Good Life | グッドライフ

Décidément, Carole m’en aura fait regarder des j-dramas du printemps 2011 qui ne m’intéressaient pas vraiment ! Good Life en fait effectivement partie. Généralement, son sous-titre, Arigatô, Papa. Sayonara, lui est accolé et je ne pense pas qu’il y ait nécessité de le traduire… Composée de onze épisodes, la série fut diffusée sur Fuji TV entre avril et juin 2011. Seul le premier épisode dure une heure au lieu des quarante-cinq minutes habituelles. Il s’agit d’une adaptation du roman sud-coréen Kashikogi de Cho Chang-In qui aurait été vendu à plus de deux millions d’exemplaires dans le monde. Il existe apparemment une version télévisée sud-coréenne mais je n’ai pas réussi à mettre la main dessus ou même sur des informations dans une langue que je puisse comprendre. Aucun spoiler.

Sawamoto Daichi a depuis toujours privilégié sa carrière de journaliste plutôt que sa vie de famille. Quand un jour son épouse le quitte soudainement, il finit enfin par découvrir son fils. Alors que son cœur commence à s’ouvrir, Daichi apprend que son enfant est atteint de leucémie.

   

Le titre ne laisse aucun doute là-dessus, la série s’annonce triste. Pourtant, elle ne se révèle pas aussi difficile que ce que l’on pourrait penser. La maladie est présente mais elle est loin d’être le moteur. Non, ce qui importe ici est la relation entre un père qui se découvre et un fils qui attend uniquement que son papa pose enfin les yeux sur lui. En cela, Good Life est intéressante et réussit à être touchante. Toutefois, cela ne suffit pas. Si la première moitié de la série est vraiment bonne car parvenant assez bien à éviter les écueils attendus, la seconde ne peut s’empêcher d’accumuler les défauts et les poncifs du genre. C’est vraiment dommage car au visionnage du premier épisode, on se dit que l’on tient peut-être enfin un drama maladie digne de ce nom mais un rebondissement arrivant presque comme un cheveu sur la soupe en plein milieu de la série chamboule tout. Good Life souffre alors de surenchère mais également de longueurs et de répétition. Les personnages se tournent autour, les complications et les quiproquos sont légion et devant son écran, on s’ennuie voire on s’agace. Il est difficile de véritablement expliquer ce qu’il se passe car trop en dire donnerait des indices sur le devenir du petit garçon atteint de leucémie. Ce qu’il faut retenir est que l’émotion et les sensations à fleur de peau des débuts de la série font place à de l’incrédulité et un sentiment d’exagération. Il est vrai que ce qu’il s’y déroule peut arriver, que les coïncidences malheureuses existent mais à trop en faire, on perd en crédibilité et en intensité. Par contre, c’est sûr que du côté du pathos, on atteint alors des sommets bien qu’il y ait toujours une légère dose de fraîcheur de vivre et d’humour.

Sawamoto Daichi, incarné par Sorimachi Takashi (Great Teacher Onizuka), est un homme assez détestable. Ne s’occupant que de sa carrière et de son propre nombril, il trace sa route sans regarder à côté de lui. Sa femme ? Elle est là bien sûr, elle doit l’écouter mais à quoi sert-elle autrement ? À rien. Son fils ? Même constat. Quant à ses collègues, aucun ne l’apprécie malgré ses qualités évidentes de journaliste à scoop. Lorsque son épouse, Kaori, jouée par la douce et un peu trop placide Igawa Haruka (Sora Kara Furu Ichioku no Hoshi), quitte la maison sans crier gare, il se retrouve seul avec son fils, Waku. Kaori aime Waku plus que tout mais il a préféré rester avec son père, contre toute attente. Sa mère l’abandonne alors, n’en pouvant plus de vivre dans ces conditions. Waku est interprété par le tout jeune Kabe Amon qui n’avait que sept-huit ans au moment du tournage. Le rôle est très difficile et il se débrouille assez correctement dans l’ensemble ; en d’autres termes il y a mieux mais il y a largement pire. Waku aime son père à la folie et a parfaitement compris de quelle manière il fonctionnait. Il sait que sous ce masque se cache un homme fragile, qui a du mal à mettre des mots sur ses émotions et qui est seul. C’est entre autres pour cette raison qu’il veut rester avec lui car il sait qu’en allant avec sa mère, son père se retrouverait sans personne. Waku est un garçon assez éveillé mais qui, comme tous les petits de son âge, n’est qu’un enfant encore pur et innocent.

Lorsque Kaori quitte Takashi, il doit ainsi élever seul son fils ce qui est difficile au départ. Les bêtises suivent et ce, des deux côtés, bien qu’évidemment l’enfant ne soit aucunement à blâmer. Alors que le père commence enfin à prendre ses marques et à remarquer qu’il connaît peu Waku, ce dernier tombe malade. Il souffre effectivement d’une forme de leucémie. Elle peut se soigner dans 80% des cas mais pour cela il est nécessaire de passer par la phase de chimiothérapie et/ou de greffe de moelle osseuse, à condition de trouver un donneur… Waku et ses jolis pyjamas intègrent donc le service de pédiatrie de l’hôpital, où travaillent notamment les personnages interprétés par Ihara Tsuyoshi (Jotei, Last Christmas) qui joue le rôle d’un médecin sympathique, et Eikura Nana, une sorte de psychologue pas vraiment psychologue qui s’occupe du bien être psychique des enfants. Takashi réalise rapidement qu’il ne peut continuer son train de vie habituel s’il veut que son fils s’en sorte. Et surtout, il comprend qu’il n’était pas heureux jusque-là. Il était certes en vie mais cela ne signifie pas qu’il vivait. Les journées se succédaient, les scoops également et à part ça ? Le fait que sa femme le quitte est le déclencheur mais l’accélérateur de son changement de priorités est la maladie de Waku. Il découvre qu’il sait être un père aimant et attentif. La dynamique qui s’instaure entre eux est belle, sans fioritures et touchante. Le drama s’attarde quasi exclusivement sur la relation entre Waku et Takashi mais se permet également de parler de la leucémie ou plus globalement de la maladie. C’est d’ailleurs l’occasion de voir l’acteur sud-coréen Jung Woo Sung (vu pour ma part au cinéma dans Le Bon, la Brute et le Cinglé). On entend parler japonais, naturellement, mais aussi français, anglais et coréen. À noter la présence dans des rôles secondaires de Kanai Yûta (TROUBLEMAN) et d’Okunuki Kaori (Zeni Geba, Kurosagi). Si la mère de Waku l’abandonne au début de la série, il est évident qu’elle finit par revenir dans sa vie bien qu’elle ne l’ait jamais réellement quitté. Autour d’elle gravite un professeur d’arts incarné par Kaga Takeshi (Kaibutsu-kun, Oh! My Girl!!). Kaori est assez intéressante mais pas passionnante ce qui fait que l’on a du mal à réellement ressentir quoi que ce soit pour elle.

Au final, plutôt que d’être une série sur une maladie, Good Life s’axe sur le changement de vie. Elle montre qu’il suffit d’un seul évènement pour que son univers se modifie et que ses priorités diffèrent. La première partie y est d’ailleurs principalement dédiée et propose une dynamique attendrissante, réaliste et plutôt profonde entre un petit garçon et son père qui comprend enfin le sens de la filiation. Malheureusement, vers le milieu de la série, Good Life décide d’accentuer le pathos, forcément présent jusque-là mais largement tolérable, en insérant un rebondissement dispensable qui suivra jusqu’à la fin. Il est tout de même vrai que le j-drama parvient toujours à trouver un équilibre car il n’est jamais dans l’émotion trop facile afin de faire pleurer tout le monde. L’écriture plutôt juste et l’interprétation sans failles et en retenue de Sorimachi Takashi y sont assurément pour beaucoup. En outre, la musique de Sumitomo Norihito est agréable et la chanson thème de JUJU, Mata Ashita…, superbe. Au final, Good Life aurait pu être une grande série mais elle restera tout simplement dans la catégorie des légères déceptions. Tant pis.