Friends with Benefits (série complète)

Oh, une sitcom sur Luminophore. C’est rare ça. Oui des fois je ne sais pas trop ce qui me prend et j’ai envie d’essayer des séries qui ne m’attirent pas des masses à la base. En l’occurrence ici, je me suis dit que vu que celle dont nous allons parler était déjà annulée et qu’il y avait un acteur que j’aime beaucoup, ce serait l’occasion de changer un peu de mes habitudes. C’est donc ainsi qu’en janvier dernier j’ai testé Friends with Benefits. Attention, il n’est pas du tout question du film de 2011 avec Justin Timberlake et Mila Kunis. Friends with Benefits ne comporte qu’une seule saison de treize épisodes d’une vingtaine de minutes. Elle fut diffusée entre août et septembre 2011 sur NBC. À vrai dire, le dernier épisode n’est même pas passé sur la chaîne, il est uniquement disponible sur quelques plateformes de téléchargement légal. Avant même que la série n’arrive à l’antenne, il fut décidé qu’il n’y aurait pas de suite. La chaîne a repoussé, repoussé et encore repoussé la diffusion à tel point que l’on se demandait si elle passerait par notre petit écran un de ces jours. Cette attitude très frileuse était-elle méritée ? Aucun spoiler.

Friends with Benefits raconte les aventures d’un groupe d’amis vivant à Chicago. Tous célibataires, ils n’ont pourtant pas les mêmes aspirations amoureuses et essayent non sans mal de trouver ce qu’ils recherchent. En attendant, certains d’entre eux décident de se faire plaisir par des moyens assez peu usuels. Le concept de sex friends est à l’heure actuelle loin d’être original tant on doit le supporter un peu partout. Ce n’est certainement pas ici que l’on retrouvera de l’originalité. Deux des personnages poussent effectivement les limites de leur amitié jusqu’à leur lit et comme on peut s’en douter, ils sont certainement faits l’un pour l’autre. Le but de la série était probablement de les amener jusqu’à cette prise de conscience. Le douzième épisode y travaille d’ailleurs un petit peu mais tout est remis à zéro lors du dernier, le résultat est par conséquent très bizarre à ce niveau. De ce côté-là, rien de nouveau donc. La thématique de friends with benefits n’est pas particulièrement mise en avant ni exploitée. Et il en de même pour les sentiments qui ne sont pas développés une seule seconde.

Là où Friends with Benefits est parfois douloureuse à regarder est qu’en plus d’être superficielle, elle est aussi insipide. Ses épisodes se suivent et se ressemblent tous. On voit les protagonistes courir après l’amour ou le sexe, ne pas réussir, se plaindre et puis… bah, c’est tout. Certes, cela pourrait évidemment ne pas être dérangeant si d’autres éléments venaient contrebalancer la tiédeur des intrigues mais même pas. Qui dit sitcom dit normalement humour, ou tout en cas des situations assez drôles. Ici, non. On ne peut pas dire que les supposées blagues soient réussies. Pire, elles sont parfois lourdes et très limites. L’ambiance est du même genre, c’est-à-dire, morne. Encore une fois, on pourrait espérer que la lueur vienne d’autre chose, à savoir les personnages ! Eh bien, non, là aussi c’est raté. C’est peut-être ça le plus désagréable. Ils ne sont pas attachants. Au contraire, ils sont par moment irritants voire consternants. À la rigueur, seul Fitz, le pote passe-partout super relax est potable. Ils sont tous des stéréotypes en puissance et semblent entrer dans le cahier des charges pile poil comme il faut. Ce n’est pas la sympathie que l’on peut ressentir pour certains acteurs comme Ryan Hansen (Veronica Mars, Party Down) et la pétillante Danneel Harris (la femme de Jensen Ackles, oui), qui va changer quoi que ce soit, malheureusement. Jessica Lucas (Life as we know it) est ici assez mauvaise sinon ce qui, comme on peut s’en douter, n’aide pas. Aaron est sûrement le plus antipathique d’entre eux tant on se fiche royalement de ce qu’il se passe dans sa vie de riche. À l’origine il devait être joué par Fran Kranz (Dollhouse), ce qui n’aurait pas été plus mal. En fait, si ces personnes sont ensemble, il est difficile de savoir pourquoi elles sont amies. On ne ressent pas vraiment d’alchimie entre elles et on ne comprend pas les raisons qui les poussent à se réunir. Côté guests, il y a du joli monde de Greek comme Scott Michael Foster, Amber Stevens mais aussi Johanna Braddy. Autrement on retrouve Kaylee DeFer (Gossip Girl), Camille Guaty (Prison Break), Travis Schuldt (Scrubs), Paula Marshall (Californication), Rebecca Mader (Lost) ou encore Pete Wentz (du groupe Fall Out Boy).

Diffusée en catimini durant l’été, Friends with Benefits a eu le traitement qu’elle méritait. En dépit de son titre et de son envie d’utiliser le concept désormais éculé de sex friends, elle n’en tire jamais réellement parti. Pour être honnête, on peut se poser la question qui est de savoir ce que les scénaristes ont voulu inspirer. Est-ce une comédie romantique ? Non, elle n’est pas assez drôle pour ça et les sentiments amoureux ne sont jamais effleurés. Ce n’est pas non plus une comédie, c’est juste une succession de scènes laborieuses fades et sans intérêt. La série se laisse regarder mais elle donne toutefois la désagréable impression de perdre son temps.