Gossip Girl (saison 6)

Même si la fin ne semblait jamais vouloir arriver, ça y est, c’est bon, Gossip Girl est bel et bien enterrée. Enfin ! Je n’en reviens pas de me l’être infligée six années. Annoncée comme étant la dernière et raccourcie à dix épisodes, la sixième saison fut diffusée entre octobre et décembre 2012 sur The CW. Aucun spoiler.

La cinquième saison s’était conclue par les adieux d’une Serena déprimée partie faire on ne sait quoi, on ne sait où, Dan s’acoquinant avec Georgina de manière à écrire un nouveau livre bien plus féroce que le précédent, Nate souhaitant faire tomber Gossip Girl, et Chuck et Blair finissant par se rabibocher. Pour son ultime année à l’antenne, la série aurait pu mettre les petits plats dans les grands, faire preuve de satire comme cela lui arrivait au début, être légère, mais fun, et s’apparenter à un divertissement globalement honnête. Malheureusement, ces dix épisodes démontrent qu’il était vraiment temps de raccrocher tant tout y tourne en rond. Quand il en existe des dignes de ce nom, les intrigues sont totalement vides de substance, on en revient toujours à la même chose et les personnages ont en plus la désagréable manie de changer de caractère toutes les cinq minutes. Ne mentionnons pas l’absence de direction, les incohérences et les facilités scénaristiques. En cela, la saison six est assez décevante, car elle a trop tendance à ennuyer malgré sa courte durée. Certes, quelques passages sont plus réussis que d’autres, Blair étant probablement celle qui mérite ainsi le plus de louanges, tandis que le reste peine sérieusement à se montrer un minimum convaincant.

Un des principaux arcs de la saison est la relation entre Chuck et Blair. En dépit d’une aventure avec Dan, l’histoire n’a jamais fait de doute quant à la dynamique unissant les deux. Comme, visiblement, il ne fallait pas qu’ils soient trop rapidement en couple pour de bon, le scénario décide de leur placer avant la fin quelques embûches extérieures. La première est celle liée à la carrière professionnelle de Blair. Ce qu’il y a d’intéressant et qui aurait possiblement mérité davantage d’exploitation, c’est que celle-ci hésite beaucoup et craint de ne pas être à la hauteur de sa mère, véritable icône de la mode. Voir la si sûre et confiante Blair manquer d’assurance a quelque chose d’amusant et sensiblement touchant. Il est toutefois dommage que l’accent soit essentiellement mis sur ses manipulations dignes du lycée. Mine de rien, le personnage a évolué au fil des saisons et le retour de Nelly Yuki est plutôt rafraîchissant. Quant à Chuck, la guerre est définitivement ouverte avec son père revenu d’entre les morts. Entre tentatives de meurtre, chantages, extorsions et triste destinée pour des chevaux, l’intrigue s’enlise pour ne rien laisser de franchement enthousiasmant. Demeurent à la rigueur l’alchimie entre Blair et Chuck et l’attachement que l’on peut ressentir pour ces jeunes adultes menant une vie loin de tout repos. Le point d’orgue de leur relation se trouve sans conteste dans le series finale mais, à l’image du reste, le dynamisme ainsi que l’impact émotionnel font cruellement défaut.

Du côté des autres protagonistes, le constat est encore plus insipide. Serena est naturellement de retour à New York et ne revient pas toute seule puisqu’elle est accompagnée d’un ingénieur transparent incarné par Barry Watson (What About Brian). Fâchée avec Blair, elle se retrouve assez isolée bien qu’elle essaye de se rapprocher de Sage (Sofia Black D’Elia – Skins US), la stagiaire de Nate qui sera à l’origine d’une information surprenante. À ce sujet, cette nouvelle arrivée est plus qu’irritante et tout ce qui se rapporte à elle est d’un ridicule sans nom. Elle est supposée montrer à quel point Blair, Serena et les autres ont vieilli et sont désormais dépassés par rapport à la nouvelle génération. Concernant Dan, les épisodes réussissent à le rendre désagréable, voire parfois presque incompréhensible, et il n’y a rien de particulier à retenir. Constat analogue pour Nate, toujours au Spectator, si ce n’est qu’il est confronté à plusieurs difficultés le rapprochant dangereusement de son père. Dans la saison cinq, il cherchait sans relâche la véritable identité de celle qui se cache derrière les traits de Gossip Girl, mais, suite à certaines circonstances uniquement présentes pour faire durer artificiellement le suspense, le mystère ne revient sur le tapis qu’à la toute fin ; et c’est donc le dernier épisode qui dévoile le pot aux roses. La révélation est extrêmement inattendue, mais tout particulièrement hilarante malgré de probables énormes incohérences et contresens. La nature de cette personne est en définitive superficielle, car peu importe l’époque, il y aura toujours quelqu’un s’amusant à écrire et critiquer le monde impitoyable de l’Upper East Side, preuve de la fascination que ce microcosme exerce sur beaucoup. Sinon, chez les adultes, l’arc dédié à Ivy avec Rufus transi d’amour est navrant de bêtises, Lily continue de décevoir et, d’ailleurs, l’ultime scène où elle apparaît laisse un goût très amer.

Quid de la fin ? Si elle manque de paillettes, de magie et de spectacle, elle prône de manière singulière la sobriété et cherche avant tout à jouer la carte de la nostalgie. Le résultat n’est ainsi pas aussi catastrophique que les épisodes précédents. Cela dit, les cinq minutes avec le bond dans le temps sont totalement dispensables. Le series finale rappelle que le groupe d’adolescents a bien grandi et si de fréquentes tensions les ont secoués tout au long de ces dernières années, ils demeurent en réalité tous unis. Il faut en outre préciser que retrouver de nombreux visages vus auparavant fait assez plaisir, et l’apparition éclair de deux actrices très sympathiques est la cerise sur le gâteau. En revanche, compte tenu de cette conclusion mielleuse, il paraît évident que l’esprit critique et amusé des débuts a laissé place à une morale plus que discutable reflétant la non-importance des malversations en tous genres pour parvenir à ses fins.

Au final, la sixième saison prouve formellement que la série avait totalement épuisé tout ce qu’elle avait à dire. Ne faisant que brasser des idées déjà vues à de nombreuses reprises, les épisodes en deviennent soporifiques, voire totalement ineptes. À l’exception de rares moments légèrement plus réussis, tout le reste tombe à plat et accumule les rebondissements éculés. Il est pour cela très difficile de se sentir concerné par ce que l’on regarde d’autant plus que les personnages donnent juste l’impression de faire un dernier tour d’honneur. Fondamentalement, le visionnage ne se révèle pas trop horripilant en raison de la carotte au bout qu’est la fin, mais il faut avouer que l’ensemble est très laborieux. Bref, c’est fi-ni : ouaaais~

By |2017-05-01T13:59:36+01:00janvier 15th, 2013|Gossip Girl, Séries étasuniennes|2 Comments

Gossip Girl (saison 5)

C’était inévitable, Gossip Girl a eu la possibilité de revenir à l’antenne pour une saison cinq. Celle-ci fut diffusée sur The CW entre septembre 2011 et mai 2012 et comporte vingt-quatre épisodes, soit deux de plus que d’habitude. La série a été renouvelée pour une sixième année, mais ce sera la dernière et elle devrait être raccourcie à onze épisodes. Aucun spoiler.

Contre toute attente, et après une saison trois tout simplement atroce, la suivante, la quatrième, ne fut pas si abominable. D’accord, elle ne put s’empêcher d’avoir de grandes périodes de creux et des intrigues idiotes et inintéressantes, mais, globalement, les aventures s’avéraient supportables. Cette cinquième est dans une même lignée. Blair est donc momentanément partie à Monaco avec Louis afin de préparer son mariage princier sur le Rocher, Serena se trouve dans les environs de Los Angeles en compagnie de Nate et Chuck, et Dan s’ennuie à mourir à New York. Le fourth season finale s’était terminé par le cliffhanger du test de grossesse positif pouvant appartenir soit à Blair, soit à Serena. Sans grande surprise, tout ce petit monde n’allant plus à la fac revient rapidement du côté de l’Upper East Side et les principaux arcs en place s’installent.

La première partie de la saison est principalement dédiée au futur mariage de Blair et Louis ainsi qu’au livre explosif de Dan. La jeune femme est ravie de décrocher enfin la couronne qu’elle rêve de posséder depuis des années, d’autant plus qu’elle aime sincèrement Louis. Inévitablement, puisque nous sommes dans Gossip Girl, rien ne tourne rond et il faut que les personnages aient de nombreux obstacles à surmonter avant de parvenir à leur but. Ce qu’il y a de quelque peu ridicule avec cette histoire de mariage, c’est que l’on sait pertinemment de quelle manière tout cela se conclura, l’idée étant de découvrir comment cela va se passer. Il est dommage que Louis devienne manipulateur, froid et aussi antipathique que certains de ses congères résidant à New York. Il est loin le jeune homme gentil, quelque peu naïf et, certes, peu passionnant, mais suffisamment frais pour contrebalancer la nature de Blair. Louis n’a clairement pas le beau rôle cette année et il représente le synonyme du personnage à écarter coûte que coûte. Tout le monde en est persuadé, les principaux concernés le savent également, Blair et Chuck sont faits pour être ensemble bien qu’ils aient décidé de ne plus se fréquenter. La saison est par conséquent celle où ils se tournent autour, faisant tout pour que l’autre soit heureux, mais sans jamais réellement se mettre sur le devant de la scène. Si ce couple qui n’en est plus vraiment un possède de jolis moments – la déclaration de Chuck dans le 5×06, I Am Number Nine, étant magnifique, par exemple –, leur conclusion est malheureusement décevante dans le season finale. Quoi qu’il en soit, malgré de nombreux défauts, une superficialité évidente et des retournements de situation non crédibles, les premiers épisodes prémariage sont sympathiques, car rythmés, plutôt drôles, et l’on se plaît à découvrir Blair dans ce marasme qu’elle ne maîtrise visiblement plus. La saison précédente l’avait également amorcé, la relation entre Dan et elle prend une autre allure, le lonely boy réalisant qu’il ressent plus que de l’amitié pour celle qu’il a toujours jugée comme insupportable. Honnêtement, si sur le papier cette idée pouvait sembler saugrenue, elle est plus qu’agréable à suivre tout au fil de la saison, mais elle laisse un goût d’inachevé dans la bouche tant elle tourne en eau de boudin. Il en est de même pour cette dette religieuse assez idiote et avec le mariage parce que cet arc ne se termine pas réellement, et donne surtout l’impression de n’avoir servi à rien. À noter que le point d’orgue de cette union aristocratique est le centième épisode, le 5×13, G.G., et s’il est assez réussi, il méritait un peu plus de flamboyance en raison de son statut.

Outre le mariage princier occupant une bonne partie de la saison, le livre de Dan est également sur le devant de la scène un certain temps et promet quelques sympathiques moments. Il est surtout le catalyseur de la relation entre Dan et Blair, mais aussi de la remise en question de Nate, ce dernier se rendant compte à quel point son existence est vide. Il est assez amusant de voir les scénaristes s’autocritiquer et pratiquer l’autodérision, car jusqu’à peu, Nate n’apportait rien si ce n’est la cote beau gosse. Pour la première fois, il a donc une véritable intrigue qui tient la route et se révèle convenable. On pourrait même admettre que Nate se transforme ici en une valeur sûre et que l’on ne se met plus à avancer en accéléré ses scènes. Tout n’y est pas parfait et remarquer ce jeune homme parvenu au sommet des sphères journalistiques induit quelques soupirs incrédules, mais l’on passe assez facilement les défauts. Son temps d’antenne se partage d’ailleurs avec celui du personnage joué par Elizabeth Hurley, son superbe accent anglais et sa plastique à faire rêver. Elle y campe une cougar prête à tout pour ne pas retomber en bas de l’échelle comme ce fut autrefois le cas. Cette femme est plutôt attachante et est à l’origine de nombreuses révélations en lien avec Chuck, dont une sortie de nulle part, mais tellement ubuesque qu’elle en devient hilarante. Oui, encore une fois, cette saison cinq multiplie les rebondissements dignes d’un soap puisque de toute manière, c’est ce qu’est Gossip Girl. Il suffit de voir à quel point ce microcosme n’interagit jamais avec le monde extérieur et s’amuse au jeu des chaises musicales au niveau des relations amoureuses – ou purement sexuelles. À ce sujet, on sent que les protagonistes ont grandi et le ton est désormais plus libéré et adulte, ce qui est relativement sympathique. L’humour est évidemment encore de la partie et quelques personnages secondaires comme Dorota sont toujours aussi plaisants et plus qu’adorables.

Vanessa et Jenny ayant été définitivement écartées, on peut au moins souffler de ce côté-là, mais Gossip Girl comporte constamment son nombre de boulets. Si Chuck commençait vraiment à devenir irritant, il retrouve cette saison de sa superbe même s’il se conduit tantôt un peu trop comme un gentleman bien domestiqué. Dans tous les cas, ce qui le concerne durant ces épisodes est d’une qualité nettement supérieure à l’année passée où il n’y avait rien d’intéressant à découvrir. Cette fois, il constate qu’il ne lui reste plus grand-chose et tente de donner un sens à son existence, ce qui ne l’empêche pas d’être rapidement rattrapé par un retour très inattendu n’ayant pas les conséquences souhaitées. Il devra d’ailleurs gérer cette situation dès la rentrée prochaine. Cette réapparition est également à mettre en résonance avec la vie de Lily qui devient tout particulièrement horripilante au cours de la saison. Rufus est aussi insipide qu’une plante verte, mais on peut espérer que ce contexte changera pour la dernière salve des épisodes. Sinon, un bon point est l’arc au long cours de Charlie/Ivy, la fausse/vraie cousine de Serena qui se retrouve propulsée à New York, devant reprendre son rôle plus ou moins malgré elle. Si cette intrigue était particulièrement mal gérée en 2010/2011, ce n’est pas du tout le cas cette année tant le personnage d’Ivy devient attachant et, surtout, compréhensible. Elle est une véritable bouffée d’air frais dans ce monde supposément engoncé dans ses principes, et l’on espère de tout cœur qu’elle aura ce qu’elle mérite. En revanche, son double pas vraiment double, Lola, finit par s’affadir, même si elle se rattrape en fin de parcours et qu’elle tend à amorcer une nouvelle relation intéressante.

Et venons-en au gros morceau, celui qui occupe la totalité de la saison et qui devrait avoir sa conclusion d’ici la fin de la série : Gossip Girl. Cette figure mettant l’Upper East Side sens dessus dessous perd de son rayonnement et se retrouve momentanément sans la possibilité de contrôler ses publications. Nate semble bien décidé à la faire tomber tandis que Serena se piège dans un engrenage dangereux parasitant fortement sa personnalité. La jeune femme n’a jamais été foncièrement passionnante et dans cette saison, c’est encore pire que d’habitude tant elle n’intéresse pas. De surcroît, elle devient plus qu’antipathique à agir avec autant de désinvolture et d’amertume. Le scénario la montre au fond du gouffre et il reste à espérer qu’elle remontera la pente. Gossip Girl, le personnage, n’a donc jamais été autant au centre des propos et le public en vient à se demander qui se cache derrière elle, la série n’hésitant pas à multiplier les fausses pistes.

Au final, cette saison cinq de Gossip Girl réussit à maintenir une certaine dynamique au long de ses épisodes et si certaines intrigues s’avèrent discutables, d’autres parviennent généralement à enrayer leur possible effet négatif, car elles sont bien plus maîtrisées, cela malgré des redondances et un aspect mécanique. Bien évidemment, ce n’est pas maintenant que l’on appréciera la série si on l’a détestée jusque-là, mais ceux n’y voyant qu’un divertissement superficiel avec quelques héros non désagréables ne devraient pas trouver le visionnage insupportable. Il est clair que les histoires sont vraiment truffées de situations irréalistes, voire ridicules, que les personnages changent de caractérisation comme de chemise et que le pardon et l’oubli sont beaucoup trop monnaie courante avec les je t’aime, moi non plus répétitifs, mais la mise en scène, la bande-son plutôt sympa bien que parfois trop calibrée, l’ambiance richissime, le rythme trépidant et les nombreux cliffhangers aident à faire passer la pilule. Et puis, surtout, il faut avouer qu’en sachant qu’il ne reste plus qu’une toute petite saison, on est bien plus indulgent.

By |2017-05-01T13:59:57+01:00juillet 19th, 2012|Gossip Girl, Séries étasuniennes|2 Comments