Kochira Katsushika-ku Kameari Kôen-mae Hashutsujo: The Movie | こちら葛飾区亀有公園前派出所 (film)

Malgré le succès très limité de l’adaptation télévisée du manga Kochira Katsushika-ku Kameari Kôen-mae Hashutsujo, le cupide policier paresseux est revenu sur le devant de la scène deux ans plus tard. Cette fois, il s’attaque au grand écran à travers un film sorti dans les salles nippones le 6 août 2011. D’une durée de cent douze minutes, ce long-métrage comporte le sous-titre Kachidoki Bashi wo Fûsase yo! pouvant être très approximativement traduit par sauvons le pont Kachidoki ! Aucun spoiler.

Alors qu’il vaque à ses occupations habituelles, Ryôtsu Kankichi tombe sur Sawamura Momoko, une de ses anciennes camarades de classe pour qui il avait jadis le béguin. Mère célibataire, elle ne baisse pas les bras et élève sa fille du mieux qu’elle peut. En la retrouvant, le trentenaire toujours aussi manipulateur et intéressé se plaît à penser qu’il pourrait l’épouser. Sauf qu’avant de mettre ses plans à exécution, il doit composer avec un individu s’apprêtant à kidnapper la petite-fille d’un de ses supérieurs.

Sans surprise majeure, le film de Kochikame se dote d’un récit indépendant et ne s’apparente pas à une vraie suite du j-drama. De toute manière, l’intégralité de cet univers n’est que très rarement feuilletonnant et permet donc de s’y immerger à tout moment. C’est d’ailleurs pourquoi il n’est pas nécessaire d’avoir regardé auparavant la fort passable transposition de 2009. Il n’empêche qu’ici, le ton change quelque peu et l’atmosphère surexcitée s’atténue sensiblement. Par exemple, les grimaces de Kankichi sont bien plus en retrait et pour peu que l’on ait souffert avec les épisodes précédents, cette approche différente fait du bien. Certes, l’antihéros continue toujours de cabotiner, de gesticuler et de hurler dans tous les sens, mais il se montre étonnamment plus posé. Est-ce l’effet de l’amour ? Car, oui, il en pince pour une trentenaire et rêve de réussir à décrocher son cœur. Naturellement, le public se doute qu’il risque de ne pas atteindre son but surtout que le scénario prouve que les deux amis d’enfance n’ont pas grand-chose en commun, mais aussi parce que la jeune femme n’a pas fait le deuil du départ de son ex-compagnon. Fukada Kyôko (Kamisama Mô Sukoshi Dake) incarne Momoko et son alchimie avec Katori Shingo ne saute pas aux yeux ; les acteurs des flashbacks vingt ans plus tôt sont bien plus convaincants ensemble. Sur la forme, il semble dommage qu’en obtenant un budget plus important, la fiction oublie ses décors miniaturisés et représente le quartier de la manière la plus traditionnelle qui soit. Ce côté carton-pâte offrait à l’univers une touche amusante et décalée, second degré qui fait défaut à ce film se prenant un peu trop au sérieux. Qui plus est, la durée rallongée accentue les maladresses de l’écriture tant le rythme se veut branlant.

Au moment même où Kankichi rencontre Momoko, il sait qu’elle est celle qui lui plaisait tant quand ils étaient hauts comme trois pommes. Elle avait malheureusement dû quitter les environs et ce n’est que depuis peu qu’elle est de retour. Elle a remis au goût du jour le théâtre de ses parents et le gère d’une main de maître. Probablement en partie pour faire bonne figure, Kankichi décide de lui donner un coup de main et se lance comme acteur, maquilleur et boute-en-train de service. Il apprivoise dans la seconde la fille de Momoko (Kawashima Ririka) qui a beaucoup de difficulté à se faire des amis à l’école malgré les tentatives d’approche d’une élève dont le grand-père n’est autre que l’un des grands pontes de la police. Le récit se corse avec l’ombre d’un homme semblant surveiller de loin tout le monde et ayant vraisemblablement des ambitions maléfiques. Dans un premier temps, la production joue la carte du mystère avec l’identité de cet antagoniste campé par Tanihara Shôsuke (Tsugunai, Love Shuffle), mais il est très facile de savoir de quoi il en retourne. Ensuite, il est l’heure de se focaliser sur une course contre la montre dans le but de sauver la fillette disparue, enlevée par un individu dont l’attitude peut, comme par hasard, presque s’excuser. Le film ne souhaite jamais choquer la morale et se révèle très vertueux en lissant de la sorte la caractérisation et les motivations de ses principales figures. La prévisibilité phagocyte de trop cette histoire très poussive où l’emphase sentimentale est reine. Est-ce que cela signifie que le long-métrage devient douloureux à regarder ? Non, pas forcément, mais il ne divertit que peu avec son registre bancal associant moments supposément riches en émotions et humour tombant souvent à plat. D’ailleurs, les seuls passages les plus comiques sont uniquement dus à Kankichi, les autres personnages récurrents demeurant tous en retrait. Ses collègues, toujours incarnés par Hayami Mokomichi et Karina, sont totalement transparents. Quelques invités sont de la partie comme Sawamura Ikki (Doctors, Hataraki Man) et Hirata Mitsuru.

Pour résumer, Kochikame: The Movie raconte une nouvelle aventure de son policier aux moult défauts alors qu’il cherche à faire la cour à une amie d’enfance. Théâtre traditionnel, kidnapping et retrouvailles sont au programme de ce qui ressemble à un récit très convenu, artificiel et plutôt moralisateur. Le résultat final n’en devient pas foncièrement mauvais, mais il peine à convaincre en s’avérant aussi peu original d’autant plus que les protagonistes sont peu développés et que l’humour ne réussit que rarement à faire mouche. Ce long-métrage est donc dispensable et peut même attrister les amateurs de la série télévisée, car l’esprit déjanté se révèle plus ténu, au bénéfice d’une tonalité familiale sentimentale omniprésente.

Par |2018-07-06T17:48:20+02:00décembre 25th, 2015|Films, Kochira Katsushika-ku Kameari Kôen-mae Hashutsujo|0 commentaire

GARO Gaiden: Tôgen no Fue | 牙狼外伝: 桃幻の笛 (film)

Après avoir amorcé une nouvelle continuité dans l’univers de GARO avec Yami wo Terasu Mono, la franchise est repartie vers celle d’origine à travers GARO Gaiden: Tôgen no Fue. Il s’agit d’un film durant un peu plus d’une heure sorti dans les salles le 20 juillet 2013. Cette production réalisée par Ôhashi Akira et dont le titre peut être approximativement traduit par Une histoire à part de GARO : la flûte Tôgen s’inscrit à la suite de Makai Senki, mais ne nécessite pour autant pas d’être totalement au fait de ce qui s’est déroulé auparavant pour la regarder. Aucun spoiler.

Jouer huit notes sur l’illustre flûte Tôgen permet de libérer un incroyable pouvoir que personne ne devrait posséder. Naturellement, nombreux sont ceux qui cherchent cet objet et semblent prêts à tout pour l’obtenir. Sans le vouloir, les deux prêtresses Makai Rekka et Jabi se voient mêlées à cette quête mettant leurs liens à rude épreuve.

Pendant que Kôga tente de conclure son contrat avec Gajari dans Sôkoku no Maryû, ses amis continuent de lutter tant bien que mal contre les forces obscures. Pour l’occasion, ce troisième film décide de laisser de côté les chevaliers Makai et de privilégier les prêtres, ce qui s’avère une excellente chose. Effectivement, après les avoir malmenés tout au long de la deuxième saison, il paraît bon de leur offrir l’opportunité de démontrer de nouveau leurs capacités et motivations. Qui plus est, bien qu’ils ne disposent pas d’armure ou d’une puissance de feu notable comme leurs confrères, ils sont loin d’être inutiles et ce long-métrage illustre leurs atouts à plusieurs reprises grâce à quelques combats correctement menés. À ce sujet, les effets spéciaux demeurent satisfaisants et oublier les costumes pour favoriser des chorégraphies plus aériennes et virevoltantes redynamise un minimum l’univers. La réalisation reste toutefois classique et dans la veine habituelle. Tôgen no Fue affirme d’autant plus sa différence en choyant une approche féminine. Jusqu’à présent, GARO mettait majoritairement en évidence des hommes et ce n’est pas un mal que de changer la donne, surtout que des personnalités comme Jabi et Rekka possèdent, vraisemblablement, un potentiel manifeste. Malheureusement, trouver un angle quelque peu inédit ne suffit pas toujours pour concocter une fiction digne de ce nom.

Du fait de son expérience, Jabi veille à transmettre ses connaissances à ses comparses, qu’ils soient très jeunes comme plus âgés. Rin, déjà vue dans l’épisode spécial Byakuya no Majû, figure parmi ses élèves, mais c’est aussi le cas de Rekka. Cette dernière souffre encore de ne pouvoir œuvrer comme chevalier en raison de son sexe et ne comprend pas les décisions de son aînée. Elle se sent d’autant plus frustrée qu’elle ne parvient pas à réaliser une attaque puissante fort particulière. En partant en mission, elle rencontre une autre prêtresse, Magi (Ôno Miku), au comportement assez exubérant, lui apprenant que l’une d’entre elles a embrassé le côté obscur et qu’elle cherche à récupérer coûte que coûte la flûte Tôgen. Plus loin, Jabi vit une situation étrangement similaire, car Agi (Takiuchi Kumi), une collègue Makai, lui tient également ce discours. Qui dit vrai ? Que se passe-t-il réellement ? Le scénario du film est extrêmement classique en plus de se montrer honteusement prévisible. Le public devine immédiatement de quoi il en retourne, les rebondissements sont éventés et l’affrontement entre Rekka et Jabi perd rapidement de sa force étant donné que les deux ne prennent jamais le temps de discuter ou de mettre les choses à plat. Quant aux antagonistes, ils sont caricaturaux et dénués de charisme. Au bout du compte, le récit n’apporte rien à la mythologie de la série et, pire, il n’explore que peu la personnalité de ses héroïnes. Cet écueil est d’ailleurs peut-être le plus désagréable puisqu’il laisse une impression de coup d’épée dans l’eau.

En conclusion, GARO Gaiden: Tôgen no Fue a beau s’attarder sur deux femmes de caractère de l’univers de la franchise, il n’en tire jamais correctement profit. Au lieu d’offrir un divertissement de qualité permettant d’en apprendre plus sur ces prêtresses ou de proposer un spectacle exaltant, il s’empêtre dans une histoire convenue répétant inlassablement des codes narratifs déjà surutilisés au cours des saisons télévisées précédentes. Avec son interprétation hasardeuse, ses ficelles grossières et son écriture approximative, cette production peu inspirée ennuie malgré une courte durée. Subsistent alors uniquement le charme de Jabi et, dans une moindre mesure, de Rekka, mais aussi le plaisir de retourner aux sources après l’insuffisant Yami wo Terasu Mono.
Bonus : la bande-annonce

Par |2017-05-01T13:58:17+02:00décembre 11th, 2015|Films, GARO, Séries japonaises|0 commentaire