Gossip Girl (pilote)

Quand la nouvelle annonçant l’adaptation des romans Gossip Girl de Cecily Von Ziegesar par Josh Schwartz (The O.C.) est tombée, je fus de prime abord très contente. J’ai commencé ces livres lors de leur publication en France, il y a trois à quatre ans si je ne me trompe pas. Immédiatement, j’ai plutôt bien accroché et dès la sortie d’un nouveau tome, je suis ravie de pouvoir le lire. Ce n’est certes pas de la grande littérature et, d’habitude, ce n’est pas du tout mon genre de prédilection, mais cet univers a au moins le mérite de détendre et de faire rire. Gossip Girl, la série, a commencé cette semaine. Hum. Je suis très bon public à la base, même si je suis devenue plus exigeante au fil des années. Sauf que là, ce n’est pas la peine. Je ne sais pas du tout si c’est parce que je connais l’histoire et que je l’apprécie que je me suis profondément ennuyée – et surtout énervée – durant ce pilote. J’ai failli arrêter au bout de dix minutes comme ça me tapait sur le système. Il fut diffusé aux États-Unis le 19 septembre 2007 sur The CW. Aucun spoiler.

Les élèves des écoles de l’Upper East Side sont tous accros au blog de Gossip Girl, cette fille dévoilant tous les ragots de la grosse pomme. Serena, de retour à New York après avoir vécu quelque temps en pension en Suisse, retrouve sa grande amie Blair et apprend à se réhabituer à ce monde huppé et si superficiel.

La série est une très libre adaptation des romans. Je suis tout à fait d’accord – et j’ai souvent tendance à le répéter – sur le fait qu’une transposition à l’écran ne peut pas tout reprendre de l’original. Il y a des coupures nécessaires et c’est tout particulièrement le cas pour le passage d’un livre à un film. Je pense d’ailleurs à Harry Potter qui est régulièrement pointé du doigt par les fans. Mais là, dans Gossip Girl, ce n’est pas un problème de ce genre étant donné que certains personnages ou relations sont tout bonnement remodelés, comme si la production télé employait quelques ingrédients et fabriquait sa propre mixture. Je ne compte pas détailler puisque je serai encore là demain, je vais uniquement évoquer ce qui m’a le plus agacée. Commençons par Dan. Il est censé être squelettique, torturé, toujours en train de fumer ou boire du café tout en écrivant des poèmes dans son fidèle carnet. Ici, il est totalement différent ; certes les autres se fichent de lui, mais il n’a plus du tout cette dimension cynique, débraillée. Sa petite sœur, Jenny, est supposée être très moyennement jolie, brune, et avoir une poitrine digne de Pamela Anderson dans ses meilleurs jours. Ce sont justement ses seins qui attirent un certain personnage et provoquent maints rebondissements. Dans la série, euh… Jenny est blonde, mince et doit faire du 90 A ?! Leur père est normalement un homme ayant un look quelque peu destroy et éditeur de bouquins pas géniaux en plus d’être resté bloqué dans les années 1970. Dans le cas présent, il fait partie d’un groupe de rock en grande perte de vitesse et se veut très cool avec ses enfants. Qui plus est, il connaît la mère de Serena et semble partager quelque chose avec elle, alors que dans les livres, absolument pas. Je ne parle pas non plus de Blair – stupidement adapté en Olivia dans la version française des romans – qui n’a rien de la fille super névrosée se faisant vomir après avoir mangé, de Nate oubliant son côté défoncé 24 heures/24 et devenant ici copain avec Chuck. Serena se veut supposément magnifique et avoir un frère nonchalant plus âgé. Là elle a un petit frère portant le même prénom, mais présentant des tendances suicidaires. Pour être honnête, je suis loin de trouver l’actrice exceptionnellement belle ; elle n’est pas moche si ce n’est que la production pouvait prétendre à tellement mieux… Il manque aussi Vanessa, la meilleure amie chauve de Dan, etc.

Au final, ce pilote est donc une déception. Cela étant, je tiens à ajouter que je ne suis probablement pas encore très objective parce que j’ai lu et apprécié les romans. À travers cet épisode, je n’ai pu que subir de plein fouet les différences, m’empêchant au passage d’y adhérer convenablement. Je pense donner sa chance à la série jusqu’à sa cinquième semaine d’existence, mais si je n’accroche pas, je parviendrai peut-être à la laisser tomber, moi la psychorigide en puissance. Précisons enfin que Gossip Girl se veut à destination d’un public adolescent et emploie tous les codes propres aux genres, donc si vous en êtes férus ou dans la tranche cible, vous serez susceptibles d’apprécier… même si je n’ai pas l’impression que l’ensemble est franchement convaincant pour l’instant.