avec son insupportable copine, trois femmes anciennes victimes de Katrina dont l’une est interprétée comme un pied ou encore l’attachant père malade (Dylan Baker – Kings) avec son adolescente de fille incarnée par Emma Stone, désormais surtout connue au cinéma. La caméra passe de voiture en voiture et si l’on croit les associations figées, ce n’est pas du tout le cas tant elles se défont et se refont aussi vite que les kilomètres défilent. De même, les épisodes ne se déroulent pas toujours uniquement sur la route. Il est vrai que l’on assiste à quelques courses-poursuites, certaines étant d’ailleurs bien filmées, mais ce sont surtout les à-côtés qui priment. L’intérêt premier de la série n’est pas la course en tant que telle, ce sont effectivement davantage les mystères et l’histoire des participants qui importent.
Sur une note plus accessoire, on peut y noter la présence de quelques visages connus des sériephiles dans des rôles tertiaires comme K Callan (Lois & Clark : The New Adventures of Superman), Lindsay Crouse (Buffy the Vampire Slayer) ou encore Paul Ben-Victor (The Invisible Man, Everybody Hates Chris, Entourage).

Du suspense il y a et les prémisses sont alléchantes, cependant cela ne fait pas tout. S’il est clair que la galerie de personnages est variée, elle est trop importante en nombre et évidemment, le développement est loin d’être à la hauteur des espérances. Certes, il n’y a que six épisodes mais ce n’est en aucun cas une raison valable. Si la série démarre tambour battant, elle fait ensuite du surplace et manque cruellement de rythme malgré une réalisation soignée et quelques plans-séquence valant plus que le détour. Ne parlons pas non plus de des raccourcis scénaristiques, des dialogues sans saveur et de l’absence de réelle émotion. Globalement, on se fiche un peu de ce que l’on regarde et de ce qui arrive aux participants, ce qui est comme on peut s’en douter, plutôt dommage. L’humour aurait également gagné à être mieux dosé ou utilisé, la série donnant par moment l’impression d’être presque prétentieuse. Du côté de la forme, on ne peut nier que la série possède une esthétique travaillée mais trop d’effets spéciaux mal fichus finissent par nuire. Par contre, la musique de Keith Power est relativement agréable, tout comme la chanson du médiocre générique, Can’t Stop the World de Gavin Rossdale.

Au final, Drive possède un potentiel certain qui ne demandait qu’à être pleinement exploité. Par son concept intriguant de course illégale à travers les États-Unis, la série se veut originale, dynamique et créative mais malheureusement, elle n’arrive jamais à pleinement convaincre. Les personnages ont du mal à passionner et à se montrer attachants voire tout simplement, intéressants. Restent la réalisation plutôt bien fichue et quelques dynamiques sympathiques comme celle du duo phare. La série n’est donc pas particulièrement conseillée d’autant plus qu’elle n’a pas de fin en bonne et due forme mais cela ne l’empêche tout de même pas d’être globalement divertissante.

By |2018-07-06T17:46:52+01:00mai 2nd, 2012|Drive, Séries étasuniennes|0 Comments

(Bilan) L’année sériephile 2006-2007 ~ Partie 1/3

L’année 2006-2007 des séries étant presque terminée aux États-Unis, il est possible de rédiger un petit bilan.

Classement des meilleures nouvelles séries

Classement selon moi-même, évidemment. Peut-être qu’il y a eu de meilleures nouvelles séries, mais si je ne les ai pas vues, je ne peux pas le dire. Se reporter à mes bla-bla suivants pour plus de détails.

  1. Friday Night Lights
  2. Dexter. Je tiens quand même à préciser que j’ai eu un peu de mal à choisir entre les deux, elles sont tellement différentes, mais toutes les deux très addictives.
  3. Beaucoup plus loin… Ugly Betty
  4. Heroes
  5. Beaucoup plus loin encore… Jericho
  6. Plus loin… Blade : The Series. Parce que même si j’aime les vampires et le personnage de Marcus Van Sciver, l’acteur interprétant Blade est trop, trop, nul.

 

Bilan série par série

Battlestar Galactica : J’en ai déjà parlé à plusieurs reprises donc je ne vais pas m’étendre davantage. Je suis juste en manque de cette série et j’ai hâte de la revoir sur le petit écran. La seule chose triste, c’est que la quatrième saison sera la dernière… argh ça va être dur de retrouver une série avec ce potentiel très bien exploité.

Blade : The Series : Pareil, déjà évoqué.

Criminal Minds : Dur de dire si la saison deux est supérieure à la première puisque les épisodes sont toujours plus ou moins semblables. Un psychopathe s’amuse et l’équipe le traque. Personnellement, je suis assez friande de cette série. J’aime beaucoup l’aspect psychologique, la compréhension totale du méchant de l’histoire, les retombées sur les héros… La saison deux a permis de faire plus ample connaissance avec les protagonistes et c’est appréciable. J’étais un petit peu sceptique lorsqu’un des membres de l’unité est parti en cours de saison, mais je me suis vite fait à sa remplaçante. Le cliffhanger de la saison une était extraordinairement stressant ; celui de la deuxième l’est beaucoup moins, mais il n’en est pas moins intéressant puisqu’il laisse supposer la survenue de sacrés changements à Quantico. Bref, voilà une très chouette série même si, comme moi, on n’aime pas trop les fictions policières.

Dexter : Je voulais écrire un billet sur cette nouveauté qui m’a plus qu’enchantée, mais j’ai eu subitement la flemme. Maintenant qu’elle passe en France sur Canal+, peut-être que certains d’entre vous ont eu la possibilité de la voir et de l’adorer. La série est intense et l’ambiance est froide malgré le côté moite de la Floride. Ce qui est amusant, c’est de noter la différence entre la Floride toute pimpante de Nip/Tuck et celle plus que glauque de Dexter. Certains préciserons que la fiction est gore, je ne suis pas d’accord. Certes, s’y trouvent quelques plans susceptibles de heurter la sensibilité des plus jeunes, mais, autrement, il n’y a rien de bien palpitant. Il ne faut donc pas s’arrêter à ce détail. L’humour, noir cela va s’en dire, permet de dédramatiser les scènes plus intenses. Qui plus est, les rebondissements ne sont pas tirés par les cheveux et l’on suit avec une très grande avidité les aventures de Dexter, le tueur en série plus qu’attachant. À ce propos, les acteurs sont formidables – Michael C. Hall, d’abord, qui, avec sa tête de nounours, trouble énormément. Lorsque j’ai regardé la production, je visionnais en même temps Six Feet Under où il campe justement l’un des rôles principaux. Figurez-vous qu’il est tellement bon que j’avais l’impression d’être confrontée à deux comédiens différents. En voyant Dexter, je ne pensais pas du tout à David de Six Feet Under, et inversement. Les autres sont eux aussi remarquables, et j’ai une pensée toute particulière pour Julie Benz. Sinon, les flashbacks sont solidement mis en scène et expliquent le cheminement de Dexter grâce à son père. Les jeunes interprètes choisis pour incarner l’antihéros à deux périodes de sa vie – petit et ado – sont également satisfaisants. Naturellement, j’attends avec une très grande impatience la saison suivante.

Drive : Bon, la série est annulée… Seuls quatre épisodes ont été diffusés. Les deux autres déjà en boîte passeront le 4 juillet, mais il n’y aura pas de fin. Sans être la série du siècle, j’aime bien le concept et puis il y a Nathan Fillion. À la base, j’apprécie assez les courses-poursuites en voiture, mais je me demandais s’il y avait moyen d’en faire une série sans être un truc complètement débile et surfait. Bah, j’ai l’impression que oui, mais on ne saura jamais si la série pouvait être au-dessus de ce que l’on imaginait.

Friday Night Lights : Ouaw, j’attaque du lourd, là. Du très, très, lourd. Cette série, ce n’est que du bonheur. Dire que la saison deux n’était même pas sûre d’être produite parce que les Américains ne s’y intéressent pas. Ils sont fous ! En tout cas, si elle titille votre curiosité, ce n’est pas la peine d’attendre une diffusion française, elle risque de ne pas arriver. Vu que le thème de fond est le foot américain, les chaînes françaises ont peur que ça ne passe pas du tout avec le public français. C’est franchement dommage. Comme j’ai déjà pu le dire, il est donc question de sport, mais ce n’est qu’un prétexte pour parler des habitants d’une toute petite ville du Texas qui ne vit qu’à travers cette discipline et les fameux vendredis soirs – où ont lieu les matchs. Les personnages sont traités en finesse – que ce soit les ados ou les adultes – les relations ne sont pas édulcorées, les dialogues sonnent vrais, tout sonne réaliste en fait. Mention spéciale à Landry qui est tellement similaire à n’importe quel ado sur Terre ; il n’est pas très beau, un peu geek et stupide sur les bords, mais diablement attachant. Du côté des sportifs, j’adore Matt et Tim. Quant aux filles, on ne peut pas rester insensible face à Tyra, ou même à Lyla, la cheerleader. Chez les adultes, vive le couple Taylor~ Alors que l’on s’attend forcément à des clichés, il n’y en a pas ou, plutôt, ils s’avèrent minimes et aisément oubliables. Voilà une série extraordinaire dans laquelle on plonge rapidement, et avec laquelle on vibre tout du long de ses vingt-deux épisodes. Un petit bijou comme on en aimerait davantage.

Grey’s Anatomy : Le début de la saison trois était pas mal, le milieu était nul, la fin était à l’image de la saison, c’est-à-dire mitigée. Il y avait moyen de faire quelque chose de grand, mais ils se sont enfoncés dans du drame inutile. Je n’adhère pas à Meredith si ce n’est que ce qu’ils lui ont fait subir est atroce. Ça fait trop pour un seul individu. Bref, je suis déçue par cette surenchère poussive. Le comble du ridicule vient avec l’arrivée d’un nouveau personnage qui paraît figurer dans un énième triangle amoureux. Lorsque j’ai compris ça, j’ai ri jaune.

Concernant la série dérivée avec Addison, je n’ai pas du tout été convaincue par le double épisode servant de pilote – même si l’on a pu voir David Anders. Ça semble assez déjanté, mais, bof… un peu trop surexcité, je crois. Par contre, j’ai adoré Cooper joué par Paul de Prison Break. Quant à Chris Lowell (Piz dans Veronica Mars), j’ai trouvé ça un peu idiot que des trentenaires se mettent à fantasmer sur lui alors qu’il donne l’impression d’avoir quinze ans. Je visionnerai malgré tout le début de la saison une.

Heroes : Contrairement à beaucoup de monde, je ne suis pas une fan hystérique ; je ne dirai même pas que je suis une fan. J’aime bien, mais je ne suis plus si enthousiasmée que ça. Les trois premiers épisodes sont moyens, après j’ai franchement adoré. Or, la tension est retombée et j’ai regardé le final de manière assez froide et détachée. Il y a pas mal d’évènements qui ne collent pas entre eux ou qui sont laissés de côté. Certes, c’est très sympa, mais est-ce que ça mérite tout cette renommée ? Je ne crois pas. Il y a un réel travail derrière, les personnages sont souvent agréables, la mythologie se tient, mais je n’en suis pas dingue. Cela dit, j’ai appris tout à l’heure que David Anders pourrait intégrer la distribution et, évidemment, je suis surexcitée !

Jericho : J’en ai déjà parlé donc je ne m’étendrai pas. Durant quelques semaines on a cru que la série serait annulée, mais les fans se sont tellement mobilisés qu’il y aura une saison deux. Pas une de vingt-deux épisodes, certes, mais c’est génial. On va ainsi avoir une fin parce que terminer sur le cliffhanger de la saison une, c’est moyen hein !?

La suite du bilan dans la seconde partie !